Louis Renault et les débuts de l’industrie automobile

Louis Renault (1877-1944).
Louis Renault (1877-1944).

En ces jours où le salon de l’automobile fait grand bruit, une histoire, celle de Louis Renault, mérite d’être rappelé. A cela, il faut voir plusieurs raisons : l’histoire de l’automobile française a débuté grâce à quelques passionnés tels que Louis Renault (1877-1944) ; et, à cause du procès –juste ou non- qu’il lui a été fait, la pierre qu’il a apporté à l’édifice de cette industrie a trop souvent été occulté voir banalisé.
Mécaniciens amateurs, Louis et son frère Marcel aménagent un atelier dans la maison de leurs parents à Billancourt et y mettent au point, en 1898, leur première voiture. L’année suivante, ils fondent l’usine Renault Frères et accaparent alors le marché des taxis parisiens et londoniens ; ils augmentent ainsi leur production rapidement et construisent le tank Renault.
Ce n’est qu’en 1932, avec la sortie des quatre cylindres Monaquatre, Primaquatre, Vivaquatre puis des six cylindres Monastella, Primastella et Vivastella, que Louis Renault, alors seul à la tête de l’entreprise, concurrence sérieusement Citroën. Quand la guerre éclate, Renault est le premier constructeur automobile et, dans la France occupée, ses usines se mettent au service de la Wehrmacht. À la libération, Renault est arrêté et meurt, le 24 octobre 1944, après quelques mois de prison.

Les omnibus parisiens

L’histoire de l’omnibus remonte au XVIIe siècle. En effet, dès 1662, sur l’initiative de Pascal, le duc de Roannez et les marquis de Sourches et de Crénan sont autorisés, par lettres patentes, à fonder une entreprise de location de carrosses qui « feraient toujours les mêmes trajets de Paris, d’un quartier à l’autre et partiraient toujours à des heures réglées… ».
C’est ainsi que les « carrosses à cinq sols » naquirent. L’idée ne dura qu’un temps mais fut reprise à Londres puis à Nantes et finalement à Paris où, en janvier 1828, Baudry, après avoir exploité l’idée avec succès à Nantes, obtient la permission de faire rouler les toutes premières voitures sur les boulevards.
Les omnibus, ainsi qu’ils ont été baptisés, sont des véhicules à impériale tirés par des chevaux.
Au début du XXe siècle, les omnibus à chevaux, qui connaissent alors un grand succès, sont remplacés par des véhicules automobiles et prennent le nom d’autobus.

Comme un poisson dans l’eau…

>Robert Fulton (1765-1815).
Robert Fulton (1765-1815).

Ce n’est qu’à la fin du XIXe siècle que l’on vit les unités de marines de France, des États-Unis ou encore d’Allemagne se doter d’une nouvelle « arme » : le sous-marin.
Et pourtant, dès 1798, l’Américain Robert Fulton, mécanicien visionnaire, faisait naviguer son fameux Nautilus dans la rade de Brest. Équipé d’une voile, pour la navigation en surface, et d’une hélice, activée par un matelot, pour la plongée, le fameux Nautilus n’eut cependant pas l’heur de plaire à la France ni aux États-Unis et Fulton abandonna son projet. Il se concentra alors sur la construction d’un bateau à vapeur et à roue qui, le 9 août 1803, remontait la Seine. Mais, déçu par la France qui, une fois de plus, ne voulait pas de son invention, Fulton reprit le chemin de l’Amérique où son bateau à vapeur se répandit rapidement.

Les frères Wright : comme un oiseau…

Wilbur Wright (1867-1912).
Wilbur Wright (1867-1912).

Adler, Lilienthal, Mouillard, Chanute avaient écrit les premières pages de l’extraordinaire aventure de l’aviation mais ce sont des Américains, les frères Wright, Wilbur et Orville, qui vont lui donner ses premières lettres de noblesse.
D’abord journalistes puis fabricants de bicyclettes, les frères Wright se consacrent, depuis plus de trois ans, à la construction de leur machine volante. Le « flyer », sorte de planeur muni d’un moteur à hélices inversées, est fin prêt quand, le 17 décembre 1903, Wilbur, poussé par Orville, s’élance dans les airs : un premier vol de plus de quarante mètres couronne de succès tous leurs efforts. Cette même journée, les deux frères Wright effectuent quatre essais, allant jusqu’à parcourir cent mètres. L’aviation motorisée vient de naître…

Le feu grégeois : l’arme secrète des Byzantins

Les Grecs utilisant le feu grégeois, d'après une miniature du Moyen Âge.
Les Grecs utilisant le feu grégeois, d’après une miniature du Moyen Âge.

