La mythologie indo-européenne mère de tous

La divinité indienne Indra

Il existe de nombreux points communs entre les trois principales mythologies européennes -grecque ou romaine, scandinave et celte. Au point d’ailleurs que l’on peut se demander s’il n’y aurait pas une seule et même mythologie originelle, une religion indo-européenne qui serait mère de toutes les autres.
En soit, il n’y aurait rien de bien extraordinaire au fait que les religions grecque, scandinave et celte aient une origine indo-européenne, les peuples les ayant imaginé étant de cette même origine.
La chose pourtant ne paraît pas évidente pour tout le monde et fait l’objet, depuis des années, de nombreuses discussions de spécialistes. Les points communs et les parallèles absolument sans équivoques que l’on peut établir sont pourtant là pour nous indiquer la voie
La mythologie scandinave évoque très clairement plusieurs générations de divinités, les Ases, dont Odin et ses fils font partie, succédant aux Vanes. Mais cette succession ne se fera pas toute seule et sera l’aboutissement d’un combat titanesque entre nouvelles et anciennes divinités. D’ennemis, les Vanes vont cependant rapidement acquérir le titre d’alliés et même de compagnons puisque certaines de ces divinités parmi les plus importantes vont être purement et simplement intégrées au monde des Ases. Ainsi en est-il de Njord, le dieu de la mer, et des divinités de la fécondité Freyr et Freyja. Unis contre les géants de la glace, ils ne seront bientôt plus que « les dieux », terme générique qui comprend aussi bien les Ases que les Vanes.
Les Moires grecques

De la même façon, la mythologie grecque met en exergue le combat entre les Titans et ceux que l’on a appelés par facilité les Olympiens. Et, là encore, la victoire de ces derniers peut aisément être interprétée comme le passage de la religion archaïque à une religion plus moderne, ce qui n’empêche pas l’ancienne religion d’avoir « laissé des traces », notamment dans le rôle de certaines divinités telles que les Furies, les Moires ou encore Gaïa. Notons d’ailleurs que, comme Freyr et Freyja, Gaïa, la Terre, est mère de fécondité…
Bien que ce soit moins évident, la mythologie celtique est loin d’être exemptée de toute évolution et sans doute n’est-ce pas sans raison que les Tuatha de Danann prennent finalement le pas sur les anciens dieux -Formorii et Fribolg. Un changement de « dynastie divine » qui n’est pas total, puisque Lug est le fils d’un Tuatha de Danann et d’une Fribolg et que ces derniers seront, comme les Vanes, finalement intégrés au nouveau monde divin en opposition à celui des Gaëls, c’est-à-dire des hommes.
Après l’affrontement, on l’a vu, les anciennes et les nouvelles divinités de ces trois mythologies se trouvent donc unies à jamais, les dieux se mêlent les uns aux autres, formant l’ordre divin que nous connaissons. À quelques détails près, c’est exactement ce que l’on retrouve dans l’antique mythologie indienne où, après une âpre lutte, les anciennes divinités Açvin -qui sont des divinités de l’abondance, là encore- s’entendent avec leur vainqueur, Indra, et participent avec lui et ses semblables au nouvel ordre divin.
Dans le récit même de cette lutte originelle, on relève parfois des épisodes qui n’ont rien d’anodins et qui confirment avec force le parallèle entre certaines religions. Ainsi, dans la mythologie scandinave, apparaît la divinité Gullveig, que Dumézil traduit par « Ivresse de l’or ». Sorcière envoûtante, cette déesse de la famille des Vanes a le pouvoir d’exacerber les mauvais penchants des dieux tels que l’envie et la convoitise. En fait, elle est là, telle un cheval de Troie, pour propager le trouble chez les Ases -qui l’ont accueilli on ne sait pourquoi. On sait que ses efforts seront finalement sans grande conséquence, mais il réussira cependant à semer la discorde dans les rangs Ases qui, conscients du danger, tenteront de la faire périr pas moins de trois fois.
La corruption n’a finalement pas eu le dernier mot dans la mythologie scandinave, pas plus qu’elle ne triomphera dans la mythologie indienne. En effet, selon une antique légende, les Nasatya -images des anciens dieux- tenteront à maintes reprises d’éloigner la belle Sukanya de son époux, un dieu ascète, en lui promettant toutes sortes de bijoux, d’étoffes précieuses, d’or… en vain. Et pour avoir mis au point ce plan diabolique, le dieu Indra châtiera durement les Nasatya.
Un autre parallèle, plus évident encore, apparaît entre la religion indienne et la religion scandinave, dans les particularismes même des dieux. En effet, si Odin est borgne et Tyr manchot, on trouve, dans le panthéon indien, une divinité aveugle et une autre privée de bras…
Ne retrouve-t-on également des personnages analogues, aussi bien dans leur description que dans leur fonction ? Ainsi est-il bien difficile de ne pas faire le parallèle entre les Nornes scandinaves et les Moires grecques : les premières, des divinités de toute beauté et sans aucun doute issue de l’anciennes religion, représentent le Passé, le Présent et le Futur ; alors que les secondes, divinités archaïques de la Destinée, de la Naissance et de la Mort, sont trois vieilles femmes, jadis décrites comme de frêles et belles jeunes filles…
Ne peut-on également voir un rapport entre la vache originelle scandinave Audhumla et la vache sacrée de l’Inde ? Car si la première fit apparaître Buri, le premier Vanes, en léchant la glace des contrées scandinaves, la seconde symbolise également la vie dans la religion indienne.
Pour conclure sur ce thème, on remarque également que les héros celtes, scandinaves ou grecs ont bien des points communs.
Ainsi, comment ne pas faire le parallèle entre le très célèbre Siegfried et la plupart des héros grecs -déjà évoqués dans le chapitre sur Le panthéon des héros grecs. Comme Persée, Achille ou Jason, Siegfried voit sa vie et son destin guidés par une prophétie. Et quelque soit leur désir d’y échapper, l’accomplissement de cette prophétie -comme d’ailleurs celui du Crépuscule des dieux- est inéluctable.
De même, comment ne pas faire le rapprochement entre Hercule et le héros de l’Érin, Cuchulainn. Le premier, qui est fils de Zeus, tue, encore enfant, un serpent et el second, fils du divin Lug, étrangle un chien ; de même Hercule, dans un accès de folie meurtrière -folie que l’on retrouve chez notre héros celte- fait périr ses enfants et Cuchulainn combattra à mort son propre fils. Héros valeureux et malheureux, ils sont sous le coup d’une sorte de malédiction, thème récurrent de la mythologie indo-européenne.
Enfin et de manière plus générale, il apparaît clairement que les mythologies grecque, celte, scandinave et indienne se déclinent de la même façon, formant une « hiérarchie divine » de même modèle, construite de manière semblable. Une conclusion qui nous fait dire, à l’exemple du grand spécialiste des religions Georges Dumézil, qu’il n’est pas impossible et qu’il est même probable que les mythologies indo-européennes aient toutes une même origine.

