Sparte : au temps des soviets…

Un guerrier spartiate, d'après une illustration moderne.
Un guerrier spartiate, d’après une illustration moderne.

Militaire par l’entraînement intensif de ses fils et de ses filles, communiste par son système de prise en charge complète de l’individu et par un partage égal des terres, la cité de Sparte n’a pas toujours eu ce statu si particulier qui fit sa gloire… et sa déchéance.
Réputée pour la finesse de ses céramiques et pour sa production de figurines en bronze, haut lieu de l’art poétique, la Sparte primitive sera également une des première à se doter d’une constitution. En effet, c’est sans doute vers 700 avant J.-C. qu’est établie la Rhètra (littéralement « la loi ») qui servira de base à la première constitution spartiate. Etablie sous forme d’oracle, elle incite à la mise en place d’un système politique assez proche, en apparence, de celui de nos démocratie. Ainsi, il est établie qu’à l’âge d’homme -30 ans-, les Spartiates sont invités à élire une gérousia –une assemblée d’hommes plus âgés comme l’indique son nom- parmi lesquels seront désignés deux souverains.

Cnossos : sous le signe du taureau

Elevage des taureaux, d'après une gravure ancienne.
Elevage des taureaux, d’après une gravure ancienne.

Si l’archéologie est une science, basée sur des recherches scientifiques, il arrive bien souvent que la motivation du chercheur soit tout autre ; qu’elle ait un relent de légende plus que d’histoire. L’archéologie au XIXe siècle est profondément marquée par ce côté légendaire et mythologique, du fait même qu’elle est alors pratiquée autant par des spécialistes que par des amateurs. Et ce sont eux qui vont doter cette science de son côté "quête du Graal". Une quête qui, parfois, aboutira sur la découverte de trésors inestimables, telle la mise au jour des ruines de l’antique Troie, par Schliemann, ou celle du célèbre palais de Cnossos.
La Crète est fortement présente dans toute la mythologie grecque. C’est là que Zeus est né, là qu’il aurait séduit la nymphe Europe, là encore que se serait établi leur fils, Minos, qui, outre le fait d’avoir pour beau-fils un être mi-homme mi-taureau, deviendra l’un des trois juges des Enfers. Une fonction qui ne lui est sans doute pas dévolue par hasard, qui doit tout à sa filiation divine. Une fonction qui a sans doute également un lien étroit avec le personnage du Minotaure.

Le cortège des satyres

Un satyre et une nymphe (statue actuellement conservée au Louvre).
Un satyre et une nymphe (statue actuellement conservée au Louvre).

Fainéants et lubriques, peureux et méchants selon les dires d’Hésiode (VIIIe siècle avant J.-C.), les satyres ont surtout la réputation d’être des amateurs de vin, de fêtes et de filles –de nymphes et de ménades en l’occurrence. Bref, ce sont de joyeux lurons qui ne pouvaient qu’être les compagnons idéaux du dieu du vin et de la nature, Dionysos. Et comme celle du fils de Zeus et de Sémélé, la réputation des satyres est plus qu’exagérée, elle est en fait totalement déformée.
Divinités protectrices de l’abondance agricole, les satyres sont vraisemblablement originaires du Péloponèse, d’Arcadie plus précisément. Associés au dieu Pan, également issu de cette contrée agricole, ils vont se voir doter du même physique, assez peu flatteur au demeurant, à savoir de pattes, d’une queue et de cornes de bouc. Des attributs qui classent de fait les satyres au même rang que les divinités animales présentent dans tous les cultes indo-européens et qui symbolisent les énergies naturelles, c’est-à-dire les eaux, les forêts, les montagnes, les vents.

Alexandre le Grand, la conquête éclaire

Médaille représentant Alexandre le Grand.
Médaille représentant Alexandre le Grand.

