Les aventuriers du Tibet

Statue de Bouddha.
Statue de Bouddha.

Tout le monde, ou presque, a entendu parler du Tibet, cette région d’Asie centrale formée d’un vaste plateau, bordée par la Chine, l’Inde, le Bouthan et le Népal. Situé en moyenne à une altitude de 4500 mètres, le Tibet apparaît comme la première marche conduisant à l’Himalaya, le toit du monde… Pour beaucoup, le Tibet est la terre d’origine du dalaï-lama, symbole du bouddhisme ; pour d’autres, c’est également un pays martyr dont on connaît peu l’histoire, si ce n’est à travers quelques films ; pour tous cependant, le Tibet apparaît comme une terre fascinante, une terre presque inconnue…
A peine cité par Marco Polo dans le Livre des Merveilles, le Tibet est si reculé, si inaccessible, qu’il restera longtemps ignoré des explorateurs, à quelques exceptions près, et il faudra attendre le XVIIIe et surtout le XIXe siècle, pour qu’il retienne l’attention des plus téméraires d’entre eux.
Selon une vieille chronique germanique, il semble que c’est saint Hyacinthe qui, le premier, pénétra au Tibet au XIIIe siècle. Au siècle suivant, c’est le tour du moine Odorico de Pordenone qui, de 1316 à 1330, résida à Lhassa, la capitale de ce royaume interdit. Puis, durant trois siècles, plus rien : pas un voyageur, pas un religieux. En effet, ce n’est qu’en 1624, que le jésuite Antonio d’Andrada, poursuivant, selon l’exemple de saint François Xavier, la conversion de l’Asie, pénètre au Tibet, bientôt imité par d’autres religieux : en 1661, les pères Grueber et Dorville passent de Chine en Hindoustan en traversant le Tibet et les pères Freyre et Désideri viennent en 1690 prêcher dans ce pays.

Vue de Lhassa.
Vue de Lhassa.

Au cours du XVIIIe siècle, ce sont les capucins qui prennent le relais et viennent en nombre évangéliser -en vain- le Tibet ; durant cette même époque, des Anglais, des Français, des Hollandais parcourent le pays bien que, depuis l’installation des Chinois au Tibet, au milieu du XVIIIe siècle, la ville de Lhassa soit strictement interdite aux Européens. Une situation qui allait relancer les explorations dans ce pays, devenu encore plus fascinant parce qu’interdit… Le mouvement s’intensifie même plutôt durant tout le XIXe siècle : en 1811, le docteur Manning parcourt le pays, déguisé en médecin indigène, suivi, de 1844 à 1846, de deux missionnaires lazaristes, Huc et Gabet, qui, au cours d’un périple audacieux en Mongolie, pénètrent à Lhassa. Les deux « lamas de Jéhovah », comme ils se faisaient appeler, seront les derniers Européens à entrer dans la cité sainte du Tibet, la résidence du Bouddha vivant. Et il faudra attendre 1904 pour qu’un Anglais, appuyé d’un corps d’armée, puisse y entrer à son tour. D’ailleurs, peu après, le Tibet semble vouloir se fermer définitivement et, en 1854, la Société des Missions, à peine établie au Tibet, en est chassée. Enfin, à la fin du XIXe siècle, Gabriel Bonvalot et Henri d’Orléans, racontent leur périple, un des plus audacieux du XIXe siècle.
L’aventure de Bonvalot et du prince d’Orléans

Pierre-Gabriel Bonvalot et Henri d'Orléans.
Pierre-Gabriel Bonvalot et Henri d’Orléans.