Saint François-Xavier, l’aventurier de Dieu

Francisco de Jaso, devenu saint François-Xavier (1506-1552).
Francisco de Jaso, devenu saint François-Xavier (1506-1552).

Béatifié en 1619 par le pape Paul V et canonisé trois ans plus tard à Rome, il a, écrit l’un de ses biographes, parcouru la terre pour porter la parole divine à ceux qui l’ignoraient et réussi à amener vers le Christ plus d’un million d’âmes.
Rien, pourtant, ne destinait François-Xavier, fils d’un conseiller de Jean III, roi de Navarre, à devenir l’une des plus grandes figures du christianisme. La tradition familiale l’orientait vers le métier des armes. Mais le jeune François-Xavier, plus porté vers la littérature, va à Paris suivre des études à la Sorbonne. Reçu maître en philosophie en 1530, à l’âge de vingt-quatre ans, il dispense des cours au collège de Beauvais. Brusquement, il abandonne l’enseignement pour s’engager dans la voie apostolique aux côtés d’Ignace de Loyola, fondateur de l’ordre des jésuites. Faisant vœu de pauvreté, il part pour Bologne où, durant plusieurs années, il consacre sa vie à soigner les malades dans les hôpitaux et les prisons. Il se charge également de l’éducation des masses populaires et on le voit souvent prêchant la parole divine, juché sur un banc.
À la demande d’Ignace de Loyola, il s’embarque en 1541 pour l’Extrême-Orient et accoste un an plus tard à Goa, capitale des Indes portugaises. Pendant sept ans, il accomplit de très nombreuses conversions, traduit le catéchisme dans la langue du pays et forme des missionnaires destinés à le remplacer. En 1549, il s’embarque pour le Japon et poursuit sa mission malgré les sévices que lui font subir les prêtres bouddhistes fanatiques. Et quand il part, deux ans plus tard, il laisse un grand nombre de missionnaires sur place. François-Xavier, que tout le monde appelle désormais saint Père, forme le souhait de se rendre en Chine en 1552. Mais sur le chemin, il tombe malade dans l’île de San Chan, et meurt le 2 décembre de cette année, à l’âge de quarante-quatre ans. On l’enterre sur place et on verse de la chaux vive sur son cerceuil. La tradition dit que, lorsqu’en février 1553, on l’exhuma pour le ramener à Goa, son corps était intact.

Les multiples « visages » du gnosticisme

Tableau intitulé :
Tableau intitulé : "les larmes de saint Pierre", Pierre étant le chef historique de l’Eglise.

