Guillaume Penn fonde la Pennsylvanie

Guillaume Penn (1644-1718).
Guillaume Penn (1644-1718).

Né à Londres en 1644, Guillaume Penn devient, à l’âge de vingt-deux ans, un fervent adepte de la religion des amis, le quakerisme. Après quelques séjours à la Tour de Londres, Penn décide de quitter l’Angleterre. Il parcourt l’Allemagne et la Hollande en prêchant. En 1681, il revient à Londres et obtient, contre une créance de seize mille livres, une concession pour un territoire du Nouveau Monde. Sous son égide, cette terre, située à l’ouest de la Delaware, devient une colonie qui prend le nom de Pennsylvania.
Le 25 avril 1682, Guillaume Penn donne aux colons une constitution en vingt-quatre articles qui font de la Pennsylvanie l’un des premiers États démocratiques. Terre d’asile, ce pays devient le refuge des persécutés.
En 1684, Penn décide de rentrer à Londres. Ami du roi Jacques II Stuart, il tente alors d’inspirer au souverain une politique de tolérance religieuse : en 1687, il obtient la Déclaration d’indulgence. À la chute des Stuart, un an plus tard, Penn est à nouveau persécuté et privé du gouvernement de sa colonie de 1692 à 1694. Resté en Angleterre, Guillaume Penn meurt près de Londres le 30 juillet 1718. Mais son œuvre lui survit : la constitution donnée à la Pennsylvanie inspirera largement la future constitution des États-Unis.

Cortez et la conquête du royaume aztèque

Fernand (ou Hernan) Cortez (1485-1547).
Fernand (ou Hernan) Cortez (1485-1547).

Le Mexique ne s’explique pas ; on croit dans le Mexique, avec fureur, avec passion…, écrit le poète Carlos Fuentes. De la même façon, Fernand Cortez a cru dans cette terre, mais aussi dans ses richesses et ses possibilités.
Aventurier avide de gloire et d’or, Cortez, né en 1485 en Estrémadure, est issu d’une famille de vieille souche mais dépourvue de fortune. À l’âge de dix-neuf ans, il s’embarque pour le Nouveau Monde et s’illustre lors de la conquête de Cuba menée par Diego Velazquez (1465-1524). Peu de temps après, il entend parler d’une expédition au Yucatan projetée par Velazquez. En 1518, Cortez prend la tête d’un convoi de onze navires transportant deux cent soixante Espagnols et autant d’Indiens.
À leur arrivée, tout le pays est en état d’alerte. En mars 1519, les Espagnols affrontent des milliers d’Indiens dans un combat sanglant, à Tabasco. Les Conquistadores sont vainqueurs mais le pays aztèque demeure aux mains du puissant Moctezuma dont le palais se trouve à Tenochtitlan -l’actuel Mexico. Partant de Veracruz, qu’il vient de fonder, Cortez atteint Tenochtitlan à la tête d’une immense armée.
Décidé, plus que jamais, à conquérir le royaume aztèque, Fernand Cortez doit cependant remettre son projet à plus tard. En effet, Velazquez tente de le supplanter en s’emparant de Veracruz. À l’issue de leur affrontement, Cortez, vainqueur, repart en direction de Tenochtitlan. Le roi Moctezuma a été assassiné, mais son successeur tient tête aux Espagnols.
Pourtant, en 1521, Cortez, après une lutte acharnée, prend possession de la ville et la fait complètement raser. Le pays aztèque est désormais soumis.
L’année suivante, Cortez est nommé gouverneur de la Nouvelle-Espagne mais son ambition inquiète Madrid où il est rappelé en 1527.
Tombé en disgrâce, Fernand Cortez, qui demeure l’une des plus grandes figures de toute la Reconquista, meurt, ruiné et malade, le 2 février 1547, dans la province de Séville.

L’Australie : terre d’exil

Aborigène d'Australie, d'après une iconographie du XIXe siècle.
Aborigène d’Australie, d’après une iconographie du XIXe siècle.

