Camille Desmoulins ou l’utopie vaincue

C’est à Guise, dans une famille bourgeoise, que naît Camille Desmoulins le 2 mars 1760. Bon élève, il est envoyé en 1771 à Paris, au collège Louis-le-Grand, où il fait la connaissance de Maximilien de Robespierre et de Georges Danton.
Licencié en droit, Desmoulins, qui est affligé d’un affreux bégaiement, s’éloigne de la carrière d’avocat pour embrasser celle de journaliste, où il brillera de tous ses feux… C’est avec Mirabeau qu’il fait ses débuts. La Révolution n’en est alors qu’à ses balbutiements mais Camille, enthousiasmé par les idées qu’elle véhicule, appelle le peuple aux armes et le conduit jusqu’à la Bastille.

La tragique histoire de lady Jeanne Grey

L'exécution de lady Jeanne, d'après une illustration du XIXe siècle.
L’exécution de lady Jeanne, d’après une illustration du XIXe siècle.

Belle, instruite, lady Jeanne Grey, arrière-petite-fille d’Henri VII, doit à l’ambition de sa famille de mourir à dix-sept ans.
La santé du jeune roi Édouard VI, fils unique d’Henri VIII, était vacillante depuis longtemps déjà et de nombreux seigneurs craignaient de voir lui succéder sa demi-sœur, Marie Tudor, catholique intransigeante. John Dudley, chef du parti protestant et beau-père de lady Jeanne, réussit à convaincre le roi mourant de désigner cette dernière comme héritière de la couronne et, le 6 juillet 1553, à la mort d’Édouard VI, Jeanne est effectivement proclamée reine d’Angleterre. Son règne durera treize jours : le 19 juillet, Marie Tudor réussit à faire reconnaître ses droits et à enfermer Jeanne et sa famille à la Tour de Londres. Et afin de mettre définitvement un terme à toute ambition de la pauvre lady Jeanne -qui n’en avait pas demandé tant-, l’ex-reine et son mari sont condamnés à mort et exécutés le 12 février 1554.

Ces « vipères » d’Iroquois

Un Iroquois (gravure ancienne).
Un Iroquois (gravure ancienne).

Mohawk, Oneida, Onondaga, Cayuga, Seneca et enfin Tuscarora. Ces noms ne vous disent rien ? Pourtant, ce sont ceux de la plus célèbre nation d’Indiens candiens : les Iroquois. L’Iroquois, ce farouche guerrier, cruel et hargneux ! L’Iroquois dont le nom –qui est en fait un surnom- signifie « langues de vipères » ! Charmant personnage, n’est-ce pas ? Pourtant, l’Iroquois est avant tout méconnu. La nation Iroquoise elle-même n’en est pas vraiment une…
Ce n’est qu’en 1570 que sera créée la Ligue des Cinq Nations –les Tuscarora ne rejoindront la Ligue qu’en 1712- afin de mettre un terme aux guerres intestines et d’opposer un front uni aux Hurons et, plus tard, aux Français. Gouvernée par un conseil de 50 sages –le sachem-, le Ligue des Cinq puis des Six Nations vaincra effectivement les Hurons, mais également les Pétuns, les Eriés ; elle repoussera les colons français et se perdra finalement dans le conflit indépendantiste américain. Pourtant, à l’origine, aucune des tribus iroquoises n’étaient foncièrement guerrières.
La chasse, la pèche, la cueillette, la culture du maïs, des haricots et des courge : voilà quelles étaient les préoccupations des ces hommes et de ces femmes.

Cromwell : la main de Dieu

Oliver Cromwell (1599-1658).
Oliver Cromwell (1599-1658).

L’histoire a fait d’Oliver Cromwell un régicide, l’homme qui a bien failli mettre définitivement un terme à la monarchie anglaise. Bref, elle a fait de lui un révolutionnaire "à la française" avant l’heure. Mais ce n’est pas le désir d’abattre la monarchie qui a animé l’action de Cromwell : c’est la religion.
Né dans une famille de gentilshommes campagnards, Oliver Cromwell fait ses études au Sussex College de Cambridge, foyer du puritanisme de l’époque. C’est là, qu’il se "convertit" au puritanisme. Un puritanisme qui va guider toute sa vie. Etabli à Ely, dans le comté de Cambridge, dès 1626, il siège au Parlement deux ans plus tard et devient député au Long et au Court parlement en 1640. Et c’est parce qu’il se place comme un adversaire des épiscopalistes, qu’il devient celui du pouvoir royal, le second soutenant le premier. La guerre civile qui devait se déclarer en 1642 sera, pour lui, une guerre religieuse avant tout. Il y prendra part, dès 1643, en créant le régiment de cavalerie des Ironsides, les Côtes de fer. Un régiment devenu célèbre par son fanatisme et sa discipline.

La bataille de la Montagne Blanche

À la mort de Matthias II, en 1619, l’Empire austro-hongrois est déchiré par la question religieuse.
L’archiduc Ferdinand de Habsbourg, son neveu, lui succède. Il se montre immédiatement très ferme en matière religieuse. Catholique intransigeant, il déclare qu’il préfère « régner sur un pays désert plutôt que sur des sujets hérétiques ». Selon lui, l’unité de la monarchie passe, tout d’abord, par le renforcement de la religion catholique sur tout le territoire autrichien. Ainsi admet-il le partage du pouvoir avec les Diètes locales, mais à la seule condition que leurs membres soient catholiques.

Les colères d’Étienne Dolet

Etienne Dolet (1509-1546).
Etienne Dolet (1509-1546).

