Serfs et servage dans l’Antiquité

Médaille d'esclave grec ou romain.
Médaille d’esclave grec ou romain.

C’est bien à tort que l’on assimile le mot de servage ou de serf avec le Moyen Âge. C’est à tort également qu’on le confond avec l’esclavage. De fait, le servage est une condition intermédiaire entre l’esclave et l’homme libre. Certes, le serf n’est pas son propre maître et dépend d’un autre homme, mais il jouit d’une certaine protection légale, quant l’esclave n’est rien de plus que l’équivalent d’un meuble ou d’un animal.
La Grèce antique offre plusieurs exemples de servage. Le plus connu est le cas des hilotes de Sparte. Appelés à cultiver la terre, les hilotes n’avaient en principe aucun droit ni aucune liberté. Dans les faits cependant, ils étaient parfaitement libres de cultiver comme bon leur semblait, pouvaient améliorer leur condition de vie et même acheter leur affranchissement, le tout moyennant une redevance fixe.
Sous les Ptolémées et les Séleucides, le servage était également monnaie courante, notamment du au fait que les Grecs préféraient imposer une sujétion héréditaire plutôt que de réduire en esclavage. Une sujétion qui impliquait également l’attachement à la terre. Cette institution orientale semble avoir été le socle du "colonat" des Romains, qui devait se répandre au IIe et IIIe siècles de notre ère.

Sparte écrase Athènes

Depuis une soixantaine d’années, Sparte et Athènes, les deux plus importantes métropoles de la Grèce antique, s’opposent. Face à l’ambition d’Athènes, Sparte reste le seul recours des autres villes du Péloponèse, telles Corinthe et Thèbes. La guerre débute réellement en 431 av. J.-C..
Sparte, réalisant sa faiblesse sur mer, forge une marine expérimentée. Et en 408 av. J.-C., Athènes perd totalement le contrôle des mers au profit de son adversaire.
La chute d’Athènes n’est plus qu’une question de temps et assiégée par le roi Pausanias sur terre et par la flotte de Lysandre, la cité d’Athènes finit par capituler , le 25 avril 404 av. J.-C..

Antipater ou la fin de l’empire d’Alexandre

Médaille d'Alexandre le Grand.
Médaille d’Alexandre le Grand.

Contrairement à une idée répandue, la mort d’Alexandre le Grand n’avait pas signifié la fin de son empire. Prévoyant, tout entier tourné vers ses conquêtes, le Macédonien avait depuis longtemps prévu une forme de régence. La première d’entre elles, la plus ancienne, celle de la Macédoine, avait été confiée à Antipater, un valeureux lieutenant de Philippe, le père du Conquérant. Dès 334 avant J.-C., soit dès le début de l’expédition d’Alexandre en Asie, c’est lui qui assurera le gouvernement effectif du royaume. Cette régence, en quelque sorte, va d’ailleurs révéler immédiatement sa raison d’être, Sparte et la Thrace profitant de l’absence du souverain pour se rebeller. Des rébellions qu’Antipater s’empressera d’étouffer, confirmant par son action la confiance qu’Alexandre avait placé en sa personne. Ecarté pendant un temps suite aux intrigues d’Olympias, la mère du Conquérant, Antipater retrouvera sa place et son rôle… à la mort d’Alexandre (323 avant J.-C.) ! De fait, la situation était critique et la Macédoine, comme l’empire d’Alexandre, avait un besoin vital d’unité ou du moins d’unité affichée. De fait, Antipater saura admirablement incarner cette unité, luttant efficacement contre Athènes, contre Lamia ou contre toute autre ville affichant quelque velléité d’indépendance. Grâce à lui, l’empire d’Alexandre devait survivre à Alexandre… il ne se disloquera qu’en 319 avant J.-C., soit à la mort d’Antipater.

Thèbes, cité de légendes

Œdipe sera retrouvé par un berger, les pieds attachés, avant d'être confié à Polybe, roi de Corinthe (statue ancienne).
Œdipe sera retrouvé par un berger, les pieds attachés, avant d’être confié à Polybe, roi de Corinthe (statue ancienne).