Découverte par les Hollandais en 1606, l’Australie est une terre hostile, lointaine, inconnue lorsque, en 1770, James Cook, qui vient juste d’acquérir la Nouvelle-Zélande, en prend possession pour la couronne d’Angleterre. Ces deux colonies vont désormais remplacer les lieux d’exil et de déportation que l’Angleterre vient de perdre avec les colonies américaines.
En janvier 1788, sept cent dix-sept forçats, dont cent quatre-vingts femmes, accompagnés de deux cent dix soldats, débarquent à Port Jackson, rebaptisé Sydney par le tout premier gouverneur de l’Australie. Hommes et femmes fondent la Nouvelle-Galles du Sud, sur la côte orientale et, malgré les difficultés, organisent la colonie.
L’Australie, qui fait près de douze fois la taille de la France, n’est alors peuplée que d’environ cinq cent mille aborigènes et la grande majorité de ses terres reste longtemps inexplorée. La Nouvelle-Galles du Sud n’accède au statut de colonie britannique qu’en 1823 : ainsi naquit l’Australie… 

Cartier… de la Chine au Canada

Portrait de Jacques Cartier (1491-1557).
Portrait de Jacques Cartier (1491-1557).

C’est vraisemblablement au large de Terre-Neuve que Jacques Cartier, marin déjà aguerri, conçoit son grand projet : comme tant d’autres avant lui, il rêve de trouver le fameux passage du Nord-Ouest, passage qui doit le conduire vers la Chine. Une route que tous les explorateurs tentent de trouver, avec une persévérance admirable, depuis des siècles et qui a déjà permis la découverte de l’Amérique.
François Ier, qui voit avec regret l’Espagne et le Portugal se partager le monopole des découvertes, agrée à son idée et c’est avec l’accord et les finances du roi que Cartier arme deux bâtiments en avril 1534. Après avoir longé Terre-Neuve et la côte ouest du nouveau continent, il pénètre dans ce qui lui paraît un bras de mer et qui se révèle être le Saint-Laurent. Il aborde à Gaspé : une croix, plantée en terre, indique la nouvelle possession du roi de France, possession à laquelle Cartier donne le nom de Canada, qui vient du mot iroquois « kanata », ce qui signifie « village ». Pourtant, ce ne sont pas les Iroquois que Cartier croise en premier sur sa route mais, vraisemblablement, les Hurons qui parlent une langue proche de l’iroquois.
Le Canada est une terre pleine de promesses à en croire les Indiens : Cartier est convaincu ; de retour en France, en septembre 1534, il convainc à son tour le roi. Et dès mai 1535, il reprend la mer. Fort de trois nouveaux bateaux et de la confiance de François Ier, le Malouin pénètre hardiment à l’intérieur des terres. Remontant le Saint-Laurent, il atteint le village indien d’Hochelaga qui deviendra, sous l’égide des Français, Mont Royal puis Montréal.
Après un hiver rigoureux marqué par les ravages du scorbut, l’équipage de Cartier reprend la mer. De retour en France, en 1536, le marin n’a de cesse de remonter une expédition avec, cette fois, l’idée d’installer une colonie. Ce sera le but de la dernière expédition du Malouin, que le roi de France va cependant soumettre à l’autorité de Jean-François de la Roque, seigneur de Roberval et premier gouverneur de la « Neuve-France ».
En 1541, les premiers colons s’installent le long des rives du Saint-Laurent. Cartier, quant à lui, retourne en France sitôt les cales pleines. Mais les richesses attendues ne sont en fait que du schiste ou du cuivre. Dès lors, le roi se désintéresse de la nouvelle colonie et c’est, dans un relatif anonymat, que meurt Cartier, en 1557.
D’un point de vue strictement pratique, le bilan de l’aventure Jacques Cartier peut sembler bien maigre. On peut dire que les trois expéditions entreprises par le Malouin peuvent être considérées comme des échecs sur toute la ligne : la route septentrionale des Indes n’existe pas, les fameuses pierres précieuses rapportées du Canada sont sans valeur, les hivers sont si durs que la colonisation semble impossible. Pourtant, derrière cet apparent échec, l’œuvre de Jacques Cartier nous apparaît aujourd’hui considérable. Il a enrichi la connaissance géographique et permis les progrès de la cartographie ; il a baptisé des dizaines de lieux et certains toponymes ont vécu jusqu’à nos jours ; par ses écrits, il a transmis l’histoire de ses voyages à la postérité.
Si les découvertes du Malouin sont sans commune mesure avec celles d’un Christophe Colomb, d’un Vasco de Gama ou d’un Magellan, elles représentent néanmoins un apport considérable à la connaissance géographique.
Quant à Cartier lui-même, s’il n’était pas le premier navigateur qui soit parvenu jusqu’au golfe Saint-Laurent -il avait été précédé dans ces parages, notamment par Cortereal, Cabot et Verrazzano- personne ne lui a jamais contesté l’honneur d’avoir véritablement fait et assuré la découverte du Canada.

