Anne, dernière duchesse de Bretagne

Anne, héritière de François II, duc de Bretagne, succède à son père à la tête du duché en 1488… elle a tout juste douze ans. Très vite, la petite duchesse saura rallier tout son peuple autour d’elle pour tenter de préserver l’indépendance du duché. Mais c’est peine perdue et, en 1492, après que la Bretagne ait été soumise, Anne doit finalement se marier avec le jeune roi de France, Charles VIII (1483-1498).

Saint-Just, l’archange de la Terreur

Louis-Antoine de Saint-Just (1767-1794), gravure du XIXe siècle.
Louis-Antoine de Saint-Just (1767-1794), gravure du XIXe siècle.

Ce qui constitue une République, c’est la destruction totale de ce qui lui est opposé, proclame Louis Antoine de Saint-Just (1767-1794) en ce 26 février 1794.
Saint-Just présente alors le rapport sur la « loi de ventôse » qui confisque les biens des suspects. La Terreur est déjà fort bien installée et cette loi, promulguée par « l’archange de la Terreur », ne fait que la renforcer.
Fils d’un capitaine de cavalerie, issu d’une famille de robins –gens de robe-, Louis-Antoine de Saint-Just, après des études chez les Oratoriens de Soissons, devient clerc de procureur puis reprend ses études à Reims. De fait, Saint-Just ne sait que faire de sa personne. Ses parents non plus d’ailleurs, qui le feront enfermer quelques mois pour avoir dérobé des objets appartenant à sa mère…
En 1789, il vient de publier une épopée soi-disant satirique mais, aux dires des spécialistes, certainement obscène –et laborieusement encore-, lorsque éclate la Révolution. Il a alors à peine 22 ans et s’est à corps perdu qu’il va s’y jeter.
Et dès ce moment, Louis-Antoine de Saint-Just va afficher très clairement son idéal : une République égalitaire formée par un peuple d’agriculteurs.

Wallenstein, le condottiere des Habsbourg

Albrecht Wallenstein (1583-1634).
Albrecht Wallenstein (1583-1634).

Il n’est pas donné à tous les militaires de voir leur nom et leur personne devenir le personnage central d’une pièce de théâtre. Et une trilogie en plus ! En effet, c’est en s’inspirant de la vie -pour le moins mouvementée- d’Albrecht von Wallenstein que Schiller écrira le drame éponyme.
Fils d’une famille noble de Waldstein, Wallenstein était né protestant mais, après un séjour estudiantin en Italie, il se convertit au catholicisme (1606). Un acte décisif -sans doute guidé par des motifs aussi bien religieux que politiques- qui allait le lier aux Habsbourg dont il sera un des chefs de guerre les plus talentueux, les plus décisifs au cours de la guerre politico-religieuse qu’est la guerre de Trente ans. Marié à une riche veuve, qui après cinq années de mariage devait décéder, il se trouva dès 1614 à la tête d’une fortune considérable. Ayant déjà servi l’empereur, il fut un des rares nobles -sans doute aidé par son indépendance financière- à soutenir les Habsbourg lors de la révolte de la Bohême, en 1618.  Il leva une armée à ses frais et combattit en Moravie. Pour le récompenser de sa fidélité, Ferdinand II augmentera encore la fortune du condottiere en lui offrant d’immenses domaines en Bohême. Prince d’empire en 1623, il se remaria avec la fille d’un personnage important de la cour et fut fait duc de Friedland en 1624.

Les colères d’Étienne Dolet

Etienne Dolet (1509-1546).
Etienne Dolet (1509-1546).

Sans doute l’un des plus brillants humanistes de son temps, à la fois poète, grammairien et traducteur d’œuvres grecques et latines. Mais aussi un intellectuel turbulent, impétueux, en rébellion contre toutes les autorités religieuses ou politiques. Une légende tenace -et sans fondement historique- fait d’Étienne Dolet un fils naturel de François 1er. Mais il est vrai que le roi interviendra à deux reprises pour le sauver de la prison et du bûcher. En 1542, il s’établit comme imprimeur à Lyon et lance de violentes attaques contre Rabelais, Marot et Érasme.