 «Son dessein, note Plutarque dans ses Vies parallèles, ne fut pas de courir fourrager l’Asie comme un capitaine de larrons, ni de la saccager, ni de la piller…
Sa volonté fut de rendre toute la terre habitable sujette à une même raison
et tous les hommes, citoyens d’un même État. La façon dont il réalisa son expédition nous montre qu’il agit en vrai philosophe.»
Philosophe plus que conquérant ? La question ne se pose guère au regard des premiers pas politiques d’Alexandre.
A peine Philippe II tombe-t-il sous les coups de Pausanias, qu’Alexandre se fait acclamer roi par l’armée. Fut-il, lui-même, l’instigateur de ce meurtre ? Y aurait-il vu un moyen de s’assurer la succession ? Toujours est-il que l’armée de Macédoine ne fait pas tout et que, dès son avènement, Alexandre III -qui n’est pas encore le Grand- doit faire face à une véritable levée de bouclier, à laquelle le nouveau roi met fin avec une certaine fermeté : une expédition éclair lui assure, dès l’été 336 avant J.-C., la succession comme archonte de Tessalie, amphiction de Thèbes et hégémone de la Ligue de Corinthe ; enfin, l’année suivante, Thèbes est rasée.
Son pouvoir consolidé en Grèce, Alexandre va reprendre à son compte les projets de son père.

Philippe de Macédoine

Quel homme ! Son amour du pouvoir et de l’empire lui a valu un œil perdu, une épaule brisée, un bras et une jambe paralysés. Tel est le portrait de Philippe II de Macédoine (382-336 avant J.-C.) par son pire ennemi, l’orateur athénien Démosthène. Roi tonitruant et baroudeur de la province la plus septentrionale du monde hellénique, Philippe II règne sur une sorte de royaume féodal, que se partagent quelques huit cents «barons».

Salamine : une muraille de bois

Buste de Thémistocle (v.528-v.462 avant J.-C.).
Buste de Thémistocle (v.528-v.462 avant J.-C.).

Au printemps de l’an 480 avant J.-C., le très puissant empereur perse Xerxès quitte Sardes, franchit l’Hellespont et lance son armée sur les rivages grecs. Les Athéniens, conscients du danger, livrent des combats de retardement : Léonidas, à la tête de dix mille hoplites, bloque, avec un courage désespéré, le défilé des Thermopyles. Harcelé durant six jours par les soldats perses qui se déversaient de leurs navires tout proches, les Spartiates de Léonidas ne doivent leur salut qu’à l’apparition soudaine des trières qui contraignent à la retraite les navires de Xerxès.
Mais l’empereur perse ne lâche pas prise : la victoire des Thermopyles n’est, pour lui, qu’un incident mineur dans le gigantesque conflit qui l’oppose à une Grèce unifiée sous l’égide de Thémistocle.
Au tout début de l’été 480, Xerxès rassemble le long des côtes d’Asie Mineure, dans la région de Smyrne, une immense flotte et réquisitionne, avec l’aide de son allié carthaginois, tous les navires égyptiens et phéniciens. Ceux qui résistent sont impitoyablement châtiés. Ainsi Polycrate, tyran de Samos, qui refuse de livrer sa flotte à Xerxès, est arrêté, crucifié devant son peuple et ses bateaux sont ainsi réquisitionnés. La Lycie, la Carie et la Cilicie mettent leurs navires (au moins trois cents) à la disposition des Perses. Artémise, reine d’Halicarnasse, s’improvise chef d’escadre et rejoint Xerxès avec quelques quatre-vingt-dix bâtiments. De mémoire d’homme, c’est la plus impressionnante flotte jamais réunie en Méditerranée ou ailleurs : mille unités la constituent.

Chypre, le berceau d’Aphrodite

Médaille antique de Vénus-Uranie.
Médaille antique de Vénus-Uranie.

