Proclamation de l’édit de Nantes

Cinq ans après sa conversion au catholicisme, le « bon roi » Henri IV, soucieux de mettre fin à l’agitation persistante des huguenots, signe l’édit de Nantes, le 13 avril 1598, l’un des actes majeurs d’un règne fertile en bienfaits pour le royaume. Par cet édit, le roi accorde aux protestants des concessions considérables. Au point de vue religieux, liberté de conscience dans tout le royaume et liberté du culte là où les protestants sont majoritaires, restitution des anciens temples et autorisation d’en bâtir de nouveaux.

À l’ombre du dieu Bacchus

Lieux de vie et de rencontre, les tavernes parisiennes méritent que l’on raconte leur histoire. Des vendeurs « au pot » qui sillonnaient les rues, aux cabarets et hôtelleries de la fin de la monarchie, il y a là une petite histoire de Paris amusante et gaie, où l’on retrouve l’amour du vin qui caractérise les Français et qu’a su si bien décrire Robin Livio, un spécialiste averti des tavernes, des estaminets et des guinguettes.
Pendant de nombreux siècles, les gargotes, les buvettes, les caveaux et les « hostelleries » ne servaient qu’un vin médiocre, des bières fades ou quelques boissons qui ne brillaient guère par la délicatesse et la finesse de leur goût. Et ces débits de boisson mettront longtemps avant de se transformer en bonnes et belles auberges où le savoir-boire devient un art…

Le bûcher du Carrousel

Massacre par les révolutionnaires (illustration du XIXe siècle).

Alors que les armées impériales pénètrent en France, le peuple de Paris, encouragé par certains jacobins, est pris d’une véritable folie. Nous sommes alors le 10 août 1792. Exigeant la déchéance du roi, il pénètre aux Tuileries et, emporté par la fureur, massacre les pauvres Suisses assignés à la garde de la famille royale. Le soir même, le peuple peut être satisfait : la monarchie n’est plus.
À Paris même, c’est le triomphe du peuple : Santerre, affectant la simplicité cynique d’un général des faubourgs, pour contraster avec le luxe militaire de La Fayette, parcourt Paris monté sur un lourd cheval noir…
Mais loin des regards, les agents de la commune de Paris, pressés de faire disparaître les traces de sang et les corps des victimes, ont envoyé des hommes de peine au Carrousel pour balayer le champ de bataille.

Fouquier-Tinville, l’artisan de la Terreur

Antoine Fouquier de Tinville, dit Fouquier-Tinville (1746-1795), d'après une gravure du XIXe siècle.
Antoine Fouquier de Tinville, dit Fouquier-Tinville (1746-1795), d’après une gravure du XIXe siècle.

Connu comme l’un des plus sûrs instruments de l’époque de la Terreur, Fouquier-Tinville a laissé dans l’histoire une image sinistre.
Fils d’un paysan de l’Aisne, devenu procureur du Châtelet, il se rallie avec ardeur à la Révolution. Ami de Danton et de Robespierre, parent de Camille Desmoulins, il entame sa deuxième carrière au cours des procès contre les royalistes et devient accusateur public auprès du Tribunal révolutionnaire en 1793. Ses pouvoirs très étendus lui permettent d’arrêter et de poursuivre, de son propre chef, tout suspect de crime contre la Nation, accusation assez floue qui ouvre la porte à toutes sortes de débordements.
Rigoureux, consciencieux, Fouquier-Tinville, qui suit à la lettre les souhaits et les directives du Comité de salut public, fait condamner la reine Marie-Antoinette, les Girondins, Danton et ses amis ainsi que les Hébertistes. Au lendemain du 9 Thermidor, Fouquier est à son poste lorsqu’on lui amène Robespierre, auprès duquel il est, une fois encore, prêt à assurer son emploi d’accusateur. Mais, compromis par le rôle qu’il a joué sous la Terreur, il est arrêté à son tour. Après un procès de quarante et un jours, où il se défend avec véhémence, il est condamné et exécuté, le 7 mai 1795.

