Villegaignon au Brésil

Nicolas Durand de Villegaignon (1510-1571) atteint la baie de Rio de Janeiro le 10 novembre 1555, avec ses trois vaisseaux : l’expédition a pour but de chasser les Portugais du Brésil et de faire de ce pays la «France antarctique». Les pionniers français sont, en majorité, des « têtes brûlées » recrutées dans les prisons de Rouen ou de Paris et Villegaignon a toutes les peines du monde à se faire obéir. Abandonné par ses hommes, le chef de l’expédition se réfugie à Fort-Coligny puis à Henryville.
En réponse à ses appels au secours, l’amiral de Coligny envoie quelques protestants, espérant ainsi fonder une communauté réformée. Mais l’arrivée du contingent huguenot, en 1557, va compliquer encore plus la position de Villegaignon qui échoue à diriger la colonie.
De retour en France, il est attaqué aussi bien par les catholiques que par les protestants. À sa mort, en 1571, le Brésil est entièrement sous le contrôle des Portugais depuis 1560.

Pilâtre de Rozier, l’aventurier du ciel

Jean-François Pilâtre de Rozier (1754-1785).
Jean-François Pilâtre de Rozier (1754-1785).

Chimiste et homme de lettres, Jean-François Pilâtre de Rozier est aussi un des premiers aventuriers du ciel.
Après de nombreux exploits à bord d’une montgolfière, Pilâtre de Rozier va construire une « aéro-montgolfière » composée de deux ballons, l’un étant rempli d’hydrogène et l’autre gonflé par la chaleur.
Le 15 juin 1785, en compagnie du physicien Romain, Pilâtre de Rozier tente la traversée de la Manche.
À 7h05, l’engin s’élève mais, à peine a-t-il atteint les cinq cents mètres de hauteur, que le ballon d’hydrogène se dégonfle et retombe sur la mongolfière : la machine entière prend feu et explose, ne laissant aucun survivant.

Henri VIII : la voix de l’hérésie

Henri VIII Tudor (1491-1547).
Henri VIII Tudor (1491-1547).

Le 23 mai 1533, l’archevêque fraîchement désigné de Canterbury, Thomas Cranmer, préside le tribunal qui prononce le divorce d’Henri VIII, roi d’Angleterre, avec Catherine d’Aragon. La raison officielle ? La reine, déjà veuve du frère d’Henri, Arthur, était donc, aux yeux de l’Eglise, incestueuse. Mais la raison officieuse était, bien sûr, que Catherine avançait en âge et que sur les six enfants qu’elle avait donnés au roi, seule une fille avait survécu. Le spectre d’un royaume tombant en quenouille se profilait. Accessoirement, Henri avait également une remplaçante toute trouvée pour tenir la place de Catherine d’Aragon, sa maîtresse, Anne Boleyn. Le roi avait certes tenté de passer par la voix officielle mais Rome s’obstinait à lui refuser cette annulation de mariage, malgré l’argument d’inceste. Le jugement de 1533 était donc sensé forcer la main de Clément VII, qui répondra, l’année suivante, par une excommunication. Dès lors, Henri tente le tout pour le tout et publie, en 1534, l’Acte de suprématie qui accorde au roi et à ses successeurs le titre de « chef unique et suprême de l’Eglise d’Angleterre ». C’est l’acte de naissance officiel de l’anglicanisme.

Le Cardinal fait justice

François-Auguste de Thou (1607-1642).
François-Auguste de Thou (1607-1642).

Le règne de Louis XIII, et donc celui de Richelieu, fut marqué par des complots incessants de la noblesse de cour, visant à se défaire du cardinal, avec, pour éternel second rôle, Gaston d’Orléans, frère du roi. Le dernier complot est celui du marquis de Cinq-Mars, favori du roi Louis XIII, qui se laissera entraîner, avec son camarade de Thou, dans l’ultime rébellion du duc d’Orléans. Mais le 11 juin 1642, le complot est démasqué, les coupables arrêtés. Richelieu lui-même les conduit à Lyon pour qu’ils soient jugés et le 12 septembre 1642, Cinq-Mars et de Thou comparaissent devant la commission chargée de les juger. Il suffira d’une heure aux juges pour décider de la sentence. Tête nue et à genoux, ils entendent l’arrêt : convaincus du crime de lèse-majesté, ils sont condamnés à avoir la tête tranchée.
Vers cinq heures du soir, on vient les chercher en carrosse pour les conduire à la place des Terreaux, lieu désigné pour l’exécution. Tous deux marchent bravement à l’échafaud. Ils discutent même pour savoir qui va mourir en premier : Cinq-Mars prétend que c’est à lui, parce qu’il est plus coupable, de Thou parce qu’il est le plus vieux. Un père jésuite tranche alors la question en disant à de Thou :
-Il est vrai, monsieur, vous êtes le plus vieux, vous devez être aussi le plus généreux…