Lorsqu’il décida d’accomplir ce voyage, Pierre-Gabriel Bonvalot était déjà un habitué de cette partie du monde, qui était devenue depuis « son domaine », sa spécialité : en 1880, il parcourt le Turkestan, Boukhara, Samarkande, explore les contreforts des monts Thian Shan et s’avance jusqu’au fleuve Amour ; en 1885, il parcourt le Lenkoran, en Perse ; à deux reprises, il tente de pénétrer en Afghanistan, en vain, puis organise une première expédition vers le plateau du Pamir, le « toit du monde », qu’il compte atteindre en plein hiver. L’aventure tibétaine n’est donc pas pour l’effrayer, malgré les conditions très dures que les explorateurs rencontreront.
En effet, au Tibet, les vents soufflent avec une violence inouïe et les températures peuvent descendre à 40° au-dessous de zéro ; la végétation est maigre et le relief dangereusement accidenté ; sans parler des quelques deux mille habitants hostiles à toute pénétration.
Peu importe pour Bonvalot et Orléans, ils comptent bien arriver jusqu’à Lhassa, la cité interdite aux Européens. Le 6 septembre 1889, ils partent donc de Kouldja, aux confins de l’Empire chinois, puis gagnent Tcharchlik, franchissent l’Altyntag et traversent la vallée de Tsaï-Dam. Ils ont réussi… enfin presque : en effet, les deux explorateurs vont effectivement s’approcher de Lhassa, mais ne pourront entrer dans la ville. Déçus, ils poursuivent néanmoins leur voyage vers l’est, atteignent Batang, puis le 29 septembre 1890, Hanoï, dans l’actuel Viêt-Nam.
Ce périple, qui a duré plus d’un an, leur aura permis de découvrir des régions totalement inexplorées et surtout d’observer les habitants des pays qu’ils visitaient, leurs coutumes, la faune et la flore, et de ramener ainsi une quantité d’informations extrêmement précieuses en Europe.  
Devenus d’éminentes célébrités, Gabriel Bonvalot et Henri d’Orléans vont pouvoir tenir en France de nombreuses conférences sur leur extraordinaire randonnée asiatique, conférences auxquelles le public, tant à Paris qu’en province, réservera un accueil chaleureux. Déjà, le Tibet fascine…

L’exploration du Mississipi

Reproduction d'un médaillon de Robert Cavelier de la Salle (1643-1687).
Reproduction d’un médaillon de Robert Cavelier de la Salle (1643-1687).

Une grande rivière va du nord au sud, si loin que les Illinois n’ont point encore entendu parler de sa sortie, écrit le père Marquette (1637-1675) durant son expédition vers le lac Michigan.
Le Mississipi reste un mystère jusqu’à ce qu’un Rouennais, Robert Cavelier de la Salle (1643-1687), fasciné par le récit des aventuriers du Nouveau Monde, décide à son tour d’explorer le fleuve. Il part de Québec le 6 août 1679 avec l’intention d’occuper tout le bassin du Mississipi au nom du roi Louis XIV (1643-1715). Au cours de son périple, il fonde les forts de Saint-Louis et de Crèvecœur, en Illinois et, le 16 février 1682, atteint enfin le fleuve. Deux mois après, il découvre un « golfe immense et sans limite » : l’embouchure du fleuve géant. Au nom de la France, il prend possession du bassin couvrant le tiers des États-Unis qu’il appelle Louisiane, en l’honneur du roi.
Après un rapide séjour en France, il retourne en Louisiane et y fonde une colonie. Mais sa mort brutale, en 1687, l’empêche de poursuivre l’exploration méthodique du fleuve.
Grâce à Robert Cavelier de la Salle, « le Vauban de la Nouvelle France », le bassin du Mississipi sera encore longtemps une région « française ».

Guillaume de Rubrouck : un franciscain chez les Mongols

Lettrine illustrant le carnet de voyage de Guillaume de Rubrouck.
Lettrine illustrant le carnet de voyage de Guillaume de Rubrouck.