De nombreuses légendes rattachent le nom de Thèbes à la mythologie antique. Fondée par Cadmos, elle aurait vu le règne des Labdacides mais aussi d’Œdipe et de ses frères ; elle aurait connu la guerre des Sept Chefs et celle des Epigones.
Ce qui est certain, c’est que Thèbes est une des plus anciennes cités fortifiées de la Grèce et qu’elle apparaît, dès le début de l’époque classique, comme la capitale de la Béotie.
République oligarchique, elle prend la tête de la ligue béotienne mais se heurte, à la fin du VIe siècle avant J.-C., à Athènes qui soutient alors l’indépendance de Platées. Par vengeance, elle s’allie aux Perses durant la seconde guerre médique mais sera vaincue par Mardonius à Platées (479 avant J.-C.). Une défaite qui annonce la fin de sa direction de la ligue Béotienne. Affranchie d’Athènes, la rebelle Thèbes va alors s’allier avec Sparte dans la guerre du Péloponnèse mais, après la prise d’Athènes et la crainte de voir l’hégémonie spartiate empiéter sur son indépendance la feront se rapprocher de son ancienne ennemie. Avec Athènes, Corinthe et Argos, elle forme, en 396 avant J.-C., la ligue contre les Lacédémoniens. L’échec de cette ligue sera d’autant plus douloureux qu’en 393 avant J.-C., Thèbes tombe aux mains des Spartiates.

C’est la lutte finale…

Xerxès Ier (486-465 av. J.-C.).
Xerxès Ier (486-465 av. J.-C.).

Pour la seconde fois, les Perses tentent d’envahir la Grèce qui, cette fois, est unie face au danger. Après la sanglante -et si héroïque- défaite grecque aux Thermopyles, les Perses se sont emparés d’Athènes et du Pirée et préparent leur immense flotte à l’affrontement ultime. Nous sommes alors en 480 avant Jésus-Christ.
Après les Thermopyles, les Grecs avaient pris position au-delà du détroit de Salamine où, bloqués dans la baie, leur position semblait désespérée. Le bruit courait même chez les Perses que les Grecs allaient tenter de fuir durant la nuit. Alors les navires perses se précipitèrent dans le chenal.

Hérodote, le père de la géographie

Buste d'Hérodote (v. 484 avant J.-C.-v. 425 avant J.-C.).
Buste d’Hérodote (v. 484 avant J.-C.-v. 425 avant J.-C.).

Hérodote, le plus illustre des voyageurs de l’Antiquité, est né vers 484 avant notre ère, à Halicarnasse, petite ville fondée dans la Carie, sur la côte de l’Asie Mineure, par les Doriens, l’une des quatre tribus helléniques. Le nom de son père était Lyxès, celui de sa mère Dryo. Son oncle Panyasis avait composé deux poèmes presque aussi populaires, en ce temps-là, que ceux d’Homère et d’Hésiode. Il était jeune et riche. Grâce aux relations commerciales de sa famille, il pouvait compter sur l’aide et les conseils des marchands grecs répandus dans tous les pays où commençait à poindre la civilisation. Le renom poétique de son oncle Panyasis lui assurait un accueil non moins favorable chez les prêtres et chez les philosophes, c’est-à-dire près des hommes les plus instruits de la terre, car la science était alors tout entière contenue dans la religion et la philosophie.
On sait aujourd’hui d’Hérodote, qu’il était fort jeune lorsqu’il commença ses voyages, puisque l’on considère comme incontestable qu’il avait seulement vingt-huit ans lorsque, à son retour, il fit la lecture de son histoire aux jeux Olympiques.  

Les Achéens ou l’histoire d’une expansion

Vestiges de la porte des Lionnes, à Mycènes.
Vestiges de la porte des Lionnes, à Mycènes.

Si dans les poèmes homériques le terme d’Achéens désigne indistinctement les Grecs participant au siège de Troie, il est certain qu’ils constituaient une famille bien particulière, sans doute la plus ancienne de la race hellénique.
Arrivés en Grèce au début du IIe millénaire avant J.-C., ces guerriers de type nordique, adeptes de l’usage du cuivre, refoulèrent les Pélasges dans les zones montagneuses et s’établirent en Thessalie puis dans la Grèce centrale et dans le Péloponèse, apportant une nouvelle langue d’où devait sortir le grec. Ignorants des choses de la mer, les Achéens se limiteront longtemps à la Grèce continentale où ils feront émerger la civilisation mycénienne (XVIe-XIIIe siècles avant J.-C.). La porte des Lionnes à Mycènes, l’Acropole de Tirynthe conservent le souvenir de cette race guerrière, prônant la force et la sévérité.
C’est en côtoyant les Crétois que les Achéens vont se faire marins. Ils établissent alors des relations commerciales avec l’Egypte, les Hittites, Chypre enfin. Mais c’est en profitant de la ruine de la civilisation minoenne que la civilisation mycénienne prend toute son ampleur et rayonne alors sur la Méditerranée orientale et en Sicile.