Catherine de Médicis ou Machiavel à la cour de France

Catherine de Médicis (1519-1589) d'après une gravure du XIXe siècle.
Catherine de Médicis (1519-1589) d’après une gravure du XIXe siècle.

Le peuple l’avait tellement en horreur et mauvaise opinion, rapporte le chroniqueur Lestoile à propos de Catherine de Médicis, que tout ce qui advenait de malencontreux lui était imputé.
Calculatrice, retors, empoisonneuse : tout, on aura tout reproché à cette Italienne, au point que sa légende noire, largement relayée par les historiens du XIXe siècle (au crédit tout relatif) et par les cinéastes du XXe. Pourtant, le personnage de Catherine de Médicis est bien moins tranché que cela ; il est même tout en nuance, même si, il faut bien le reconnaître, elle a fait de la politique de Machiavel une réalité.
Fille de Laurent II de Médicis, duc d’Urbin, et de Madeleine de la Tour d’Auvergne, Catherine, orpheline de père et de mère très jeune, va vivre les vicissitudes de la révolte florentine avant d’épouser, grâce à son oncle, le pape Clément VII, le second fils de François Ier, Henri d’Orléans. Nous sommes alors en 1533 : Catherine a quatorze ans ; comme Henri. Cultivée, aimant les arts, Catherine ne dépareille nullement à la cour de France mais son jeune époux est subjuguer par une dame de la cour, de dix-neuf ans plus âgée que lui : une certaine Diane de Poitiers. Jamais, Catherine ne réussira à détourner Henri de cette passion et si elle ne s’en réjouit pas, du moins fit-elle bonne figure, allant jusqu’à «  négocier » avec la dame d’Anet pour qu’Henri fasse son devoir de roi. Car depuis 1536, date à laquelle meurt le fils aîné de François Ier, Henri est dauphin. Et sa première tâche est d’assurer une descendance. Il faudra pas moins de dix ans pour qu’enfin naisse un premier enfant : en 1544 naît François, futur François II. Il aura pas moins de neuf frères et sœurs ! La succession au trône semble largement assurée… et pourtant : la mort d’Henri III, dernier fils de Catherine, verra un changement de dynastie.

Lucrèce Borgia : victime d’un mythe

Lucrèce Borgia (1480-1519).
Lucrèce Borgia (1480-1519).

Les enfants de ce siècle ont Satan pour nourrice
On berce en leurs berceaux les enfants et le vice… , écrivait Agrippa d’Aubigné.

Incestueuse et meurtrière, la belle Lucrèce Borgia a traversé les siècles avec une réputation sulfureuse. Une réputation entretenue avec ardeur par les historiens du XIXe siècle qui ne pouvaient laisser passer une telle possibilité de critiquer la papauté sur sa moralité. Quant à l’histoire, elle avait juste la touche de romanesque et de noirceur susceptible de satisfaire aux goûts très littéraires et bien peu scientifiques d’un plus grand nombre…
Fille du pape Alexandre VI Borgia, Lucrèce apparaît surtout comme la victime des manœuvres politiques de son père et de son frère, César.
D’abord mariée à Giovanni Sforza, elle voit son union annulée par son père qui la donne ensuite à Alphonse d’Aragon mais ce second époux est, peu après, assassiné par son frère, César Borgia.
Lucrèce semble irrémédiablement condamnée à subir ses terribles parents quand, en 1501, elle épouse Alphonse d’Este, le futur duc de Ferrare, qui la soustrait finalement aux manœuvres  machiavéliques de sa redoutable famille.
Mécène reconnue, la belle Lucrèce Borgia, duchesse de Ferrare, meurt en juin 1519, après avoir fait de sa cour l’un des plus intenses centres artistiques d’Europe.

Alberoni ou le rêve brisé de la Grande Espagne

Giulio Alberoni (1664-1752).
Giulio Alberoni (1664-1752).