"Cypris" ou Aphrodite : tel est le nom de ce joyau de la Méditerranée. Un joyau de pierres qui, dès l’Antiquité et parce qu’elle se situe au cœur d’un intense échange commercial, devint un joyau des plus prisé. Colonisée successivement par les Phéniciens (vers 1500 avant J.-C.) puis par les Grecs (vers 1000 avant J.-C.), elle subit la domination assyrienne avant de revenir aux Phéniciens puis de passée à l’Egypte et enfin à l’empire perse. Des conquêtes et des dominations successives qui allaient lui permettre de conserver une relative autonomie, au point de sortir, vers 400 avant J.-C., de ces temps de soumission officielle, à un intense rayonnement. Les cités les plus importantes étaient alors Amathonte, Paphos et Idalie, toutes trois consacrées à la déesse Aphrodite qui serait venue y parfaire sa beauté avant de faire son entrée dans l’Olympe. Au début du IVe siècle avant J.-C., Chypre était donc indépendante, jusqu’à ce qu’elle soit intégrée à l’empire d’Alexandre. A la mort de ce dernier, elle sera d’ailleurs vivement disputée par les "héritiers" du Conquérant, qu’ils soient de Syrie ou d’Egypte. Finalement, c’est Caton, le Romain, qui s’en emparera et en fera, en 58 avant J.-C., une province romaine.

La victoire de Marathon

Décidé à anéantir Athènes, obstacle majeur à la suprématie perse sur la Méditerranée, Darius Ier rassemble une puissante armée de plus de vingt mille hommes et, le 19 septembre 490 avant J.-C., fait débarquer ses troupes près de Marathon. Mais, dès que les Perses ont mis pied à terre, Miltiade, à la tête de dix mille Athéniens, lance ses hommes et prend les soldats de Darius en tenaille.

Isocrate : de la rhétorique aux affaires

Un philosophe (détail d'un vase grec).
Un philosophe (détail d’un vase grec).

La rhétorique, l’éloquence sont des arts que pratiquaient volontiers les Antiques. Les Grecs plus particulièrement, qui fondèrent les premières écoles de rhétorique. Aristote lui-même s’y adonna, exposant ses principes dans La Rhétorique ; d’autres philosophes propagèrent la discipline à travers le monde hellénistique, de Pergame à Alexandrie ou à Rhodes. Quant aux « écoles », elles variaient d’un maître à l’autre.
Le plus célèbre d’entre eux, cependant, avait une manière bien à lui de vivre de son art. Isocrate, qui vivait au IVe siècle av.J.-C., avait en effet créé une école exclusivement réservée aux fils de familles aisées. Durant 4 ou 5 ans, ils séjournaient auprès de lui… gratuitement. Et c’est là tout l’art d’Isocrate –hors la rhétorique bien sûr- car, si les étudiants officiels ne payaient pas, tous les étrangers –c’est-à-dire les non-athéniens- assistant à ses leçons étaient invités à payer. Quant aux familles des étudiants athéniens, elles s’acquittaient volontiers de ce qu’on ne leur demandait pas par de splendides présents. Une manière comme une autre de sponsoriser l’enseignement supérieur de leurs rejetons.

L’ostracisme ou la démocratie démagogue

Buste de Thémistocle (528-462 av.J.-C).
Buste de Thémistocle (528-462 av.J.-C).

La démocratie : rares sont les politiques actuels à ne pas revendiquer les valeurs qui y sont attachées. Mais la démocratie s’accompagne parfois -et même souvent- de démagogie et c’est à ce moment-là qu’elle commet les pires abus. Sans entrer dans un débat sur l’actualité -chacun pourra faire les rapprochements qu’ils désirent-, il suffit, pour s’en convaincre, de regarder l’histoire. De regarder même au berceau de la démocratie : l’antique Athènes.
Dans l’Athènes de l’Antiquité, à l’époque où la démocratie forge la puissance de la cité et fait sa gloire, la justice, si elle joue le jeu de la démocratie, va aussi être celui de la démagogie et, au final, de l’injustice et de l’abus. L’ostracisme, notamment, en est un exemple frappant.
C’est en 508 avant J.-C. que l’ostracisme est approuvé dans le cadre des réformes de Clisthène qu’apparaît cette nouvelle forme de justice. C’était un jugement par lequel les Athéniens avaient possibilité de bannir, pour une période déterminée, un citoyen jugé dangereux pour les libertés et l’ordre public.