Dès les premières années après la mort du Christ, certaines doctrines ou croyances vont secouer l’Eglise, éloigner d’elle certains fidèles. Mais ce que l’on considère comme une des premières hérésies apparaît plus comme une philosophie que comme une doctrine, comme une déviance que comme une hérésie. Le gnosticisme -du nom de gnôsis, connaissance, en grec- est un courant de pensée, une philosophie résultant de la rencontre des cultes orientaux païens, de la philosophie hellénistique, du monothéisme juif et, ensuite, du christianisme. C’est sans doute ce qui explique, en grande partie, l’extraordinaire variété de courants au sein du gnosticisme. S’étant d’abord développé en parallèle avec le christianisme, cette "philosophie religieuse", si l’on peut la nommer ainsi, va finalement se lier à lui, s’y intégrer au point de devenir une hérésie chrétienne. Ou plutôt "des hérésies" chrétiennes, car, comme il a été dit plus haut, la variété de ses courants va se retrouver dans sa dimension chrétienne et donc dans le nombre de courants hérétiques influencés par la pensée gnostique.
De fait, malgré la complexité du "monde gnostique", malgré la diversité de courants que l’on dénombre, on peut distinguer un fond commun.
Tout commence avec cette éternelle question : comment un Dieu bon par nature a-t-il pu créer un monde si mauvais ? À partir de cette interrogation, un point ressort particulièrement : Dieu est esprit, le monde matière ; Dieu est bon, le monde mauvais. Donc l’esprit est bon et la matière mauvaise.
La question des deux principes, celui du Bien et celui du Mal, était déjà présente chez les Esséniens, une secte juive adepte de la pauvreté et de la stricte observance de la Loi. Elle apparaît également chez Simon le Magicien -ou le Samaritain- dont les Actes des Apôtres nous rapportent les faits et gestes. Selon saint Irénée (IIe siècle), qui se distinguera dans la lutte contre les gnostiques, Simon croyait et enseignait que le monde avait été créé par les anges mais, qu’ayant dévoyé le monde, ils en furent finalement dépossédés. La dimension eschatologique de son annonce à laquelle se mêlait des éléments plus ou moins magiques, ainsi que l’idée d’un dualisme latent dans une création réinventée font de Simon le Samaritain, s’il n’est pas considéré comme étant lui-même un gnostique, le premier père de la gnose.
Baptisé par Philippe puis écarté par Pierre de la communauté « orthodoxe » -dans le sens de détenteur de la doctrine vraie-, Simon, qui possédait sans aucun doute « le don des langues », va entraîner dans son erreur une grande partie de la nouvelle communauté chrétienne de Samarie et influencer nombre de communautés judéo-chrétiennes. Mais si Simon n’est pas gnostique, ses disciples, les Simoniens, le sont totalement. Et pour eux, comme pour tous les gnostiques, la question de la dualité du monde, celle des deux principes va se faire plus pertinente que chez Simon.
Ainsi, il apparaît que Dieu -identifié à celui de l’Ancien Testament- a créé le monde et l’homme. Entre lui et sa création se trouvent des éons, sortes d’intermédiaires plus ou moins proches de la perfection, celle-ci dépendant de leur proximité avec Dieu. Un de ces éons fut un jour exclu du monde des éons et créa une autre « communauté » d’éons, mauvais comme lui. Si les termes sont différents, on reconnaît bien là l’épisode de la révolte de Lucifer et de la chute des anges. Le christianisme dans tout ça ? Selon les gnostiques, un germe divin a été déposé dans le monde et la rédemption n’est rien d’autre que la délivrance, l’émergence de ce germe. C’est ce qu’accomplit le Christ, être d’exception uni à un éon supérieur -donc proche de la perfection divine. La rédemption est donc bien réelle, c’est cette libération du monde, mais elle n’est plus due aux souffrances, à la Passion et à la mort du Christ, seulement à son enseignement et à sa sagesse.
On le voit, la doctrine gnostique n’a plus guère de lien avec celle professée par l’Eglise. De déviante, elle est devenue étrangère au christianisme et finalement hérétique. On date de 70 le passage des Simoniens dans le "camp" de l’hérésie. De fait, de simplement déviante, la doctrine simonienne et, plus largement, gnostique est devenue totalement étrangère à celle professée par l’Eglise. Et de fait, si Simon le Magicien s’attache avant tout à la question de la création, il ne se lance pas dans une réflexion sur la divinité elle-même pas plus que sur l’Incarnation et la Rédemption. Il en semble pas mettre en doute la personne de Jésus pas plus que sa divinité. Par contre, les gnostiques "purs", pourrait-on dire, remettent totalement en cause la personne divine du Nazaréen. Certes, il demeure le Rédempteur, mais il n’est plus Dieu incarné ; il n’est pas le Fils de Dieu, tout juste un "être d’exception" dont le corps sert de réceptacle à un éon supérieur. Un peu comme une possession en fait.
On le voit, c’est la différence de croyance en la personne du Christ qui fait la différence entre la déviance et l’hérésie. C’est cette même différence que l’on retrouve dans différentes hérésies influencées par le gnosticisme, qu’elles soient nées dans les milieux judéo-chrétiens ou proprement chrétien.

