Lulli, père de l’opéra français

Arrivé en France dès treize ans, le jeune Jean-Baptiste Lulli entre au service de Mademoiselle de Montpensier où il passe rapidement maître dans l’art de jouer du violon et de fomenter des intrigues. Admis dans l’entourage de Louis XIV pour ses talents de danseur et d’acteur comique, il devient chef de la « bande des petits violons » et se met à composer quelques ballets.
Associé à Molière, pour lequel il écrit plusieurs comédies-ballets, il devient surintendant de la musique en 1661. Commence alors, pour Lulli, une autre carrière, plus ambitieuse, plus prolifique. Dédaignant l’influence italienne, Lulli se lance avec un vif succès dans l’art lyrique.
Directeur de l’Académie royale de musique (1672), il crée des dizaines d’opéras dont les plus connus, Cadmus et Hermione, Alceste, Thésée ou bien Acis et Galatée, assurent son triomphe. Devenu immensément riche, Lulli ne se contente pas des honneurs musicaux… et obtient la charge de conseiller puis de secrétaire du roi.
Celui qui est considéré comme le créateur de l’opéra français meurt à Paris, le 22 mars 1687.

Angkor, la cité des dieux

Vue d'Angkor Vat (gravure du XIXe siècle).
Vue d’Angkor Vat (gravure du XIXe siècle).

Fondée en 802 de notre ère par Jayavarman II, Angkor était, dès son origine, destinée à être un grand centre religieux, dédié au culte du dieu-roi : construite sur un plateau au nord d’Angkor, elle se résumait alors à un temple intégré dans la montagne. C’est Yaçodharapura qui, à la fin du IXe siècle décida le déplacement de la cité impériale sur l’actuel site d’Angkor. Autour de la cité commença alors à s’élever une succession de monuments admirables : le petit temple de Banter Srei, le temple-montagne de Baphuon, le temple vinshnuite d’Angkor Vat et le site bouddhique d’Angkor Thom. Si ce dernier ensemble est tout à fait remarquable, rien n’éclipse la beauté majestueuse des ruines d’Angkor Vat… au point que ce temple est considéré comme l’œuvre des dieux eux-mêmes.
Détail du palais d'Angkor Vat (gravure du XIXe siècle).
Détail du palais d’Angkor Vat (gravure du XIXe siècle).

Ainsi, une légende raconte qu’Angkor Vat fut construite par Preah Ket Mealea, fils du dieu Indra, le roi des dieux, et d’une humaine. Un jour Preah Ket Mealea s’en va visiter son père au Paradis. Là, il est si émerveillé par la beauté des constructions, qu’il ne peut se résoudre à quitter le séjour des dieux.
-Je te donne le royaume du Cambodge, lui dit son père. Si tu as vu ici un monument que tu veux reproduire, dis-le. Il sera construit dans ton royaume.
Le jeune prince hésite. Il aurait voulu posséder un palais aussi beau que celui d’Indra, mais il craint de mécontenter son père par ses prétentions. Alors, il demande au dieu Indra la permission de faire bâtir sur terre une réplique du monument le plus humble du Paradis : l’étable à bœufs du roi des dieux. Ce sera Angkor.

De l’art roman aux cathédrales

Abbaye de Fontevrault où sera, notamment, enterrée Aliénor d'Aquitaine.
Abbaye de Fontevrault où sera, notamment, enterrée Aliénor d’Aquitaine.

