Galilée : martyr de l’Inquisition ?

Galileo Galilei, Galilée en français (1564-1642).
Galileo Galilei, Galilée en français (1564-1642).

Décidément, certains mythes ont la vie dure. Allez savoir pourquoi, on brode à souhait et depuis des siècles, sur l’obscurantisme de l’Eglise toujours prête à rejeter la science. La preuve : n’est-ce pas l’Inquisition qui a condamné Galilée ? Et pourquoi, je vous le demande ! Parce qu’il disait que la terre était ronde ! Evidemment, devant de tels arguments, on ne peut que taxer l’Eglise d’avoir été rétrograde et Galilée fait presque figure de martyr. Mais voilà, jamais l’Eglise n’a récusé le fait que la terre soit ronde –ce n’était d’ailleurs pas, mais absolument pas le propos de Galilée- et le pseudo « martyr »  n’en était pas un.
Galileo Galilei –Galilée en français- attire tout jeune l’attention de ses maîtres de l’université de Pise par l’ampleur de ses connaissances et l’originalité de ses recherches. Découvreur à 19 ans, inventeur d’une balance hypostatique dans la foulée, il devient, en 1589, soit à 25 ans à peine, professeur de mathématiques à Pise puis obtient, trois ans plus tard, la chaire de mathématiques de l’université de Padoue. Une fonction qu’il occupera pas moins de dix-huit ans.
On ne sait pas trop à quel moment il tiendra pour vrai les théories de Copernic, mais il est à peu près certains qu’il le fait définitivement siennes après la découverte des quatre satellites de Jupiter (1610). Une découverte d’ailleurs obtenue grâce à une lunette astronomique de sa fabrication.

Hastings : le sauveur de l’Inde britannique

Portrait de Warren Hastings (1732-1818).
Portrait de Warren Hastings (1732-1818).

D’une ancienne famille tombée dans la pauvreté, Warren Hastings devait faire sa fortune et sa gloire dans les colonies. Entré en 1750 au service de la Compagnie des Indes, envoyé au Bengale sous l’autorité de Clive, il devait en être le gouverneur en 1772 avant de prendre le poste, de 1773 à 1785, de gouverneur général de l’Inde. Un poste qui fera de lui l’artisan majeur du redressement de l’Inde britannique.
De fait, lorsqu’il entre en fonction, Warren Hastings sait déjà tout des gaspillages, des concussions qui noyautent le pays. Il sait tout des manques à gagner aussi et sa première action sera de réformer le "diwani", c’est-à-dire l’administration de Finances, et de reprendre en main la perception de l’impôt. A la réforme de l’impôt, suivra rapidement celle de la justice civile avec l’installation d’une cour d’appel à Calcutta et la mise en place d’une véritable politique coloniale. Une colonisation qui sera troublée par les incursions françaises -dommage "colatéral" à la guerre d’Indépendance américaine- et par la résistance plus ou moins organisée de quelques seigneurs.

Un brillant météore nommé Raphaël

Quand Rafaello Sanzio arrive à Florence le 19 avril 1504, il n’est qu’un jeune peintre provincial doué mais inconnu. Pendant quatre longues années, Raphaël va peindre de ravissantes Madones. En 1508, il se rend à Rome où le pape Jules II cherche des artistes pour décorer ses nouveaux appartements. Les cartons de ce jeune peintre obscur vont enthousiasmer à ce point Jules II que celui-ci confie à Raphaël la totalité du travail. Il s’agit d’un ensemble gigantesque de fresques.

Catherine Howard ou Messaline à la cour d’Angleterre

Portrait de Catherine Howard (1522-1542).
Portrait de Catherine Howard (1522-1542).