Marco Polo, pour célèbre qu’il fut, n’est certes pas le premier voyageur européen à avoir atteint la cour du grand khan. Guillaume de Rubrouck l’avait fait avant lui. Mais ses motivations étaient rien moins que marchandes et cette cour n’était pas celle de Chine…
Arrivé en Terre sainte en 1252, ce moine franciscain va être chargé par saint Louis d’une étrange mission : se rendre à la cour du grand khan, en l’occurrence Mangou khan, le petit-fils de Gengis khan, et obtenir de ce haut personnage son soutien dans la lutte… contre l’islam. De fait, cette étrange demande répondait à une croyance largement répandue dans l’aide que les peuples, autres que chrétiens et européens, pourraient un jour apporter à l’Europe chrétienne dans sa lutte contre la monde islamique. Une sorte "d’union sacrée" symbolisée par la croyance en ce personnage légendaire qu’était le Prêtre Jean. Un souverain oriental qui va alimenter les espoirs des Européens durant des années ; un souverain légendaire mais dont l’existence avait quelques fondements historiques, d’où la mission de Guillaume de Rubrouck.
Au printemps 1253, donc, le franciscains quitte la Terre sainte, munies de lettres portant la signature du roi de Jérusalem, Baudouin II.
Constantinople, les comptoirs italiens de Crimée, Batou khan puis, enfin, Karakoroum, où résidait le grand khan. Trois mois de voyage suffiront pour parcourir près de 8000 kilomètres. Notre moine rencontra donc le grand khan, fit connaissance avec les prêtres nestoriens qui l’entouraient -preuve que le christianisme, même s’il s’agissait d’un christianisme hérétique, avait porté loin sa voix- mais échoua totalement dans son ambassade, autant du point de vue religieux -il n’était pas interdit d’espérer une conversion- que politique. En 1255, Rubrouck était de retour à Tripoli. Le roi de France ne l’avait pas attendu et était revenu dans son royaume, raison pour laquelle Rubrouck allait s’atteler à rédiger une relation la plus complète possible de son voyage, un "carnet de voyage" d’autant plus précieux qu’il est le premier à donner une description aussi complète de l’empire mongol du XIIIe siècle.

Les aventuriers du Tibet

Statue tibétaine de Jokhang.
Statue tibétaine de Jokhang.

Tout le monde, ou presque, a entendu parler du Tibet, cette région d’Asie centrale formée d’un vaste plateau, bordée par la Chine, l’Inde, le Bouthan et le Népal. Situé en moyenne à une altitude de 4500 mètres, le Tibet apparaît comme la première marche conduisant à l’Himalaya, le toit du monde… Pour beaucoup, le Tibet est la terre d’origine du dalaï-lama, symbole du bouddhisme ; pour d’autres, c’est également un pays martyr dont on connaît peu l’histoire, si ce n’est à travers quelques films ; pour tous cependant, le Tibet apparaît comme une terre fascinante, une terre presque inconnue…
À peine cité par Marco Polo dans le Livre des Merveilles, le Tibet est si reculé, si inaccessible, qu’il restera longtemps ignoré des explorateurs, à quelques exceptions près, et il faudra attendre le XVIIIe et surtout le XIXe siècle, pour qu’il retienne l’attention des plus téméraires d’entre eux.
Six siècles d’explorations
Selon une vieille chronique germanique, il semble que c’est saint Hyacinthe qui, le premier, pénétra au Tibet au XIIIe siècle. Au siècle suivant, c’est le tour du moine Odorico de Pordenone qui, de 1316 à 1330, résida à Lhassa, la capitale de ce royaume interdit. Puis, durant trois siècles, plus rien : pas un voyageur, pas un religieux. En effet, ce n’est qu’en 1624, que le jésuite Antonio d’Andrada, poursuivant, selon l’exemple de saint François Xavier, la conversion de l’Asie, pénètre au Tibet, bientôt imité par d’autres religieux : en 1661, les pères Grueber et Dorville passent de Chine en Hindoustan en traversant le Tibet et les pères Freyre et Désideri viennent en 1690 prêcher dans ce pays.
Au cours du XVIIIe siècle, ce sont les capucins qui prennent le relais et viennent en nombre évangéliser -en vain- le Tibet ; durant cette même époque, des Anglais, des Français, des Hollandais parcourent le pays bien que, depuis l’installation des Chinois au Tibet, au milieu du XVIIIe siècle, la ville de Lhassa soit strictement interdite aux Européens. Une situation qui allait relancer les explorations dans ce pays, devenu encore plus fascinant parce qu’interdit… Le mouvement s’intensifie même plutôt durant tout le XIXe siècle : en 1811, le docteur Manning parcourt le pays, déguisé en médecin indigène, suivi, de 1844 à 1846 de deux missionnaires lazaristes, Huc et Gabet, qui, au cours d’un périple audacieux en Mongolie, pénètrent à Lhassa. Les deux « lamas de Jéhovah », comme ils se faisaient appeler, seront les derniers Européens à entrer dans la cité sainte du Tibet, la résidence du Bouddha vivant. Et il faudra attendre 1904 pour qu’un Anglais, appuyé d’un corps d’armée, puisse y entrer à son tour. D’ailleurs, peu après, le Tibet semble vouloir se fermer définitivement et, en 1854, la Société des Missions, à peine établit au Tibet, en est chassée. Enfin, à la fin du XIXe siècle, Gabriel Bonvalot et Henri d’Orléans, racontent leur périple, un des plus audacieux du XIXe siècle.
L’aventure de Bonvalot et du prince d’Orléans
Lorsqu’il décida d’accomplir ce voyage, Pierre-Gabriel Bonvalot était déjà un habitué de cette partie du monde, qui était devenue depuis « son domaine », sa spécialité : en 1880, il parcourt le Turkestan, Boukhara, Samarkande, explore les contreforts des monts Thian Shan et s’avance jusqu’au fleuve Amour ; en 1885, il parcourt le Lenkoran, en Perse ; à deux reprises, il tente de pénétrer en Afghanistan, en vain, puis organise une première expédition vers le plateau du Pamir, le « toit du monde », qu’il compte atteindre en plein hiver. L’aventure tibétaine n’est donc pas pour l’effrayer, malgré les conditions très dures que les explorateurs rencontreront.
En effet, au Tibet, les vents soufflent avec une violence inouïe et les températures peuvent descendre à 40° au-dessous de zéro ; la végétation est maigre et le relief dangereusement accidenté ; sans parler des quelque deux mille habitants hostiles à toute pénétration.

