Olympe de Gouges : une féministe à l’échafaud

Une femme a le droit de monter à l’échafaud, elle doit également avoir celui de monter à la tribune, proclame Olympe de Gouges dans sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne.
Venue de Montauban à Paris à vingt ans, Marie Olympe Gouze, devenue Olympe de Gouges (1748-1793) est un auteur reconnu à la Comédie-Française quand éclate la Révolution.
Elle tente alors de faire évoluer le statut de la femme, plus particulièrement dans le domaine politique. Certes, les clubs de femmes existent à Paris, mais Olympe veut aller plus loin : les femmes, qui représentent la moitié de la Nation, ont aussi droit à la parole, elles doivent avoir leur place à l’Assemblée.

Marie Tudor, la reine sanglante

>Sceau de Marie Tudor et de Philippe d'Espagne.
Sceau de Marie Tudor et de Philippe d’Espagne.

Fille d’Henri VIII (1509-1547) et de Catherine d’Aragon, sa première femme, Marie Tudor passe son enfance en exil, très loin des attaques d’Anne Boleyn qui la déteste. Écartée du trône à la mort de son père, Marie y accède enfin, en 1553, à la mort de son jeune frère Édouard VI.
Catholique intransigeante, elle fait rétablir ce culte et expulser les prêtres mariés. Contre l’avis du Parlement, elle épouse Philippe d’Espagne, le fils de Charles-Quint, ce qui donne lieu à de violentes révoltes de la part du peuple : les rebelles sont exécutés et sa sœur Élisabeth est enfermée à la Tour de Londres.
Mais la reine, devenue fanatique et violente, rétablit, en 1555, la loi contre l’hérésie et des centaines de protestants sont envoyés au bûcher. À sa mort, le 17 novembre 1558, l’impopularité de la souveraine, surnommée « Bloody Mary » ou « Marie la Sanglante », est à son comble.

Ivan le Terrible

Fou sanguinaire pour les uns, génie pour les autres, Ivan IV est un personnage hors du commun…
Artiste doué d’une rare sensibilité, fin politique et, en même temps, cruel et méfiant jusqu’à l’obsession, Ivan IV aura marqué profondément la Russie.

Le roi Très catholique

Charles Quint et le pape Clément VII (gravure ancienne).
Charles Quint et le pape Clément VII (gravure ancienne).

Depuis toujours, la même querelle opposait la papauté au Saint Empire romain germanique : elle concernait les impôts demandés par l’Église, les exactions financières que l’on constatait périodiquement et la tentative du pape d’étendre son pouvoir politique. Bref, Luther dans son Manifeste à la noblesse allemande et la Captivité de Babylone ne fait que reprendre un sujet longuement ruminé et se place donc tout naturellement sous la protection de celui qu’il appelle lui-même « ce noble jeune homme », Charles Quint.

Mais Luther semble oublier que Charles Quint est, non seulement un Autrichien, mais aussi, et surtout, un Espagnol ; qu’il est le Très catholique roi d’Espagne ! Le 19 avril 1521, après que Luther ait refusé de se soumettre à l’Église, Charles Quint fait son choix :

Pilâtre de Rozier, l’aventurier du ciel

Jean-François Pilâtre de Rozier (1754-1785).
Jean-François Pilâtre de Rozier (1754-1785).

Chimiste et homme de lettres, Jean-François Pilâtre de Rozier est aussi un des premiers aventuriers du ciel.
Après de nombreux exploits à bord d’une montgolfière, Pilâtre de Rozier va construire une « aéro-montgolfière » composée de deux ballons, l’un étant rempli d’hydrogène et l’autre gonflé par la chaleur.
Le 15 juin 1785, en compagnie du physicien Romain, Pilâtre de Rozier tente la traversée de la Manche.
À 7h05, l’engin s’élève mais, à peine a-t-il atteint les cinq cents mètres de hauteur, que le ballon d’hydrogène se dégonfle et retombe sur la mongolfière : la machine entière prend feu et explose, ne laissant aucun survivant.

Danton l’indomptable

Un jour de 1780, la diligence de Troyes s’arrête à Paris pour y  déposer un jeune provincial de vingt et un ans qui vient chercher fortune. Ce fils de paysans champenois n’a guère d’attrait : massif, piqué de la petite vérole, Georges-Jacques Danton, né le 28 octobre 1759, serait vraiment laid si ses yeux ne pétillaient d’intelligence et de bonne humeur…
Quand la révolution éclate en 1789, Danton, devenu avocat, constitue le Club des Cordeliers, devenu le centre des principales manifestations.
Il acquiert rapidement une autorité incontestable et devient ministre de la justice. Fondateur du Comité de salut public et des redoutables tribunaux révolutionnaires, il se rend compte des conséquences effroyables de son action et tente de modérer la Terreur. Mais il est déjà trop tard.

