Talma : l’amour du théâtre

François-Joseph Talma (1763-1826) est le tragédien qui aura dominé toute la fin du XVIIIe siècle. Il fait ses débuts à la Comédie-Française dans Mahomet de Voltaire, mais c’est en créant, en 1789, Charles IX de Chénier qu’il accède à la célébrité. La pièce, critique du règne de Charles IX, est d’abord interdite. Puis, imposée par le régime révolutionnaire, elle obtient un grand succès. Peu après, Talma, quitte la Comédie-Française et fonde son propre théâtre où il joue surtout des œuvres de Shakespeare. En 1799, il revient à la Comédie-Française et joue les premiers rôles de Corneille, s’assurant, par son immense talent, la protection et les faveurs de Napoléon. À sa mort, le 19 octobre 1826, Talma a profondément réformé le théâtre, proposant une diction et des costumes qui tendent vers le naturel, ainsi qu’un jeu de scène plus véridique.

Champlain, l’homme du Canada

Portrait factice -on ne connaît pas son vrai visage- de Samuel de Champlain (v. 1580-1635).
Portrait factice -on ne connaît pas son vrai visage- de Samuel de Champlain (v. 1580-1635).

Depuis le XVIe siècle, la rivalité entre la France et l’Angleterre a un nouveau terrain de prédilection : le Canada. Découvertes par un navigateur italien au service de l’Angleterre, John Cabot, les rives du Canada ne tardent pas à attirer des explorateurs français, comme Jacques Cartier qui remonte le Saint-Laurent en 1534.
Mais la colonisation ne commence vraiment qu’en 1604 avec l’arrivée de Champlain et de du Gua de Monts. Champlain sera le « grand homme » du Canada, presque son fondateur tant cet homme était visionnaire. Et visionnaire pour tout le continent d’ailleurs puisqu’il sera l’un des premiers à suggérer le percement de l’isthme de Panama…
En 1608, Champlain, devenu l’adjoint du lieutenant général de la Nouvelle-France, fonde le « site » de Québec d’où il multipliera les expéditions : à partir de 1620, il entreprend de pacifier les tribus indiennes et se consacre à la colonisation de l’immense territoire qui s’étend devant lui. La guerre aura cependant raison de l’œuvre première de Champlain qui, après un siège très éprouvant, livre Québec aux Anglais. Après trois ans d’occupation, le traité de Saint-Germain-en-Laye, signé en 1632, restitue Québec et le Canada à la France et Champlain reprend ses explorations. À sa mort, en 1635, la colonie est encore réduite, mais elle constitue le point de départ d’une immense colonie.

Racine : le théâtre pour passion

Des héros qui se déchirent, des vers qui « tonnent et qui détonnent », tout le charme des grandes tragédies raciniennes est là. C’est pourquoi, le 1er janvier 1677, l’hôtel de Bourgogne fait salle comble pour la toute première représentation de Phèdre.
Orphelin élevé par les religieuses de Port-Royal, Jean Racine (1639-1699) arrive à Paris en 1663, date à laquelle il présente sa première tragédie, La Thébaïde. En 1677, il est au sommet de sa gloire : Andromaque, Bérénice, Britannicus, autant de triomphes qui lui ont permis de supplanter son vieil adversaire, Pierre Corneille.

Bonald ou l’idée de la société royale

Louis Gabriel Ambroise, vicomte de Bonald(gravure ancienne).
Louis Gabriel Ambroise, vicomte de Bonald

Sans aucun doute, Louis Gabriel Ambroise, vicomte de Bonald, n’avait guère de sympathie pour la révolution. En fait, il semble qu’il ne la comprenait même pas.

Emigré en 1791, de retour en France sous le Directoire, il devint député sous la Restauration et fut nommé pair de France en 1823. Ses principaux ouvrages, "Théorie du pouvoir politique et religieux" et "La législation primitive considérée dans les premiers temps par les seules lumières de la raison", font état de sa vision du monde et de la société. De fait, Bonald attribuait à une révélation primitive l’origine du langage, des arts et de toutes les connaissances humaines. En politique, il affirmait que la société tenait son origine du pouvoir donné par Dieu au souverain et que cette société avait été façonnée par le monarque, qu’elle ne pouvait survivre qu’avec lui.

On comprend, dès lors, que le vicomte de Bonald ait considéré avec quelque réserve la période révolutionnaire. On comprend également qu’il ait été conforté dans ses idées après l’échec de la Révolution et même de l’accession au pouvoir de Napoléon, la France ne retrouvant son vrai visage, selon lui, qu’avec le retour des Bourbons.

Guillaume Penn fonde la Pennsylvanie

Guillaume Penn (1644-1718).
Guillaume Penn (1644-1718).

Né à Londres en 1644, Guillaume Penn devient, à l’âge de vingt-deux ans, un fervent adepte de la religion des amis, le quakerisme. Après quelques séjours à la Tour de Londres, Penn décide de quitter l’Angleterre. Il parcourt l’Allemagne et la Hollande en prêchant. En 1681, il revient à Londres et obtient, contre une créance de seize mille livres, une concession pour un territoire du Nouveau Monde. Sous son égide, cette terre, située à l’ouest de la Delaware, devient une colonie qui prend le nom de Pennsylvania.
Le 25 avril 1682, Guillaume Penn donne aux colons une constitution en vingt-quatre articles qui font de la Pennsylvanie l’un des premiers États démocratiques. Terre d’asile, ce pays devient le refuge des persécutés.