On ne pourra pas dire qu’Henri VIII n’était pas prévenu ; pas plus que l’attitude de son épouse était imprévisible. Elevée chez une de ses tantes, Catherine Howard, nièce de Thomas Howard, troisième duc de Norfolk, connaîtra une jeunesse pour le moins libre, comptant parmi ses multiples amants son propre cousin, Thomas Culpeper. Et lorsque l’archevêque de Winchester, Stephen Gardiner, la présenta à Henri VIII, c’est certes avec l’idée bien précise et bien assise d’en faire la nouvelle passion du souverain. Une manœuvre qui réussira au delà des espoirs les plus fous de l’archevêque puisque le souverain n’hésita pas à répudier son épouse d’alors, Anne de Clèves, pour s’unir, d’abord secrètement, avec Catherine Howard. Elle devenait de fait la cinquième épouse du souverain… Elle ne sera pas la dernière. En effet, si Catherine Howard affichait volontiers ses mœurs libres, Henri VIII s’était déjà révélé pour le moins inconstant en amour. Anne Boleyn, la plus célèbre de ses épouses, avait remplacé Catherine d’Aragon, avant d’être poussée hors de la couche royale par Jane Seymour. Trois épouses, trois reines qui avaient chacune donné un enfant à Henri VIII. Trois épouses, trois reines qui, par leur destin tragique, annonçait la versatilité amoureuse du souverain. Quant au sort de la cinquième épouse, il sera tel qu’on pouvait s’y attendre de la part d’un roi tel qu’Henri VIII : accusé d’adultère, Catherine Howard sera exécutée en 1542, deux ans à peine après son mariage avec le Tudor. Une accusation sans doute vraie, mais certainement bien pratique et mise en avant par l’entourage du roi, heureux, une fois encore, de fermer les yeux ; heureux, une dernière fois, de convoler en justes noces…

Marat-Corday : victimes d’un idéal

La mort de Marat peinte par David.
La mort de Marat peinte par David.

Charlotte Corday, Jean-Paul Marat : deux noms liés pour l’éternité ; deux noms qui désignent l’assassin et sa victime ; deux noms qui illustrent admirablement le désarroi dans lequel la France révolutionnaire se trouve à l’aube de sa jeune existence. Car au final, Charlotte Corday, l’assassin, et Marat, la victime, sont tous deux à mettre au nombre des victimes du même idéal : celui de la Révolution.
Lorsque éclate la Révolution française, en 1789, Jean-Paul Marat a déjà largement fait œuvre d’esprit révolutionnaire. Il en est même un des inspirateurs. Ainsi, ce médecin installé depuis 1767 à Londres s’est déjà distingué en écrivant Philosophycal essay on Man (1773) et The Chains of Slavery -Les chaînes de l’esclavage- (1774) : deux titres pour le moins inspirés et engagés. Or l’engagement, c’est justement ce que recherche Marat qui postule à l’Académie des sciences -qui lui ferme ses portes- et qui entre en franc-maçonnerie. De fait, Marat aurait pu demeurer un scientifique exalté, porté à la discussion et à l’agression même si la Révolution n’avait décidé de s’inviter dans sa vie. De fait, les événements de 1789 allaient avoir le mérite, pour Marat, de combler son désir d’action, d’exalter son imagination. Dès septembre 1789, il fonde l’Ami du peuple, un journal dans lequel il combat sans relâche contre les compromissions, l’éventuel détournement de l’idéal révolutionnaire. Du moins de SON idéal.

Le cardinal de Polignac

Le cardinal Melchior de Polignac.
Le cardinal Melchior de Polignac.

Le cardinal, qui sur un nouveau ton,
En vers latins fait parler la sagesse,
Réunissant Virgile avec Platon,
Vengeur du ciel et vainqueur de Lucrèce.

Brillant diplomate, le fameux cardinal Melchior de Polignac (1661-1742) se distingue en évitant la rupture entre le Saint-Siège et la France sur la question du gallicanisme, en 1689. Malgré son échec dans la tentative de mettre sur le trône de Pologne le prince de Conti, il participe au traité d’Utrecht (1710).

Louis le Bien Aimé, si mal nommé

Louis XV en compagnie de Madame du Barry (iconographie du XIXe siècle).
Louis XV en compagnie de Madame du Barry (iconographie du XIXe siècle).

