Les pèlerins du Mayflower

Partis le 16 décembre 1620 du port de Southampton, il suffit de quelques mois aux «pères pèlerins» embarqués à bord du Mayflower pour atteindre la baie de Cap Cod, le 21 décembre de la même année. Calvinistes anglais aux mœurs puritaines, ils ont quitté un pays qu’ils jugeaient peu orthodoxe, avec la ferme volonté de créer une communauté totalement fidèle aux enseignements de la Bible.
Cent quarante-neuf hommes, femmes et enfants constituent cette première colonie installée à Plymouth et dirigée par un gouverneur, William Bradford. Ils obéissent à un acte signé sur le Mayflower, qui établit une première forme de gouvernement.
Les pèlerins du Mayflower sont restés dans l’histoire comme les plus célèbres parmi les colons américains.

Le Père Joseph : l’éminence grise de Son Eminence

François Joseph Leclerc du Tremblay, dit le Père Joseph (1577-1638).
François Joseph Leclerc du Tremblay, dit le Père Joseph (1577-1638).

J’ai perdu mon bras droit, affirme Richelieu à la mort de son plus sûr confident, le Père Joseph.
Fils d’un président du Parlement, François Joseph Leclerc du Tremblay est né à Paris le 4 novembre 1577. Après un brillant passage à l’armée et à la cour, il entre dans les ordres où il devient le « Père Joseph ».
Homme d’action comme de réflexion, il prêche dans les églises, envoie des missions à l’étranger, fonde le couvent des « Filles du Calvaire » et travaille à la conversion des protestants. En 1616, il est appelé pour servir de médiateur entre Marie de Médicis et les princes. Entré malgré lui dans l’arène politique, le capucin gagne l’estime et l’amitié de Richelieu, qui, en 1624, le prend comme conseiller personnel.
Véritable « éminence grise » du cardinal, le Père Joseph a surtout une influence considérable dans la lutte contre la maison de Habsbourg et sur la politique envers les protestants.
Il meurt le 18 décembre 1638 et son souvenir restera à jamais associé à celui de Richelieu.

Le siècle de Léon X

Le pape Léon X (1475-1521).
Le pape Léon X (1475-1521).

Jean de Médicis, troisième fils de Laurent le Magnifique, né en 1475, devient cardinal à douze ans et en 1513, il succède au pape Jules II, sous le nom de Léon X.
Mécène généreux, protecteur des arts et des lettres, il s’entoure des esprits les plus fins de son temps, tels Machiavel ou Sannazar et des artistes les plus illustres dont Michel-Ange et Raphaël. Grâce à lui, Rome devient la capitale de l’humanisme et de la Renaissance avec, pour couronner cette entreprise, l’édification de la nouvelle basilique Saint-Pierre.
Mais c’est aussi sous son pontificat que va naître et se développer l’hérésie protestante. En effet, afin d’achever la basilique Saint-Pierre de Rome, Léon X renouvelle les indulgences accordées par son prédécesseur. Ce sera le prétexte invoqué par Martin Luther pour entamer une «révolution religieuse» qui aboutira rapidement au protestantisme. Après des tentatives de conciliation, Léon X condamne les quatre-vingt-quinze propositions de Luther dans sa célèbre bulle Exsurge Domine et excommunie, en 1520, le moine saxon. À la fin de son pontificat, il se rapproche de Charles-Quint, seul rempart solide face à cette hérésie.
Estimé comme l’un des plus illustres pontifes du XVIe siècle, que l’on a aussi appelé le « siècle de Léon X », il meurt, le 1er décembre 1521, dans des circonstances jugées suspectes.

Les réverbères de Paris

Les réverbères de Paris, d'après un dessin moderne.
Les réverbères de Paris, d’après un dessin moderne.

Un édit royal datant de 1465 avait déjà proclamé que chaque habitant devait placer une chandelle à sa fenêtre afin d’éclairer les rues de Paris. Mais ce n’est qu’en 1769 que l’éclairage de la capitale fut accordé, non à l’inventeur du réverbère, Bourgeois de Châteaublanc, mais à un financier, un certain Tourtille-Segrain.
Le 1er août 1769, Tourtille-Segrain commença l’exploitation de l’éclairage de Paris. Il devait la poursuivre durant quarante ans et l’étendre à d’autres grandes villes du royaume, pour son plus grand bénéfice. Tout avait été déjà défini et il n’y eut guère d’amélioration si ce n’est la décision de placer une lanterne à la fenêtre de chaque poste de police de quartier. Ce qui amena cette épigramme :
Le commissaire Balivernes,
Aux dépens de qui chacun rit,
N’a de brillant que sa lanterne
Et de terne que son esprit.

