Grotius et le droit maritime

Commun à tous et n’étant propre à personne, tel est l’air qui nous environne et parce qu’il ne peut être occupé et parce qu’il se prête en com-mun à l’usage de tous. Pour les mêmes raisons… la mer est donc au nombre des choses qui ne sont point dans le commerce, c’est-à-dire qui ne peuvent devenir propriétés privées. La mer, étant insaisissable comme l’air, ne peut être ajoutée au domaine d’un peuple… Personne n’ignore qu’un navire qui traverse la mer n’y prend pas plus de droit qu’il n’y laisse de trace.

Les aventuriers du Tibet

Statue tibétaine de Jokhang.
Statue tibétaine de Jokhang.

Tout le monde, ou presque, a entendu parler du Tibet, cette région d’Asie centrale formée d’un vaste plateau, bordée par la Chine, l’Inde, le Bouthan et le Népal. Situé en moyenne à une altitude de 4500 mètres, le Tibet apparaît comme la première marche conduisant à l’Himalaya, le toit du monde… Pour beaucoup, le Tibet est la terre d’origine du dalaï-lama, symbole du bouddhisme ; pour d’autres, c’est également un pays martyr dont on connaît peu l’histoire, si ce n’est à travers quelques films ; pour tous cependant, le Tibet apparaît comme une terre fascinante, une terre presque inconnue…
À peine cité par Marco Polo dans le Livre des Merveilles, le Tibet est si reculé, si inaccessible, qu’il restera longtemps ignoré des explorateurs, à quelques exceptions près, et il faudra attendre le XVIIIe et surtout le XIXe siècle, pour qu’il retienne l’attention des plus téméraires d’entre eux.

Alger est tombée ce matin

Audiance donnée au Général Hulin par le Bey d’Alger (1802)

Depuis le XVIIe siècle, l’Algérie était gouvernée par des deys, assistés par une élite turque, qui devinrent rapidement les champions de la guerre de course en Méditerranée. À tel point d’ailleurs que, ne pouvant rien contre les pirates algériens, la plupart des puissance occidentales durent verser un tribut annuel pour assurer leur sécurité.
Pourtant, au début du XIXe siècle, la France, contrairement aux autres puissances européennes, entretient de bonnes relations commerciales avec le dey d’Alger. Mais, en 1827, à la suite d’une obscure affaire de créances dues par la France, le dey Hussein soufflette le consul de France !

Cartier… de la Chine au Canada

Portrait de Jacques Cartier (1491-1557).
Portrait de Jacques Cartier (1491-1557).

C’est vraisemblablement au large de Terre-Neuve que Jacques Cartier, marin déjà aguerri, conçoit son grand projet : comme tant d’autres avant lui, il rêve de trouver le fameux passage du Nord-Ouest, passage qui doit le conduire vers la Chine. Une route que tous les explorateurs tentent de trouver, avec une persévérance admirable, depuis des siècles et qui a déjà permis la découverte de l’Amérique.
François Ier, qui voit avec regret l’Espagne et le Portugal se partager le monopole des découvertes, agrée à son idée et c’est avec l’accord et les finances du roi que Cartier arme deux bâtiments en avril 1534. Après avoir longé Terre-Neuve et la côte ouest du nouveau continent, il pénètre dans ce qui lui paraît un bras de mer et qui se révèle être le Saint-Laurent. Il aborde à Gaspé : une croix, plantée en terre, indique la nouvelle possession du roi de France, possession à laquelle Cartier donne le nom de Canada, qui vient du mot iroquois « kanata », ce qui signifie « village ». Pourtant, ce ne sont pas les Iroquois que Cartier croise en premier sur sa route mais, vraisemblablement, les Hurons qui parlent une langue proche de l’iroquois.

Suffren, héros de la Royale

Pierre de Suffren Saint-Tropez a profondément marqué de son empreinte personnelle l’histoire navale française. Au XVIIIe siècle, la marine connaît un renouveau exceptionnel et Suffren profitera pleinement de l’impulsion donnée par Stainville, Praslin, de Castries (1744-1788) mais aussi par Louis XVI (1754-1793) passionné par ce qu’il appelait joliment ses « chères affaires maritimes ».

Le triste sort de La Bourdonnais

Bertrand-François Mahé de la Bourdonnais (1699-1753).
Bertrand-François Mahé de la Bourdonnais (1699-1753).