On vit reconstruire des églises dans presque tout l’univers, mais surtout en Italie et en Gaule. On le faisait même quand cela n’était pas nécessaire, chaque communauté chrétienne se piquant d’émulation pour édifier des sanctuaires plus somptueux que ceux de ses voisins. On eût dit que le monde secouait ses haillons pour se parer d’une robe blanche d’églises.
Ainsi parle, au milieu du XIe siècle, vers l’an 1048, Raoul Glaber le moine bourguignon de Cluny, qui est conscient d’assister à un événement important : la naissance de ce que, des siècles et des siècles plus tard, un archéologue normand, Charles de Gerville, appellera « l’art roman ».
Qu’est-ce que cet art roman, auquel, semble-t-il, il ne manque qu’un iota pour être romain ? Définition officielle : « art de la construction et du décor que connut l’Occident au temps des premiers Capétiens, pendant les XIe et XIIe siècles ». Ensuite, c’est « l’art gothique ».
L’art roman est méditerranéen et monastique ; l’art gothique est nordique (s’entend : nord de la Loire…) : c’est celui de la plupart des grandes cathédrales et des constructions élevées du XIIIe siècle à la Renaissance. Différence ? Bach et Beethoven. À Chartres, Amiens, Bourges, Notre-Dame de Paris, cela vibre, bouge, palpite, monte, étincelle. À Saint-Benoît-sur-Loire, Saint-Étienne-de-Nevers, Paray-le-Monial, Fontevraud, Vézelay, cela médite, veille, s’immobilise, se calme, prie.
Cet art roman qui définit et signe les débuts de la civilisation européenne, comment est-il né ?
Dans l’Empire romain finissant, tout monument était une basilique : une salle rectangulaire, avec des rangées de colonnes latérales (ce qui a donné la nef centrale et les nefs latérales) et, à une des extrémités, un hémicycle (c’est l’abside). Ces basiliques romaines étaient aussi bien temples païens, tribunaux, premières églises chrétiennes…

Viennent les Barbares qui envahissent le monde romain, s’y infiltrent, s’y installent… et, bien sûr, s’y convertissent. Sur les ruines du vieil empire, après maintes péripéties au fil de quelques siècles, naît un nouveau et fort puissant empire : l’Empire carolingien. Consciemment, celui-ci veut renouer avec la tradition romaine : au IXe siècle, c’est la Renaissance carolingienne, aux amples églises qui sont évidemment d’exactes basiliques. Avec des innovations, par exemple, des tours encastrées dans la façade, que l’art gothique retrouvera avec enthousiasme.
Puis viennent les Normands en France et les Hongrois (ou Magyars) en Italie du Nord. Incendies, pillages, destructions : tout est rasé, les villes disparaissent, le monde européen redevient agricole et quasi préhistorique. Les seules communautés survivantes sont les communautés monastiques. Les Normands assimilés et les Magyars refoulés, voici le temps, comme après toute guerre totale, de la reconstruction.
Il n’y a plus beaucoup de maçons dans cette Europe ravagée du XIe siècle ; les seuls ateliers capables de faire face à l’afflux de commandes sont les ateliers des maçons lombards de l’Italie du Nord, dont la filiation remonte d’ailleurs souvent jusqu’à l’antiquité. Ils vont circuler en France du Midi et remonter le long de la vallée du Rhône jusqu’en Bourgogne et même atteindre la Rhénanie. Ils donnent à ce premier âge roman une forte unité de style : une grande simplicité de plan, souvent des murs à deux étages superposés de colonnades, clocher bas, pierres grossièrement concassées ou taillées et surtout charpente de bois.
Les chroniques de l’époque sont pleines de récits d’incendies détruisant ces églises, qu’il faut perpétuellement reconstruire et qui sont perpétuellement à la merci des flammes dévastatrices. Ainsi naît l’idée, à la fin du XIe siècle, de remplacer le bois par la pierre « pour protéger l’édifice du feu et pour rendre sa structure plus parfaite ».
Le second âge roman est né.
Difficilement. Car se pose alors un problème technique complexe : une charpente de bois est droite ; des pierres ne peuvent être posées qu’en voûte, appuyée sur des arcs ou berceaux. Mais cette voûte pèse lourd et « pousse » obliquement : les arcs en plein cintre, c’est-à-dire en demi cercle, ont la poussée la plus forte, cette poussée est réduite quand l’arc est « brisé » au milieu parfois aussi, la voûte est divisée en plusieurs coupoles juxtaposées. L’architecture romane est le résultat de la lutte opiniâtre sans cesse recommencée des maçons d’il y a mille ans contre la « poussée » de voûtes de pierre. Il y a eu des échecs : ainsi les moines de Cluny voulurent une église de la même longueur que celle de Saint-Pierre, dans l’ambition d’être une « seconde Rome », soit 130 mètres. Et la voûte fut élevée à 128 mètres. Elle s’écroula en 1125.
Mais, quand on parle d’art roman, on privilégie trop fortement ces contraintes techniques qui ont eu certes leur importance. L’essentiel pourtant est-il là ? Car l’art roman n’est pas qu’architecture : il est aussi, il est surtout, sculpture.
Au premier âge roman, c’est la peinture murale qui est encore l’élément décoratif essentiel. Il reste de rares témoignages comme le chœur peint de l’église de Vicq, en Berry, ou Brinay, dans le Cher. Mais sous les voûtes de pierre aux murs percés de rares fenêtres, la lumière se fait pénombre et la peinture est remplacée par la sculpture.
Ces sculptures sont à l’intérieur de l’église, mais surtout à l’entrée : le grand portail sculpté est une invention absolument originale de l’art roman, dont on ne voit l’origine ni dans l’antiquité ni dans l’art barbare. La maladresse sublime des sculptures se fond dans une composition qui est, elle, au contraire, d’une fermeté très élaborée.
Saints de pierre aux plis raides, Vierges à l’enfant hiératiques, êtres humains aux yeux d’angoisse aveugle, monstres du tourment métaphysique cachés à l’ombre d’une sombre colonne, rois à jamais figés, maigres Christs de bois aux dorures que le temps écaille…