Wallenstein, le condottiere des Habsbourg

Albrecht Wallenstein (1583-1634).
Albrecht Wallenstein (1583-1634).

Il n’est pas donné à tous les militaires de voir leur nom et leur personne devenir le personnage central d’une pièce de théâtre. Et une trilogie en plus ! En effet, c’est en s’inspirant de la vie -pour le moins mouvementée- d’Albrecht von Wallenstein que Schiller écrira le drame éponyme.
Fils d’une famille noble de Waldstein, Wallenstein était né protestant mais, après un séjour estudiantin en Italie, il se convertit au catholicisme (1606). Un acte décisif -sans doute guidé par des motifs aussi bien religieux que politiques- qui allait le lier aux Habsbourg dont il sera un des chefs de guerre les plus talentueux, les plus décisifs au cours de la guerre politico-religieuse qu’est la guerre de Trente ans. Marié à une riche veuve, qui après cinq années de mariage devait décéder, il se trouva dès 1614 à la tête d’une fortune considérable. Ayant déjà servi l’empereur, il fut un des rares nobles -sans doute aidé par son indépendance financière- à soutenir les Habsbourg lors de la révolte de la Bohême, en 1618.  Il leva une armée à ses frais et combattit en Moravie. Pour le récompenser de sa fidélité, Ferdinand II augmentera encore la fortune du condottiere en lui offrant d’immenses domaines en Bohême. Prince d’empire en 1623, il se remaria avec la fille d’un personnage important de la cour et fut fait duc de Friedland en 1624.
La guerre ayant repris, il offrit à l’empereur de lever, toujours à ses propres frais, une armée entière… à la condition cependant que ses hommes puissent se ravitailler et être payés au dépens des pays conquis. La proposition acceptée, Wallenstein se trouva à la tête d’une armée de 30 000 hommes, puis de 50 000 qui allaient jouer un rôle décisif dans la guerre de Trente Ans. En à peine deux ans, il devait faire la conquête de toute l’Allemagne du nord, refoulant les Danois intervenus aux côtés des protestants et obligeant le roi Christian IV de Danemark à signer le traité de Lübeck (1629). Sauveur des Habsbourg, il obtint de Ferdinand II la principauté de Sagan et les duchés mecklembourgeois avec le titre d’amiral et la mer Océane et Baltique.
Mais le succès militaire et le pouvoir qu’il engendrait commençait à agacer et à inquiéter les princes de la Ligue catholique qui, à la diète de Ratisbonne (1630), devaient obtenir qu’il soit relevé de son commandement. Lorsque Ferdinand II, affolé par les succès de Gustave-Adolphe, fit de nouveau appel à lui, c’est une fin de non-recevoir qu’il obtint. Finalement, Wallenstein devait reprendre son commandement au sein des armées catholiques mais au prix d’un abdication du pouvoir impérial sur les armées : il obtint un pouvoir illimité sur les armées, pouvant révoquer à son gré les officiers, obligeant l’empereur à ne paraître qu’avec son autorisation. Mieux, même, il obtint le pouvoir de faire non seulement la guerre mais aussi la paix. Bref, d’agir en roi. Ceci étant établi, Wallenstein reprit la Bohême aux Saxons, chassa Gustave-Adolphe de Nuremberg et lui livra une ultime bataille à Lützen, où le roi de Suède devait périr.
Après ce fait d’armes, Wallenstein devait se montrer nettement moins performant. Sans doute, mais il n’y a aucune certitude, avait-il dans l’idée de faire cesser ce conflit qui ruinait l’Allemagne, de faire cesser le conflit entre catholiques et protestants et de s’assurer la couronne de Bohême. Pour contraindre l’empereur à la paix, il entra en contact avec les Suédois et le duc de Saxe-Weimar. Un lien qui allait exciter ses opposants auprès de l’empereur. En 1634, ce dernier relèvera Wallenstein de son commandement. Plusieurs des officiers proches du chef de guerre devaient le quitter et Wallenstein était prêt à se réfugier chez les Suédois lorsqu’il fut assassiné au cour d’un banquet en 1634.