La légende des Nibelungen

Tout a commencé un jour que Loki, le dieu du feu, Hœnir et son frère Odin se promenaient dans le Midgard, le monde des hommes. Voyant une belle loutre, Loki la tua avec une pierre puis les trois dieux l’emportèrent dans la demeure d’un magicien, Hreidmar, à qui ils demandèrent l’hospitalité. Le magicien se rendit alors compte que la loutre n’était autre que son fils, Otter. Furieux, Hreidmar et ses deux autres fils, Fafnir et Régin, emprisonnèrent les dieux, réclamant comme dédommagement autant d’or que l’on pouvait en étaler sur la peau de la loutre. Mais cette peau était magique et s’étirait à l’infini.
Alors qu’Odin et Hœnir restaient comme otages, Loki fut chargé de trouver l’or. Il descendit le long d’un immense labyrinthe et captura le nain Andvari, le plus riche de tous ceux qui vivaient sous terre. Sous la menace, le nain abandonna son trésor mais jeta un sort à un anneau magique qui en faisait partie : quiconque porterait cette bague serait perdu.
Loki revint avec le trésor et le remit à Hreidmar, tout en signalant le sort qui y était attaché. Et en effet, peu de temps après, il fut tué par son propre fils, Fafnir, qui s’empara du trésor. Perverti par l’anneau d’Andvari, Fafnir se changea en dragon pour protéger son trésor. Il eut en effet fort à faire et nombre de héros périrent en tentant de le lui arracher.
Le temps passa mais Régin, le frère de Fafnir, n’oubliait pas la trahison de son parent qui l’avait privé du trésor. Devenu orfèvre de la maison royale du Danemark, Régin se vit confier l’apprentissage du jeune Seigfried qu’il arma de l’épée merveilleuse de son père, Siegmund. Le rusé Siegfreid affronta dont Fafnir, le tua et hérita ainsi du trésor et de la sagesse du dragon, capable de parler aux oiseaux. C’est d’ailleurs grâce à ce don que Siegfreid apprit que Régin projetait de l’éliminer à son tour : il le tua en premier et conserva le trésor, anneau compris.
Plus tard, Siegfreid délivra la Walkyrie Brynhild en brisant le cercle de feu qui l’emprisonnait. Le héros tomba alors amoureux de la Walkyrie et, en gage de cet amour, lui remit son anneau. C’était compter sans le sortilège qui y était attaché…
Au cours d’un de ses voyages, Siegfreid rencontra la reine des Nibelungen, Grimhild, qui était crainte pour ses pouvoirs magiques : elle empoisonna le héros avec de l’hydromel et, oubliant son amour pour Brynhild, il épousa la fille de Grimhilde, Gudrun. La Walkyrie, folle de rage et envoûtée par l’anneau, épousa Gunnar, le frère de Gudrun, avec qui elle projeta la mort de Siegfreid.
Le héros fut tué et Brynhild, submergée par le chagrin et le remords, se suicida pour reposer à ses côtés…
Ainsi se termine la plus célèbre des sagas nordiques.

Jörmungand, le serpent de la fin du monde

Le combat, au jour du Ragnarök, de Thor et de Jörmungand.
Le combat, au jour du Ragnarök, de Thor et de Jörmungand.

Fils de Loki et de la géante Angrboda, Jörmungand est, dans la mythologie scandinave, un serpent gigantesque et terriblement venimeux, destiné à combattre Thor au jour du Ragnarök. Mais cet être monstrueux n’a pas qu’un simple rôle de faire-valoir, son destin ne se limite pas à prendre d’assaut Asgard, à tuer et à être tué par le fils d’Odin. Jörmungand est essentiel à la bonne marche du monde. Enserrant de ses anneaux la Midgard, et donc Asgard, le Serpent-Monde ou Serpent-Midgard, comme on l’appelle, participe pleinement à la cohésion du monde, à sa stabilité. Le moindre de ses mouvements, d’ailleurs, provoque rien de moins que des raz-de-marées… Il est aussi à la limite entre le monde des hommes et des dieux et Utgard, où règnent les puissances mauvaises et les géants… Il marque, par sa présence même, avec son corps, la séparation avec les mondes infernaux, comme le Serpent-arc-en-ciel de la mythologie hindoue. La différence ne réside ici que dans le lien entre monde humain et monde céleste –symbolisé par l’arc-en-ciel. Enfin, à l’image de son père, de son frère, Fenrir, d’Hel, sa sœur, Jörmungand est un acteur incournable du Ragnarök.
En effet, c’est bien lui qui permet la libération des « forces obscures » et l’assaut du Midgard, prélude au Ragnarök. C’est même lui qui permet ce Crépuscule des dieux, une fin des mondes indispensables pour qu’ils puissent renaître. En cela, d’ailleurs, il est conforme à la symbolique même du serpent, un animal qui représente le cycle infini de la vie et de la mort.