Un danseur tibétain, d'après une gravure du XIXe siècle.
Un danseur tibétain, d’après une gravure du XIXe siècle.

Peu importe pour Bonvalot et Orléans, ils comptent bien arriver jusqu’à Lhassa, la cité interdite aux Européens. Le 6 septembre 1889, ils partent donc de Kouldja, aux confins de l’Empire chinois, puis gagnent Tcharchlik, franchissent l’Altyntag et traversent la vallée de Tsaï-Dam. Ils ont réussi… enfin presque : en effet, es deux explorateurs vont effectivement s’approcher de Lhassa, mais ne pourront entrer dans la ville. Déçus, ils poursuivent néanmoins leur voyage vers l’est, atteignent Batang, puis le 29 septembre 1890, Hanoï, dans l’actuel Viêt-Nam.
Ce périple, qui a duré plus d’un an, leur aura permis de découvrir des régions totalement inexplorées et surtout d’observer les habitants des pays qu’ils visitaient, leurs coutumes, la faune et la flore, et de ramener ainsi une quantité d’informations extrêmement précieuses en Europe.  
Devenus d’éminentes célébrités, Gabriel Bonvalot et Henri d’Orléans vont pouvoir tenir en France de nombreuses conférences sur leur extraordinaire randonnée asiatique, conférences auxquelles le public, tant à Paris qu’en province, réservera un accueil chaleureux. Déjà, le Tibet fascine…

La Somalie ou l’extraordinaire pays du Pount

Affiche du XIXe siècle-début du XXe, annonçant une exposition sur les Somalis.
Affiche du XIXe siècle-début du XXe, annonçant une exposition sur les Somalis.

