Francisco Pizarre à Cusco

Ancien combattant des guerres d’Italie, l’Espagnol Francisco Pizarre (1475-1541) part à la conquête du Pérou. Parvenu à San Mateo, en Équateur, en 1531, Pizarre pénètre dans l’Empire des Incas. Au terme d’une équipée fantastique, il entre triomphalement à Cusco, le 15 novembre 1533.
Cusco, qui signifie le « nombril du monde », est la prestigieuse capitale des Incas, mais l’arrivée de Pizarre la rabaisse alors au rang de simple ville conquise. Mettant à profit les guerres intestines qui déchirent les indigènes, l’Espagnol et cent cinquante cavaliers conquièrent définitivement le Pérou. Mais la gloire de Pizarre est de courte durée et il est assassiné en 1541 au cours des affrontements qui opposent les conquistadores entre eux.

Du pirate au corsaire

Des pirates prêts à l'attaque, d'après un tableau moderne.
Des pirates prêts à l’attaque, d’après un tableau moderne.

La piraterie est sans doute aussi vieille que la navigation et que les relations maritimes. De fait, il apparaît que dans l’Antiquité, elle était pratiquée presque systématiquement par tous les peuples côtiers de la Méditerranée et ni les Phéniciens ni les Grecs ne voyaient de différence notable entre le commerce et la piraterie. Elle trouvait même des justifications patriotiques dans les guerres endémiques qui opposaient les cités antiques, comme, au XVIIe siècle, le corsaire français trouvera dans la lutte avec l’Angleterre ou l’Espagne la justification à ses actions.
De fait, il faut bien attendre le XVIIe siècle pour voir une distinction entre le pirate et le corsaire. Pourtant, les razzias, les coups de main contre un village ou un navire étaient tout autant valorisés par leurs auteurs aux temps antiques ou au Moyen Âge comme une action plus politique que pécunière. La Méditerranée, sera le terrain privilégiée des pirates orientaux puis des musulmans, les fameux Barbaresques qui prolongeront sur la mer la lutte éternelle entre l’islam et la chrétienté ; la Baltique, quant à elle, demeurera aux mains des Vikings et c’est en partie pour lutter contre leurs actions que la ligue de la Hanse se formera au Xe siècle.

C’est la lutte finale…

Xerxès Ier (486-465 av. J.-C.).
Xerxès Ier (486-465 av. J.-C.).

Pour la seconde fois, les Perses tentent d’envahir la Grèce qui, cette fois, est unie face au danger. Après la sanglante -et si héroïque- défaite grecque aux Thermopyles, les Perses se sont emparés d’Athènes et du Pirée et préparent leur immense flotte à l’affrontement ultime. Nous sommes alors en 480 avant Jésus-Christ.
Après les Thermopyles, les Grecs avaient pris position au-delà du détroit de Salamine où, bloqués dans la baie, leur position semblait désespérée. Le bruit courait même chez les Perses que les Grecs allaient tenter de fuir durant la nuit. Alors les navires perses se précipitèrent dans le chenal.

Les Cabot : explorateurs de père en fils

Sébastien Cabot (vers 1480-1557).
Sébastien Cabot (vers 1480-1557).

Il faut reconnaître que Sébastien Cabot a de qui tenir. Son père, en effet, Giovanni Caboto, devenu John Cabot par la grâce de son bienfaiteur le roi d’Angleterre Henri VII, a déjà abordé les rivages américains lors de l’expédition de 1497. Mais on ignore le lieu précis du débarquement : est-ce le Labrador, Terre-Neuve ou l’île du Cap Breton ?
Un an plus tard, en 1498, John Cabot, toujours poussé par Henri VII, tenta une nouvelle fois d’ouvrir un chemin maritime, par l’ouest, vers l’Inde et la Chine et cette fois, on a la certitude qu’il atteignit le Labrador.
Le jeune Sébastien Cabot fut donc bercé dès son enfance par ces récits de découvertes et d’aventures où son père jouait un rôle de premier plan. Il passe son enfance à Bristol, une des plus grandes métropoles commerciales de l’Angleterre. Dans cette cité portuaire où se mêlaient marins et marchands venus des quatre coins du monde, le jeune Sébastien se prend de passion pour la mer et ses promesses illimitées de gloire et de richesse. Mais il ne se contente pas d’être un marin intrépide ; il poursuit également de solides études classiques : il apprend le grec et le latin, dévore les auteurs de l’Antiquité et surtout Hérodote, le premier et le plus grand reporter-historien de son temps (au Ve siècle avant J.-C.), découvre avec ardeur les récits des voyageurs arabes, notamment ceux de Massoudi,  l’auteur des Prairies d’or qui constitue la plus vaste compilation sur le monde au Xe siècle.

