Fondation de l’École normale supérieure

À l’instigation de Jospeh Lakanal (1762-1845), la Convention fonde, le 10 octobre 1794, l’École normale supérieure. Mais les temps sont difficiles et huit mois plus tard, l’École ferme ses portes.
Reprenant cette idée, Napoléon Ier ordonne la réouverture de l’École. Le décret du 17 mars 1808 définit ses statuts : l’École normale doit former gratuitement des professeurs de lettres et de sciences. Considérée comme un foyer d’agitation libérale, elle est à nouveau fermée en 1822. Et ce n’est qu’en 1830 qu’elle est définitivement rétablie. Depuis, l’École normale a formé de nombreux esprits allant de Pasteur à Péguy, de Blum à Pompidou.

À la pointe de l’épée

Un duel au XVIIe siècle.
Un duel au XVIIe siècle.

On croit souvent qu’un duel ne mettait en présence que deux hommes : l’offensé, ou du moins celui qui se considérait comme tel, et l’offenseur. Faux ! Les témoins des deux protagonistes en venaient eux aussi aux mains, ce qui explique la véritable hécatombe de gentilshommes au début du XVIIe siècle.
Le duel était à la mode. On se battait pour un oui ou pour un non ; un regard de travers… et le gant était jeté ! Et aucun édit n’y changeait rien…
Mais le cardinal de Richelieu publie, en 1626, un édit interdisant définitivement le duel. La noblesse proteste, crie au scandale… rien n’y fait !
C’est alors que le comte François de Montmorency-Bouteville, impénitent bretteur, décide de provoquer le cardinal et passe outre à l’édit royal : le 13 mai 1627, il se bat en duel avec le marquis de Beuvron. Un des témoins est tué. L’affaire s’envenime. Beuvron réussit à s’évader en Angleterre et Montmorency est arrêté.

Les réverbères de Paris

Les réverbères de Paris, d'après un dessin moderne.
Les réverbères de Paris, d’après un dessin moderne.

Un édit royal datant de 1465 avait déjà proclamé que chaque habitant devait placer une chandelle à sa fenêtre afin d’éclairer les rues de Paris. Mais ce n’est qu’en 1769 que l’éclairage de la capitale fut accordé, non à l’inventeur du réverbère, Bourgeois de Châteaublanc, mais à un financier, un certain Tourtille-Segrain.
Le 1er août 1769, Tourtille-Segrain commença l’exploitation de l’éclairage de Paris. Il devait la poursuivre durant quarante ans et l’étendre à d’autres grandes villes du royaume, pour son plus grand bénéfice. Tout avait été déjà défini et il n’y eut guère d’amélioration si ce n’est la décision de placer une lanterne à la fenêtre de chaque poste de police de quartier. Ce qui amena cette épigramme :
Le commissaire Balivernes,
Aux dépens de qui chacun rit,
N’a de brillant que sa lanterne
Et de terne que son esprit.

Arlequin à Paris

Quatre mois après avoir célébré leur union à l’église de Notre-Dame de Mézières, Charles IX et Élisabeth d’Autriche font leur entrée solennelle à Paris, en mars 1571, au son des fifres et des tambourins. Les habitants de la capitale, accourus en très grand nombre pour assister aux festivités, voient pour la première fois se produire une troupe de comédiens italiens. C’est Catherine de Médicis, la mère du roi, qui a pris l’initiative de faire venir à Paris ces comédiens qui ont enchanté son enfance. Surpris et amusés, les Parisiens s’émerveillent devant les pantomines grotesques de Pantalon et d’Arlequin, habillés de couleurs chatoyantes.

Les Janissaires : la légion des esclaves

Un Janissaire, d'après une gravure du XIXe siècle.
Un Janissaire, d’après une gravure du XIXe siècle.

De tous temps, les populations musulmanes se sont livrées à l’esclavage. Certes, pas à l’encontre des musulmans, la charia le leur interdisait, mais contre tous les non-musulmans, quels qu’ils soient. Et du XIVe au XVIIIe siècles, les peuples des Balkans vont payer un tribu particulièrement lourd, notamment à travers l’institution des Janissaires.
En 1334, le sultan ottoman Orkhan décide la création d’un nouveau corps d’infanterie, exclusivement composé d’enfants chrétiens, enlevés à leur famille et convertis de force. Prélevés parmi les populations grecque, roumaines, serbes, albanaises mais également russes et hongroises, à raison d’un enfant sur cinq par famille, les Janissaires vont devenir une arme de guerre redoutablement efficace, un corps d’élite. Fanatiquement disciplinés, ils auront un rôle décisif dans les combats en Europe, notamment à Varna et à Kossovo, en 1389. Comdamnés à combattre leurs propres frères, jamais les Janissaires ne se révolteront contre le pouvoir ottoman. Bien au contraire, ils acquirent des droits et certains d’entre eux atteindront même des postes relativement élevés.

À la pointe de l’épée

Duel mettant aux prises le duc de Montmorency, réputé comme le meilleur bretteur de son temps (gravure du XIXe siècle).
Duel mettant aux prises le duc de Montmorency, réputé comme le meilleur bretteur de son temps (gravure du XIXe siècle).