Les femmes vues par l’Église au Moyen Âge

>Allégorie de l'Eglise triomphante, représentée par une statue féminine.
Allégorie de l’Eglise triomphante, représentée par une statue féminine.

Au Moyen Âge, la tradition biblique et patristique, si elle n’est pas connue de tous, est l’apanage des hommes d’Église. Et cette tradition présente la femme comme inférieure à l’homme et comme devant lui être soumise, ainsi que le prescrit saint Paul. Une idée que renforcera encore l’étude des textes d’Aristote au XIIIe siècle. D’ailleurs, des siècles durant, l’Église a prétendu que les femmes n’avaient pas d’âme… Telle est, en tout cas, l’idée que l’on se plaît à nous présenter, oubliant pour l’occasion ladite tradition biblique qui, dans la Genèse précise bien que « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, homme et femme il les créa ». Ce qui, si on sait lire, signifie que si l’un a une âme, l’autre aussi…
Cette misogynie, dont on accuse l’Église, était-elle réelle ? Était-elle générale dans tous les milieux ecclésiastiques ? Certains universitaires se posent la question et, allant au delà de la simple recherche conciliaire et doctrinaire, décortiquent littéralement sermons et exempla, afin de donner une vision plus réelle du regard de l’Église sur la femme.
S’il apparaît clairement que certaines jeunes filles étaient soit mariées soit envoyées au couvent sans leur consentement, ce n’était certes pas la politique officielle de l’Église. Cette dernière ne reconnaît d’ailleurs la validité d’un mariage que si les deux époux sont consentants et insiste, tout au long des XIIe-XIIIe siècles sur le consentement de la femme… Mais discours officiels et faits réels sont deux choses différentes et il est certain que la plupart des mariages étaient plus motivés par l’intérêt que par la passion. Depuis des années, les hommes d’Église constataient également la multiplication des mariages d’intérêts « outrés » -Robert de Sorbon cite le cas d’une union entre un « damoiseau » et une dame, très âgée mais très riche- et surtout une recrudescence des adultères. Pour lutter contre cet état de fait, l’Église va donc tenter de remettre le mariage à l’honneur… D’abord au cours du concile de Latran IV (1215) qui définit le mariage comme un sacrement indissoluble -au même titre que celui de l’ordre- et qui détermine dans quelles circonstances il peut être remis en question… et inversement. Ensuite, en faisant la « promotion » de saintes comme Marie Madeleine, déjà honorée dans une large partie du pays. Ainsi, si la virginité religieuse, imitée de celle de Notre Dame, est toujours admirable, selon la spécialiste Nicole Bériou, « l’exemple de Marie Madeleine ne permet-il pas de conclure qu’une “ bonne mariée ” vaut parfois mieux que dix vierges ? ». Enfin, l’Église fait l’éloge de « l’affection conjugale » qui, selon l’historien Jean-Claude Bologne, « doit naître d’un accord plus profond (que la passion) entre les caractères ».
Les femmes étant plus assidues que les hommes dans la pratique du culte, c’est donc sur elles que comptent également les hommes d’Église pour garantir le respect des quelques exigences de  l’Église -communion et confession une fois l’an. De même, l’étude des exempla -petites histoires permettant au prédicateur ou au confesseur d’expliquer un point de doctrine ou de morale- révèle que les ecclésiastiques considéraient généralement la femme comme le pivot de la famille.
Dans les manuels de confesseurs, on trouve également nombre de « situations » concernant les femmes -sans doute parce qu’elles se confessaient plus souvent. Et, à chaque fois que la recommandation concerne le couple, il est clair que le confesseur voit dans la femme l’élément apaisant, pacifiant de la famille et la pousse à remplir pleinement ce rôle. Un rôle, défini clairement par les canonistes, qui tient largement compte des exigences du monde féodal.
Épouses, les femmes sont également destinées à être mères -la procréation étant le but premier du mariage selon les canonistes- et cela leur donne, aux yeux de l’Église, un statut particulier. Elle va donc s’attacher désormais à mettre en avant cette « œuvre de chair » qui, dans le cadre du mariage, n’entache plus, est bénie -le terme de fornication va d’ailleurs désigner uniquement un acte sexuel accompli hors mariage. Ainsi, il apparaît que, dès le XIIIe siècle, la cérémonie des relevailles est présentée différemment.

La Vierge à l'Enfant, par Raphaël.
La Vierge à l’Enfant, par Raphaël.

