Rameau et la découverte de l’opéra

Après une jeunesse consacrée à étudier divers instruments, puis à parcourir le nord de l’Italie, Jean-Philippe Rameau (1683-1764), fils d’un organiste de Dijon, arrive à Paris où il se voit confier par Voltaire et par l’abbé Pellegrin l’accompagnement musical de leurs pièces. La réussite commence avec Hippolyte et Aricie de Pellegrin, en 1733, faisant ainsi de l’opéra français un « plaisir unique fait de cent plaisirs ». Dès ce moment, il va de succès en succès, devenant une référence en matière de musique. Les honneurs pleuvent. Après son Traité d’harmonie, il rédige la plupart des articles de l’Encyclopédie consacrés à la musique. Il meurt en pleine gloire, en 1764.

Schubert le romantique

Un compositeur romantique, une musique légère et vive, tel est le souvenir que Franz Schubert a laissé dans l’histoire musicale.
Fils d’un instituteur, Schubert, né le 31 janvier 1797 à Vienne, montre très rapidement ses talents de musicien et de compositeur. Son œuvre extrêmement prolixe est plus variée qu’on a bien voulu le dire. Dès le début, il fait preuve d’un esprit novateur. Ses toutes premières œuvres sont insouciantes, juvéniles et spontanées, telle La Truite. Plus tard, sa musique atteint un degré de maturité qu’elle ne quittera plus. Relativement pauvre, il est un des rares compositeurs à être reconnu de son vivant. Le 19 novembre 1828, il meurt de la syphilis. Son œuvre, comprenant six cents lieder (airs populaires), quinze quatuors, dix opéras, six messes et  vingt-deux sonates, tombe dans l’oubli durant de nombreuses années.

Lulli, père de l’opéra français

Arrivé en France dès treize ans, le jeune Jean-Baptiste Lulli entre au service de Mademoiselle de Montpensier où il passe rapidement maître dans l’art de jouer du violon et de fomenter des intrigues. Admis dans l’entourage de Louis XIV pour ses talents de danseur et d’acteur comique, il devient chef de la « bande des petits violons » et se met à composer quelques ballets.
Associé à Molière, pour lequel il écrit plusieurs comédies-ballets, il devient surintendant de la musique en 1661. Commence alors, pour Lulli, une autre carrière, plus ambitieuse, plus prolifique. Dédaignant l’influence italienne, Lulli se lance avec un vif succès dans l’art lyrique.
Directeur de l’Académie royale de musique (1672), il crée des dizaines d’opéras dont les plus connus, Cadmus et Hermione, Alceste, Thésée ou bien Acis et Galatée, assurent son triomphe. Devenu immensément riche, Lulli ne se contente pas des honneurs musicaux… et obtient la charge de conseiller puis de secrétaire du roi.
Celui qui est considéré comme le créateur de l’opéra français meurt à Paris, le 22 mars 1687.

Wagner et l’Or du Rhin

Richard Wagner (1813-1883).
Richard Wagner (1813-1883).

Si nous avions une vraie vie, nous n’aurions pas besoin d’art, a écrit Richard Wagner dans la préface de Siegfried. L’art commence précisément où la vie réelle cesse, où il n’y a plus rien devant nous.
Et la musique violente et passionnée de Richard Wagner fait véritablement revivre toutes les légendes oubliées des Niebelungen, de Tannhaüser, de Lohengrin ou de Tristan et Iseult. Né à Bellagio, le 22 mai 1813, dans une famille d’artistes amateurs, Wagner, qui est un chef d’orchestre reconnu, atteint la plénitude de son art avec la légende germanique en quatre volets de L’Anneau du Niebelung : L’Or du Rhin, La Walkyrie, Siegfried et Le Crépuscule des dieux.
Cette œuvre magistrale et fascinante, peuplée de lutins, de dragons et semée de sombres histoires de vengeance, a donné un nouveau souffle au théâtre lyrique de l’époque, qui trouvera, toujours sous l’impulsion de Wagner, son lieu de prédilection à Bayreuth.

Sur un air de valse…

Johann Strauss père (1804-1849).
Johann Strauss père (1804-1849).

Depuis déjà un certain nombre d’années, les Viennois dansaient à n’en plus finir. Ils pensaient danser la valse… ils se trompaient !
Car c’est avec les compositions de Johann Strauss père que va réellement naître cette danse, envoûtante et si élégante.
Emportée par le rythme endiablé des célèbres valses de Strauss, Vienne s’enfièvre et on voit bientôt toutes les classes sociales s’adonner à la danse.
Certes, les compositions de Johann Strauss fils, comme le Beau Danube bleu ou la Valse de l’Empereur, vont atteindre une renommée mondiale, mais c’est bien à son père que l’on doit la naissance de la valse.
À sa mort, le 27 septembre 1849, la capitale autrichienne entière est en deuil mais le souvenir de Johann Strauss père s’est perpétué, au long des siècles, sur un air de valse…

Beethoven : la tragédie

Ludwig von Beethoven (1770-1827).
Ludwig von Beethoven (1770-1827).