On croit souvent qu’un duel ne mettait en présence que deux hommes : l’offensé, ou du moins celui qui se considérait comme tel, et l’offenseur. Faux ! Les témoins des deux protagonistes en venaient eux aussi aux mains, ce qui explique la véritable hécatombe de gentilshommes au début du XVIIe siècle.
Le duel était à la mode. On se battait pour un oui ou pour un non ; un regard de travers… et le gant était jeté ! Et aucun édit n’y changeait rien…
Mais le cardinal de Richelieu publie, en 1626, un édit interdisant définitivement le duel. La noblesse proteste, crie au scandale… rien n’y fait !
C’est alors que le comte François de Montmorency-Bouteville, impénitent bretteur, décide de provoquer le cardinal et passe outre à l’édit royal : le 13 mai 1627, il se bat en duel avec le marquis de Beuvron. Un des témoins est tué. L’affaire s’envenime. Beuvron réussit à s’évader en Angleterre et Montmorency est arrêté.
La noblesse toute entière tente d’obtenir sa grâce… en vain ! Montmorency est condamné et marchera, la tête haute, vers le billot.
Cette sanction sera un véritable coup de semonce pour la noblesse et les duels régresseront tout au long du XVIIe et du XVIIIe siècles.

Abolition de la torture

Louis XVI (1754-1793)
La question est une invention merveilleuse et tout à fait sûre pour perdre un innocent à la complexion faible et sauver un coupable qui est né robuste, s’indigne La Bruyère au XVIIe siècle. Un siècle plus tard, en 1780, Louis XVI abolit l’usage de la question, euphémisme désignant alors la torture.
Introduite au XIIe siècle alors que l’Occident redécouvre le droit romain, la torture est la conséquence d’une procédure judiciaire complexe : tout suspect est innocent jusqu’à preuve du contraire. Les preuves indirectes et les témoignages sont utilisés avec la plus grande circonspection et seul est alors considéré comme preuve « entière », l’aveu.

La dynastie perdue des Romanov

Couronnement de Michel Fedorovitch (1596-1645), premier tsar de la dynastie Romanov.
Couronnement de Michel Fedorovitch (1596-1645), premier tsar de la dynastie Romanov.

Romanov. S’il est un nom associé à la Russie, c’est bien celui-ci. Pourtant, la dynastie proprement dite s’est éteinte en 1762 et cette dynastie si russe… ne l’était pas à l’origine.
C’est en effet en Lituanie que l’on retrouve la trace du berceau des Romanov. Andreï Ivanovitch Kobyla ou Kambila, fils d’un quelconque prince lituanien, est le premier ancêtre connu de la famille. C’est lui qui, au XIVe siècle, va trouver refuge en Russie. Le nom de Romanov n’existe pas encore : il apparaît avec Nikita Romanovitch, fils de Roman Iourévitch (mort en 1543). Romanovitch va devenir Romanov, tout simplement. Mais Nikita n’est pas un inconnu : sa sœur, Anastasia, avait épousé le tristement célèbre Ivan le Terrible et, après la mort du tsar, c’est à Nikita que sera confié l’éducation et la tutelle du nouveau tsar, Fédor Ier et de son frère, Dimitri. En 1598, la mort de Fédor puis de Dimitri, ultime représentant de la dynastie de Riourik, laisse un trône vacant. Pas pour longtemps cependant : Boris Godounov, chambellan d’Ivan IV et tuteur avec Nikita Romanov des fils du tsar, prend le pouvoir. Nikita était déjà mort, mais les espérances des Russes pouvaient se tourner vers son fils un brillant militaire doublé d’un habile diplomate : Fédor Nikititch Romanov. Il sera bien vite relégué dans un monastère et contraint à prendre l’habit sur ordre de Godounov.

Machu Pichu : la fin d’un empire

Vue de la cité de Machu Pichu.
Vue de la cité de Machu Pichu.

Lieu saint, relais économique, cœur de la stratégie de défense des souverains : Machu Pichu est tout cela à la fois. Elle est surtout une cité éphémère dont l’existence ne se prolonge guère au delà de 130 années. Une cité demeurée longtemps cachée du regard des hommes et qui doit sa redécouverte à l’historien américain Hiram Bingham.
Erigée en 1450 par l’Inca Pachacuti, Machu Pichu n’a rien d’une grande cité. Elle ne compte guère que 500 à 1000 personnes -ce qui est peu comparée à Cuzco qui, à la même époque, compte quelques 200 000 habitants- et n’a pas vocation à concurrencer la capitale inca. En fait, contrairement aux théories de Bingham, Machu Pichu était certainement destinée à protéger la capitale, Cuzco, en contrôlant la vallée où elle était dressée. De fait, la topographie même du lieu de construction de Machu Pichu exclue toute idée d’extension et confirme la volonté de l’Inca d’en faire un relais… ou un point de résistance. Coincée au fond de la vallée de l’Urubamba, dotée de jardins et d’exploitations en terrasse, Machu Pichu était indépendante économiquement et avait même vocation à servir de relais pour l’approvisionnement de la capitale.

Le pape Urbain VIII contre… le tabac.

Devant les méfaits graves infligés à la santé, les troubles dûs à la consommation excessive de cette substance diabolique, Urbain VIII est contraint d’avoir recours à la mesure la plus radicale en matière de religion : dans une bulle datée du 18 avril 1641, il excommunie ceux qui osent prendre du tabac dans le temple du Seigneur. Originaire du Nouveau Monde, cette plante fait son apparition en Europe au milieu du XVIe siècle et, très rapidement, elle fait de nombreux adeptes en Italie, en France et en Angleterre.