« Passages à tabac »

Introduit en France par Jean Nicot sous François III, le tabac connaît son apogée au XVIIe siècle, où il est d’usage soit de le priser ou de le fumer. N’importe qui, à l’époque, pouvait en faire commerce et certains estaminets ne s’en privaient pas, permettant aussi aux amateurs de tabac de « perdre du tabac en fumée » dans leurs échoppes.
Cependant, ces lieux étant désormais investis par les brigands qui pillaient les fumeurs, un édit du 23 juin 1629 interdit la vente de tabac, sauf par les épiciers qui pouvaient ainsi étendre leur activité à celle de « fumoir ».

Louis XIV dans la droite ligne d’Henri IV

Henri IV lors de la signature de l'édit de Nantes (1598).
Henri IV lors de la signature de l’édit de Nantes (1598).

Cinq ans après sa conversion au catholicisme, le « bon roi » Henri IV, soucieux de mettre fin à l’agitation persistante des huguenots, signe l’édit de Nantes, le 13 avril 1598, l’un des actes majeurs d’un règne fertile en bienfaits pour le royaume. Par cet édit, le roi accorde aux protestants des concessions considérables. Au point de vue religieux, liberté de conscience dans tout le royaume et liberté du culte là où les protestants sont majoritaires, restitution des anciens temples et autorisation d’en bâtir de nouveaux. Sur le plan politique, amnistie générale et égalité civile avec les catholiques et accès à tous les emplois dans l’ensemble du royaume. Enfin, les protestants se voient accorder des garanties territoriales dans une centaine de villes dont La Rochelle, Saumur, Montauban et Montpellier. Pendant près d’un siècle, l’édit de Nantes permettra à la France de connaître une relative paix religieuse mais lors de sa révocation, en 1685, par Louis XIV, plus de 200 000 protestants, parmi lesquels des officiers, des industriels, des commerçants, des artisans, des agriculteurs, quittent le pays et émigrent notamment en Hollande et en Prusse.
La révocation de l’édit de Nantes, écrira Michelet, a appauvri la France et enrichi ses ennemis.
C’est certain. Et alors que l’on présente Henri IV comme un homme ouvert, tolérant, etc, du fait même de la signature nantaise, son petit-fils fait figure de catholique intransigeant. L’analyse est pourtant un peu simple, pour ne pas dire simpliste. En effet, il apparaît surtout que Louis XIV n’a fait qu’achever l’œuvre d’Henri IV pour qui l’édit de Nantes dans sa forme de 1598, n’était qu’un pis-aller, une solution alternative avant l’union réelle du pays. En effet, comment imaginer que le souverain ait pu imaginer, ne serait-ce qu’un instant, assurer, pour toujours, les concessions territoriales qu’il avait bien été obligé d’accorder afin d’asseoir son pouvoir et d’assurer la difficile paix du royaume. La situation de 1598 n’était pas faite pour durer et Louis XIV, ayant solidement –c’est le moins que l’on puisse dire- assurer son pouvoir, va pouvoir, logiquement, revenir sur les concessions faites moins de cent ans plus tôt.

La saga des Beauharnais

Eugène de Beauharnais (1781-1824), d'après une gravure du XIXe siècle.
Eugène de Beauharnais (1781-1824), d’après une gravure du XIXe siècle.

