Edison illumine New-York

Au moment précis où la manette fut abaissée sur un signal de cet illustre inventeur, écrivait un journaliste, le 7 septembre 1882, les mille quatre cents lampes électriques installées dans tous les bâtiments du quartier s’illuminèrent soudainement d’une chaude clarté !
« L’illustre inventeur » n’est autre que Thomas Alva Edison, autodidacte et surdoué. Sorti de l’école à treize ans, il commence ses expériences tout en étant vendeur de journaux dans le train. Au cours d’une de ses expérimentations, il met le feu à un des wagons et se fait renvoyer. Mais, nullement découragé par cette mésaventure, il poursuit ses recherches et invente ainsi le télégraphe, le phonographe et la lampe électrique à incandescence.
Alors qu’il tentait de trouver une matière qui brillerait au passage du courant sans se consumer, il tourne en tous sens un bouton de sa veste, si bien que le fil casse. C’est alors qu’il a l’idée de faire quelques essais avec du fil rendu plus rigide par une substance chimique.
L’essai est réussi et le 7 septembre, Thomas Edison illumine plusieurs rues de New-York.

« Eurêka ! » par Archimède

Archimède découvrant la flottabilité (d'après un dessin moderne).
Archimède découvrant la flottabilité (d’après un dessin moderne).

Archimède ou Arkhimêdês (287-212 avant J.-C.) est sans nul doute un des savants les plus fameux de l’Antiquité. Si fameux, d’ailleurs, que des auteurs aussi célèbres que Polybe (IIe siècle avant J.-C.), Tite-Live (Ier siècle avant J.-C.) ou Plutarque (Ier siècle après J.-C.) rapporteront ses trouvailles ; si fameux qu’après sa mort le général Marcellus, vainqueur de Syracuse, fit élever un monument en son honneur.
Né à Syracuse au sein d’une famille alliée ou cliente du roi Hiéron, c’est à Alexandrie, en Egypte, qu’Archimède fera ses « premières armes ». Elève d’Euclide, on dit qu’il parvint à assécher les marais du Nil grâce à une vis sans fin, dite vis d’Archimède. C’est du moins ce que rapporte la « légende ». Mais ce qui est certain c’est qu’il rapporta ce principe en Sicile. En effet, comme tous les héros célèbres, qu’ils soient scientifiques, écrivains, soldats ou artistes, toutes sortes de légendes sont venues se greffer sur son histoire. Des certitude, nous en avons cependant, comme la quinzaine de traités qu’il rédigea, dont douze nous sont parvenues. Comme le fait qu’Archimède était un mathématicien et un physicien hors pair : le calcul infinitésimal, le principe des corps flottants sont là pour en témoigner. Théoricien plus qu’ingénieur, il ne s’adonnera à cette dernière fonction que par la force des choses.
C’est notamment parce que le roi Hiéron lui avait demandé de découvrir comment différencier un objet totalement en or d’un autre plaqué d’or qu’Archimède découvrit le principe du poids spécifique des corps. Alors qu’il prenait son bain que le savant se rendit compte que son corps semblait flotter, qu’il paraissait peser moins que son poids. De cette constatation naquit la formule voulant que « tout corps plongé dans un liquide subit une poussée verticale de bas en haut égale au poids du liquide qu’il déplace ». La légende –mais ce n’est qu’une légende- veut qu’Archimède, tout à sa joie, se soit précipiter hors de chez lui dans le plus simple appareil en criant Eurêka ! –« J’ai trouvé ! »
La défense de Syracuse, assiégée trois années durant par les Romains, qui finalement s’en empareront, permettra également au savant de développer son génie mécanique. C’est d’ailleurs ce qui, vraisemblablement, frappa le plus les Romains, plus doué dans l’entreprise que dans la théorie. Considérant ses propres inventions comme de « simples récréations », considérant, selon Plutarque, « tout l’art qui sert aux besoins de la vie comme un métier vil et sans noblesse », il  fera néanmoins preuve, là aussi, de génie. Des catapultes capables de lancer des objets de près de 300 kilos, des « bras mécaniques » pouvant saisir des navires entiers, de les soulever et de les laisser s’écraser sur les rochers comptent au « catalogue » des ses inventions. A en croire Diodore de Sicile, il aurait même imaginer des miroirs géants qui auraient mis le feu aux vaisseaux des assiégeants… Une invention que ni Polybe, ni Tite-Live ni Plutarque ne confirment et qui, après des essais en situation réels, se sont révélés impossibles.
Au final, Syracuse sera prise par les armées du général Marcellus et c’est à cette occasion qu’Archimède perdra la vie, sans doute du fait d’un soldat impatient. Mais son génie était déjà reconnu au point même que ce sont ses ennemis –ou du moins ceux de son pays- qui, pour des siècles, feront sa « promotion ».

