Les Ayyoubides ou l’héritage perdu de Saladin

Les Sarrasins aux prises avec les Croisés (détail d'une peinture murale).
Les Sarrasins aux prises avec les Croisés (détail d’une peinture murale).

C’est Saladin, le célèbre conquérant kurde, qui, en prenant le pouvoir en Egypte en 1171, devait fonder la dynastie des ayyoubides. Et si, nominalement, Saladin se déclarait encore vassal des sultan abbassides, il était évident pour tout le monde que le véritable pouvoir, c’est lui qui le possédait. De fait, Saladin était un conquérant comme l’islam n’en avait pas vu depuis longtemps : en quelques années, il devait ravir aux croisés Alep (1183) et surtout Jérusalem (1187). A sa mort, en 1193, il laissait un empire qui s’étendait de la Tripolitaine au Tigre et des côtes de l’Arabie méridionale à l’Arménie. Un empire qui ne devait pas lui survivre puisqu’il faut immédiatement partagé entre ses trois fils et son frère pour former les Etats d’Egypte, d’Alep, de Damas et de Mésopotamie. En réalité, la caractéristique de l’empire ayyoubide sera la désunion de ses membres. Malik el-Adil, frère et héritier partiel de Saladin tentera bien de rétablir l’unité, notamment en renversant ses propres neveux et en s’instituant seul et unique souverain, mais, à sa mort (1218), ses fils se partagèrent à nouveau l’empire… et la discorde domina à nouveau entre les princes.
Les Croisés ramenés prisonniers au Caire.
Les Croisés ramenés prisonniers au Caire.

C’était faire la part belle aux ennemis des ayyoubides, notamment des croisés qui, depuis la prise de Jérusalem par Saladin, ne rêvaient que de reprendre la ville sainte. Des alliances étonnantes devaient également s’établir. Ainsi, alors que régnait el-Malik el-Kamil sur l’Egypte, le sultan dut faire face à la Ve croisade avant de s’allier avec Frédéric II de Hohenstaufen contre ses parents qui régnaient sur la Syrie. C’est ainsi d’ailleurs que Frédéric II récupéra Jérusalem, Bethléem et Nazareth.
Le successeur d’el-Malik el-Kamil, el-Salih Najm el-Din (1240-1249), tenta bien une dernière réunification de l’empire hérité de Saladin, mais la puissance des Ayyoubides d’Egypte était essentiellement fondée sur leurs mercenaires, les Mamelouks, qui devaient bientôt tenter de les supplanter. Après avoir assassiner Turam Chah, les fils d’el-Salih, les Mamelouks portèrent au pouvoir la belle-mère du sultan, une ancienne esclave, qui, en épousant le chefs des Mamelouks, Izz el-Din Aybak, consacra l’usurpation des Mamelouks. A Damas et Alep, les Ayyoubides devaient se maintenir jusqu’en 1260, mais là ceux sont les Mongols qui devaient les renverser mettant fin à l’empire créer par Saladin.