Bien qu’issues de la tradition biblique, les relevailles font partie intégrante des coutumes chrétiennes. D’ailleurs, la Vierge Marie elle-même s’y est soumise. Cette cérémonie avait pour but originel de purifier la jeune mère de la conception de l’enfant, donc de l’acte sexuel l’ayant entraîné. Dans la logique de l’élévation du statut de mère par l’Église, cette coutume va évoluer au XIIIe siècle. Et si elle a encore cours, c’est pour purifier la mère, non de l’acte sexuel, mais pour le cas où elle aurait commis un péché ou une impureté durant la grossesse.
La maternité est également largement mise en avant dans les dérogations faites par l’Église aux femmes enceintes : ainsi, elles n’ont pas à suivre le jeûne du carême et doivent, au contraire, manger deux fois plus.
Robert de Sorbon, célèbre théologien du XIIIe siècle à qui l’on doit la fondation de l’université qui porte son nom, a évoqué à maintes reprises la place des femmes à travers ses exempla et plus particulièrement des femmes enceintes.
Avec constance, note Nicole Bériou, il déclare à plusieurs reprises qu’elles doivent être l’objet de toutes les attentions. Ne voit-on pas qu’en certaines contrées, la loi punit d’une amende sept fois plus lourde le meurtre d’une femme enceinte que celui d’un homme ? Et ne crie-t-on pas quelquefois dans la foule, à Paris : « Écartez-vous, voilà une femme grosse ! » ?  
Pour Robert de Sorbon, il est également clair que la femme se démarque de son époux dans son attachement visible aux enfants : ce sont les mères qui demandent pitié pour un fils criminel, elles qui poussent leur époux à la vengeance après la mort d’un enfant, elles qui sont prêtes à tout pour assurer l’avenir de leurs enfants. Un jusqu’au-boutisme que Sorbon dénonce affectueusement.
Le christianisme : une affaire de femmes depuis toujours
Parce que l’Église a toujours refusé le sacerdoce aux femmes, certains jusqu’au-boutistes y ont vu une preuve supplémentaire de la misogynie de l’Église. Mais n’est-ce pas cette même Église qui honore, au-dessus de tout autre, la Vierge, mère du Christ ? Le culte marial, si intense et populaire, notamment au Moyen Âge, apparaît plus comme une preuve éclatante allant à l’encontre de la thèse Église-misogynie. Et n’est-ce pas cette même Église qui se considère elle-même comme l’épouse du Christ ?
Certes, l’Église a toujours fait la promotion d’une femme épouse et mère, mais est-ce donc si réducteur quand on sait que l’Église est épouse elle aussi ?
Mais Ève me direz-vous ? C’est bien à cause d’une femme que le péché originel a été commis ! Certes, mais l’Église n’en parle-t-elle pas comme de la « bienheureuse faute » ? Car sans cette faute, pas de Vierge Marie, pas de Christ sauveur du monde…
D’Ève à Marie, de la mère de Dieu à l’épouse du Christ, le christianisme est bien une affaire de femmes !

Les Gorgones : une ou trine ?

Persée égorgeant la plus célèbre des Gorgones, Méduse (bas-relief antique).
Persée égorgeant la plus célèbre des Gorgones, Méduse (bas-relief antique).

Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? interroge Racine dans Andromaque.
Ces serpents ne sont rien d’autre que les attributs les plus marquants des Gorgones. Filles de Phorcys et de Ceto selon Hésiode, elles sont plus vraisemblablement à placer dans le terrible arbre généalogique de Typhon et Echidna. Une filiation, évident au vu de leur chevelure vipérine, qui passerait par la conception de la Gorgone, elle-même mère de Méduse, Euryale et Sthéno. « Les » Gorgones seraient en fait une, comme le suggère la lecture d’Homère ou d’Euripide. Une Gorgone unique devenue trois avec le temps et la modification des mythologies. Une de fois de plus, une divinité ancienne, possédant des attributs différents, parfois opposés, se voit donc démultipliée ; une fois de plus une divinité unique a engendré trois divinités distinctes, la Gorgone étant la divinité primordiale. Et elle en a le profile : elle appartient au monde chtonien et engendre aussi bien la mort que la vie.
Tout le monde connaît la crainte dont on entourait la ou les Gorgones, leur don pour figer celui qui les regardait. Mais on oublie que le sang de la Gorgone, d’après la découverte d’Asclépios, pouvait ressusciter les morts autant qu’il pouvait donner la mort, selon le côté –ou la veine- d’où il s’écoulait. On oublie également que le nom même de Méduse, une des Gorgones, signifie « celle qui protège ».
Une étymologie qui ne doit rien au hasard et qui accrédite le rôle positif de la Gorgone. Car c’est sans doute à la divinité primitive que Méduse doit cette particularité, elle-même assumant, plus que ses sœurs, cet aspect de la divinité archaïque. De fait, Méduse étant « celle qui protège », le Gorgonéion, c’est-à-dire la tête de Méduse coupée par Persée, aura les mêmes atouts. Après avoir orné le bouclier d’Athéna, il sera repris par nombre de Grecs qui le feront figurer sur les armures, les boucliers, les tombes mêmes, avec pour réputation d’éloigner le mauvais œil.