Les premiers téléphones publics

C’est tout à fait accidentellement qu’en 1876 Alexandre Graham Bell invente le téléphone. Il ne faut que quelques années pour que ce nouveau mode de communication ne devienne indispensable ; les particuliers les plus aisés s’en dotent rapidement et, dès 1881, le réseau urbain parisien compte mille six cent deux abonnés.
Mais la seconde révolution de cette invention a lieu le 6 février 1901 quand apparaissent les premiers téléphones publics à Paris : parler à distance est maintenant à la portée de tous.
Depuis, ce qui est sans nul doute la découverte la plus novatrice du XIXe siècle n’a pas cessé d’évoluer vers des techniques toutes plus élaborées les unes que les autres.

De l’hévéa à Goodyear

Charles de La Condamine (1701-1774).
Charles de La Condamine (1701-1774).

C’est en voyant les Haïtiens jouer avec une balle en élastique que Christophe Colomb découvrit, lors de son second voyage en Amérique (1493-1496), le caoutchouc. Deux siècles plus tard, les Français La Condamine et Fresneau donnaient les premières descriptions scientifiques de l’arbre à caoutchouc, autrement dit de l’hévéa, ainsi que des méthodes d’extraction employées par les Indiens. Il faudra encore un siècle et la découverte du benzol par Charles Macintosh (1820) puis celle de la vulcanisation permettant d’insensibiliser le matériau aux variations de température par Goodyear (1839) pour que John Dunlop imagine le pneumatique. De fait, la fin du XIXe siècle marque l’apogée de la recherche en matière de cycle, depuis la bicyclette jusqu’à l’automobile et la naissance d’une industrie désormais florissante.

Nicéphore Niepce

Joseph Nicéphore Niepce, comme de nombreux inventeurs français, commence sa carrière dans l’armée. Officier d’infanterie durant les guerres de la Révolution, Niepce est nommé, en 1795, administrateur civil de Nice. C’est à partir de cette époque qu’il se passionne pour les recherches scientifiques les plus diverses.
Particulièrement attiré par toutes les expériences chimiques -fort à la mode en ce temps-là- il renonce à sa charge, quitte la ville de Nice puis retourne à Chalon, où il est né le 7 mars 1765.
En 1807, après de nombreux essais infructueux, il parvient à inventer le moteur à explosion.
Puis il se tourne vers la lithographie et, dès 1813, il entreprend des travaux, qu’il appelle « héliographiques », destinés, selon lui, à fixer n’importe quelle image sur des plaques métalliques grâce à la lumière solaire. Les expériences dureront une dizaine d’années et Niepce finit par réaliser des gravures d’abord sur l’étain et le verre poli puis sur le cuivre et finalement sur le plaqué d’argent. Pour exploiter sa découverte, il s’associe avec Daguerre en 1829 mais Niepce n’aura guère le temps de connaître le prodigieux succès de sa formidable découverte…

Le papyrus ou les premières feuilles de papier

Un scribe (statue conservée au Louvre).
Un scribe (statue conservée au Louvre).

Avec quoi ou plutôt sur quoi écrivait-on avant l’invention du papier ? En Egypte, dans l’Antiquité, on écrivait sur du papyrus.
Si elle a aujourd’hui disparu d’Egypte, cette plante aquatique poussait en abondance sur les bords du Nil et dans les eaux marécageuses du delta. Hérodote raconte que les Egyptiens se nourrissaient de la tige de la plante en en faisant un "pain de lis" et que le reste servait à confectionner une sorte de papier. Les anciens Egyptiens retiraient la moelle contenue dans la tige et en formaient une sorte de tissu. Séché en presse, martelé, pressé puis battu une seconde fois, la matière était ensuite encollé avec une bouillie très fine de mie de pain mise à détrempée dans de l’eau chaude, ce qui rendait la feuille imperméable sans pour autant lui ôter sa souplesse et tout en lui donnant un blancheur éclatante.
L’invention du papyrus date au moins du XVIe siècle avant J.-C.. Il devait se répandre dans tout le monde ancien et demeurer en usage jusqu’au haut Moyen-Age. C’est vers la fin du VIIIe siècle, avec l’invention du papier de coton, qu’il sera finalement abandonné.