Ce n’est qu’au VIIe siècle après J.-C., que les mélanges incendiaires, depuis si longtemps en usage chez les Orientaux, furent introduits en Europe. Callinique, architecte syrien, avait appris à préparer ces mélanges en Asie. C’est à lui que les Grecs du Bas-Empire durent la connaissance de ces composés, qui furent désignés depuis ce moment sous le nom de feu grégeois et qui devaient exercer une influence si puissante sur les destinées de l’empire d’Orient.
Callinique se trouve en Syrie lorsque, en 674, pendant la cinquième année du règne de Constantin IV Pogonat, les Arabes, sous la conduite du calife fatimide, décident de mettre le siège devant Constantinople. Le Syrien, passant secrètement dans le parti des Grecs, se rend alors dans la capitale de l’empire et fait connaître à l’empereur Constantin les propriétés et le mode d’emploi des compositions incendiaires. Sans grande modestie, il s’en dit même l’inventeur. Grâce à ce secours inattendu, l’empereur pourra repousser l’invasion des Sarrasins qui, pendant cinq années consécutives, reviendront avec des forces nouvelles et des flottes considérables. Chaque fois, ils seront contraints de lever le siège.
Depuis le IXe siècle jusqu’à la prise de Constantinople par les croisés, en 1204, les Byzantins aller devoir au feu grégeois de nombreuses victoires navales. Des victoires qui retarderont la chute de l’empire d’Orient. On comprend alors la véritable paranoïa des empereurs du Bas-Empire qui apportaient la plus grande attention à réserver pour leurs seuls États la possession de cet agent précieux, de cette arme secrète. Ils ne confiaient sa préparation qu’à un seul ingénieur qui ne devait jamais sortir de Constantinople et cette fabrication était exclusivement réservée à la famille et aux descendants de Callinique. La préparation du feu grégeois fut mise au rang des secrets d’État par Constantin Porphyrogénète, qui déclara infâme et indigne du nom de chrétien celui qui violerait cet ordre.

Première ligne de chemin de fer

Le principe du chemin de fer apparaît dès le XVIe siècle pour le transport des matériaux dans les mines. Il s’agit alors de chariots munis de roues en bois et circulant sur des barres. Deux siècles après, le système est amélioré : on installe des traverses de chêne régulièrement espacées sur la voie et les rails sont en fonte.
La révolution industrielle du XIXe siècle et son cortège de progrès tant  techniques que scientifiques entraînent une nette amélioration des moyens de transport. Ainsi apparaît le chemin de fer en Angleterre. Quelques années après, la France crée sa première ligne et inaugure la voie de chemin de fer reliant Saint-Étienne à Andrézieux (dix-sept km), le 1er octobre 1828. Les wagons sont tirés par des chevaux ou  par des bœufs et il faut attendre 1832 pour que soit utilisée la locomotive à vapeur sur la ligne Saint-Étienne-Lyon.

Roulez jeunesse !

Les premiers vélos pour le grand public (d'après une gravure du début du XXe siècle).
Les premiers vélos pour le grand public (d’après une gravure du début du XXe siècle).

La paternité de l’invention du vélo est, selon les spécialistes, sujette à discussion : les frères Michaux, le comte Mede de Sivac ou, plus sérieusement le baron Drais. Tous, ont revendiqué cette paternité. L’invention que le baron Drais devait présenter en 1817, était une sorte de trottinette, dite « machine à courir » ou « vélocipède ».  Pas grand chose à voir avec la bicyclette donc, si ce n’est les roues. De fait, si l’on se base sur ce concept assez vague, il faut le reconnaître, l’invention du vélo ne remonterait donc pas au XIXe siècle mais au XVIIe. En l’an de grâce 1639, on présente « un véhicule à quatre roues actionné à l’aide de pédales ». N’est-ce pas, tout autant que la « draisienne », l’ébauche d’un vélo ?
Par contre, c’est bien du XIXe siècle que date l’incroyable essor de ce moyen de locomotion. Un essor largement démontré lors de la première course officielle de vélos, organisée en 1868 dans le parc de Saint-Cloud. L’Anglais James Moore en sortira vainqueur et fera entrer le vélo au rang de sport populaire et reconnu. Dès lors, les compétitions se multiplient, se dotent d’enjeux toujours plus conséquents, engendrant des moyens financiers énormes ; les coureurs eux-mêmes accèdent à un statu de quasi stars, au point que tout est désormais permis pour gagner…

Edison illumine New-York

Au moment précis où la manette fut abaissée sur un signal de cet illustre inventeur, écrivait un journaliste, le 7 septembre 1882, les mille quatre cents lampes électriques installées dans tous les bâtiments du quartier s’illuminèrent soudainement d’une chaude clarté !
« L’illustre inventeur » n’est autre que Thomas Alva Edison, autodidacte et surdoué. Sorti de l’école à treize ans, il commence ses expériences tout en étant vendeur de journaux dans le train. Au cours d’une de ses expérimentations, il met le feu à un des wagons et se fait renvoyer. Mais, nullement découragé par cette mésaventure, il poursuit ses recherches et invente ainsi le télégraphe, le phonographe et la lampe électrique à incandescence.
Alors qu’il tentait de trouver une matière qui brillerait au passage du courant sans se consumer, il tourne en tous sens un bouton de sa veste, si bien que le fil casse. C’est alors qu’il a l’idée de faire quelques essais avec du fil rendu plus rigide par une substance chimique.
L’essai est réussi et le 7 septembre, Thomas Edison illumine plusieurs rues de New-York.

