Georges de la Tour, « maître de la lumière »

Georges de la Tour (1593-1652) 'le Tricheur à l'as de trèfle'
Georges de la Tour (1593-1652) "le Tricheur à l’as de trèfle"

Au sommet de sa gloire, le peintre lorrain Georges de la Tour, surnommé le « maître de la lumière », se rend à Paris en 1636, où il est reçu avec des égards princiers. Il est même accueilli à la cour de Louis XIII qui lui accorde une rente de mille livres et le nomme « peintre ordinaire du roi ». Une légende raconte même que le roi, qui vient d’acquérir Saint Sébastien soigné par Irène, « trouva le tableau si beau qu’il enleva de sa chambre toutes les toiles qui s’y trouvaient afin de donner plus d’éclat solitaire au tableau du peintre ». Richelieu lui-même, grand amateur de peinture et « fort bon connaisseur en ce domaine », succombe au charme de de la Tour et achète, lui aussi et à prix d’or, deux tableaux d’inspiration religieuse.
À son retour à Lunéville, en 1644, « on lui donne du Monsieur », dit un document et on le qualifie de « peintre fameux ».

Un faux tsar nommé Pougatchev

En 1762, Pierre III, tsar de Russie, est renversé puis emprisonné à Robscha. Le septième jour de sa détention, il meurt âgé seulement de trente-quatre ans. Son corps, ramené à Saint-Pétersbourg, est exposé aux yeux du peuple. Malgré cette preuve publique, des imposteurs, originaires de multiples provinces, tentent de se faire passer pour le tsar défunt. Le plus célèbre d’entre eux est Pougatchev.

«Le siècle de Léon X»

Léon X (1475-1521).
Léon X (1475-1521).

Jean de Médicis, troisième fils de Laurent le Magnifique, né en 1475, devient cardinal à douze ans et en 1513, il succède au pape Jules II, sous le nom de Léon X.
Mécène généreux, protecteur des arts et des lettres, il s’entoure des esprits les plus fins de son temps, tels Machiavel ou Sannazar et des artistes les plus illustres dont Michel-Ange et Raphaël. Grâce à lui, Rome devient la capitale de l’humanisme et de la Renaissance avec, pour couronner cette entreprise, l’édification de la nouvelle basilique Saint-Pierre.
Mais c’est aussi sous son pontificat que va naître et se développer l’hérésie protestante. En effet, afin d’achever la basilique Saint-Pierre de Rome, Léon X renouvelle les indulgences accordées par son prédécesseur. Ce sera le prétexte invoqué par Martin Luther pour entamer une «révolution religieuse» qui aboutira rapidement au protestantisme. Après des tentatives de conciliation, Léon X condamne les quatre-vingt-quinze propositions de Luther dans sa célèbre bulle Exsurge Domine et excommunie, en 1520, le moine saxon. À la fin de son pontificat, il se rapproche de Charles-Quint, seul rempart solide face à cette hérésie.
Estimé comme l’un des plus illustres pontifes du XVIe siècle, que l’on a aussi appelé le «siècle de Léon X», il meurt, le 1er décembre 1521, dans des circonstances jugées suspectes.

Charles Quint : la couronne arrachée

Charles Quint
Charles Quint (1500-1558).

Roi d’Espagne, des Deux-Siciles et maître des Amériques, Charles Ier d’Espagne devient aussi souverain des Pays-Bas et empereur germanique en 1519 et prend le nom de Charles Quint.
À la tête d’un « empire où le soleil ne se couche jamais », Charles Quint menace la France d’encerclement et François Ier tente, par tous les moyens, d’unir les puissances européennes contre le Habsbourg.
En 1526, le roi forme avec le pape Clément VII, les princes italiens et le roi d’Angleterre, une Ligue sainte contre l’empereur.

Christine, reine de Suède

>Christine de Suède en compagnie de Descartes.
Christine de Suède en compagnie de Descartes.

J’espère que cette fille me vaudra un garçon ! s’exclame Gustave-Adolf, le 8 décembre 1626, à la naissance de Christine, son héritière.
Six ans plus tard, le 8 décembre 1632, le palais célèbre l’anniversaire de la princesse quand une rumeur monte de la rue :
-Le roi est mort, le roi est vivant !
Gustave-Adolf est mort et la nouvelle reine, Christine, n’a que six ans. Le 30 octobre 1650, elle est couronnée et devient ainsi officiellement reine de Suède. La nature n’a pas été généreuse avec cette reine de vingt-quatre ans qui « n’a de prétendants que parce qu’elle a un royaume ». Passionnée de chasse, d’équitation et d’exercices violents, Christine introduit néanmoins le goût de l’esprit français à la cour de Suède. Elle accueille des artistes, des savants et des philosophes qui font de sa cour l’un des premiers centres culturels d’Europe.
Solitaire, désemparée, la souveraine tente de trouver refuge dans la religion. Elle décide alors de se convertir au catholicisme.