L’imprimerie : de la Chine à Gutenberg

Un atelier d'imprimerie au XVIIIe (détail d'une gravure d'époque).
Un atelier d’imprimerie au XVIIIe (détail d’une gravure d’époque).

Dans l’histoire collective, l’imprimerie est évidemment le fait de Gutenberg. Pourtant, l’imprimerie apparaît en Chine des siècles avant le XVe siècle. On gravait alors un texte sur une planche de bois puis on appliquait un feuille de papier sur le texte encré. Dès le Xie siècle, les Chinois connaissaient les caractères mobiles mais leur usage demeurera marginal. C’est donc le premier procédé qui apparaît initialement en Occident au cours du Moyen Âge. Un procédé d’impression qui va se généraliser jusqu’à la mise en œuvre de l’imprimerie de Gutenberg. Au Xve siècle, Johannes Gensfleisch Gutenberg, originaire de Mayence et réfugié à Strasbourg, invente un nouveau procédé d’imprimerie. Il confectionne une matrice, la dote de caractères mobiles, d’encre et d’une presse à bras. L’imprimerie moderne est née. En 1455, Gutenberg, associé à Johann Fuchs achève sa fameuse Bible latine, dite "Bible de Gutenberg". Dès lors, l’imprimerie va connaître une progression rapide à travers toute l’Europe.

Ivan le Terrible

Fou sanguinaire pour les uns, génie pour les autres, Ivan IV est un personnage hors du commun…
Artiste doué d’une rare sensibilité, fin politique et, en même temps, cruel et méfiant jusqu’à l’obsession, Ivan IV aura marqué profondément la Russie.
Né le 25 août 1530, Ivan IV hérite du trône de Russie à l’âge de trois ans. À huit ans, il perd sa mère et, gardant un pénible souvenir des intrigues qui jalonnèrent sa prime enfance, fait déjà montre d’un caractère violent et d’une forte hostilité à l’égard de tous.
À treize ans, il ordonne sa première exécution capitale et, dès lors, il ne cessera plus de prendre des mesures de cet ordre, toutes aussi cruelles qu’instinctives.

La bataille d’Agosta

L'amiral Michel de Ruyter (1607-1676).
L’amiral Michel de Ruyter (1607-1676).

La révolte de Messine contre les autorités espagnoles, en 1676, est le prétexte tout trouvé pour Louis XIV de s’opposer encore à l’Espagne. C’est également l’occasion pour Duquesne d’affronter, une fois de plus, l’amiral hollandais Ruyter, venu soutenir les Espagnols. Après quelques combats, les navires ennemis s’opposent, de nouveau, à Agosta, le 22 avril 1676.
Le choc est terrible. Les deux chefs se retrouvent face à face. « Bientôt on vit quelque chose d’extraordinaire se passer sur La Concorde. Son feu chancela, elle vira de bord à la faveur des nuages épais que formaient, de part et d’autres, les canonnades. Ruyter vient de tomber, frappé à mort. ».

L’attentat de Damiens

L'attentat de Damiens, d'après une gravure du XIXe siècle.
L’attentat de Damiens, d’après une gravure du XIXe siècle.

La nuit tombe à peine lorsque, en ce 5 janvier 1757, Louis XV s’apprête à rejoindre Trianon. Soudain, surgi de l’ombre, un homme s’élance sur le roi et le frappe d’un coup de poignard. L’agresseur est rapidement maîtrisé par les gardes royaux et Louis XV (1715-1774), blessé au flanc, regagne ses appartements, persuadé que ses instants sont comptés. La cour est en émoi. L’assassin a-t-il agi de son propre chef ? Ce Damiens, garçon de salle chez les Jésuites, était-il poussé par des motifs politiques ? On accuse les magistrats, en conflit avec le roi sur la question de l’impôt, les jansénistes ou les Anglais, avant de se rendre à l’évidence : Damiens n’est qu’un fou, un illuminé.
Mais l’attentat a des conséquences politiques importantes : le roi, croyant son existence menacée, a laissé le gouvernement du pays au Dauphin et a congédié Madame de Pompadour, pour la plus grande satisfaction de ses ennemis, les ministres d’Argenson et Machaut d’Arnouville. Le roi, rétabli, rappelle la favorite puis congédie les deux ministres à l’origine de réformes très impopulaires.
Louis XV s’est fort adroitement servi de cet attentat pour calmer les esprits. Quant à Damiens, il subit, e 28 mars 1757, le supplice des régicides : il est écartelé en place de Grève.

