Excellence des produits français

Le savoir-faire de la manufacture des Gobelins.
Le savoir-faire de la manufacture des Gobelins.

Ce qu’il y a de mieux dans tous les coins du monde se fabrique actuellement en France et telle est la vague de ces produits que, de toutes parts, affluent les commandes pour s’en fournir : c’est l’hommage rendu aux « manufactures » françaises par l’ambassadeur de Venise auprès de Louis XIV. Dans sa lettre, datée du 4 avril 1668 au doge de Venise, l’ambassadeur exprime le souhait de voir ses concitoyens s’inspirer de l’exemple si fructueux des Français et il désigne l’auteur de ce « miracle » qui est Colbert.

Cherche roi désespérément…

Portrait d'Henri III (1551-1589).
Portrait d’Henri III (1551-1589).

La mort du roi Sigismond II Auguste, en 1572, mettait fin à la dynastie des Jagellons qui régnait sur la Pologne depuis le XIVe siècle.
Certes, c’était l’occasion pour la diète de Varsovie de renforcer son pouvoir vis-à-vis de la monarchie, mais où trouver un roi ? Certains penchaient pour le tsar de Russie, Ivan le Terrible, mais sa réputation déjà bien établie et surtout son attachement au culte orthodoxe faisaient reculer les très catholiques seigneurs polonais.
Finalement, ce sont les largesses de l’ambassadeur de France qui auront raison de tous et, le 9 mai 1573, Henri de Valois, troisième fils de Catherine de Médicis et d’Henri II, devenait roi de Pologne !
Son règne fut cependant très bref. En effet, dès l’année suivante, mourait son frère Charles IX et Henri n’eut rien de plus pressé que d’abandonner la couronne polonaise pour en ceindre une nouvelle : celle de France…

À la pointe de l’épée

Duel mettant aux prises le duc de Montmorency, réputé comme le meilleur bretteur de son temps (gravure du XIXe siècle).
Duel mettant aux prises le duc de Montmorency, réputé comme le meilleur bretteur de son temps (gravure du XIXe siècle).

On croit souvent qu’un duel ne mettait en présence que deux hommes : l’offensé, ou du moins celui qui se considérait comme tel, et l’offenseur. Faux ! Les témoins des deux protagonistes en venaient eux aussi aux mains, ce qui explique la véritable hécatombe de gentilshommes au début du XVIIe siècle.
Le duel était à la mode. On se battait pour un oui ou pour un non ; un regard de travers… et le gant était jeté ! Et aucun édit n’y changeait rien…
Mais le cardinal de Richelieu publie, en 1626, un édit interdisant définitivement le duel. La noblesse proteste, crie au scandale… rien n’y fait !
C’est alors que le comte François de Montmorency-Bouteville, impénitent bretteur, décide de provoquer le cardinal et passe outre à l’édit royal : le 13 mai 1627, il se bat en duel avec le marquis de Beuvron. Un des témoins est tué. L’affaire s’envenime. Beuvron réussit à s’évader en Angleterre et Montmorency est arrêté.
La noblesse toute entière tente d’obtenir sa grâce… en vain ! Montmorency est condamné et marchera, la tête haute, vers le billot.
Cette sanction sera un véritable coup de semonce pour la noblesse et les duels régresseront tout au long du XVIIe et du XVIIIe siècles.

Charles IX : l’homme de la Saint-Barthélemy

Charles IX (1550-1574).
Charles IX (1550-1574).

Le règne de François II avait été marqué par la militarisation et la politisation du conflit religieux. Par sa radicalisation également, une radicalisation parfaitement illustrée par le célèbre massacre de la Saint-Barthélemy, qui apparaît comme l’événement majeur du règne de Charles IX.
Un règne qui, pourtant, avait commencé sous le signe de la modération. Les Guise ayant perdu leur toute-puissance avec la mort de François II, c’est Catherine de Médicis, mère du roi, qui assure la régence. En cela, elle se fait conseiller par Michel de L’Hospital, homme de compromis s’il en fut. La nomination d’Antoine de Bourbon au rang de lieutenant général du royaume, le colloque de Poissy ensuite apparaissaient comme des signes tangibles du désir de compromis de la régente. La paix d’Amboise et le traité de Saint-Germain seront également à mettre au compte de cette tentative –finalement vaine- de parvenir à une entente, tout comme le mariage de Marguerite de Valois, sœur du roi, avec Henri de Navarre, un des chefs du parti huguenot. Dès lors, comment croire à cette idée si répandue qui veut que le roi Charles ait été, autant que sa mère, un fanatique. Pourtant, Charles IX a bien été à l’origine de la Saint-Barthélemy… De fait, le roi n’a certainement pas désirer ce massacre. Par contre, il est vrai qu’il avait ordonné l’arrestation et la condamnation –donc l’élimination- des chefs protestants, pensant que, ces derniers, une fois éliminés, la guerre fratricide cesserait.

