Scanderberg : le janissaire rebelle

Georges Castriota, dit Scanderberg (1405-1468).
Georges Castriota, dit Scanderberg (1405-1468).

Dans leur conquête de l’Europe balkanique, les Ottomans avaient créé un un corps d’armée redoutable constitué uniquement des fils de territoires conquis qui, dès leur plus tendre enfance, étaient convertis de force à la religion de Mahomet. En quelques années ces janissaires allaient devenir les meilleurs combattants d’Allah.
Tel sera le sort de Georges Castriota dit Scanderberg. Né dans une famille princière de Serbie, il sera, à l’âge de sept ans, emmené en otage par les Ottomans et élevé dans l’Islam. Devenu le favori de Mourad II, il fera preuve d’une grande valeur militaire, recevant le surnom d’Iskander Bey, " le prince Alexandre ". Un triomphe pour le janissaire mais aussi et surtout pour la politique de recrutement mise en place par Orkhan, le deuxième sultan ottoman, en 1334. Un triomphe qui avait un revers comme le démontre l’histoire de Scanderberg.
En effet, en 1443, alors qu’il était âgé de quarante ans, Scanderberg déserte l’armée ottomane, entraînant dans son sillage 300 Albanais. C’était au lendemain de la défaite ottomane de Nis. Revenu au christianisme, il allait devenir un des pires cauchemars des Ottomans en Albanie. Fort de son contingent de 300 hommes, il reprit la forteresse de Kroya, au Nord-est de Durrazzo, et, dès lors, se lança dans une véritable guérilla contre les forces ottomanes.