Witt ou le prix de la liberté

Jan de Witt (1625-1672).
Jan de Witt (1625-1672).

Certes, le nom de Jan de Witt n’est inconnu de personne mais, face aux grands hommes qu’il eut à affronter, il paraît bien petit. Pourtant, Jan de Witt mérite que l’on s’intéresse à lui.
Fils d’un patricien qui avait été à plusieurs reprises bourgmestre de Dordrecht, Jan de Witt fut, dès 1620, pensionnaire de sa ville natale puis grand pensionnaire de Hollande en 1653. Une charge qu’il devait conserver presque jusqu’à sa mort en 1672.
L’idée de Jan de Witt était clairement de préserver la Hollande. Pour ce faire, la paix importait plus que tout. De Witt s’y attela donc. En 1654, il se hâte de mettre fin au conflit avec l’Angleterre et obtient de Cromwell une paix de compromis. Pour préserver la Hollande de toute guerre européenne, il fait prononcer, contre la maison d’Orange, l’Acte d’exclusion (1667), mais les rivalités économiques avec l’Angleterre allaient rapidement prendre le pas sur les bonnes intentions et entraîner une nouvelle guerre (1665-1666). Au traité de Breda (1667) et malgré l’énergie qu’il avait déployée, il dut consentir à la perte de la Nouvelle-Amsterdam, aujourd’hui New-York. Inquiet de la politique belliqueuse de Louis XIV, il forma avec l’Angleterre et la Suède la Triple-Alliance qui devait conduire au traité d’Aix-la-Chapelle (1668).

La Renaissance et les femmes : le retour aux antiques

C’est en Italie, sous l’influence de Pétrarque et de Boccace, qui traduit Homère en latin, que naît le mouvement humaniste. Rapidement, une douzaine d’auteurs vont leur emboîter le pas et déclencher cet « engouement pour Platon », au point qu’en 1445 une académie est fondée à seule fin d’étudier ce philosophe. Et cette mode, cette redécouverte, dont tous les penseurs de la Renaissance vont se nourrir, va faire porter un regard nouveau sur la femme, ce qui est assez logique quand on sait la place des femmes dans la société antique. Aristote ne doutait-il pas qu’elles aient une âme ? Platon ne voyait-il pas en elle un être trop vil « pour être une partenaire de l’Amour », c’est-à-dire du sentiment, non de l’acte sexuel ? Mettre en valeur l’homme n’est certes pas une mauvaise chose, mais le mettre au-dessus de tout, comme le fait la pensée humaniste, conduit tout simplement à rabaisser la femme.

Richelieu ou naissance de l’absolutisme

Cardinal Armand Jean du Plessis de Richelieu (1585-1642).
Cardinal Armand Jean du Plessis de Richelieu (1585-1642).

En août 1624, Armand Jean du Plessis de Richelieu, évêque de Luçon (1585-1642), prend la tête du conseil du roi. Issu d’une famille de nobles batailleurs et sans scrupules originaires du Poitou, Richelieu est né le 9 septembre 1585, à Paris. Sa carrière politique débute sous l’égide de Concini et de Marie de Médicis, qu’il suit dans sa disgrâce en 1617. Son rôle dans la réconciliation entre le roi et sa mère (1624) lui vaut d’entrer au conseil puis, assez rapidement de le diriger. À partir de ce moment, Richelieu va gouverner le pays d’une poigne de fer.

Cartouche, le brigand de la Régence

Magazine du début du XXe siècle, retraçant les exploits de Cartouche.
Magazine du début du XXe siècle, retraçant les exploits de Cartouche.