Sans doute l’un des plus brillants humanistes de son temps, à la fois poète, grammairien et traducteur d’œuvres grecques et latines. Mais aussi un intellectuel turbulent, impétueux, en rébellion contre toutes les autorités religieuses ou politiques. Une légende tenace -et sans fondement historique- fait d’Étienne Dolet un fils naturel de François 1er. Mais il est vrai que le roi interviendra à deux reprises pour le sauver de la prison et du bûcher. En 1542, il s’établit comme imprimeur à Lyon et lance de violentes attaques contre Rabelais, Marot et Érasme.

« Opération coup de poing » en Valteline

Allégorie illustrant la soumission des Grisons.

À priori, rien ne paraît plus étranger à la France que la Valteline, vallée reculée des Alpes.
Les habitants de la Valteline, Italiens de langue et catholiques, vivaient sous la domination des Grisons, protestants de langue allemande, jusqu’à ce que les Valtelins se révoltent, en août 1620. Ils massacrent tous les Grisons qu’ils rencontrent et appellent à la rescousse les Espagnols, qui s’installent dans la vallée. Plus tard, bien que ces derniers, sur demande de la France, aient remis au pape les quatre forteresses qu’ils détenaient dans la vallée, il semble évident que le passage de la Valteline leur est assuré. Le petit pays devient alors une route fort fréquentée par les armées autrichiennes et espagnoles ; un lien qui unit les deux monarchies des Habsbourgs. Ce lien, Richelieu entend bien le couper.

La réforme ou la révolution

Louis XVI jeune (1754-1792), d'après une gravure du XIXe siècle.
Louis XVI jeune (1754-1792), d’après une gravure du XIXe siècle.

Seconde moitié du XVIIIe siècle. Louis XVI monte sur le trône. La France, vidée de son sang par les guerres du Roi-Soleil, plombée par les dépenses somptuaires de Louis XV, ruinée par les privilèges accordés à quelques-uns, entre dans une ère de nécessaire réforme. Et c’est bien ce que compte entreprendre le jeune souverain. Un roi de 20 ans à peine, mais un roi qui veut le bien de son peuple, de son royaume. Un qui est convaincu de l’absolue nécessité de supprimer ne serait-ce que quelques-uns des privilèges de la noblesse, du Parlement, des bourgeois. Un roi qui, malheureusement, n’a guère l’autorité nécessaire à son ambition…
De fait, Louis XVI va commencer son règne par une erreur majeure en rappelant les Parlements. Ceci fait, toute réforme sera impossible. Brisés par Louis XIV, exilés par Louis XV, les Parlements, trop heureux de leur pouvoir retrouvé, n’auront de cesse de s’opposer aux réformes royales…jouant le jeu de l’opposition conjointe entre nobles et Parlementaires.
Maurepas, Necker, Calonne, Loménie de Brienne : les ministères se succèderont en vain. Piqués d’idées nouvelles, les opposants au roi n’ont pas vu que le pays est au bord du gouffre ; qu’en refusant la réforme, ils le précipitent vers l’abîme.
Au final, en effet, la réforme ne passera pas, faisant place à la Révolution.

Beaumarchais : l’homme aux milles visages

Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais (1732-1799).
Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais (1732-1799).

Parce que son père était horloger parisien, Pierre Augustin Caron devait initialement embrasser cette même carrière. Une carrière dans laquelle il se distinguera d’ailleurs en inventant un nouveau système d’échappement pour les montres. Doué pour la musique, il entra ensuite à la cour comme maître des harpes des filles de Louis XV, acheta plus tard la charge de contrôleur de la maison du roi (1755) puis celle de secrétaire du roi (1761). Ce n’est qu’à ce moment qu’il obtint son titre de noblesse et qu’il acquit un petit fief, détenu jadis par la famille de sa femme et dont il porterait désormais le nom, celui de Beaumarchais.
Parce qu’il s’était vanté d’une grande intimité avec Madame Adélaïde, une des filles de Louis XV, Beaumarchais fut chassé de Versailles, interdit de séjour par lettres de cachet. En éternel entrepreneur, Beaumarchais ne se laissa guère impressionner, se passionnant désormais pour les affaires, où, comme à son habitude, il devait exceller. Son association avec Pâris-Duverney devait lui permettre d’amasser une fortune considérable en quelques années seulement. La mort de son associé, en 1770, associé à une dette importante laissée par ce dernier à ses héritiers, marquera le début des démêlés judiciaires de Beaumarchais, accusé de faux et de corruption. Il se chargera lui-même de sa défense, qu’il devait assurer avec un succès relatif mais dont il tirera quatre "Mémoires" dans lesquelles il se posait en victime des abus de la justice d’Ancien régime. Un sujet qui avait de quoi assurer le succès de leur auteur. Déchu de ses droits civiques, Beaumarchais devait poursuivre sa carrière d’aventurier : agent secret, chargé d’arrêter à l’étranger les pamphlets contre la cour, il entreprit d’écrire lui-même un libelle contre Marie-Antoinette. Découvert par l’impératrice Marie-Thérèse, il sera arrêté… brièvement.

La fin du joug ottoman

Depuis 1396, l’avancée ottomane constitue la principale menace sur la Hongrie et, malgré les efforts d’un Jean Hunyade ou d’un Matthias Corvin, elle est, plus que jamais, d’actualité au XVIIe siècle.
Un siècle avant, le sultan Soliman le Magnifique avait reçu l’hommage du souverain de Hongrie, Jean Zapolya, et occupé Buda ainsi que la plaine centrale hongroise, les Habsbourg s’assurant la partie occidentale du pays.