Formose « la belle »

Carte de l'île de Formose (XVIIIe siècle).
Carte de l’île de Formose (XVIIIe siècle).

Ce sont les Portugais qui, lors de leur première apparition sur l’île, en 1590, vont lui donner le nom de Formose, qui signifie « la belle ». de fait, l’île de T’ai-wan –de son nom chinois- sera l’objet de bien des conquêtes, de bien des convoitises. Occupée par les Hollandais qui, à partir de 1624, en font un riche comptoir commercial, elle sera successivement occupée par la Chine –qui l’interdit aux étrangers jusqu’en 1858-, du Japon (1874), des Français (1884-1885), à nouveau du Japon (1895) et encore de la Chine. Mais si belle soit elle, cette île aurait sans doute connue le sort de la multitude d’îlots placés sous le contrôle de l’Empire chinois si, à partir de 1949, elle n’avait abrité le gouvernement nationaliste de Tchiang Kaï-chek.
Refuge des exilés du communisme, symbole d’une autre Chine, une Chine ouverte, libre, Taïwan représente, depuis plus de 60 ans, un véritable camouflet pour le pouvoir communiste qui, malgré ses prétentions néo-capitalistes, n’en continue pas moins de proclamer la prochaine « libération » de l’île…

Francisco Pizarre à Cusco

Ancien combattant des guerres d’Italie, l’Espagnol Francisco Pizarre (1475-1541) part à la conquête du Pérou. Parvenu à San Mateo, en Équateur, en 1531, Pizarre pénètre dans l’Empire des Incas. Au terme d’une équipée fantastique, il entre triomphalement à Cusco, le 15 novembre 1533.
Cusco, qui signifie le « nombril du monde », est la prestigieuse capitale des Incas, mais l’arrivée de Pizarre la rabaisse alors au rang de simple ville conquise. Mettant à profit les guerres intestines qui déchirent les indigènes, l’Espagnol et cent cinquante cavaliers conquièrent définitivement le Pérou. Mais la gloire de Pizarre est de courte durée et il est assassiné en 1541 au cours des affrontements qui opposent les conquistadores entre eux.

L’Inde passe aux Anglais

Joseph-François Dupleix (1697-1763).
Joseph-François Dupleix (1697-1763).

Le XVIIe siècle est le siècle de la conquête commerciale, le XVIIIe sera, en revanche, celui des abandons et du repli. C’est de Pondichéry, dont il est gouverneur depuis mars 1742, que Joseph François Dupleix (1697-1763), administrateur colonial, lance une véritable offensive en Inde.
Prenant appui sur les comptoirs de Mahé, Chandernagor, Karikal, Yanaon et Surat, Dupleix tente de « faire rendre gorge » à l’éternel ennemi de la France, l’Angleterre. Fort du soutien de la Compagnie des Indes qui lui fournit deux mille quatre cents fantassins, il s’attaque aux comptoirs anglais puis s’empare de Madras et enfin, il étend l’influence française jusqu’à l’intérieur des terres. Mais l’Angleterre résiste, contre-attaque et le conflit s’éternise. Aussi, en 1754, Dupleix est-il rappelé en France et sa politique désavouée. L’année de sa mort, en 1763, le traité de Paris efface son œuvre, d’un trait de plume, en cédant à l’Angleterre l’empire français des Indes.