Charles XII de Suède, le « roi de fer »

Une balle pesant une demi-livre l’avait atteint à la tempe droite (…) L’instant de sa blessure avait été celui de sa mort ; cependant il avait eu la force, en expirant d’une manière si subite, de mettre, par un mouvement naturel, la main sur la garde de son épée et était encore dans cette attitude.
C’est ainsi que Voltaire décrit la mort de Charles XII, le 11 décembre 1718, devant la forteresse norvégienne de Frederickshall qu’il assiégeait.

Le «Sultan juste»

Louis Desaix de Veygoux (1768-1800).
Louis Desaix de Veygoux (1768-1800).

La bataille est perdue ; mais il n’est que 15h00, il reste encore le temps d’en gagner une, déclare Desaix au moment où Bonaparte lui demande d’évaluer la désastreuse situation de Marengo.

Peu après, le général Desaix, à la tête de sa demi-brigade, fonce droit sur les Autrichiens.

Il franchit avec elle le pli de terrain qui la dérobait à la vue des Autrichiens et se révèle, brusquement, à eux par une décharge de mousqueterie exécutée à bout portant. Les Autrichiens répondent et Desaix tombe aussitôt, percé d’une balle dans la poitrine.

Desaix demande que l’on dissimule sa mort, afin de ne pas ébranler ses hommes, mais ils l’ont vu tomber «et ses soldats, comme ceux de Turenne, demandent à grands cris de venger leur chef». La 9e brigade mérite bien, ce jour-là, le nom d’incomparable, comme l’était son chef, Louis Desaix de Veygoux, né le 17 août 1768, dans le Puy-de-Dôme.

Les colères d’Étienne Dolet

Etienne Dolet (1509-1546).
Etienne Dolet (1509-1546).

Sans doute l’un des plus brillants humanistes de son temps, à la fois poète, grammairien et traducteur d’œuvres grecques et latines. Mais aussi un intellectuel turbulent, impétueux, en rébellion contre toutes les autorités religieuses ou politiques. Une légende tenace -et sans fondement historique- fait d’Étienne Dolet un fils naturel de François 1er. Mais il est vrai que le roi interviendra à deux reprises pour le sauver de la prison et du bûcher. En 1542, il s’établit comme imprimeur à Lyon et lance de violentes attaques contre Rabelais, Marot et Érasme.

Olympe de Gouges : une féministe à l’échafaud

Une femme a le droit de monter à l’échafaud, elle doit également avoir celui de monter à la tribune, proclame Olympe de Gouges dans sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne.
Venue de Montauban à Paris à vingt ans, Marie Olympe Gouze, devenue Olympe de Gouges (1748-1793) est un auteur reconnu à la Comédie-Française quand éclate la Révolution.
Elle tente alors de faire évoluer le statut de la femme, plus particulièrement dans le domaine politique. Certes, les clubs de femmes existent à Paris, mais Olympe veut aller plus loin : les femmes, qui représentent la moitié de la Nation, ont aussi droit à la parole, elles doivent avoir leur place à l’Assemblée.

Marie Tudor, la reine sanglante

>Sceau de Marie Tudor et de Philippe d'Espagne.
Sceau de Marie Tudor et de Philippe d’Espagne.

Fille d’Henri VIII (1509-1547) et de Catherine d’Aragon, sa première femme, Marie Tudor passe son enfance en exil, très loin des attaques d’Anne Boleyn qui la déteste. Écartée du trône à la mort de son père, Marie y accède enfin, en 1553, à la mort de son jeune frère Édouard VI.
Catholique intransigeante, elle fait rétablir ce culte et expulser les prêtres mariés. Contre l’avis du Parlement, elle épouse Philippe d’Espagne, le fils de Charles-Quint, ce qui donne lieu à de violentes révoltes de la part du peuple : les rebelles sont exécutés et sa sœur Élisabeth est enfermée à la Tour de Londres.
Mais la reine, devenue fanatique et violente, rétablit, en 1555, la loi contre l’hérésie et des centaines de protestants sont envoyés au bûcher. À sa mort, le 17 novembre 1558, l’impopularité de la souveraine, surnommée « Bloody Mary » ou « Marie la Sanglante », est à son comble.