« Eurêka ! » par Archimède

Archimède découvrant la flottabilité (d'après un dessin moderne).
Archimède découvrant la flottabilité (d’après un dessin moderne).

Archimède ou Arkhimêdês (287-212 avant J.-C.) est sans nul doute un des savants les plus fameux de l’Antiquité. Si fameux, d’ailleurs, que des auteurs aussi célèbres que Polybe (IIe siècle avant J.-C.), Tite-Live (Ier siècle avant J.-C.) ou Plutarque (Ier siècle après J.-C.) rapporteront ses trouvailles ; si fameux qu’après sa mort le général Marcellus, vainqueur de Syracuse, fit élever un monument en son honneur.
Né à Syracuse au sein d’une famille alliée ou cliente du roi Hiéron, c’est à Alexandrie, en Egypte, qu’Archimède fera ses « premières armes ». Elève d’Euclide, on dit qu’il parvint à assécher les marais du Nil grâce à une vis sans fin, dite vis d’Archimède. C’est du moins ce que rapporte la « légende ». Mais ce qui est certain c’est qu’il rapporta ce principe en Sicile. En effet, comme tous les héros célèbres, qu’ils soient scientifiques, écrivains, soldats ou artistes, toutes sortes de légendes sont venues se greffer sur son histoire. Des certitude, nous en avons cependant, comme la quinzaine de traités qu’il rédigea, dont douze nous sont parvenues. Comme le fait qu’Archimède était un mathématicien et un physicien hors pair : le calcul infinitésimal, le principe des corps flottants sont là pour en témoigner. Théoricien plus qu’ingénieur, il ne s’adonnera à cette dernière fonction que par la force des choses.
C’est notamment parce que le roi Hiéron lui avait demandé de découvrir comment différencier un objet totalement en or d’un autre plaqué d’or qu’Archimède découvrit le principe du poids spécifique des corps. Alors qu’il prenait son bain que le savant se rendit compte que son corps semblait flotter, qu’il paraissait peser moins que son poids. De cette constatation naquit la formule voulant que « tout corps plongé dans un liquide subit une poussée verticale de bas en haut égale au poids du liquide qu’il déplace ». La légende –mais ce n’est qu’une légende- veut qu’Archimède, tout à sa joie, se soit précipiter hors de chez lui dans le plus simple appareil en criant Eurêka ! –« J’ai trouvé ! »
La défense de Syracuse, assiégée trois années durant par les Romains, qui finalement s’en empareront, permettra également au savant de développer son génie mécanique. C’est d’ailleurs ce qui, vraisemblablement, frappa le plus les Romains, plus doué dans l’entreprise que dans la théorie. Considérant ses propres inventions comme de « simples récréations », considérant, selon Plutarque, « tout l’art qui sert aux besoins de la vie comme un métier vil et sans noblesse », il  fera néanmoins preuve, là aussi, de génie. Des catapultes capables de lancer des objets de près de 300 kilos, des « bras mécaniques » pouvant saisir des navires entiers, de les soulever et de les laisser s’écraser sur les rochers comptent au « catalogue » des ses inventions. A en croire Diodore de Sicile, il aurait même imaginer des miroirs géants qui auraient mis le feu aux vaisseaux des assiégeants… Une invention que ni Polybe, ni Tite-Live ni Plutarque ne confirment et qui, après des essais en situation réels, se sont révélés impossibles.
Au final, Syracuse sera prise par les armées du général Marcellus et c’est à cette occasion qu’Archimède perdra la vie, sans doute du fait d’un soldat impatient. Mais son génie était déjà reconnu au point même que ce sont ses ennemis –ou du moins ceux de son pays- qui, pour des siècles, feront sa « promotion ».

Les premiers téléphones publics

C’est tout à fait accidentellement qu’en 1876 Alexandre Graham Bell invente le téléphone. Il ne faut que quelques années pour que ce nouveau mode de communication ne devienne indispensable ; les particuliers les plus aisés s’en dotent rapidement et, dès 1881, le réseau urbain parisien compte mille six cent deux abonnés.
Mais la seconde révolution de cette invention a lieu le 6 février 1901 quand apparaissent les premiers téléphones publics à Paris : parler à distance est maintenant à la portée de tous.
Depuis, ce qui est sans nul doute la découverte la plus novatrice du XIXe siècle n’a pas cessé d’évoluer vers des techniques toutes plus élaborées les unes que les autres.