Arlequin à Paris

Quatre mois après avoir célébré leur union à l’église de Notre-Dame de Mézières, Charles IX et Élisabeth d’Autriche font leur entrée solennelle à Paris, en mars 1571, au son des fifres et des tambourins. Les habitants de la capitale, accourus en très grand nombre pour assister aux festivités, voient pour la première fois se produire une troupe de comédiens italiens. C’est Catherine de Médicis, la mère du roi, qui a pris l’initiative de faire venir à Paris ces comédiens qui ont enchanté son enfance. Surpris et amusés, les Parisiens s’émerveillent devant les pantomines grotesques de Pantalon et d’Arlequin, habillés de couleurs chatoyantes.

François II, sous l’influence des Guise

Le jeune et éphémère François II (1544-1560).
Le jeune et éphémère François II (1544-1560).

À la mort d’Henri II, en 1559, la couronne revient à son fils aîné, François II, alors âgé de quinze ans. Le souverain vient d’épouser la jeune reine d’Écosse, Marie Stuart, fille de Jacques V d’Écosse et de Marie de Guise et de Lorraine. À l’avènement de François II, les Guise, oncles de la reine, n’ont aucun mal à contrôler le gouvernement d’un roi aussi dénué de santé que de volonté.
Face aux Guise dont l’influence est grandissante, les huguenots s’unissent autour d’Antoine de Bourbon, père du futur Henri IV, et de son frère, Louis de Condé. La « conjuration d’Amboise », qui doit soustraire le jeune François II à l’influence des Guise, échoue et ne fait que renforcer le pouvoir des ducs de Lorraine. Cependant, à la mort de François, le 5 décembre 1560, les Guise perdent leur toute-puissance et c’est Catherine de Médicis qui assure la régence pour le jeune Charles IX.
-Alors que François expirait, le pouvoir des Guise aussi… dira fort justement Michelet.

Cromwell, « l’expert religieux » d’Henri VIII

Thomas Cromwell (v. 1485-1540).
Thomas Cromwell (v. 1485-1540).

Avec un souverain tel qu’Henri VIII, l’ascension pouvait certes être rapide, mais la descente pouvait également s’avérer fatale au moindre écart. Thomas Cromwell, qui n’a aucun rapport avec Oliver et Richard Cromwell, les fameux lords protecteurs, en fera l’amère expérience.
Soldat puis marchand en Italie, bref, aventurier, cet homme de basse extraction va trouver la fortune au service de Wolsey, cardinal et homme politique chargé des Affaires étrangères sous Henri VIII. Une fortune qui va conduire Cromwell jusqu’au Parlement anglais –rien de moins- où il va s’autoproclamer expert en questions religieuses. Certes, la période s’y prêtait ; elle allait même devenir une qualité indispensable au point que Cromwell deviendra le principal conseiller du souverain sur ce problème. Sa formation ? Nulle. Son expérience ? Idem, à moins que l’on ne compte pour telle la confiscation des biens des monastères que Cromwell opérera au nom de la couronne… mais pour son propre compte.

Dryden : l’homme de tous les compromis

John Dryden (1631-1700).
John Dryden (1631-1700).

Il semble acquis pour beaucoup, notamment pour ceux qui en vivent, que l’art, la culture doivent être indépendant. Indépendant de quoi ? De qui ? Du pouvoir bien sûr ; de la mode aussi, puisque ceux sont eux qui la font. Pourtant, l’histoire nous révèle que la culture et l’art sont intimement lié au pouvoir et à la mode, aux puissants et à la "bien-pensance". Ceux qui ne s’y soumettent pas sont exclus et meurent dans la pauvreté. On ne compte plus les exemples d’artistes qui sont morts dans le dénuement. Mais est-ce le but de chaque artiste ? Ce n’était apparemment pas la préoccupation de John Dryden, reconnu comme l’un des plus grand de l’époque de la Restauration anglaise. Reconnu également comme l’homme de tous les compromis…
C’est avec Heroic Stanzas, qu’âgé d’à peine 27 ans John Dryden connaît la célébrité. Une ouvre qui célèbre la mémoire de Cromwell. Deux ans plus tard, Dryden, applaudit au retour sur le trône de Charles II dans Astra redux et devient le poète favori du roi et des courtisans. Des courtisans dont il fait partie d’ailleurs. Converti au catholicisme après l’avènement de Jacques II Stuart, il se lancera dans une virulente défense du catholicisme -dans The Hind and the panther-… après avoir célébré le protestantisme -dans Religio Laici. Cinq ans (1687-1682) seulement séparent ses deux œuvres, preuves que, lorsque l’on veut plaire, tout est permis.

Proclamation de l’édit de Nantes

Cinq ans après sa conversion au catholicisme, le « bon roi » Henri IV, soucieux de mettre fin à l’agitation persistante des huguenots, signe l’édit de Nantes, le 13 avril 1598, l’un des actes majeurs d’un règne fertile en bienfaits pour le royaume. Par cet édit, le roi accorde aux protestants des concessions considérables. Au point de vue religieux, liberté de conscience dans tout le royaume et liberté du culte là où les protestants sont majoritaires, restitution des anciens temples et autorisation d’en bâtir de nouveaux.