Talma : l’amour du théâtre

François-Joseph Talma (1763-1826) est le tragédien qui aura dominé toute la fin du XVIIIe siècle. Il fait ses débuts à la Comédie-Française dans Mahomet de Voltaire, mais c’est en créant, en 1789, Charles IX de Chénier qu’il accède à la célébrité. La pièce, critique du règne de Charles IX, est d’abord interdite. Puis, imposée par le régime révolutionnaire, elle obtient un grand succès. Peu après, Talma, quitte la Comédie-Française et fonde son propre théâtre où il joue surtout des œuvres de Shakespeare. En 1799, il revient à la Comédie-Française et joue les premiers rôles de Corneille, s’assurant, par son immense talent, la protection et les faveurs de Napoléon. À sa mort, le 19 octobre 1826, Talma a profondément réformé le théâtre, proposant une diction et des costumes qui tendent vers le naturel, ainsi qu’un jeu de scène plus véridique.

Le poète Regnard perdu par… les femmes

Jean-François Regnard (1655-1709).
Jean-François Regnard (1655-1709).

Écrivain et auteur dramatique, Jean-François Regnard (1655-1709), mène une vie des plus aventureuses avant de se consacrer à l’écriture.
Le 4 octobre 1678, alors qu’il rejoint Marseille, son bateau est capturé par des pirates algériens. Racheté par un seigneur de la ville, il devient son chef cuisinier. Grâce à ses manières et à ses dons culinaires, il voit alors s’ouvrir les portes du harem. Mais, rapidement découvert, Regnard n’a d’autre choix que de se convertir à l’islam s’il veut garder la vie sauve. Il est prêt à le faire quand le consul français intervient et le rachète. De retour en France, Regnard entreprend un voyage en Laponie, puis s’adonne à l’écriture, annonçant, dans des pièces légères, le style de Marivaux.

Andreï Roublev : la main de l’Esprit

La Trinité d'Andreï Roublev.
La Trinité d’Andreï Roublev.