C’est la reine d’Egypte Hachepsout qui, la première, lança ses navires vers un pays merveilleux, un pays doté de tous les trésors : le pays du Pount. L’or, l’encens, l’ébène devaient être recherchés par les Egyptiens qui écrire les premiers chapitres de l’histoire de la Somalie. Cette terre, située entre le golf d’Aden et l’océan Indien tire son nom du peuple qui s’y établi dès le haut Moyen Âge, les Somali.
Au IXe siècle, cependant, la Somalie va connaître les premières conquêtes arabes avec la fondation du port de Zella, d’où ils devaient mener la colonisation de la côte, imposant l’islam aux peuples Somali et Danakil dès le XIIIe siècle. Deux siècles et demi plus tard, ce seront les Somali et les Danakil, fanatisés, qui allaient se lancer contre l’Ethiopie, la patrie du légendaire Prêtre Jean qui devait sauver l’Occident des musulmans. De fait, et sans doute influencés par cet espoir, les Portugais devaient intervenir dans le conflit entre les musulmans de Somalie et l’Ethiopie et sauver ainsi le pays. Juste retour des choses, la Somalie, en proie à la guerre, devaient alors passer aux mains de païens Galla, avant de retomber, au XIXe siècle, sous autorité musulmane… jusqu’à ce que, dans la seconde moitié du XIXe siècle, entre en scène les Européens.
Partagée entre les Italiens et les Français, qui devaient y établir un protectorat, la Somalie sera dès lors le jouet des diverses conquérants et des jeux d’influence, notamment avec l’Angleterre qui s’emparera d’une partie de la Somalie italienne, devenue pour le coup britannique.
Vint le temps des indépendances. Vint le temps, en 1960, de l’indépendance de la Somalie italienne et de la Somalie britannique, unies en République de Somalie. Quant au protectorat français, il devait perdurer jusqu’en 1966, date à laquelle, et malgré le refus des populations, la Somalie française devait acquérir son indépendance et le territoire être unifié au reste du pays.

Cook : l’invitation au voyage

James Cook (1728-1779).
James Cook (1728-1779).

C’est sur la terre ferme que naquit James Cook en 1728. Fils d’un fermier du Yorkshire, il devient apprenti épicier avant d’apprendre le métier de marin avec des pécheurs de sa région. Dès lors, Cook ne devait plus voir sa vie que sur la mer. Il acquit, en autodidacte, des notions de mathématiques et d’astronomie et entra, en 1755, dans la marine royale anglaise. Tout en prenant part aux opérations navales dans les eaux canadiennes, Cook complète sa formation scientifique et se voit confier, entre 1763 et 1767, de lever les côtes de Terre-Neuve. Cette première mission fait office de ban d’essai et, à peine Cook a-t-il mener cette entreprise à bien qu’il se voit confier une nouvelle mission, autrement plus importante, plus motivante aussi. Trois fois de suite, en effet, le gouvernement britannique devait charger le marin d’accomplir un tour du monde. Le premier, de 1768 à 1771, avait pour but d’observer le passage de Vénus sur le soleil à Tahiti. Parti de Plymouth à bord de l’Endeavour, Cook séjourna sur l’île d’avril à juillet 1769 puis découvrit les îles de la Société, reconnut la Nouvelle-Zélande, redécouvrit le détroit de Torres et regagna l’Angleterre en juillet 1771. Le second voyage de Cook avait pour objet de résoudre le problème du continent austral, qui tourmentait depuis longtemps les géographes. Parti en juillet 1772 avec deux navires, la Resolution et l’Adventure, Cook et ses équipages devaient faire trois croisières antarctiques et acquérir la certitude de l’inexistence d’un grand continent austral.
L'équipe de Cook à Java (tableau du XVIIIe siècle).
L’équipe de Cook à Java (tableau du XVIIIe siècle).

Au cours de ce même voyage, il fit de nouvelles visites aux îles Sandwich, visiter la Calédonie avant de rentrer en Angleterre en 1775. Un troisième voyage, à bord de la Resolution et de la Discovery, conduira Cook vers les côtes américaines. Avant de les longer, il découvrit les îles Hawaï (1778) puis tenta de percer le passage du Nord-Ouest, en vain. C’est lors d’un second séjour à Hawaï, en février 1779, que James Cook devait périr, tué par les indigènes.
L’héritage de Cook est cependant impressionnant : il apparaît en effet comme le premier navigateur scientifique moderne et le plus complet. Sa curiosité, manifeste dans sa vocation et dans son action, trouvera un écho dans les carnets de ses trois voyages autour du monde que Cook prendra soin de décrire par le menu, poursuivant ainsi une tradition d’information et de relevés scientifiques que tous les grands navigateurs scientifiques sauront appliquer.

Il était une fois… l’Amérique

Des Indiens du Canada.
Des Indiens du Canada.

