Théodora : une courtisane sur les autels

L'impératrice Théodora (début VIe siècle-548), d'après un détail d'une mosaïque de Ravenne.
L’impératrice Théodora (début VIe siècle-548), d’après un détail d’une mosaïque de Ravenne.

Vraisemblablement, lorsqu’en 527, l’empereur Justinien fait couronner son épouse en même temps que lui, c’est pour légitimer un peu plus son union célébrée quatre ans plus tôt. Une union qui, de fait, avait dû soulever un certain nombre d’opposition.
Fille du gardien en charge des ours au cirque de Constantinople, Théodora était danseuse et courtisane –un mot élégant pour désigner une prostituée- avant de devenir la maîtresse de Justinien. Un passé qui n’empêchera nullement le futur empereur, de 17 ans son aîné, d’en faire son épouse. Pour y arriver, il demandera même à son oncle, l’empereur Justin Ier, de changer la loi qui interdisait aux sénateurs, dont Justinien faisait alors partie, d’épouser des danseuses. Certains on voulut faire de Théodora une intrigante mais les atouts de la jeune femme devaient être autres que physiques pour que l’héritier de Justin désire si ardemment un mariage. Après tout, il aurait pu se contenter de la cantonner à un statu non officiel…
On comprend donc qu’à l’heure de revêtir à son tour la pourpre, Justinien ait désirer réaffirmer la légitimité de son union. On peut même supposer, sans grand risque de se tromper, que dès le début de sa liaison avec Théodora, Justinien avait compris les qualités intellectuelles et politiques de la jeune femme. Car en la couronnant avec lui, Justinien accordait à son épouse un statu de dirigeante officielle. Un pouvoir dont la nouvelle impératrice saura user avec une grande intelligence, s’associant aux principales décisions de Justinien, le conseillant, le supplantant même dans certaines actions.