L’arianisme en terre germanique

Les origines de l’arianisme germanique sont essentiellement à mettre au crédit d’un certain Wulfila. Petit-fils de chrétiens cappadociens enlevés par les Goths -installés dès le IIIe siècle sur les bords de la mer Noire- et de Germains, Wulfila avait été élevé dans la culture et la langue grecque autant que germanique. Cette double connaissance en faisait un ambassadeur tout désigné. C’est ainsi que Wulfila fut envoyé à Constantinople où, outre l’empereur Constance, il allait entrer en contact avec les autorités ecclésiales…
Arius

alors fortement influencée par l’arianisme. Ordonné en 341, Wulfila va faire sienne la doctrine d’Arius et, de retour chez les Goths, faire montre d’une intense activité missionnaire… avec succès.
L’absence de supports intellectuels aurait pu être fatal à l’œuvre de Wulfila. Mais, poussés par les Huns, les Wisigoths et les Ostrogoths vont rapidement s’installés en Illyrie, entrant alors en contact avec des prêtres et des évêques ariens. L’assise doctrinaire établie, l’arianisme va désormais se répandre parmi les autres peuples barbares. Seuls les Francs, encore trop éloignés géographiquement, seront épargnés.

Sainte Brigitte, déesse de la fécondité

Sainte Brigitte, d'après une iconographie du XIXe siècle.
Sainte Brigitte, d’après une iconographie du XIXe siècle.

Paradoxalement, c’est grâce au christianisme que le paganisme celte a perduré si longtemps, plus longtemps que partout ailleurs. Certes, cela est en grande partie dû aux Scriptoria, ces compilations de l’histoire et des mythologies que les moines irlandais se sont astreints à rédiger. Mais la volonté de l’Eglise irlandaise de faire œuvre de conservation n’explique pas tout. En réalité, l’Irlande ne sera chrétienne qu’en surface et cela durant des siècles. Saint Patrick et ses successeurs auront beau y mettre toute leur énergie, le paganisme va demeurer vivant, bien vivant. Pire, il va même imprégner la religion chrétienne…
Rien à voir avec ce qui s’était déroulé en Gaule où, pour faciliter la christianisation des âmes, moines et prêtres vont passer par une christianisation des lieux. Des églises avaient été élevées sur d’anciens lieux de culte païen ; d’autres étaient devenus des lieux de pèlerinages, pour peu qu’on y ait enterré une relique de saint… Le paganisme ne survivra pas en Gaule, absorbé par le christianisme. De loin, l’histoire semble bien se répéter en Irlande. Pourtant, il n’en est rien.
C’est presque l’inverse d’ailleurs, comme si le paganisme avait, pendant un temps, tenté d’absorbé le christianisme, pour finir par s’accommoder de lui. Un des meilleurs exemples de ce phénomène, assez unique, apparaît avec le culte de sainte Brigitte.
Birgid ou Brigit était à l’origine une déesse celte, protectrice des animaux, des récoltes, déesse de la fécondité… et de la mort. Une double vocation qu’elle partageait avec ses sœurs, à moins que celles-ci soient en fait une autre facette de la déesse. Trois déesses pour trois visages d’une même divinité. De la même façon, l’opposition dans les attributs de Brigit n’est qu’apparente, la mort et la fécondité étant souvent associées dans les mythologies, qu’elles soient celte ou grecque. Fille de Dagda, le « dieu bon », membre des Tuatha de Danan, c’est-à-dire du monde souterrain, de l’Autre monde, Brigit ne disparaît pas avec l’apparition du christianisme. Bien au contraire. Elle aurait pu devenir sainte, c’est-à-dire voir son personnage « sanctifié » ; mais dans l’esprit des Irlandais du Moyen Âge et au moins jusqu’au XIIe siècle, la déesse est la sainte. Elle a un double statu, comme ci, dans ce cas précis, christianisme et paganisme avaient réussi une sorte « d’union sacrée ». Ce n’est ni une transformation, ni un détournement mais une conversion de la déesse en sainte nationale. Une sainte qui, d’ailleurs, conserve les mêmes attributs. De fait, Kildare, haut lieu du culte rendu à Brigit, devient un lieu de pèlerinage et voit l’érection d’un double monastère, le premier d’Irlande. Et là, comme au temps du paganisme, on entretiendra le feu éternel de la déesse-sainte… jusqu’au XVIe siècle.