On a beau discuter pour savoir qui, des Vikings, de Colomb ou d’un tierce a découvert l’Amérique, le nord du continent est sans nul doute, pour une large part, le fait des Anglais. En 1497, un Génois financé par l’Angleterre, aborde les côtes du Labrador : un acte qui vaudra aux Anglais de marquer à jamais l’histoire du continent nord américain. Pendant des années, l’Amérique du Nord va être négligée au profit du sud du continent qui attire aventuriers et mandataires des grandes puissances. Et si la Floride et le Colorado sont également explorés, c’est uniquement parce qu’on les soupçonne de receler de fabuleux trésors. Ceux sont Ponce Leon et Hernando de Soto qui, au XVIe siècle, se lancent dans cette aventure. Contrairement au continent sud, qui a vu s’établir un empire espagnol, aucun établissement ne voit le jour au nord.
Les Français vont être les premiers à s’établir et à fonder des colonies. Et après la défaite de l’Invincible armada, ceux sont les Français qui vont être les principaux rivaux de l’Angleterre sur le continent. Terre-Neuve et l’embouchure du Saint-Laurent, au XVIe siècle, ouvrent la voie aux pêcheurs des côtes ouest de la France ; Verrazano, un Florentin mandaté par François Ier, débarque en Floride en 1524, explore la Caroline du Sud et prend possession, au nom du roi de France, de l’embouchure du Saint-Laurent, de Terre-Neuve et des îles voisines. C’est la fondation de la Nouvelle-France.
Le débarquement des pèlerins du Mayflower.
Le débarquement des pèlerins du Mayflower.

Puis viennent les expéditions de Cartier au Canada de 1534 à 1545, jusqu’à ce que les affaires européennes tiennent la France éloignée du nouveau continent durant près d’un demi siècle. Au XVIIe siècle, en 1608, Champlain installe les premières familles françaises au Canada et fonde Québec… un an après que les Anglais, soudain intéressés, aient fondé Jamestown sur la côte américaine et peu avant que les Espagnols s’établissent à Santa Fé. C’est à ce moment-là que les trois puissances européennes entrent en rivalité pour la possession de l’Amérique du Nord.
Alors que les Français occupent les rives du Saint-Laurent puis étendent la Nouvelle-France à la vallée du Mississipi avec les expéditions de Nicolet, Cavelier de la Salle, du Père Marquette, les Anglais les ont nettement devancés dans la région où naîtront les premières colonies d’Amérique. Sir Gilbert, en 1578, puis son frère, Sir Walter Raleigh en 1584, se voient octroyer le droit, par la reine Elisabeth, d’établir des colonies sur le continent. La première sera la Virginie, nommée ainsi en hommage à la Reine Vierge Elisabeth. Une autre tentative, dans l’île Roanoke, sera un échec et s’achèvera avec le massacre des colons européens, parmi lesquels le premier enfant européen né en Amérique. Vingt ans plus tard, John Smith, réitère l’entreprise et fonde Jamestown d’où les Anglais allaient lancer une vaste campagne d’exploration et de conquête. En 1614, la Virginie du Nord devient la Nouvelle-Angleterre alors qu’un an plus tard les Hollandais établissent la Nouvelle-Néerlande. En 1619, les onze colonies de la Virginie ont un gouvernement représentatif et élisent une assemblée de bourgeois, parmi lesquels Jefferson, ancêtre de l’auteur de la déclaration d’Indépendance.
En 1620, les pélerins du Mayflower, des puritains anglais, s’établissent, marquant un tournant dans la colonisation de ce continent. Car, désormais, ce ne sont plus les nations qui mandatent, des aventuriers qui explorent et fondent, mais des groupes religieux qui espèrent trouver sur cette terre plus de liberté. Ce sera le cas du Massachussetts, avec Boston pour capitale ; ce sera le cas de Rhode Island et du Connecticut, du Maryland aussi. Et tandis que les colonies anglaises se multiplient, la colonies hollandaise de la Nouvelle-Néerland se trouve encerclée. En 1664, les Anglais s’en emparent et débaptisent Nouvelle-Amsterdam du nom de New York. En 1682, William Penn fonde la Pennsylvanie, lui aussi pour échapper au carcan religieux de l’Angleterre. Quelques autres possessions viendront compléter ce qui allait devenir les Etats-Unis. Des Etats qui, alors, ne sont ni unis ni indépendants.