Le supplice de Semblançay

Vous avez beau être le meilleur homme du monde et le plus honnête, note un chroniqueur anonyme, toutes ces vertus ne vous mettent guère à l’abri de la vindicte. Jacques de Beaune, seigneur de Semblançay a servi avec loyauté trois rois successifs, Charles VIII, Louis XII et François 1er. Surintendant des finances depuis 1518, il déploie toute son énergie pour assainir l’économie du pays. Rude besogne car il fallait, surtout sous le règne de François 1er, pourvoir à la fois aux exigences des guerres d’Italie et aux dépenses excessives de la cour. Un tel dévouement va précipiter sa ruine. Durant sa régence, la très rapace Louise de Savoie, ennemie déclarée de Semblançay, détourne l’argent destiné aux troupes du Milanais et accuse de ce forfait le malheureux surintendant.

Le «Sultan juste»

Louis Desaix de Veygoux (1768-1800).
Louis Desaix de Veygoux (1768-1800).

La bataille est perdue ; mais il n’est que 15h00, il reste encore le temps d’en gagner une, déclare Desaix au moment où Bonaparte lui demande d’évaluer la désastreuse situation de Marengo.

Peu après, le général Desaix, à la tête de sa demi-brigade, fonce droit sur les Autrichiens.

Il franchit avec elle le pli de terrain qui la dérobait à la vue des Autrichiens et se révèle, brusquement, à eux par une décharge de mousqueterie exécutée à bout portant. Les Autrichiens répondent et Desaix tombe aussitôt, percé d’une balle dans la poitrine.

Desaix demande que l’on dissimule sa mort, afin de ne pas ébranler ses hommes, mais ils l’ont vu tomber «et ses soldats, comme ceux de Turenne, demandent à grands cris de venger leur chef». La 9e brigade mérite bien, ce jour-là, le nom d’incomparable, comme l’était son chef, Louis Desaix de Veygoux, né le 17 août 1768, dans le Puy-de-Dôme.

Alexandre Dumas et la naissance du roman populaire

Qu’est-ce que l’histoire ? Un clou auquel j’accroche mes romans.
Alexandre Dumas se définit lui-même par ses mots : il n’est ni un historien, ni un érudit, seulement un « scénariste de l’histoire ». Par sa maitrise des mots et les personnages inoubliables qu’il campe, il fait rêver, depuis un siècle et demi, des générations de Français.
Né à Villers-Cotterets en 1802, le fils du général Davy de la Pailleterie Dumas, acquiert la notoriété en 1829 avec Henri III et sa cour. Mais, c’est grâce au Comte de Monte-Cristo en 1844, suivi de la trilogie des Trois Mousquetaires (1844), de Vingt Ans après (1845) et enfin du Vicomte de Bragelonne (1848-1850), qu’il devient le maître du roman populaire. Prenant pour toile de fond l’histoire de France, il fait revivre, par son style alerte, les guerres de religion, le Paris de la Restauration ou les derniers jours de la monarchie.
Auteur fécond, Alexandre Dumas meurt à Puys, en 1870, laissant à la postérité les plus belles pages du roman populaire historique. 

La révolution selon Jan Hus

Jan Hus (1371 ?-1415).
Jan Hus (1371 ?-1415).

Quand Jan Hus commence ses prédications à Prague, l’Église traverse, avec le Grand schisme, une des périodes les plus bouleversées de son histoire. Deux papes se font face, l’un à Avignon, l’autre à Rome et les évêques et les rois doivent prendre parti pour l’un ou l’autre…
La période du Grand schisme, qui va de 1378 à 1417, sera l’occasion de nombreuses prises de position contre la hiérarchie ecclésiale.

Marie Tudor, la reine sanglante

>Sceau de Marie Tudor et de Philippe d'Espagne.
Sceau de Marie Tudor et de Philippe d’Espagne.

Fille d’Henri VIII (1509-1547) et de Catherine d’Aragon, sa première femme, Marie Tudor passe son enfance en exil, très loin des attaques d’Anne Boleyn qui la déteste. Écartée du trône à la mort de son père, Marie y accède enfin, en 1553, à la mort de son jeune frère Édouard VI.
Catholique intransigeante, elle fait rétablir ce culte et expulser les prêtres mariés. Contre l’avis du Parlement, elle épouse Philippe d’Espagne, le fils de Charles-Quint, ce qui donne lieu à de violentes révoltes de la part du peuple : les rebelles sont exécutés et sa sœur Élisabeth est enfermée à la Tour de Londres.
Mais la reine, devenue fanatique et violente, rétablit, en 1555, la loi contre l’hérésie et des centaines de protestants sont envoyés au bûcher. À sa mort, le 17 novembre 1558, l’impopularité de la souveraine, surnommée « Bloody Mary » ou « Marie la Sanglante », est à son comble.

Odon, “leader” de Cluny

Abbaye de Cluny (conservée au cabinet des estampes de la BNF).
Abbaye de Cluny (conservée au cabinet des estampes de la BNF).