Portugal : naissance d’un nouvel empire maritime

Petit par la taille et grand par l’ambition : telle pourrait être la devise qui résume le mieux l’histoire du Portugal. C’est en effet ce petit pays, peuplé d’à peine un million d’habitants, qui va inaugurer, le premier et bien avant la très puissante Espagne, sa voisine et sa rivale, une ère nouvelle dans l’histoire de l’Europe et du monde. Un formidable défi accompli grâce à Henri le Navigateur et à quelques autres souverains portugais comme Alfonse V ou Joao II.

Cook : l’invitation au voyage

James Cook (1728-1779).
James Cook (1728-1779).

C’est sur la terre ferme que naquit James Cook en 1728. Fils d’un fermier du Yorkshire, il devient apprenti épicier avant d’apprendre le métier de marin avec des pécheurs de sa région. Dès lors, Cook ne devait plus voir sa vie que sur la mer. Il acquit, en autodidacte, des notions de mathématiques et d’astronomie et entra, en 1755, dans la marine royale anglaise. Tout en prenant part aux opérations navales dans les eaux canadiennes, Cook complète sa formation scientifique et se voit confier, entre 1763 et 1767, de lever les côtes de Terre-Neuve. Cette première mission fait office de ban d’essai et, à peine Cook a-t-il mener cette entreprise à bien qu’il se voit confier une nouvelle mission, autrement plus importante, plus motivante aussi. Trois fois de suite, en effet, le gouvernement britannique devait charger le marin d’accomplir un tour du monde. Le premier, de 1768 à 1771, avait pour but d’observer le passage de Vénus sur le soleil à Tahiti. Parti de Plymouth à bord de l’Endeavour, Cook séjourna sur l’île d’avril à juillet 1769 puis découvrit les îles de la Société, reconnut la Nouvelle-Zélande, redécouvrit le détroit de Torres et regagna l’Angleterre en juillet 1771. Le second voyage de Cook avait pour objet de résoudre le problème du continent austral, qui tourmentait depuis longtemps les géographes. Parti en juillet 1772 avec deux navires, la Resolution et l’Adventure, Cook et ses équipages devaient faire trois croisières antarctiques et acquérir la certitude de l’inexistence d’un grand continent austral.

Guillaume Penn fonde la Pennsylvanie

Guillaume Penn (1644-1718).
Guillaume Penn (1644-1718).

Né à Londres en 1644, Guillaume Penn devient, à l’âge de vingt-deux ans, un fervent adepte de la religion des amis, le quakerisme. Après quelques séjours à la Tour de Londres, Penn décide de quitter l’Angleterre. Il parcourt l’Allemagne et la Hollande en prêchant. En 1681, il revient à Londres et obtient, contre une créance de seize mille livres, une concession pour un territoire du Nouveau Monde. Sous son égide, cette terre, située à l’ouest de la Delaware, devient une colonie qui prend le nom de Pennsylvania.
Le 25 avril 1682, Guillaume Penn donne aux colons une constitution en vingt-quatre articles qui font de la Pennsylvanie l’un des premiers États démocratiques. Terre d’asile, ce pays devient le refuge des persécutés.

Gama ouvre l’Inde au monde

Vasco de Gama (vers 1469-1524) devant le roi de Calicutt (iconographie du XIXe siècle).
Vasco de Gama (vers 1469-1524) devant le roi de Calicutt (iconographie du XIXe siècle).

