Savonarole, pourfendeur d’un siècle corrompu

Jérôme Savonarole (1452-1498).
Jérôme Savonarole (1452-1498).

Petit-fils d’un médecin de Ferrare, Girolamo Savonarola –ou Jérôme Savonarole- se destinait initialement à cette carrière  avant de se tourner vers les ordres. Sa haine de la corruption, son rejet d’un siècle tout entier tourné vers le culte du corps, vers l’individualisme et vers les plaisirs vont finalement l’orienter vers la spiritualité et, en 1475, il entre chez les dominicains de Bologne. Ascète strict, prédicateur moyen, il semblait avoir bien mal choisi son ordre, un ordre ouvert sur le monde mais un ordre qui, lors de sa création par saint Dominique de Guzman, annonçait un renouveau de l’Eglise. Le pape l’avait d’ailleurs accueilli comme un pilier indispensable –avec l’ordre franciscain- dans le redressement de l’Eglise. Il en avait même rêvé… Peut-être est-ce donc ce qui incita Savonarole à se réfugier chez les Frères prêcheurs. C’est cependant à Florence, où il est envoyé en 1482, qu’il se révèle comme le pourfendeur des mœurs de ce siècle. La Renaissance artistique, d’inspiration si profondément païenne, les vices du peuple et des clercs, illustrés notamment par l’inconduite du pape Alexandre VI Borgia lui-même : autant de dérives qu’il dénoncera avec ardeur, se découvrant pour l’occasion un talent insoupçonné de prédicateur.