Le monde des Enfers

Essayer de comprendre comment les Grecs voyaient les Enfers conduit, tout à fait logiquement, à comprendre comment ils percevaient la mort et la vie même. Cette vision n’a cependant rien d’immuable et de dogmatique : au fil du temps, la perception de la mort et des Enfers a évolué jusqu’à acquérir, à l’époque platonicienne, l’idée d’un jugement en fonction de l’honnêteté de la vie. Une vision, au final, assez proche de celle des chrétiens donc.
A l’origine, cependant, du moins à l’époque homérique, les Enfers ne font qu’un ; on peut alors parler de l’Enfer. C’est l’Erèbe, littéralement l’Obscurité, qui est une sorte de lieu sombre et brumeux où réside tous les morts, sans distinction et quel qu’ait été leur vie ; un lieu dont on ne s’échappe pas et d’où procède toute vie.
Certes, le Tartare existe déjà chez Homère mais il n’a en fait rien à voir avec les Enfers : il n’est pas soumis à Hadès et sert de prison aux dieux réprouvés et aux héros bannis. Le commun, quant à lui, se regroupe indistinctement dans les profondeurs de la Terre. L’inhumation explique cette croyance et l’idée du retour à la Terre-mère, la Terre nourricière explique la pratique. Le religion grecque archaïque ressemble en cela à toutes les mythologies indo-européennes originelles qui ont une perception cyclique de la vie… et donc de la mort.
Les Enfers sont donc souterrains. Et le séjour des morts, s’il n’a rien de particulièrement violent, se résout à une existence pâle, décolorée, sans consistance. Sans corps, bien sûr, sans force, les âmes des morts errent sans but, ayant perdu jusqu’à leur conscience. La mort est alors une véritable mort de l’âme en même temps que du corps. Ombres du défunt, elles n’ont conservé que l’apparence du corps, et sont impalpables, échappant à l’étreinte des vivants. Comparées à une fumée, à un songe, les âmes des morts n’ont plus de voix et ne produisent qu’un sifflement. Pourquoi voudraient-elles parler, d’ailleurs, n’ayant plus ni sentiment ni conscience… Le fait qu’Homère compare les âmes défuntes aux songes n’est pas anodin : les divinités chtoniennes ou leurs monstres peuplent fréquemment les rêves, annonçant la mort. C’est d’ailleurs aussi le cas des fées médiévales, comme Mélusine, qui sont annonciatrices ou vecteurs de mort…
Le conception homérique des Enfers perdurera jusqu’à la fin du VIIe siècle. L’apparition de l’orphisme -et d’autres cultes à mystères comme le culte dionysiaque ou éleusien- ne bouleverse pas uniquement la théogonie traditionnelle mais également la vision des Enfers. L’âme devient alors immortelle, une idée qui, si elle n’est pas niée par Homère, n’est nullement affirmée. L’orphisme, au contraire, en fait un socle, comme il affirme la supériorité de l’âme sur le corps qui devient « le tombeau de l’âme ». Le but est alors de s’affranchir de ce corps, ce qui n’a rien d’évident car, selon la mythologie orphique, l’âme a fauté, ce qui explique que l’âme soit prisonnière d’un corps –humain ou animal. L’orphisme seul permet de sortir de ce cercle immuable, un cercle né à la suite d’une faute commise par l’homme-âme et qui le bannit définitivement du monde des dieux. Quelle est cette faute ? Les textes ne sont guère explicites mais il paraît difficile de ne pas faire un parallèle avec le péché originel rapporté par la Bible.
La conception orphique de la mort et des Enfers implique également l’idée d’un jugement de l’âme. Prononcé par Hadès ou Perséphone, ce jugement dépend avant tout de l’implication du mort dans les mystères orphiques. Les profanes n’ont droit qu’aux ténèbres et à la boue et sont même condamnés à puiser sans cesse de l’eau. Le supplice de Tantale n’est pas loin… Quant aux criminels, ils sont rejetés au fond du Tartare où ils subissent les pires tourments. Déjà, donc, le Tartare n’est plus réservé aux seuls dieux. Et ce n’est pas le seul lieu qu’ils doivent partager : les initiés de l’orphisme sont accueillis dans l’Elysée souterrain, la demeure des êtres purs et des dieux. Puis, lorsqu’ils ont enfin achevé le cycle de leurs réincarnation, c’est, selon Pindare, la félicité suprême qui les attend dans les îles Fortunées. Heureux les adeptes de l’orphisme et ceux des mystères dionysiaques et éleusiens ; heureux les initiés qui sont « purs », « saints », quant le profane paye, de toute façon, son incroyance. Malgré tout, il faut voir dans ces religions à mystères l’apparition d’une croyance en une sanction morale selon la vie du défunt. Une sanction qui apparaît très clairement à l’époque classique. Mais alors les juges des Enfers ne sont plus Hadès ou Perséphone mais Zeus ou, dans l’Apologie de Platon, ses fils : Minos, Rhadamante et Hermès. Un dépossession complète du rôle d’Hadès en faveur de Zeus qui ressemble presque à une « monothéisation »…