Richard Cœur de Lion : en quête de légende

Sceau, recto-verso, de Richard Cœur de Lion.
Sceau, recto-verso, de Richard Cœur de Lion.

Troisième fils d’Henri II et d’Aliénor, Richard devra à la mort prématurée de ses aînés de succéder à son père sur le trône anglais. Pourtant, il était sans doute le moins Anglais des fils du souverain. Elevé sur en Anjou et en Aquitaine où il se frottera aux troubadours de la cour occitane, Richard ne passera, vraisemblablement, pas une seule année complète sur la terre anglaise, y compris après son accession au trône. On doute même qu’il sut un jour parler anglais… De sa jeunesse, il gardera un goût marqué pour les rimes -il écrira lui-même- et le souvenir de révoltes à répétition contre son père (en 1173, 1183, 1189) ; des révoltes qui empoisonneront profondément les dernières années de son père ; des révoltes fortement encouragées par le roi de France, le rusé Philippe Auguste. Doté d’une force prodigieuse -on disait, et lui-même se vantait de pouvoir fendre un sarrasin en armure d’un seul coup d’épée-, turbulent, hardi, Richard devra son surnom de Cœur de Lion plus à sa violence légendaire qu’à un esprit chevaleresque plus affûté que la moyenne. Si l’histoire, malgré tout, a voulu faire de ce souverain le modèle de tous les autres, le porteur des plus purs vertus chevaleresques, c’est autant en opposition avec le comportement de son frère, Jean sans Terre, qu’avec celui de Philippe Auguste, modèle du machiavélisme et du réalisme plutôt que des grands idéaux. De fait, autant l’Anglais paraît sorti tout droit d’un roman médiéval, autant le Français fait figure d’avant-gardiste dans sa conception politique. Une différence qui s’illustre parfaitement dans l’aventure palestinienne des souverains.