On ne sait presque rien de la vie du plus grand peintre d’icônes russe. Presque rien si ce n’est son nom, Andreï Roublev, et son statu, moine. Elève de Théophne le Grec, religieux au couvent de la Trinité-Saint-Serge de Zagorsk, il est, sans conteste, l’auteur des plus belles icônes russes. Auteur, avec Théophane le Grec, de l’iconostase de l’Annonciation, à Moscou, d’un saint Jean-Baptiste, d’un saint Paul, d’un saint Pierre et d’une Annonciation à Valdimir, il semble avoir atteint la perfection avec son œuvre la plus fameuse : la Trinité de Zagorsk. De fait, on ne suit Roublev qu’à travers ses œuvres. La date même de sa mort, 1430, est suivie d’un point d’interrogation. C’est qu’Andreï Roublev, canonisé par l’Eglise orthodoxe, n’a jamais été que l’instrument de Dieu, la main de l’Esprit… comme tous les peintres d’icônes. Cet anonymat, ce retrait volontaire n’a rien d’une fausse modestie. Elle est commune à tous les peintres d’icônes depuis que cet art existe. Elle explique également qu’ils ne signent jamais leurs œuvres, le style particulièrement abouti de certains –comme Roublev- permettant seul de les identifier.
De fait, l’art iconographique, qui est né sans doute dès le Ier siècle et certainement au IIe siècle après J.-C., n’est pas une simple œuvre d’art, pas plus qu’une représentation d’un personnage biblique, d’un épisode de la vie du Christ ou des saints. L’art de l’icône est une prière, un reflet presque incarné, issu, pour les premiers d’entre eux, du Mandelion d’Edesse, qui serait le linge ayant reproduit, par le geste de sainte Véronique, le visage du Christ. On comprend dès lors que les icônes, malgré les artistes différents, soient toutes, et plus particulièrement les icônes du Christ, calquées sur le même modèle. Les règles très précises régissant cet art permettraient donc de reproduire au plus juste l’image que le Christ aurait lui-même donné aux hommes.
Ces « images » saintes vont devenir l’objet d’un véritable culte, un peu comme celui que l’on a pu rendre aux reliques… Et c’est suite à un engouement excessif pour ces icônes, en raison d’un culte exagéré qui leur fut rendu que naîtra le mouvement réactionnaire des iconoclastes (aux VIIIe-IXe siècles).
L’art des icônes s’en remettra, on le sait, et perdurera dans tous les pays de tradition orthodoxe ou chrétienne orientale. En Russie, il se développera parallèlement à l’expansion de la Foi. Apparu au Xe siècle, il se répandra essentiellement aux XIIe-XIIIe siècles, avant de reculer devant les invasions tartares de la fin du XIIIe siècle. C’est de Novgorod, refuge des peintres iconographes, puis de Moscou, que l’art des icônes renaîtra, reprendra son essor, abondant dans les églises de ces deux cités. Andreï Roublev participera de cet essor, contribuera, ô combien, au renouveau des icônes russes plus que tout autre.

Adam de la Halle, le Bossu d’Arras

Un trouvère au Moyen Âge (d'après une tapisserie médiévale).
Un trouvère au Moyen Âge (d’après une tapisserie médiévale).

Si son surnom de Bossu d’Arras est rien moins qu’attentionné, Adam de la Halle apparaît comme l’un des poètes les plus originaux du XIIIe siècle.
De sa vie, seuls quelques détails nous sont connus. On sait qu’il naquit en Artois, vraisemblablement à Arras, entre 1240 et 1250. Son nom de famille était Le Bossu, mais son père, bourgeois aisé, fut surnommé "de la Halle" pour des raisons inconnues. Un nom qui allait entrer dans l’histoire.
Très tôt, Adam devait s’adonner à la poésie. Et sans doute y acquit-il une petite célébrité puisque d’autres auteurs, comme Jean Brétel ou Baude Fastoul, le citent. Obligé de quitter Arras à la suite de conflits municipaux, Adam de la Halle composa, vers 1276-1280, un "Congé" où il célèbre son attachement à la cité tout en pestant contre elle :
"Arras, Arras, ville de haine et de perfidie, qui jadis était toute noblesse…"
De retour dans le cité picarde vers 1274, il compose, deux ans plus tard, son "Jeu de la Feuillé", évoquant aussi bien la folie que la feuillée où le chevalier tente de séduire la bergère. Surtout, ce morceau est la première pièce de théâtre en langue française. Une pièce où l’auteur mêle la vie d’Arras, la satire traditionnelle et la parodie de genres littéraires célébrés à l’époque (chansons, romans arthuriens). Moderne sur bien des points, cette pièce, amère, demeure ambiguë sur bien des points. Mais, certainement, elle est inclassable et passe pour le chef-d’œuvre d’Adam de la Halle.
Scène de représentation de troubadours dans un château (gravure du XIXe siècle).
Scène de représentation de troubadours dans un château (gravure du XIXe siècle).

Devenu maître ès arts, le poète arrageois entre, vers 1280, au service de Robert II d’Artois, neveu de saint Louis, puis se rend à la cour napolitaine de Charles d’Anjou. Cette cour est alors la plus cultivée d’Europe et, malgré les tensions politiques (Vêpres siciliennes, abandon de la Sicile au profit de l’Aragon), Adam dut s’y trouver parfaitement à l’aise. C’est d’ailleurs lors de ce séjour qu’il fait représenter sa seconde pièce, le Jeu de Robin et Marion. D’autres œuvres marqueront le parcours du poète mais des œuvres plus courtes, des chansons, des rondets, des jeux-partis. L’histoire ne dit pas clairement quand et où décéda Adam de la Halle mais on suppose que c’est vers 1288 et sans doute dans les Pouilles qu’il mourut. A moins, et c’est une autre hypothèse, qu’il ait auparavant regagner Arras où ses dernières œuvres seront jouer.