Héros au grand cœur glorifié par le cinéma, Cartouche fait partie de ses sympathiques brigands qui, à l’image d’un Robin des Bois, ont su s’attirer les bonnes grâce du peuple. Pourtant, l’histoire de Louis Dominique Cartouche est loin d’être aussi limpide qu’elle n’y paraît.
Fils d’un tonnelier parisien, ancien informateur de la police et recruteur de l’armée, Cartouche va profiter de la période troublée de la Régence pour créer et diriger d’une main de fer une bande organisée de voleurs. Il est vrai qu’à l’époque, la pauvreté la plus noire voisinait avec la richesse la plus choquante. Mais si ce chef de bande prenait pour cible les spéculateurs et les profiteurs, c’était à  son avantage uniquement. Peu importe pour le peuple affamé : ce simple fait suffit à lui attirer la sympathie populaire, malgré les nombreux meurtres qu’il aura à son actif. En fait, c’est surtout son habileté à échapper aux traquenards de la police, à toute tentative pour le capturer qui va faire sa réputation. Une habileté qui sera malgré tout insuffisante face à l’appât du gain ou au désir de diriger d’un de ses complices. Trahi par un membre de son organisation, il est finalement arrêté en octobre 1721. Celui qui avait ridiculisé si longtemps le pouvoir et les riches, est enfermé à la Conciergerie, soumis à la question et livrera nombre de ses hommes. Finalement, il sera roué vif en place de Grève.
Bandit populaire qui doit tout à la volonté de certains auteurs, Cartouche va devenir le symbole de la lutte contre le pouvoir et le système, le symbole du peuple opprimé, ce qu’il n’était décidément pas…

Henri IV, le souverain réaliste

Portrait d'Henri IV (1553-1610).
Portrait d’Henri IV (1553-1610).

Lorsque Henri III meurt assassiné en 1589, il n’a pas d’héritier… si ce n’est celui qu’il a lui-même désigné : son cousin et beau-frère Henri, roi de Navarre. Descendant en huitième génération de Robert de Clermont, un fils de saint Louis, par son père, fils de Jeanne d’Albret reine de Navarre, Henri est, si l’on s’en réfère à la loi salique, l’héritier légitime du Valois. Mais un héritier hérétique…
Elevé dans la religion calviniste, chef du parti huguenot depuis 1569, Henri devient l’héritier présomptif à la mort du dernier frère d’Henri III, le duc d’Alençon (1584). Une succession qui rebute d’avance le parti catholique, qui connaît dès lors un regain de vigueur, dont le paroxysme est atteint cinq ans plus tard lors de l’assassinat du dernier des Valois. Roi de fait, Henri de Navarre, devenu Henri IV, n’en est pas moins le souverain des huguenots seulement, les catholiques refusant de la reconnaître comme tel. Une situation dont la Ligue, qui a « son » roi, le cardinal de Bourbon, dit Charles X, et les Espagnols, également prétendants au nom de l’infante Isabelle, aimeraient tirer parti. Ce sera sans grand succès, du fait des dissensions même du parti catholique. Des dissensions qui vont également sauver la couronne si fragile d’Henri IV qui, rapidement, comprend que le seul obstacle à son acceptation par tout le royaume est sa profession de Foi. En 1594, Henri IV se convertit –pour la seconde et dernière fois-, se fait sacrer à Chartres, reprend Paris et, par le traité de Vervins (1598) met fin à trente années de guerre se posant désormais en rassembleur du peuple.

Jeanne Hachette sauve Beauvais

Le 27 juin 1472, l’armée du duc de Bourgogne met le siège devant Beauvais. La guerre fait rage entre le roi de France Louis XI (1423-1483) et le duc de Bourgogne Charles le Téméraire (1433-1477). Après avoir  envahi toute la Picardie et ravagé les villes sur son passage, le Téméraire assiège Beauvais : la ville n’a aucune garnison et ses fortifications laissent à désirer. Jeanne Laisné a alors dix-huit ans. S’armant d’une hachette, elle exhorte les habitants à résister jusqu’à l’arrivée des troupes françaises. Elle prend alors la tête d’une armée de Beauvaisiens qui repoussent avec vaillance la première attaque des Bourguignons ; les femmes, accourues sur les remparts avec les hommes, jettent des pierres, de l’huile et de l’eau bouillantes. Un soldat de l’armée bourguignonne a réussi à planter une enseigne ennemie sur un des remparts. Jeanne la lui arrache des mains et la jette dans le fossé où les soldats du duc ont été repoussés.