Le café en France

Le marquis de Lyonne, ministre des Affaires étrangères de Louis XIV, reçoit, le 19 novembre 1669, au palais de Versailles, l’ambassadeur ottoman et lui offre le café.
Peu connu à cette époque, le café, dont le nom turc kahwé vient de l’arabe qahwa, a d’abord été cultivé au sud-ouest de l’Éthiopie. Répandu dans le monde musulman dès le IXe siècle, il fait son apparition en Europe aux XVIe et XVIIe siècles.
Introduit en France en 1641, il est mis à la mode par l’ambassadeur turc et  l’Europe se met à raffoler du café.

Le jeune empire aztèque

Un guerrier aztèque.
Un guerrier aztèque.

Les Aztèques eux-mêmes prétendaient venir d’une île située au Nord-Ouest de la péninsule mexicaine : Aztlan. C’est de là qu’ils tiraient leur nom. Peuplade nahuas apparue entre le XIIe et le XIIIe siècles, les Aztèques font partie de ces peuplades qui succèdent à l’empire maya puis toltèque.  Les chichimèques, dont le nom signifie « barbares » et qui étaient également des nahuas, avaient installé leur capitale à Texcoco mais déjà, il apparaît qu’ils étaient présents à Mexico. La pyramide de Tenayuca, qui sera achevée par les Aztèques, offrait un panorama sur dix-neuf mètres et les sculptures de cent trente-huit serpents entouraient l’édifice.
Les peuples nahuas se partagent la vallée de Mexico et multiplient les nouvelles fondations de cités autant que les guerres. Les Aztèques, écrasés à la fin du XIIIe siècle, doivent quitter Chapultepec où ils s’étaient initialement installés et se réfugient dans les plaines marécageuses où ils fondent Tenochtitlan -actuelle Mexico. Le XVe siècle est, encore, un siècle de guerres de pouvoir et ce n’est que lorsque le souverain aztèque s’allie avec d’autres cités qu’il parvient à poser les bases de ce qui sera l’empire aztèque. Les guerriers de Tenochtitlan se rendent alors maîtres de la vallée de Mexico et étendent même leur domination vers des terres plus riches et plus prometteuses. Aux peuples soumis, ils se font verser un tribu, fait essentiellement de produits exotiques, comme des poteries Mixtèques ou les tissus du Tuxpan.

À l’ombre du dieu Bacchus

Lieux de vie et de rencontre, les tavernes parisiennes méritent que l’on raconte leur histoire. Des vendeurs « au pot » qui sillonnaient les rues, aux cabarets et hôtelleries de la fin de la monarchie, il y a là une petite histoire de Paris amusante et gaie, où l’on retrouve l’amour du vin qui caractérise les Français et qu’a su si bien décrire Robin Livio, un spécialiste averti des tavernes, des estaminets et des guinguettes.
Pendant de nombreux siècles, les gargotes, les buvettes, les caveaux et les « hostelleries » ne servaient qu’un vin médiocre, des bières fades ou quelques boissons qui ne brillaient guère par la délicatesse et la finesse de leur goût. Et ces débits de boisson mettront longtemps avant de se transformer en bonnes et belles auberges où le savoir-boire devient un art…

Ces « vipères » d’Iroquois

Un Iroquois (gravure ancienne).
Un Iroquois (gravure ancienne).