Parce qu’il était le fils d’un leudes -seigneur- du comte d’Anjou, Odon, engagé dans la vie ecclésiastique, devait se retrouver, fort jeune, chanoine d’un puissant et très rentable centre religieux : Saint-Martin de Tours. Mais Odon était avide de vie parfaite. En 909, il décida donc de rejoindre l’abbaye de Baume avec, à sa tête, l’abbé Bernon, fondateur de Cluny. D’abord chargé de l’école abbatiale de Baume, Odon devint abbé de Cluny à la mort de Bernon, en 927 et c’est à lui que le monastère doit son premier et décisif essor.
L’exemple de l’ardente vie monastique menée à Cluny faisant école, Odon fut chargé, dès 929, de réformer Romainmôtier, dans le Jura. Suivront ensuite Charlieu, en 930, Saint-Géraud d’Aurillac, Saint-Martial de Limoges, Saint-Martin de Tulle, Saint-Pierre-le-Vif de Sens et Fleury. En 931, un privilège du pape Jean XI l’autorisa à placer sous son autorité les monastères réformés : Cluny devenait alors un des principaux alliés de la papauté dans son combat pour le redressement de l’Eglise. Odon se rendra en Italie à trois reprises (936, 938 et 942) et servira même de médiateur dans les luttes qui agitaient les factions à Rome. De fait, il prouvait, s’il était besoin, l’immense influence que Cluny détenait déjà. Il en profita d’ailleurs pour introduire la réforme clunisienne dans différents monastères italiens, initiant le rayonnement européen de l’abbaye fondée par Bernon.

Suffren, héros de la Royale

Pierre de Suffren Saint-Tropez a profondément marqué de son empreinte personnelle l’histoire navale française. Au XVIIIe siècle, la marine connaît un renouveau exceptionnel et Suffren profitera pleinement de l’impulsion donnée par Stainville, Praslin, de Castries (1744-1788) mais aussi par Louis XVI (1754-1793) passionné par ce qu’il appelait joliment ses « chères affaires maritimes ».

Néron, l’empereur fou

Qui était Néron ? Un fou, un poète, un mégalomane, un assassin ? Sans doute fut-il tout cela, en effet. Mais, tels les « princes noirs » de la Renaissance, Néron était aussi un bâtisseur, un pacificateur, un politique qui, conclusion logique à l’instauration de l’Empire, voulait parvenir à la « monarchie absolue ».
Dernier empereur de la dynastie des Julio-Claudiens, Lucius Domitius Ahenobarbus est le fils unique de Cneius Domitius Ahenobarbus, consul ordinaire issu d’une ancienne branche de la gens Domitia, et de la célèbre Agrippine la Jeune, sœur de l’empereur Caligula. Un tel patrimoine génétique ne pouvait conduire qu’au pouvoir… et à la folie !

Pilâtre de Rozier, l’aventurier du ciel

Jean-François Pilâtre de Rozier (1754-1785).
Jean-François Pilâtre de Rozier (1754-1785).

Chimiste et homme de lettres, Jean-François Pilâtre de Rozier est aussi un des premiers aventuriers du ciel.
Après de nombreux exploits à bord d’une montgolfière, Pilâtre de Rozier va construire une « aéro-montgolfière » composée de deux ballons, l’un étant rempli d’hydrogène et l’autre gonflé par la chaleur.
Le 15 juin 1785, en compagnie du physicien Romain, Pilâtre de Rozier tente la traversée de la Manche.
À 7h05, l’engin s’élève mais, à peine a-t-il atteint les cinq cents mètres de hauteur, que le ballon d’hydrogène se dégonfle et retombe sur la mongolfière : la machine entière prend feu et explose, ne laissant aucun survivant.

Sénèque : mort d’un stoïcien

Portrait de Lucius Sénèque (v. 4 av.J.-C.-65 ap.J.-C.).
Portrait de Lucius Sénèque (v. 4 av.J.-C.-65 ap.J.-C.).

Après la mort, il n’y a rien et la mort elle-même n’est rien, écrit Sénèque.
Accusé de conspiration contre Néron, Lucius Sénèque est condamné à mort le 12 avril 65 et invité à se suicider. Il s’ouvre les veines mais, constatant que son sang, glacé par l’âge, s’écoule trop lentement, se fait plonger dans un bain chaud. Plus de trois cents personnes issues des plus illustres familles de Rome ont pris part à la conspiration.
Né à Cordoue, en 4 av. J.-C., Lucius Sénèque est élevé à Rome où il étudie l’éloquence puis la philosophie qu’il abandonne très vite pour entrer dans la vie active. Rhéteur puis avocat, il devient questeur et s’enrichit de façon scandaleuse tout en prêchant une philosophie stoïcienne. Éxilé en Corse de 41 à 49, il est rappelé à Rome par la  seconde épouse de l’empereur Claude, Agrippine, pour assurer l’éducation de Néron. Durant des années, Sénèque joue le rôle de premier ministre et de confident auprès de Néron et, après le meurtre d’Agrippine, alors qu’il est en disgrâce, Sénèque a l’imprudence de demeurer auprès de son disciple qui finit par ordonner sa mort.