C’est Joao Ier et surtout son fils, Henri le Navigateur, qui sont à l’origine de l’extraordinaire expansion maritime du Portugal au XVe siècle. Fondateur d’un immense chantier naval, inspirateur d’une véritable « école » de géographes, Henri le Navigateur verra sous son règne la découverte de Madère, des Açores, du Cap-Vert, de la Guinée et du Sierra Leone. À sa mort, les caravelles portugaises approchent de l’équateur et longent la côte du Liberia actuel. L’impulsion est donnée et, à partir de 1460, l’exploration et le commerce sur les côtes de Guinée sont confiés à Fernao Gomes, qui a pour mission de découvrir chaque année près de cent lieues de littoral ! Grâce à l’expérience accumulée ainsi qu’aux progrès réalisés par les Portugais dans l’art de la navigation, Fernao Gomes avance progressivement vers le sud, tout en développant efficacement le commerce dans la région de la Guinée. Désirant détourner vers Lisbonne le courant des épices qui fait la fortune des Ottomans et des Vénitiens, Joao II fera explorer systématiquement les côtes de l’Afrique et rechercher les meilleures routes dans l’Atlantique Sud. C’est ainsi qu’en 1487, les navires de Bartolomé Diaz doublent le cap des Tempêtes, rebaptisé cap de Bonne-Espérance : l’océan Indien communique avec l’océan Atlantique et il est donc possible d’atteindre les Indes… en contournant l’Afrique.

Villegaignon au Brésil

Nicolas Durand de Villegaignon (1510-1571) atteint la baie de Rio de Janeiro le 10 novembre 1555, avec ses trois vaisseaux : l’expédition a pour but de chasser les Portugais du Brésil et de faire de ce pays la «France antarctique». Les pionniers français sont, en majorité, des « têtes brûlées » recrutées dans les prisons de Rouen ou de Paris et Villegaignon a toutes les peines du monde à se faire obéir. Abandonné par ses hommes, le chef de l’expédition se réfugie à Fort-Coligny puis à Henryville.
En réponse à ses appels au secours, l’amiral de Coligny envoie quelques protestants, espérant ainsi fonder une communauté réformée. Mais l’arrivée du contingent huguenot, en 1557, va compliquer encore plus la position de Villegaignon qui échoue à diriger la colonie.
De retour en France, il est attaqué aussi bien par les catholiques que par les protestants. À sa mort, en 1571, le Brésil est entièrement sous le contrôle des Portugais depuis 1560.

La Sardaigne, objet de toutes les convoitises

La mort de l'épouse de Bélisaire par Kinsoen (XIXe siècle).
La mort de l’épouse de Bélisaire par Kinsoen (XIXe siècle).

Habitée depuis le IIIe millénaire avant J.-C., la Sardaigne va entretenir très rapidement des relations avec ses voisins, plus ou moins proche, notamment avec l’Espagne. L’apogée de la civilisation du bronze, vers 1400-1500 avant J.-C., s’y manifeste par de nombreux monuments qui témoignent d’une intense vie religieuse. Très rapidement également, cette île allait être l’objet de toutes les convoitises : les Phéniciens y établissent trois comptoirs, les Phocéens un. C’est la coalition punico-étrusque qui, au VIe siècle avant J.-C., va rejeter l’influence phocéenne et placer la Sardaigne dans la mouvance carthaginoise. Dès 259 avant J.-C., les Romains commenceront à lorgner sur l’île qui, après la guerre des Mercenaires (238 avant J.-C.), fera partie, avec la Corse, de la deuxième province romaine, la Sicile étant la première. La pacification fut cependant bien difficile. Détachée de la Corse et érigée en province sénatoriale (Ier siècle de notre ère), elle devint province impériale et fut occupée par les légions, preuve, s’il en est, que, plus de deux siècles après sa conquête, la pacification n’était pas achevée. Séjour peu enviable en raison des fièvres qui y sévissaient, l’île devint un lieu de déportation où les condamnés étaient appelés à travailler dans les mines.