Michel de Nostre-Dame, dit Nostradamus

Nostradamus (1503-1566).

Visionnaire ou charlatan ? Cela fait pas moins de cinq siècles que la question se pose ; cinq siècles que ses écrits –ou leur interprétation- s’arrachent avec toujours le même interrogation : de quoi demain sera-t-il fait ?

C’est en Provence, d’où il est originaire, que Michel de Notre-Dame, fils d’une famille de juifs convertis, fait ses premières armes… dans le domaine de la médecine ! Il se distingue même dans cette activité, acquerrant une grande renommée lors des épidémies de peste qui ravagent le Midi. L’astrologie, les prophéties n’apparaissent nulle part dans sa carrière et ce n’est qu’en 1555 qu’il se lance dans la rédaction de ses fameuses prédictions. Publié sous le titre de Centuries astrologiques, le premier volume –le second paraît en 1558- va connaître, dès sa parution, un succès étonnant. On se l’arrache chez les bourgeois comme à la cour de France où Catherine de Médicis fait même mander le nouveau prophète. Charge à lui d’établir les horoscopes des fils de la reine, les futurs François II, Charles IX et Henri III. Certes, Michel de Notre-Dame, ou plus simplement Nostradamus, s’acquittera de cette tâche, mais lorsque la reine, devenue régente, le fait revenir à la cour en 1564, c’est bien en tant que médecin ordinaire de Charles IX. Plus question de prophétie, comme si les Centuries n’avaient été qu’une parenthèse, un intermède sans conséquence.

Rameau et la découverte de l’opéra

Après une jeunesse consacrée à étudier divers instruments, puis à parcourir le nord de l’Italie, Jean-Philippe Rameau (1683-1764), fils d’un organiste de Dijon, arrive à Paris où il se voit confier par Voltaire et par l’abbé Pellegrin l’accompagnement musical de leurs pièces. La réussite commence avec Hippolyte et Aricie de Pellegrin, en 1733, faisant ainsi de l’opéra français un « plaisir unique fait de cent plaisirs ». Dès ce moment, il va de succès en succès, devenant une référence en matière de musique. Les honneurs pleuvent. Après son Traité d’harmonie, il rédige la plupart des articles de l’Encyclopédie consacrés à la musique. Il meurt en pleine gloire, en 1764.

Madame de Staël : la révolution romantique

Portrait de Madame de Staël (1766-1817).
Portrait de Madame de Staël (1766-1817).

Anne Louise Germaine de Staël-Holstein, plus connue sous le nom de Madame de Staël, est, plus que tout, une femme de son époque. Une époque dominée par l’esprit révolutionnaire autant que romantique ; une époque où le second inspirera largement le premier.
Fille du banquier genévoix ministre de Louis XVI, la future Madame de Staël grandit à Paris environnée de tout ce qui fait la "bonne société" de l’époque. Les salons, les philosophes, les idées les plus hardies font le bonheur d’une élite en mal de reconnaissance, en mal de renouveau. De fait, la société bourgeoise et noble de la fin de la monarchie s’adonne avec passion à la philosophie, à l’esprit des Lumières, s’enhardit même à quelques développements fleurant bon la révolution… sans pour autant imaginer un seul instant que cette révolution tant souhaitée, tant soutenue, n’aura rien d’un élan romantique. On comprend, alors, le succès de Rousseau ; on comprend également que les élites, comme Madame de Staël, ne se soient pas "reconnues" dans la révolution sanglante qui se déclenche en 1792. C’est à cette date que Germaine de Staël quitte Paris pour la Suisse ; à cette date qu’elle entame son œuvre littéraire, composée de poèmes, de nouvelles, d’essais et de commentaires sur les événements qui bouleversent l’Europe.

Le Père Joseph : l’éminence grise de Son Eminence

François Joseph Leclerc du Tremblay, dit le Père Joseph (1577-1638).
François Joseph Leclerc du Tremblay, dit le Père Joseph (1577-1638).

J’ai perdu mon bras droit, affirme Richelieu à la mort de son plus sûr confident, le Père Joseph.
Fils d’un président du Parlement, François Joseph Leclerc du Tremblay est né à Paris le 4 novembre 1577. Après un brillant passage à l’armée et à la cour, il entre dans les ordres où il devient le « Père Joseph ».
Homme d’action comme de réflexion, il prêche dans les églises, envoie des missions à l’étranger, fonde le couvent des « Filles du Calvaire » et travaille à la conversion des protestants. En 1616, il est appelé pour servir de médiateur entre Marie de Médicis et les princes. Entré malgré lui dans l’arène politique, le capucin gagne l’estime et l’amitié de Richelieu, qui, en 1624, le prend comme conseiller personnel.