Aux origines de la guerre de Troie

Hélène et Paris, d'après un vase grec.
Hélène et Paris, d’après un vase grec.

Les origines de la guerre de Troie, événement mettant en scène essentiellement des hommes, remontent à… une affaire de femmes.
Alors que les dieux célébraient en grande pompe le mariage de Thétis avec le mortel Pelée, la Discorde, Éris, surgit au beau milieu de la fête. Comme toutes les divinités, elle était porteuse d’un cadeau de prix : une magnifique pomme d’or, qui devait revenir… à la plus belle des déesses. Pour Éris, c’était un coup de maître, car, aussitôt, trois déesses se mettent en lice, sûre que la pomme doit leur revenir : il s’agit d’Athéna, d’Héra et d’Aphrodite. Certes, les trois déesses sont très belles, mais quel est le dieu qui osera désigner l’une plutôt que l’autre, au risque de s’attirer les foudres -le mot n’est pas trop fort- des deux autres ? Évidemment, les dieux sont loin d’être fous et préfèrent laisser ce genre de « cadeaux empoisonnés » aux autres, en l’occurrence les hommes…

L’empire du luxe

Un festin au Moyen Âge (tapisserie du XIVe siècle).
Un festin au Moyen Âge (tapisserie du XIVe siècle).

Le luxe serait-il le propre des sociétés en décadence ? Peut-être l’étalage du luxe pour le luxe, de l’argent pour l’argent ; peut-être faut-il voir comme un signe avant-coureur d’une civilisation décadente, un monde où la référence est la marque, où l’obsession de chacun est de savoir ce qu’il va bien pouvoir acheter afin d’améliorer, non pas son quotidien, mais un "extra" devenu quotidien. De fait, ce qui gêne c’est l’outrancier ; et la décadence, c’est lorsque l’outrancier est accepté, voire recherché.
Toutes les sociétés ne réagissent pas de manière équivalente à ce genre d’abus. Certaines les acceptent et y voient même une amélioration, tout dépendant, on l’a dit, de la notion d’outrance. D’autres craignent ou perçoivent le danger -souvent alors qu’il est trop tard- et font alors tout pour lutter contre les abus de luxe. Certains vont même jusqu’à édicter des lois en ce sens : c’est notamment le cas des lois somptuaires, un terme générique qui désigne des législations ayant tenter de freiner voire de faire cesser les abus de luxe. Ce sera notamment le cas en Grèce et plus particulièrement à Sparte, dont on sait le peu de goût pour ce qui n’était pas nécessaire.

Qui veut “revoir Syracuse” ?

Appareillage d'un navire grec (dessin moderne).
Appareillage d’un navire grec (dessin moderne).

Présentée, à juste titre d’ailleurs, comme le type même de l’établissement coloniale, la Sicile et plus précisément Syracuse a pourtant été, à plusieurs reprises, à deux doigts de se libérer de ces conquêtes dont elle était l’objet et, même, de dominer à son tour.
Fondée en 734 avant J.-C. par les Corinthiens, Syracuse allait devenir une des principales colonies de la Grande Grèce, sa ville principale et fonder, à son tour, plusieurs colonies, comme Acrae, Casmenae, Camarina. Mais le pouvoir des "gamoroï", les descendants des colons corinthiens, était suffisamment despotique pour attirer à eux la vindicte populaire : en 485 avant J.-C., la plèbe les chassent de la cité, conduisant les gamoroï à faire appel au tyran voisin : Géla. Bien leur en prit, car Géla allait faire de Syracuse la capitale des établissements grecs de la Sicile et permettre à l’île de résister aux Carthaginois. Sous le règne de son frère et successeur, Hiéron, Syracuse allait exercer son hégémonie sur toute l’île et étendre même son pouvoir et son influence sur des villes de la péninsule italienne, à Cumes notamment. Le premier empire "syracusien" s’achèvera en 466, après seulement vingt ans, lorsque Thasybule, frère de Géla et de Hiéron, fut chassé par les démocrates.
Une restauration de la démocratie qui ne sera que de façade cependant, Syracuse n’hésitant guère à soutenir Sparte durant la guerre du Péloponnèse, ce qui lui vaudra de voir les Athéniens mettre le siège -en vain- devant la cité.