Longtemps on craindra pour la santé du petit roi, arrière-petit-fils du Roi-Soleil, souverain à 5 ans. La Régence, exercée par le duc d’Orléans puis par celui de Bourbon, s’achèvera en 1743, avec la mort du dernier des « régents » du roi, le cardinal de Fleury. Dire que le souverain n’avait guère la tête à la politique est une évidence ; il n’aimait pas cela et préférait de beaucoup ses plaisirs –nombreux- aux affaires de l’Etat. Son premier acte de roi sera donc de se trouver un remplaçant, en la personne de son ancien précepteur, Fleury. Modéré, ce dernier rétablira les finances, donnera un nouvel essor à l’économie et au commerce extérieur ; pacifique, il fera le stricte minimum pour assurer un soutien au beau-père du roi dans le conflit successoral polonais. La mort de Fleury, cependant, allait pousser le roi à s’adonner à la chose politique malgré lui, ce qu’il fera en instituant notamment le « secret du roi », sorte de cabinet parallèle et intime au sein duquel il prendra toutes les décisions importantes. Un cabinet dans lequel les favorites, et notamment Madame de Pompadour, auront la part belle. Car si Louis XV était loin d’être stupide, il était, par ailleurs, fort influençable, d’où une politique versatile.

Le siècle de Léon X

Le pape Léon X (1475-1521).
Le pape Léon X (1475-1521).

Jean de Médicis, troisième fils de Laurent le Magnifique, né en 1475, devient cardinal à douze ans et en 1513, il succède au pape Jules II, sous le nom de Léon X.
Mécène généreux, protecteur des arts et des lettres, il s’entoure des esprits les plus fins de son temps, tels Machiavel ou Sannazar et des artistes les plus illustres dont Michel-Ange et Raphaël. Grâce à lui, Rome devient la capitale de l’humanisme et de la Renaissance avec, pour couronner cette entreprise, l’édification de la nouvelle basilique Saint-Pierre.
Mais c’est aussi sous son pontificat que va naître et se développer l’hérésie protestante. En effet, afin d’achever la basilique Saint-Pierre de Rome, Léon X renouvelle les indulgences accordées par son prédécesseur. Ce sera le prétexte invoqué par Martin Luther pour entamer une «révolution religieuse» qui aboutira rapidement au protestantisme. Après des tentatives de conciliation, Léon X condamne les quatre-vingt-quinze propositions de Luther dans sa célèbre bulle Exsurge Domine et excommunie, en 1520, le moine saxon. À la fin de son pontificat, il se rapproche de Charles-Quint, seul rempart solide face à cette hérésie.
Estimé comme l’un des plus illustres pontifes du XVIe siècle, que l’on a aussi appelé le « siècle de Léon X », il meurt, le 1er décembre 1521, dans des circonstances jugées suspectes.

Law : le jeu de l’argent

Portrait de John Law (1671-1729).
Portrait de John Law (1671-1729).

Fils d’un orfèvre écossais de renom, John Law était un joueur avant d’être un financier. A la tête, très jeune, d’une fortune considérable, il fréquenta les milieux de l’agiotage et du jeu londonien avant qu’un duel malheureux le contraigne à s’exiler sur le continent. Passant d’Italie en France en passant par l’Allemagne, Law se mit dès lors à étudier les différents systèmes bancaires avant de se convertir à l’usage du papier-monnaie.
 Ayant échoué à convaincre du bien fondé de son système le gouvernement écossais, c’est à Paris qu’il devait finalement tenter son expérience. Recherché par les grands seigneurs en raison de sa réputation de joueur, il devint un intime du duc d’Orléans qui, en 1716, alors qu’il était devenu régent, l’autorisa à fonder une banque privée dont les billets devaient être admis par toutes les caisses privées. L’idée initiale de Law était une banque qui émettrait des billets dont la valeur serait représentée par des hypothèques sur propriétés privées. Pour établir la confiance, John Law promis alors de rembourser les billets de banque au cours originel, alors que la monnaie métallique variait constamment.

Les roses de Ronsard

Et rose elle a vécu ce que vivent les roses, l’espace d’un matin.
À la tête de la Pléiade, qui, au XVIe siècle, pose les bases en matière de littérature classique, Pierre de Ronsard (1524-1585) se consacre dès sa jeunesse à la poésie.
Poète champêtre et romantique, il devient aussi le poète officiel de la cour de Charles IX, en 1558. Mais la mort du roi met fin à sa carrière et Ronsard, souffrant de la goutte et d’une demi-surdité qui l’accable depuis son enfance, évoque alors dans sa poésie ses souffrances physiques et sa vision de la mort.
Le « prince des Poètes » meurt à Saint-Cosme le 27 décembre 1585. Sa poésie tombe alors dans l’oubli jusqu’au XIXe siècle, moment où les romantiques la redécouvrent et la ressucitent.