Une nymphomane à la cour de France ?

Portrait de la Reine Margot (1553-1615).
Portrait de la Reine Margot (1553-1615).

Personnage politique de faible importance, Marguerite de Navarre a acquis une postérité exceptionnelle pour son rang. Une postérité née avant tout de la réputation sulfureuse qu’on lui a attribuée. Reste à savoir si elle est méritée. Elevée à la cour avec ses frères, pourvue d’une solide culture, le Reine Margot comme on l’appellera désormais, eut certes des aventures… mais pas plus que ses frères ou son époux. Mariée à Henri de Navarre, pour lequel elle n’éprouvait guère d’inclinaison, Margot aura surtout le mauvais goût de s’amouracher du chef de la Ligue, le très catholique Henri de Guise. Un amour fortement teinté de politique et de désir de s’affranchir. Un amour qui lui coûtera la liberté puisque son frère Henri III la fera enfermer à Nérac dès 1583. Une prison dorée d’où elle animera une cour jeune, brillante et gaie… Peut-être un peu trop gaie d’ailleurs puisqu’en 1587, elle est enfermée dans le château d’Usson, en Auvergne, où elle restera dix-huit ans. Quand Henri IV devient roi de France, il n’a rien de plus pressé que de faire annuler son mariage par le pape Clément VIII, ce que beaucoup verrons comme une preuve de ses trop nombreuses infidélités. La vérité oblige à dire que le nouveau souverain avait surtout besoin d’argent, d’où son désir de contracter une union plus prometteuse pour sa trésorerie…
Revenue à Paris en 1605, la reine Margot y meurt le 27 mars 1615. Elle laisse des Poésies et des Mémoires, mais reste, dans l’esprit de beaucoup, le symbole de cette époque de mœurs dissolues que fut la fin du XVIe siècle.