Naissance de Neuschwanstein

Romantique et rêveur à l’excès, Louis II de Bavière (1845-1886) fut un roi fou… de musique et de châteaux. Le 5 septembre 1869, il pose la première pierre du château de Neuschwanstein, inspiré d’une antique forteresse médiévale située non loin de Hohenschwangau, où est né le jeune roi. Les héros de son ami Wagner ornent les murs de Neuschwanstein : Parsifal, Sigfried et surtout Lohengrin, le « Chevalier au cygne », dont Louis reprendra l’emblème.
Le jeune souverain fait construire deux autres châteaux, Linderhof et Herrenchiemsee, qui marquent eux aussi le retour du néo-classicisme et du style néo-gothique en Allemagne comme dans toute l’Europe.
Mais ces constructions coûtent cher et le 12 juin 1886, Louis II est déposé par ses ministres qui invoquent la folie du souverain. Enfermé au château de Berg, il est retrouvé noyé le lendemain.

Wellington : l’homme de toutes les victoires ?

Arthur Wellesley, duc de Wellington (1769-1852).
Arthur Wellesley, duc de Wellington (1769-1852).

Si Nelson a consacré la suprématie de l’Angleterre sur les mers, c’est à Wellington qu’elle doit sa puissance terrestre.
Né à Dublin en 1769 d’une famille anglo-irlandaise, Arthur Wellesley décide très jeune de faire carrière dans l’armée. L’Inde sera sa première destination en 1789. Là, il retrouve son frère aîné qui est gouverneur général de la zone. Il y restera dix-sept ans. De retour en Angleterre, il est élu au Parlement anglais et devient secrétaire pour l’Irlande. Puis éclate la guerre d’Espagne. Nommé lieutenant général, il rejoint les troupes anglaises basées au Portugal. Leur but : mener des actions de guerilla contre les troupes de Napoléon. Wellesley multiplie les victoires : Torres-Vedras, Arapiles, Vitoria. Face à lui, les meilleurs généraux de Napoléon : Masséna, Marmont, Jourdan. Lorsque les Français décident, après Vitoria, de quitter l’Espagne, c’est jusqu’à Toulouse que l’aristocrate anglais les poursuit. Une bravoure et un acharnement qui devaient lui valoir le titre de marquis Douro duc de Wellington.
Après l’Espagne, le gouvernement anglais lui confie les troupes de l’alliance qui devront affronter Naopléon à Waterloo. Lorsque Napoléon revient de l’île d’Elbe, l’Angleterre lui déclare immédiatement la guerre sans lui donner le temps de se préparer. L’alliance, par contre, est tout à fait prête, unissant contre l’Empereur l’Autriche, la Prusse, la Belgique et la Hollande en plus de l’Angleterre. Et c’est donc à Wellington qu’échoie le commandement des 93 000 hommes que compte l’armée alliée. Ni les cavaliers de Ney ou de Kellermann, ni la Vieille Garde de Cambronne ne pourront rien contre l’armée de l’Alliance.

Abd El-Kader, « sultan des Arabes »

Abd El-Kader (1808-1883)
Partis en 1830 pour une simple expédition punitive contre le dey d’Alger, les Français se retrouvent rapidement maîtres de la ville et de plusieurs ports. Limitant la présence française au littoral, Louis-Philippe favorise alors les alliances avec les chefs indigènes.
Le marabout Abd El-Kader, proclamé le 22 novembre 1832, «sultan des Arabes» par des tribus de l’Oranie, devient l’allié des Français.
Soutenu par la France, il s’empare rapidement de la plus grande partie du territoire algérien alors aux mains des Turcs et organise un État arabe unifié.

Roosevelt, l’homme de la guerre

Franklin Delano Roosevelt (1882-1945).
Franklin Delano Roosevelt (1882-1945).

Neveu de l’ancien président Teddy Roosevelt, Franklin Delano est né, le 20 janvier 1882, à Hyde Park. Ancien élève d’Harvard, il devient avocat puis sénateur de l’État de New York en 1910. En 1920, il interrompt sa carrière politique à la suite d’une attaque de polyomélite et c’est dans une chaise roulante qu’il reprend le chemin des urnes en 1928. Il est élu gouverneur de l’État  puis, toujours sous la bannière démocrate, président des États-Unis en 1933. Lorsque la guerre éclate en Europe, Roosevelt tient les États-Unis dans une prudente neutralité mais la soudaine attaque de Pearl Harbor par les Japonais va changer la donne.