Héritier d’une famille de musiciens d’origine flamande, Ludwig von Beethoven se lance dans la carrière artistique dès l’âge de treize ans. Mais Beethoven n’est pas Mozart et c’est uniquement pour subvenir aux besoins de sa famille qu’il intègre le monde musical… comme interprète. Pianiste virtuose, il sera, pendant plus de vingt ans, une des coqueluches des salons autrichiens et viennois à partir de 1792. Mais Beethoven ne se satisfait pas d’être un grand pianiste, de jouer la musique des autres. Une musique dont il sent qu’elle n’est pas qu’une distraction mais qu’elle est -ou qu’elle peut être- porteuse de message. Une musique qui peut et qui doit selon lui faire écho aux émotions du compositeur mais également de toute une époque. Une musique qui doit être un acteur et un témoin de la civilisation. Avec Beethoven, on entre dans l’ère des « artistes engagés »…
Lorsqu’il entame donc sa seconde carrière –vers 1800-, Beethoven est déjà touché par ce qui sera le grand drame de sa vie: la surdité ! Une tragédie pour ce touche-à-tout musical, auteur de lieders, de cantates, de sonates, d’opéras et, surtout, de symphonies. Qu’elles soient Héroïque, Pastorale, que ce soit l’Hymne à la joie : Beethoven est le maître des symphonies, un art dans lequel il excelle. Pourtant, rien de plus difficile pour Beethoven chez qui la surdité n’a fait qu’aller en s’agravant.
En 1820, il est déjà totalement sourd et son caractère va s’en ressentir ; il songe même au suicide mais finit, malgré tout, par « composer » -dans les deux sens du terme- avec la maladie. On raconte même qu’il composait en collant son oreille sur le piano afin de sentir les vibrations des notes. Malgré tous ses efforts, Beethoven s’isole : le monde lui devient étranger et ce n’est qu’en écrivant qu’il communique –des notes et des cahiers, malheureusement, perdus pour la plupart.
Il mourra, dans des circonstances restées longtemps inexpliquées qu’il décède, en mars 1827, lors d’un orage. Ce n’est qu’en 2000 que sera résolue l’énigme Beethoven, mort d’un excès de saturnisme –il consommait le vin du Rhin dont il était friand dans une coupelle de plomb.

Signature de Beethoven.
Signature de Beethoven.

Le destin de Beethoven peut paraître bien sombre mais ne nous y trompons pas, il fut, durant sa vie, un interprète puis un compositeur reconnu, ami des plus grands, d’Haydn à l’archiduc Rodolphe. Il fut une des idoles du Vienne des grands auteurs et lors des funérailles du génial compositeur de l’Hymne à la joie c’est une ville entière qui lui rendit un dernier hommage.

Saint-Saëns, le mal-aimé

Camille Saint-Saëns (1835-1921).
Camille Saint-Saëns (1835-1921).

Poèmes symphoniques, symphonies, œuvres dramatiques, concertos, musique de chambre, musique religieuse : Saint-Saëns a aimé toutes les musiques et joué de leurs diversités.
Enfant prodige, doué aussi bien pour les lettres et les sciences que pour la musique, Camille Saint-Saëns donne son premier concert à l’âge de onze ans. Il se révèle aussi bon exécutant que compositeur et, après le Conservatoire, devient organiste de La Madeleine. Mais c’est la composition qui intéresse Saint-Saëns : il s’y adonnera toute sa vie sans relâche.
Sa production est prodigieuse, aussi variée qu’importante, mais dans un Paris musical qui n’attend rien si ce n’est des compositeurs germaniques, Saint-Saëns est rejeté. C’est grâce à Liszt que Samson et Dalila sera joué pour la première fois en Allemagne et il faudra attendre 1892 pour que le public français le découvre : ce sera l’enthousiasme !
Saint-Saëns, après des années de rejet, est finalement accueilli comme le musicien le plus glorieux de son temps. Il sera adulé jusqu’à sa mort, le 16 décembre 1921.

Ravel : un succès « populaire »

Maurice Ravel (1875-1937).
Maurice Ravel (1875-1937).

C’est à l’âge -fort tendre en vérité- de sept ans que Maurice Ravel se consacre à la musique. Eléve prometteur du conservatoire de musique il décroche, en 1901, une seconde place au grand prix de Rome. Seconde place décevante mais qui traduisait sans doute le conservatisme d’un jury irrité par l’originalité des premières œuvres du jeune compositeur. Habanera (1895), Menuet antique (1895), Pavane pour une infante défunte (1899) ou encore Jeux d’eau (1901) comptent parmi les premières œuvres de Ravel qui, à la date du concours romain atteint tout juste les 26 ans. De fait, les consécrations officielles feront toujours défaut au compositeur, ce qui ne l’empêchera pas de mener une carrière brillante.
En 1910, il participe à la fondation de la Société musicale indépendante puis aborde le théâtre lyrique avec L’Heure espagnole, qui aura nettement moins de succès que Daphnis et Chloé, un ballet créé en 1912.
Bien que réformé, Ravel s’engage dans la Première Guerre. C’est à cette date, en 1914, qu’il compose un de ses chefs-d’œuvre : le trio pour piano, violon et violoncelle. Ravel reprend ses activités après la guerre, avec plus ou moins de succès. En effet, autant son Daphnis et Chloé avait eu du succès à Moscou, autant sa Valse sera purement et simplement refusée par les Ballets russes. L’Enfant et les sortilèges suivront puis le célèbre Boléro (1928) qui sera son dernier succès. Atteint d’une tumeur au cerveau, Maurice Ravel cesse de composer en 1931. Il mourra six ans plus tard, des suites d’une opération.