A n’en pas douter, c’est bien le soleil de la Martinique qui va apporter à la famille de Beauharnais toute sa renommée. Un soleil nommé Joséphine.
Née dans les terres brumeuses de Bretagne, cette famille de magistrats et de hobereaux s’établira en Orléanais au XVIe siècle avant de se lancer dans l’aventure américaine. A la Martinique, affectation du gouverneur François de Beauharnais, il prend lien avec une vieille famille de l’île et en 1779 son fils, Alexandre, épousera Joséphine Rose Tascher de la Pagerie. Le vicomte Alexandre ne connaîtra qu’une gloire personnelle toute relative comparée à celle de son épouse et de ses enfants. Pourtant, il est passé à deux doigts de l’immortalité. Par deux fois président de l’Assemblée constituante, il est celui qui fera arrêté puis emprisonné Louis XVI et sa famille. Il est celui qui, à l’époque, était regardé comme un nouveau monarque, au point que le peuple s’amassait sous les fenêtres de sa demeure afin d’y voir Hortense et Eugène, devenus les nouveaux enfants royaux. Un présage s’il en fut ; un présage qui ne concernera cependant que les enfants d’Alexandre, ce dernier finissant sa vie, comme le roi qu’il avait condamné, sur la guillotine (1794). Mais si Alexandre laissa échapper la gloire, si, pour une fois dans sa vie, il ne su être opportun ou opportuniste, Joséphine le sera pour deux, se hissant jusqu’à la plus haute arche au point d’acquérir le titre d’impératrice.
Quant aux enfants du vicomte, ils ne seront pas en reste : Hortense deviendra reine de Hollande et sera la mère du futur Napoléon III et Eugène, vice-roi d’Italie par la volonté de son beau-père, Napoléon Ier, obtiendra par mariage le titre de prince de Leuchtenberg et d’Eichstätt. Un monceau de titres et d’honneurs qui aurait sans nul doute enchanté le vicomte Alexandre, être ô combien imbu de sa personne.

Louise de Savoie : la Dame de fer de la Renaissance

Louise de Savoie (1476-1531) et Marguerite d'Autriche (1480-1530).
Louise de Savoie (1476-1531) et Marguerite d’Autriche (1480-1530).

Il ne fait guère de doute que si son fils avait été moins célèbre, Louise de Savoie aurait eu une postérité dépassant largement celle qu’elle a aujourd’hui. Fille du duc de Savoie, veuve, à dix-huit ans du duc d’Angoulême, belle, intelligente, intrigante aussi, Louise de Savoie pèsera de tout son poids sur le règne de son fils, François Ier. A peine accède-t-il au trône qu’elle se fait octroyer le duché d’Angoumois ; c’est elle également qui assure la régence lors des guerres d’Italie, en 1515. Un rôle qu’elle aura à assurer à nouveau exactement dix ans plus tard après la défaite de Pavie, bataille au cours de laquelle le roi sera fait prisonnier par les troupes espagnoles. C’est alors elle qui négocie, avec habileté, il faut le reconnaître, la libération du souverain -en échange d’une rançon qu’elle "oubliera" de payer- ; elle également qui organise la ligue de Cognac contre l’Autriche ; elle enfin qui négocie avec la sœur de l’empereur la fameuse "paix des Dames". Autant de preuves de son talent, de diplomate, de négociatrice ; autant de preuves qui font oublier les excès dont elle se rendra coupable en tant que mère du souverain et en tant que régente. Car Louise de Savoie aimait l’argent. Elle l’aimait même tant qu’elle dilapidera les fonds initialement destinés à la guerre, un "fait d’armes" dont elle fera accuser Semblançay. Louise de Savoie était également orgueilleuse. Et elle l’était tant qu’elle provoquera la défection du connétable de Bourbon qu’elle poursuivait de sa vindicte depuis le jour où il avait refusé de l’épouser. Au passage, elle n’oubliera cependant pas de récupérer les terres du traître…
Il n’est guère contestable, on le voit, que la mère de François Ier joua un rôle non négligeable dans l’histoire de France. Un rôle souvent occulté au profit de celui, réel également, de mécène et d’initiatrice des arts. Un rôle peu flatteur il est vrai mais qui fait de Louise de Savoie la véritable Dame de fer de la Renaissance.

Charles Quint : la couronne arrachée

Charles Quint
Charles Quint (1500-1558).

Roi d’Espagne, des Deux-Siciles et maître des Amériques, Charles Ier d’Espagne devient aussi souverain des Pays-Bas et empereur germanique en 1519 et prend le nom de Charles Quint.
À la tête d’un « empire où le soleil ne se couche jamais », Charles Quint menace la France d’encerclement et François Ier tente, par tous les moyens, d’unir les puissances européennes contre le Habsbourg.
En 1526, le roi forme avec le pape Clément VII, les princes italiens et le roi d’Angleterre, une Ligue sainte contre l’empereur.
Charles-Quint, qui se posait alors en défenseur de la chrétienté, organise le sac de Rome, en 1527, puis fait prisonnier le souverain pontife.
Le 5 novembre 1529, Clément VII, contraint et forcé, pose la couronne impériale sur la tête de Charles Quint.