Surcouf, l’aventurier des mers

Immortalisé par toute la littérature populaire, Robert Surcouf est né à Saint-Malo le 12 décembre 1773.
Fougueux et indiscipliné dès son plus jeune âge, il embarque pour les Indes en tant que mousse : il a à peine treize ans. Devenu lieutenant en 1791, il fait plusieurs voyages entre Madagascar et l’île Bourbon (La Réunion) comme négrier. Mais c’est surtout en tant que corsaire que Surcouf se distingue : à bord de l’Émilie, de la Clarisse, de la Confiance et du Revenant, il sillonne l’océan Indien, attaquant les navires anglais qu’il rencontre. Surcouf devient alors la «bête noire» de la Compagnie des Indes qui met sa tête à prix, sans aucun succès.
Devenu extrêmement riche, il revient à Saint-Malo où il s’installe comme armateur avant de mourir en 1827. Surcouf reste l’un des pirates les plus admirés et ses aventures ne cessent de faire rêver les adultes et les enfants.

Une nymphomane à la cour de France ?

Portrait de la Reine Margot (1553-1615).
Portrait de la Reine Margot (1553-1615).

Personnage politique de faible importance, Marguerite de Navarre a acquis une postérité exceptionnelle pour son rang. Une postérité née avant tout de la réputation sulfureuse qu’on lui a attribuée. Reste à savoir si elle est méritée. Elevée à la cour avec ses frères, pourvue d’une solide culture, le Reine Margot comme on l’appellera désormais, eut certes des aventures… mais pas plus que ses frères ou son époux. Mariée à Henri de Navarre, pour lequel elle n’éprouvait guère d’inclinaison, Margot aura surtout le mauvais goût de s’amouracher du chef de la Ligue, le très catholique Henri de Guise. Un amour fortement teinté de politique et de désir de s’affranchir. Un amour qui lui coûtera la liberté puisque son frère Henri III la fera enfermer à Nérac dès 1583. Une prison dorée d’où elle animera une cour jeune, brillante et gaie… Peut-être un peu trop gaie d’ailleurs puisqu’en 1587, elle est enfermée dans le château d’Usson, en Auvergne, où elle restera dix-huit ans. Quand Henri IV devient roi de France, il n’a rien de plus pressé que de faire annuler son mariage par le pape Clément VIII, ce que beaucoup verrons comme une preuve de ses trop nombreuses infidélités. La vérité oblige à dire que le nouveau souverain avait surtout besoin d’argent, d’où son désir de contracter une union plus prometteuse pour sa trésorerie…
Revenue à Paris en 1605, la reine Margot y meurt le 27 mars 1615. Elle laisse des Poésies et des Mémoires, mais reste, dans l’esprit de beaucoup, le symbole de cette époque de mœurs dissolues que fut la fin du XVIe siècle.

Beaumarchais : le style caustique

Aux vertus qu’on exige dans un domestique, Votre Excellence connaît-elle beaucoup de maîtres qui fussent dignes d’être valets ?, clame le personnage de Figaro dans Le Barbier de Séville.
À cette réplique entendue pour la toute première fois le 23 février 1775,  le public, essentiellement composé d’aristocrates, applaudit à tout rompre. La pièce est un triomphe comme le sera bientôt, Le Mariage de Figaro, en 1784. Ce n’est qu’une « cascade éblouissante de répliques et de tirades, un jaillissement continuel de réflexions ironiques, de mots serrés » qui témoignent de l’esprit vif et caustique de leur auteur.

Louis XVI, l’homme méprisé

Buste de Louis XVI (1754-1793).
Buste de Louis XVI (1754-1793).
Un combat au Xe siècle, d’après une peinture murale.
Rarement on aura autant médit sur un roi. Pourtant, son accession au trône, en 1774, fait naître un immense espoir : le petit-fils de Louis XV a alors 20 ans et il forme, avec son épouse, le couple idéal. Intelligent, cultivé –féru d’histoire et de géographie notamment-, Louis XVI n’a qu’un désir : faire le bien de son peuple, procéder aux réformes nécessaires… Ce qu’il n’aura guère l’occasion de faire après avoir rappelé, dès son accession au trône, un Parlement plus désireux de s’opposer que de servir. Qui plus est, le souverain était d’un caractère paisible, plutôt timide ; un caractère manquant de la nécessaire autorité pour brider le Parlement et faire passer ses idées de réformes.
On a souvent fait de Louis XVI une sorte de benêt, sans envergure et préoccupé uniquement d’horlogerie. Une image réductrice et volontairement véhiculée par les très républicains historiens du XIXe siècle ; des historiens qui oublièrent sciemment qu’il était de tradition chez les Bourbons d’apprendre un métier manuel : ce sera l’horlogerie pour Louis XVI comme ça l’avait été pour Louis XIV, la menuiserie pour Louis XV. Et les historiens du XIXe siècle ne seront pas les seuls à se railler de Louis XVI : la noblesse, en son temps, l’avait fait, après être passé bien près de perdre bien des privilèges.

Le poète Regnard perdu par les femmes

Jean-François Regnard (1655-1709).
Jean-François Regnard (1655-1709).

Écrivain et auteur dramatique, Jean-François Regnard (1655-1709), mène une vie des plus aventureuses avant de se consacrer à l’écriture.
Le 4 octobre 1678, alors qu’il rejoint Marseille, son bateau est capturé par des pirates algériens. Racheté par un seigneur de la ville, il devient son chef cuisinier. Grâce à ses manières et à ses dons culinaires, il voit alors s’ouvrir les portes du harem. Mais, rapidement découvert, Regnard n’a d’autre choix que de se convertir à l’islam s’il veut garder la vie sauve. Il est prêt à le faire quand le consul français intervient et le rachète. De retour en France, Regnard entreprend un voyage en Laponie, puis s’adonne à l’écriture, annonçant, dans des pièces légères, le style de Marivaux.