Universités : l’opposition en héritage

La controverse de Pierre Abélard (1079-1142).
La controverse de Pierre Abélard (1079-1142).

A l’origine, dans l’Europe chrétienne, l’enseignement était essentiellement le fait des monastères ou des cathédrales, ce qui explique que leur  rayonnement ait été avant tout local. Ce n’est qu’au XIIe siècle que seront créées les premières universités. Spécialisées par matière –la médecine à Montpellier ou Salerne, le droit à Bologne, la théologie à Paris- certaines allaient alors atteindre un rayonnement international, attirant des maîtres et des étudiants de toute l’Europe. Tel était le cas de l’université de Paris, devenu un centre intellectuel soutenu d’abord par les rois ensuite et surtout par l’Eglise. Une université dans laquelle la dialectique et la controverse tinrent immédiatement une place essentielle, façonnant pour des siècles sa réputation. Une réputation admirablement soutenue par Abélard, par Guillaume de Champeaux, par les dominicains et les franciscains ou, au XVe siècle, par Jean Gerson. Mais une réputation fragile tant les universitaires parisiens, apprentis philosophes, se complaisaient dans la didactique ou la controverse, au point de devenir une opposition systématique. Contre le roi, contre l’Eglise, l’Université –elle s’était dotée elle-même d’une majuscule- de Paris sera de tous les combats, allant jusqu’à en créer. Certes, cela permit parfois certaines avancées, aussi bien théologiques que philosophiques.