Entré dès l’âge de dix-neuf ans au service de la Compagnie des Indes, Bertrand Mahé de La Bourdonnais devient gouverneur des îles de France puis de Bourbon dès 1735. De là, il décide d’étendre l’influence française sur la Malaisie et les îles de la Sonde… mais la France ne le soutient pas. Loin d’être rebuté, La Bourdonnais constitue une escadre à ses frais et s’attaque aux forces navales anglaises croisant en Inde : il les écrase à Negapattinam et s’empare de Madras. Aux termes de cette capitulation, Madras devait être rendue contre une rançon de dix millions : ce sera l’excuse qu’utilisera Dupleix, alors gouverneur général des colonies françaises en Inde, pour évincer son jeune rival. Après un voyage mouvementé, La Bourdonnais regagne la France où la cabale montée par Dupleix prend de plus en plus d’ampleur. Accusé d’avoir trahi les intérêts de la Compagnie des Indes, il tente de se défendre, en vain… Il est enfermé à la Bastille, sans même avoir été entendu. Deux ans plus tard, on décide de le faire comparaître. La Bourdonnais est acquitté mais il est trop tard : malade, il ne sort de prison que pour mourir de ses infirmités le 10 novembre 1753.

Cartier : la déception canadienne

Jacques Cartier (1491-1557).

On a dit de ce Malouin qu’il « a poussé et grandi dans une barque ». Cartier a, en 1534, quinze ans de voyages en haute mer derrière lui et surtout il a découvert les côtes de Terre-Neuve et d’Arcadie avec Verrazano, dix ans plus tôt. François Ier, qui espère découvrir le passage vers Cathay, c’est-à-dire la Chine, ne l’a pas choisi au hasard. Après une rapide traversée de vingt jours, Jacques Cartier parvient au détroit de Belle-Isle et découvre… le Canada.
Le 12 juin 1534, Cartier rencontre les indigènes pour la première fois, des indiens Hurons qui serviront de guides au Français tout au long de ses trois voyages successifs. Le Canada est une terre pleine de promesses à en croire les Indiens.

Amerigo Vespucci, le voleur de gloire ?

Amerigo Vespucci (1454-1512), d'après une gravure ancienne.
Amerigo Vespucci (1454-1512), d’après une gravure ancienne.

Etrange destin que celui de ce marin florentin dont la renommée dépasse celle des plus grands et qui, pourtant, n’a jamais rien découvert. Et c’est bien ce qu’on lui reproche. Voleur de gloire, Amerigo ? Opportuniste ? Ou simple victime d’une querelle perpétuelle entre l’Espagne et le Portugal ?
Le fait est que Vespucci n’a pas découvert le continent qui porte son prénom. C’est clair pour tout le monde, du moins à l’époque, cette découverte est le fait de Christophe Colomb. Mais Colomb ne pensait-il pas aborder les rives des Indes ?
Fils d’un notaire, issu d’une famille riche et considérée, Amerigo Vespucci quitte Florence et se rend en Espagne où il devient commis puis » directeur » d’une grande maison de commerce, celle d’un Florentin, comme lui. Chef comptable, il assurera l’armement des navires de la troisième expédition de Colomb. Peut-être cette transaction et le fait qu’un de ses frères se soit embarqué dans l’aventure en Orient –il a établi un comptoir à Jérusalem- vont pousser Vespucci à désirer découvrir, par lui-même, ces terres lointaines. A-t-il aborder les côtes mêmes du nouveau continent avant Colomb (qui, rappelons-le, aborde, lors de ses premiers voyages, les Antilles) ?

Bataille navale d’Algésiras

La paix de Lunéville (9 février 1801) qui garantissait à la France la paix sur le continent vient d’être signée, quand la guerre maritime se déclenche avec l’Angleterre.
Par le blocus de Malte et l’isolement dans lequel l’Angleterre tient l’Égypte, elle prouve qu’elle est, sans conteste, maîtresse des océans. Pourtant, ces succès sont entachés par les incursions incessantes de la marine française en Méditerranée.

Aminoclès, un ingénieur de génie

Marins grecs appareillant.
Marins grecs appareillant.

Les exploits maritimes accomplis par les marins grecs furent fort nombreux : outre Ulysse et Pythéas, il faut aussi rendre hommage à d’autres intrépides explorateurs. Euthymènes, navigateur et astronome, est le premier à découvrir l’embouchure du Sénégal et à explorer les côtes de l’Afrique occidentale. Ctésias, contemporain de Xénophon (Ve siècle avant notre ère), astronome et médecin, visite l’Inde et la Perse et laisse un récit de voyage, le Myrobiblion, qui reste un modèle du genre. Quant à Néarque, l’amiral d’Alexandre (IVe siècle avant J.-C.), il accomplit une navigation périlleuse allant de l’embouchure de l’Indus à celle de l’Euphrate.
Tous ces exploits n’ont été possibles que grâce aux innovations -décisives et nombreuses- accomplies par les « ingénieurs » maritimes de la Grèce antique.
Déjà, les navires de la guerre de Troie, décrits par Homère, sont des vaisseaux peints en noir et avec une rangée de cinquante-deux rameurs. Les avirons passent par des estropes de cuir. Ils sont armés d’éperons de bronze.