La Confrérie de la Passion

Dès le XIIe siècle, la littérature s’empare des scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament, les adapte en langue vulgaire pour être jouées sur le parvis des églises.
Véritable moyen d’enseignement de la religion, ces Mystères acquièrent une réelle reconnaissance, quand, en 1402, la Confrérie de la Passion se forme. C’est la première naissance du théâtre. Cependant, le langage parfois grossier conduit le Parlement de Paris à interdire les Mystères en 1548.
La Confrérie de la Passion subsiste pourtant jusqu’en 1677, date à laquelle elle tombe en défaveur auprès des Parisiens, las du ridicule des pièces profanes auxquelles s’étaient essayés les confrères. Le théâtre est alors en pleine découverte du classique et les thèmes de l’Antiquité prennent le pas sur les farces et les Mystères.

La renaissance de la mosaïque

>Le Christ, d'après une mosaïque de style byzantin.
Le Christ, d’après une mosaïque de style byzantin.

Jusqu’à la naissance de l’art chrétien, la mosaïque n’est qu’une simple technique décorative qui permet de recopier des tableaux dans un matériau peu fragile, afin de décorer pergolas et tombeaux de l’Antiquité. Ce sont les Byzantins qui en font un art.
Constantinople ayant été complètement saccagée par une grande révolte en 532, Justinien fait somptueusement reconstruire sa capitale mais, au VIIIe siècle, les iconoclastes, opposés aux « images » qualifiées d’idoles païennes, enlèvent à Sainte-Sophie et aux autres églises de Constantinople toute la décoration figurative et, notamment, toutes les mosaïques.
C’est à Ravenne qu’elles subsistent, redonnant une image exacte et superbe de ce qu’était le premier âge de la mosaïque byzantine. L’impératrice-régente Théodora, veuve de l’empereur Théophile et mère de Michel III l’Ivrogne, rétablit le culte des images le 11 mars 843, date devenue depuis celle de la « fête de l’orthodoxie ».
Les édifices religieux de la capitale byzantine se revêtent à nouveau de représentations du Christ, de la Vierge et des saints, représentations liturgiques plus que décoratives. Les œuvres de cette deuxième naissance de la mosaïque ont un intense rayonnement mystique qui donne à l’art byzantin un statut de référence dans tout l’art liturgique.

Gustave Courbet ou l’art réaliste

Le Hamac de Gustave Courbet (détail).
Le Hamac de Gustave Courbet (détail).

On peut trouver de nombreuses significations au mot "réaliste" : la désignation d’un style pictural mais également celle d’une façon de vivre son art. Et il semble bien que Gustave Courbet ait passé maître dans les deux matières.
Fils d’un riche propriétaire terrien, Gustave Courbet ne connaîtra jamais les affres des peintres maudits, la solitude, la faim, bref, tout ce qui fait la "légende" des grands peintres. Pas plus qu’il ne se présentera comme supérieur à ses prédécesseurs, à ses maîtres en peintures. De fait, c’est en copiant les anciens maîtres que Gustave Courbet assurera sa formation : Rembrandt, Hals, Velasquez : tels sont les noms des "professeurs" particuliers de l’artiste. Sans qu’il y trouve à redire ; sans qu’il se sente nécessairement en décalage avec ces maîtres reconnus. De fait, ceux sont eux qui le formeront et qui, au final, inspireront cet art particulier que l’on nommera "réalisme".
Devenu chef de cette nouvelle école après un Salon en 1850, Courbet va certes devenir la bête noire de quelques notables académiciens, mais sans que cela le touche outre mesure. De fait, le soutien de critiques tels que Champfleury ou Baudelaire, de mécènes comme le duc de Morny permettra à Courbet toutes les audaces, toutes les indifférences. Car il est toujours plus aisé de se placer au-dessus de tout mercantilisme lorsque l’on possède de la fortune, des soutiens, bref, lorsque l’on n’a pas besoin de vivre, tout simplement… Outre l’aspect artistique en lui-même -un aspect que l’on ne saurait nier-, c’est cela aussi le réalisme de Gustave Courbet.