Alexandre Dumas et la naissance du roman populaire

Qu’est-ce que l’histoire ? Un clou auquel j’accroche mes romans.
Alexandre Dumas se définit lui-même par ses mots : il n’est ni un historien, ni un érudit, seulement un « scénariste de l’histoire ». Par sa maitrise des mots et les personnages inoubliables qu’il campe, il fait rêver, depuis un siècle et demi, des générations de Français.
Né à Villers-Cotterets en 1802, le fils du général Davy de la Pailleterie Dumas, acquiert la notoriété en 1829 avec Henri III et sa cour. Mais, c’est grâce au Comte de Monte-Cristo en 1844, suivi de la trilogie des Trois Mousquetaires (1844), de Vingt Ans après (1845) et enfin du Vicomte de Bragelonne (1848-1850), qu’il devient le maître du roman populaire. Prenant pour toile de fond l’histoire de France, il fait revivre, par son style alerte, les guerres de religion, le Paris de la Restauration ou les derniers jours de la monarchie.
Auteur fécond, Alexandre Dumas meurt à Puys, en 1870, laissant à la postérité les plus belles pages du roman populaire historique. 

Dumont d’Urville découvre la terre Adélie

Jules Dumont d'Urville (1790-1842).
Jules Dumont d’Urville (1790-1842).

Jules Sébastien César Dumont d’Urville (1790-1842) n’en est pas à sa première exploration lorsqu’il s’embarque vers l’Antarctique.
Décoré de l’ordre de Saint-Louis par Charles X (1824-1830) après avoir fait la découverte de la Vénus de Milo au cours d’un voyage en Méditerranée, Dumont d’Urville, après deux tours du monde, entreprend l’exploration des côtes de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, de la Nouvelle-Calédonie et des îles polynésiennes. C’est au cours de ce périple de près de trois ans qu’il reconnaît, dans l’île de Vanikoro, les restes de l’expédition de La Pérouse.

Pie XII : « Après beaucoup de prières et de larmes »

Eugenio Pacelli, devenu Pie XII (1876-1958).
Eugenio Pacelli, devenu Pie XII (1876-1958).

On a eu beau jeu, durant des années, de critiquer le fameux silence de Pie XII. La consultation des archives du Vatican apporte cependant un éclairage nouveau -plus objectif sans doute- sur l’action de l’Église, et plus précisément de son chef, durant la Seconde Guerre mondiale. Certes, des représentants de la communauté juive avaient déjà manifesté leur gratitude envers Pie XII mais sans qu’on tienne vraiment compte de leur témoignage. Ainsi, Eugenio Zolli, grand rabbin de Rome pendant la guerre plus tard converti au catholicisme, écrivait :
Le judaïsme a une grande dette de reconnaissance envers Sa Sainteté Pie XII pour ses appels pressants et répétés, formulés en sa faveur.

L’Odalisque d’Ingres

Violoniste de grand talent, Ingres a donné la pleine mesure de son génie dans la peinture.
Fils d’un sculpteur, Jean-Dominique Ingres, né à Montauban en 1780, devient l’élève de David en 1797 et obtient, quatre ans plus tard, le prix de Rome pour Achille recevant les Ambassadeurs d’Agamemnon. Il ne parvient enfin à Rome qu’en 1806 et, en butte aux critiques qui lui préfèrent Delacroix, décide de ne revenir dans la capitale française qu’avec un chef-d’œuvre reconnu de tous. Mais ses tableaux continuent d’être fustigés. La Grande Odalisque (1814), surtout, est l’objet de vifs sarcasmes de la part de toute la critique qui lui trouve trois vertèbres de trop et des bras beaucoup trop maigres.

Le communisme au pouvoir

Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine (1870-1924).
Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine (1870-1924).

Vladimir Ilitch Oulianov, connu sous le nom de Lénine, a rêvé, pour l’humanité, d’un monde meilleur où devaient régner l’égalité, la justice et la fraternité et son rêve a accouché d’un monstre…
Quand la révolution, qu’il a préparée minutieusement avec ses amis bolcheviques, éclate le 8 mars 1917, Lénine est alors en exil volontaire à Zurich, en Suisse.
Dès qu’il apprend cette nouvelle, il adresse à ses camarades en Russie ses fameuses Lettres de loin. Dans ce document majeur de l’histoire de la révolution russe, le dirigeant bolchevique encourage ses partisans et fixe les lignes de son programme. Avec l’aide des socialistes suisses, il parvient à retourner en Russie dans un wagon plombé puis entre triomphalement à Pétrograd, le 16 avril 1917. Dès son arrivée, il préconise la paix immédiate avec l’Allemagne, alors en guerre avec la Russie et invite même les soldats russes à fraterniser avec les Allemands.

Dufy : la peinture sur tous les tons

La fenêtre ouverte, Nice, de Raoul Dufy.
La fenêtre ouverte, Nice, de Raoul Dufy.

De l’impressionnisme au fauvisme, du fauvisme au cubisme et du cubisme à la… haute couture ! Raoul Dufy (1877-1953) traverse le siècle en touche-à-tout génial. Ami des plus  grands peintres, il ne se cantonnera jamais dans un genre mais préfèrera s’initier à tous les courants picturaux du moment. Dufy a tellement peur de s’enfermer dans une façon de peindre, qu’il se force à pratiquer son art de la main gauche alors qu’il est droitier. Mais la véritable particularité de Raoul Dufy est l’emploi de son art au service de la haute couture.