Villegaignon au Brésil

Nicolas Durand de Villegaignon (1510-1571) atteint la baie de Rio de Janeiro le 10 novembre 1555, avec ses trois vaisseaux : l’expédition a pour but de chasser les Portugais du Brésil et de faire de ce pays la «France antarctique». Les pionniers français sont, en majorité, des « têtes brûlées » recrutées dans les prisons de Rouen ou de Paris et Villegaignon a toutes les peines du monde à se faire obéir. Abandonné par ses hommes, le chef de l’expédition se réfugie à Fort-Coligny puis à Henryville.
En réponse à ses appels au secours, l’amiral de Coligny envoie quelques protestants, espérant ainsi fonder une communauté réformée. Mais l’arrivée du contingent huguenot, en 1557, va compliquer encore plus la position de Villegaignon qui échoue à diriger la colonie.
De retour en France, il est attaqué aussi bien par les catholiques que par les protestants. À sa mort, en 1571, le Brésil est entièrement sous le contrôle des Portugais depuis 1560.

La Sardaigne, objet de toutes les convoitises

La mort de l'épouse de Bélisaire par Kinsoen (XIXe siècle).
La mort de l’épouse de Bélisaire par Kinsoen (XIXe siècle).

Habitée depuis le IIIe millénaire avant J.-C., la Sardaigne va entretenir très rapidement des relations avec ses voisins, plus ou moins proche, notamment avec l’Espagne. L’apogée de la civilisation du bronze, vers 1400-1500 avant J.-C., s’y manifeste par de nombreux monuments qui témoignent d’une intense vie religieuse. Très rapidement également, cette île allait être l’objet de toutes les convoitises : les Phéniciens y établissent trois comptoirs, les Phocéens un. C’est la coalition punico-étrusque qui, au VIe siècle avant J.-C., va rejeter l’influence phocéenne et placer la Sardaigne dans la mouvance carthaginoise. Dès 259 avant J.-C., les Romains commenceront à lorgner sur l’île qui, après la guerre des Mercenaires (238 avant J.-C.), fera partie, avec la Corse, de la deuxième province romaine, la Sicile étant la première. La pacification fut cependant bien difficile. Détachée de la Corse et érigée en province sénatoriale (Ier siècle de notre ère), elle devint province impériale et fut occupée par les légions, preuve, s’il en est, que, plus de deux siècles après sa conquête, la pacification n’était pas achevée. Séjour peu enviable en raison des fièvres qui y sévissaient, l’île devint un lieu de déportation où les condamnés étaient appelés à travailler dans les mines.
Occupée par les Vandales au Ve siècle, où ils devaient déporter les évêques d’Afrique, la Sardaigne sera reconquise par Bélisaire. Malgré tout, les Byzantins ne réussirent pas à empêcher l’installation arabe dès le milieu du VIIIe siècle. En 1022, soutenue par Gênes et Pise, l’île devait recouvrer sa liberté. Façon de parler bien sûr puisqu’elle devint alors l’objet d’un partage entre les deux cités, l’une ayant le soutien des Hohensaufen et l’autre jouant la carte de "l’indépendance". Finalement, la Sardaigne allait être attribuée à l’Aragon par Boniface VIII. Elle passa ensuite à l’Espagne qui la conserva jusqu’au traité d’Utrecht (1713), date à laquelle elle passa sous influence autrichienne. En 1720, l’empereur Charles VI, désireux de reconstituer le royaume des Deux-Siciles, devait échanger la Sardaigne contre la Sicile au duc de Savoie. Ainsi fut constitué le Royaume de Sardaigne ou les Etats sardes, qui seront intégrés au royaume d’Italie en 1861.

Les pèlerins du Mayflower

Partis le 16 décembre 1620 du port de Southampton, il suffit de quelques mois aux «pères pèlerins» embarqués à bord du Mayflower pour atteindre la baie de Cap Cod, le 21 décembre de la même année. Calvinistes anglais aux mœurs puritaines, ils ont quitté un pays qu’ils jugeaient peu orthodoxe, avec la ferme volonté de créer une communauté totalement fidèle aux enseignements de la Bible.
Cent quarante-neuf hommes, femmes et enfants constituent cette première colonie installée à Plymouth et dirigée par un gouverneur, William Bradford. Ils obéissent à un acte signé sur le Mayflower, qui établit une première forme de gouvernement.
Les pèlerins du Mayflower sont restés dans l’histoire comme les plus célèbres parmi les colons américains.