Mohawk, Oneida, Onondaga, Cayuga, Seneca et enfin Tuscarora. Ces noms ne vous disent rien ? Pourtant, ce sont ceux de la plus célèbre nation d’Indiens candiens : les Iroquois. L’Iroquois, ce farouche guerrier, cruel et hargneux ! L’Iroquois dont le nom –qui est en fait un surnom- signifie « langues de vipères » ! Charmant personnage, n’est-ce pas ? Pourtant, l’Iroquois est avant tout méconnu. La nation Iroquoise elle-même n’en est pas vraiment une…
Ce n’est qu’en 1570 que sera créée la Ligue des Cinq Nations –les Tuscarora ne rejoindront la Ligue qu’en 1712- afin de mettre un terme aux guerres intestines et d’opposer un front uni aux Hurons et, plus tard, aux Français. Gouvernée par un conseil de 50 sages –le sachem-, le Ligue des Cinq puis des Six Nations vaincra effectivement les Hurons, mais également les Pétuns, les Eriés ; elle repoussera les colons français et se perdra finalement dans le conflit indépendantiste américain. Pourtant, à l’origine, aucune des tribus iroquoises n’étaient foncièrement guerrières.
La chasse, la pèche, la cueillette, la culture du maïs, des haricots et des courge : voilà quelles étaient les préoccupations des ces hommes et de ces femmes.

La Renaissance et les femmes : le retour aux antiques

C’est en Italie, sous l’influence de Pétrarque et de Boccace, qui traduit Homère en latin, que naît le mouvement humaniste. Rapidement, une douzaine d’auteurs vont leur emboîter le pas et déclencher cet « engouement pour Platon », au point qu’en 1445 une académie est fondée à seule fin d’étudier ce philosophe. Et cette mode, cette redécouverte, dont tous les penseurs de la Renaissance vont se nourrir, va faire porter un regard nouveau sur la femme, ce qui est assez logique quand on sait la place des femmes dans la société antique. Aristote ne doutait-il pas qu’elles aient une âme ? Platon ne voyait-il pas en elle un être trop vil « pour être une partenaire de l’Amour », c’est-à-dire du sentiment, non de l’acte sexuel ? Mettre en valeur l’homme n’est certes pas une mauvaise chose, mais le mettre au-dessus de tout, comme le fait la pensée humaniste, conduit tout simplement à rabaisser la femme.

Les femmes aux temps des Lumières : art, sciences et littérature

Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné (1626-1696).
Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné (1626-1696).

Alors que l’on connaît les fameux salons pour leur préoccupation essentiellement politique, certains d’entre eux vont totalement les dédaigner préférant réserver toute leur attention aux arts… où l’on ne peut pas dire que les femmes eurent une place considérable.
Certes, on compte quelques exceptions, telles qu’Élisabeth-Claude Jacquet de la Guerre (v. 1660-1729), qualifiée par le Mercure galant de « merveille du XVIIe siècle », et qui s’illustre au clavecin au point d’attirer la bienveillance du roi lui-même ; comme Émilie d’Aubigny, dite la Maupin, et la Demoiselle Chantilly qui font leurs preuves dans le monde de l’opéra comique ; ou encore comme Madame Vigée-Lebrun, restée célèbre pour ses portraits de Marie-Antoinette et de ses enfants.

Les Hussites : de la Réforme à la révolution

Jan Hus (mort en 1415), d'après une gravure ancienne.
Jan Hus (mort en 1415), d’après une gravure ancienne.

Si Martin Luther fait généralement figure de fondateur du protestantisme, force est de constater que le moine allemand avait surtout puiser ses idées ou ses fameuses propositions sur les théories d’autres penseurs, d’autres réformateurs. Jan Hus est certainement le plus fameux d’entre eux et celui qui entraînera le plus de partisans résolus, voir violents.
La condamnation suivie de l’exécution, au cours du concile de Constance (1415), de Jan Hus allait engendrer un vaste mouvement protestataire en Bohème, d’où il était originaire et où il avait sévi. Mais un mouvement plus seulement réduit à la protestation religieuse, un mouvement qui va tourner au politique. Il serait d’ailleurs plus exact de parler de deux mouvements distincts, les Hussites se divisant, presque immédiatement après la mort de leur leader, en deux branches distinctes. Les utraquistes, nommés ainsi d’après le mot latin sub utraque specie -sous les deux espèces-, ou calixtins, en raison du calice qui était l’emblème de leur ralliement, avaient axés leur revendication sur l’aspect religieux et notamment sur la communion sous les deux espèces, ce qui en faisait des protestataires relativement modérés. Les Taborites -du nom de la ville de Tabor, près de laquelle Hus avait vécu en exil-, au contraire, vont se révéler, dès le début, nettement plus extrémistes, pour ne pas dire révolutionnaires.