Ravachol, le fauve de l’anarchie

Au cours du mois de mars 1892, deux bombes, visant des magistrats ayant récemment condamné des anarchistes, explosent à Paris. Il n’y a pas de mort mais cinq blessés dans le deuxième attentat, dont une petite fille de quatre ans. La capitale est sous le choc !
Pour la police, il ne fait pas de doute que le fin mot de l’histoire se trouve dans les milieux anarchistes : elle arrête certains sympathisants et apprend l’existence d’un certain Léger. D’allure plutôt bourgeoise, il serait originaire de Saint-Étienne. Aussitôt la police communique à la presse le signalement du suspect qui est arrêté, alors qu’il exposait ses théories au restaurant Véry, quelques jours plus tard. On apprend alors que l’auteur des attentats, car il le reconnaît bien volontiers, s’appelle en fait Ravachol et qu’il est teinturier. Dans sa maison de Saint-Mandé, on découvre un arsenal impressionnant.
Le 26 avril, le procès de l’anarchiste commence. La veille, ses camarades ont fait sauter le restaurant où il avait été arrêté et menacent clairement les juges et les jurés. Ces derniers rendent un verdict « avec circonstances atténuantes » : Ravachol est condamné aux travaux forcés. Mais l’affaire ne s’arrête pas là.
Depuis peu, Alphonse Bertillon, directeur du service de l’identité judiciaire, a mis au point une méthode pour l’identification des criminels : le système anthropométrique. Justement, la fiche signalétique de Ravachol rappelle clairement quelque chose à Bertillon… Consultant ses fiches, il constate que Ravachol n’est autre que François Claudius Kœnigstein, d’origine hollandaise, recherché pour divers crimes par la police de Saint-Étienne. Il apparaît rapidement que le nouveau héros des anarchistes a lâchement assassiné au moins sept personnes âgées, dont deux à coups de marteau. Transféré devant la cour de Montbrison, le fauve de l’anarchie est condamné à mort. Il est guillotiné le 10 juillet 1892.

Paris-Lille en 2 minutes !

Le télégraphe de Chappe.
Le télégraphe de Chappe.

La communication par signaux lumineux ou acoustiques existe depuis la plus haute antiquité mais c’est le Français Chappe qui va entreprendre de développer le télégraphe et réaliser ainsi une avancée considérable dans ce domaine. Le 12 juillet 1793, malgré les réticences de certains membres de la Convention, Chappe expérimente son télégraphe aérien de Ménilmontant à Saint-Martin-du-Tertre. Le principe est simple : il s’agit de mâts équipés de bras mécaniques.
Bientôt la France se couvre de ces télégraphes et il ne faut pas plus de deux minutes pour transmettre un message de Paris à Lille…

Louis Renault et les débuts de l’industrie automobile

Louis Renault (1877-1944).
Louis Renault (1877-1944).

En ces jours où le salon de l’automobile fait grand bruit, une histoire, celle de Louis Renault, mérite d’être rappelé. A cela, il faut voir plusieurs raisons : l’histoire de l’automobile française a débuté grâce à quelques passionnés tels que Louis Renault (1877-1944) ; et, à cause du procès –juste ou non- qu’il lui a été fait, la pierre qu’il a apporté à l’édifice de cette industrie a trop souvent été occulté voir banalisé.
Mécaniciens amateurs, Louis et son frère Marcel aménagent un atelier dans la maison de leurs parents à Billancourt et y mettent au point, en 1898, leur première voiture. L’année suivante, ils fondent l’usine Renault Frères et accaparent alors le marché des taxis parisiens et londoniens ; ils augmentent ainsi leur production rapidement et construisent le tank Renault.
Ce n’est qu’en 1932, avec la sortie des quatre cylindres Monaquatre, Primaquatre, Vivaquatre puis des six cylindres Monastella, Primastella et Vivastella, que Louis Renault, alors seul à la tête de l’entreprise, concurrence sérieusement Citroën. Quand la guerre éclate, Renault est le premier constructeur automobile et, dans la France occupée, ses usines se mettent au service de la Wehrmacht. À la libération, Renault est arrêté et meurt, le 24 octobre 1944, après quelques mois de prison.

Les omnibus parisiens

L’histoire de l’omnibus remonte au XVIIe siècle. En effet, dès 1662, sur l’initiative de Pascal, le duc de Roannez et les marquis de Sourches et de Crénan sont autorisés, par lettres patentes, à fonder une entreprise de location de carrosses qui « feraient toujours les mêmes trajets de Paris, d’un quartier à l’autre et partiraient toujours à des heures réglées… ».
C’est ainsi que les « carrosses à cinq sols » naquirent. L’idée ne dura qu’un temps mais fut reprise à Londres puis à Nantes et finalement à Paris où, en janvier 1828, Baudry, après avoir exploité l’idée avec succès à Nantes, obtient la permission de faire rouler les toutes premières voitures sur les boulevards.
Les omnibus, ainsi qu’ils ont été baptisés, sont des véhicules à impériale tirés par des chevaux.
Au début du XXe siècle, les omnibus à chevaux, qui connaissent alors un grand succès, sont remplacés par des véhicules automobiles et prennent le nom d’autobus.