Catherine de Médicis ou Machiavel à la cour de France

Catherine de Médicis (1519-1589) d'après une gravure du XIXe siècle.
Catherine de Médicis (1519-1589) d’après une gravure du XIXe siècle.

Le peuple l’avait tellement en horreur et mauvaise opinion, rapporte le chroniqueur Lestoile à propos de Catherine de Médicis, que tout ce qui advenait de malencontreux lui était imputé.
Calculatrice, retors, empoisonneuse : tout, on aura tout reproché à cette Italienne, au point que sa légende noire, largement relayée par les historiens du XIXe siècle (au crédit tout relatif) et par les cinéastes du XXe. Pourtant, le personnage de Catherine de Médicis est bien moins tranché que cela ; il est même tout en nuance, même si, il faut bien le reconnaître, elle a fait de la politique de Machiavel une réalité.
Fille de Laurent II de Médicis, duc d’Urbin, et de Madeleine de la Tour d’Auvergne, Catherine, orpheline de père et de mère très jeune, va vivre les vicissitudes de la révolte florentine avant d’épouser, grâce à son oncle, le pape Clément VII, le second fils de François Ier, Henri d’Orléans. Nous sommes alors en 1533 : Catherine a quatorze ans ; comme Henri. Cultivée, aimant les arts, Catherine ne dépareille nullement à la cour de France mais son jeune époux est subjuguer par une dame de la cour, de dix-neuf ans plus âgée que lui : une certaine Diane de Poitiers. Jamais, Catherine ne réussira à détourner Henri de cette passion et si elle ne s’en réjouit pas, du moins fit-elle bonne figure, allant jusqu’à «  négocier » avec la dame d’Anet pour qu’Henri fasse son devoir de roi. Car depuis 1536, date à laquelle meurt le fils aîné de François Ier, Henri est dauphin. Et sa première tâche est d’assurer une descendance. Il faudra pas moins de dix ans pour qu’enfin naisse un premier enfant : en 1544 naît François, futur François II. Il aura pas moins de neuf frères et sœurs ! La succession au trône semble largement assurée… et pourtant : la mort d’Henri III, dernier fils de Catherine, verra un changement de dynastie.

Marat-Corday : victimes d’un idéal

La mort de Marat peinte par David.
La mort de Marat peinte par David.

Charlotte Corday, Jean-Paul Marat : deux noms liés pour l’éternité ; deux noms qui désignent l’assassin et sa victime ; deux noms qui illustrent admirablement le désarroi dans lequel la France révolutionnaire se trouve à l’aube de sa jeune existence. Car au final, Charlotte Corday, l’assassin, et Marat, la victime, sont tous deux à mettre au nombre des victimes du même idéal : celui de la Révolution.
Lorsque éclate la Révolution française, en 1789, Jean-Paul Marat a déjà largement fait œuvre d’esprit révolutionnaire. Il en est même un des inspirateurs. Ainsi, ce médecin installé depuis 1767 à Londres s’est déjà distingué en écrivant Philosophycal essay on Man (1773) et The Chains of Slavery -Les chaînes de l’esclavage- (1774) : deux titres pour le moins inspirés et engagés. Or l’engagement, c’est justement ce que recherche Marat qui postule à l’Académie des sciences -qui lui ferme ses portes- et qui entre en franc-maçonnerie. De fait, Marat aurait pu demeurer un scientifique exalté, porté à la discussion et à l’agression même si la Révolution n’avait décidé de s’inviter dans sa vie. De fait, les événements de 1789 allaient avoir le mérite, pour Marat, de combler son désir d’action, d’exalter son imagination. Dès septembre 1789, il fonde l’Ami du peuple, un journal dans lequel il combat sans relâche contre les compromissions, l’éventuel détournement de l’idéal révolutionnaire. Du moins de SON idéal.