C’est le duc de Vendôme qui, le premier, devait donner sa chance à Giulio Alberoni, un modeste italien, fils d’un pauvre jardinier. Et c’est en suivant le duc de Vendôme, qu’il alalit apparaître dans le paysage politique espagnol. Arrivé dans la péninsule en 1711, il obtient les faveurs de la princesse des Ursins qui le fit nommer agent du duc de Parme à Madrid en 1713. Nommé premier ministre d’Espagne en 1714, cardinal en 1717, il avait formé le projet -pour le moins ambitieux- de relever l’Espagne. Cela signifiait avant tout de lui redonner une stature internationale. Et pour ce faire, Alberoni ne vit d’autre solution que d’envahir la Sardaigne, violant ainsi la paix d’Utrecht. Le résultat ne se fait pas attendre : l’Espagne devait alors se trouvé face à la France, à l’Angleterre, à la Hollande et à l’Autriche, unies pour le maintient de la paix… et pour que l’Espagne ne redevienne pas une grande puissance. De fait, pendant près d’un siècle et demi, l’Espagne avait littéralement régné sur l’Europe et sur le monde -à travers ses colonies. On appelle généralement cette période, le Siècle d’or -avec une majuscule ! Un Siècle d’or qui cesse dès le règne de Philippe IV, laissant place, ensuite, aux revers, tant diplomatiques que militaires.

Un faux tsar nommé Pougatchev

En 1762, Pierre III, tsar de Russie, est renversé puis emprisonné à Robscha. Le septième jour de sa détention, il meurt âgé seulement de trente-quatre ans. Son corps, ramené à Saint-Pétersbourg, est exposé aux yeux du peuple. Malgré cette preuve publique, des imposteurs, originaires de multiples provinces, tentent de se faire passer pour le tsar défunt. Le plus célèbre d’entre eux est Pougatchev.

Cromwell, « l’expert religieux » d’Henri VIII

Thomas Cromwell (v. 1485-1540).
Thomas Cromwell (v. 1485-1540).

Avec un souverain tel qu’Henri VIII, l’ascension pouvait certes être rapide, mais la descente pouvait également s’avérer fatale au moindre écart. Thomas Cromwell, qui n’a aucun rapport avec Oliver et Richard Cromwell, les fameux lords protecteurs, en fera l’amère expérience.
Soldat puis marchand en Italie, bref, aventurier, cet homme de basse extraction va trouver la fortune au service de Wolsey, cardinal et homme politique chargé des Affaires étrangères sous Henri VIII. Une fortune qui va conduire Cromwell jusqu’au Parlement anglais –rien de moins- où il va s’autoproclamer expert en questions religieuses. Certes, la période s’y prêtait ; elle allait même devenir une qualité indispensable au point que Cromwell deviendra le principal conseiller du souverain sur ce problème. Sa formation ? Nulle. Son expérience ? Idem, à moins que l’on ne compte pour telle la confiscation des biens des monastères que Cromwell opérera au nom de la couronne… mais pour son propre compte.

Stanislas, le roi qui ne l’était pas

Stanislas II Poniatowski (1732-1798).
Stanislas II Poniatowski (1732-1798).

Depuis des années, la Pologne était l’objet de toutes les convoitises et, surtout, de toutes les prédations. On s’en emparait ; on se le partageait sans vergogne aucune. Stanislas Poniatowski, tout en étant le dernier des rois de Pologne, illustre à lui tout seul le destin polonais.
C’est au cours d’un voyage en Russie que, Stanislas Poniatowski, aristocrate bien né, va faire la connaissance de la future tsarine Catherine II. Nous sommes alors en 1755 et, au cours de ce séjour, Poniatowski devient l’amant de la princesse. C’est ce qui aller faire sa fortune et décider du sort de la Pologne pour les années à venir. Deux ans après cette première rencontre, Poniatowski est nommé ambassadeur de Pologne en Russie et, en 1764, après que Catherine II soit devenue tsarine, il est « élu » au trône de Pologne. Elu entre guillemets car il est bien évident que la main de Catherine II est toute entière dans cette élection. D’ailleurs, Poniatowski, devenu Stanislas II, acquit peut-être un trône mais certainement pas la liberté et l’indépendance. Une indépendance que la Russie, malgré tout l’amour que la tsarine avait pour son amant, ne lui accordera jamais.