« Passages à tabac »

Introduit en France par Jean Nicot sous François III, le tabac connaît son apogée au XVIIe siècle, où il est d’usage soit de le priser ou de le fumer. N’importe qui, à l’époque, pouvait en faire commerce et certains estaminets ne s’en privaient pas, permettant aussi aux amateurs de tabac de « perdre du tabac en fumée » dans leurs échoppes.
Cependant, ces lieux étant désormais investis par les brigands qui pillaient les fumeurs, un édit du 23 juin 1629 interdit la vente de tabac, sauf par les épiciers qui pouvaient ainsi étendre leur activité à celle de « fumoir ».

La roue de torture

La justice, de tout temps, a utilisé diverses formes de supplices pour châtier les criminels. Au Moyen Âge, l’exposition au pilori, le fouet, la mutilation d’une oreille ou d’une main ou encore la pendaison, qui était la plus courante, étaient les peines corporelles généralement appliquées. Quelques exceptions apparaissaient pourtant : si la pendaison était bonne pour le roturier, le noble, lui, se faisait décapiter ; il y avait aussi des écartèlements, des « bouillures », réservées aux faux-monnayeurs ; quant aux récidivistes, aux empoisonneurs ou aux hérétiques, ils montaient au bûcher.

Les Incas : une civilisation trompeuse

Bas-relief représentant le condor des Incas.
Bas-relief représentant le condor des Incas.

Inconsciemment, lorsque l’on utilise le terme de "civilisation", on sous-entend la longueur autant que la profondeur. La longueur du temps, la profondeur de l’empreinte. Pourtant, il est une "civilisation" dont on fait grand cas et qui ne présente aucune de ses deux caractéristiques ; une civilisation qui fait l’admiration des Occidentaux ; une civilisation qui, clairement, ne mérite pas ce nom : celle des Incas.
Le terme même d’Inca, qui signifie "fils du soleil", désignait à l’origine la seule personne du souverain du peuple quechua, avant de s’appliquer à tout son peuple puis à tous ceux que les Incas devaient soumettre en Amérique du Sud. De fait, si l’empire inca n’apparaît guère qu’au XVe siècle, l’Etat originel lui-même n’est guère plus ancien puisque son apparition ne date que du XIIIe siècle… de notre ère bien entendu. Avant cela, plusieurs civilisations, auxquelles les érudits n’ont jamais daigné donner un statut autre que celui de "culture", s’étaient succédées : la culture de Chavin, celle de Michica, celle de Tiahuanaco (vers 600) en sont quelques exemples. Des civilisations qui verront l’avènement, au XIIIe siècle, du premier Inca Manco Capac, qui allait établir ses Etats autour de Cuzco et initier une dynastie qui mettra tout de même deux siècles et demi à véritablement exploser. De fait, la fondation et l’extension de ce que l’on nomme l’empire inca -qui, à son apogée, atteindra les 4000 km de long, allant de Quito à Valparaiso- sera aussi rapide qu’éphémère. Un empire qui sera notamment le fait de trois hommes -les 9e, 10e et 11e incas-, Pachacutec, Tupac Yupanqui et Huayna Capac ; un empire qui sera placé sous le signe de l’architecture et de la divinisation de l’Inca. De fait, les Incas se révéleront incapables de produire une "civilisation" artistique de quelque ordre que ce soit, leur intelligence et leur énergie étant uniquement tourné vers l’édification de forteresses ou vers la construction de routes. Point d’art, quel qu’il soit ; pas même pour honorer celui qui avait troqué la couronne royale pour le costume divin.