La religion celte : de Bélénos à la tribu de Dana

Bien qu’il se limite actuellement à la Bretagne, à la Grande-Bretagne, à l’Irlande, à la Galice et à l’île de Man, le monde celtique était beaucoup plus étendu au début de notre ère et recouvrait aussi la Gaule, la Belgique et une grande partie de l’Allemagne et de l’Espagne. Après l’adoption du christianisme comme religion officielle de Rome, les cultes et les mythologies celtiques commencèrent à décliner.
Au Ve siècle, seul le Pays de Galles et l’Irlande conservaient encore le souvenir de la culture et des légendes celtes. Au Pays de Galles, où on se méfiait des écrits, le souvenir était entretenu dans les mémoires mais, en Irlande, les premiers moines missionnaires s’astreignirent, dès cette époque, à coucher sur le papier un nombre étonnant de légendes et de mythes. Cet effort de conservation, unique dans le monde celte, explique que l’on assimile aisément la « celtitude » à la mythologie irlandaise. Cet aspect réducteur n’est pourtant qu’une apparence. En effet, si les légendes et certains cycles mythologiques sont incontestablement de sources typiquement irlandaises, la religion était la même pour tout le monde celtique. Une religion étroitement liée à la nature et dont les divinités ne sont pas sans rappeler, par bien des côtés, celles de la mythologie scandinave.

L’iconoclasme ou la question des images

La Vierge, mère de Dieu (détail d'une icône).
La Vierge, mère de Dieu (détail d’une icône).

Sur certaines images saintes, révèle le canon 82 du concile œcuménique In Trullo (691-692), est représenté un agneau désigné du doigt par saint Jean Prodome (Baptiste), qui nous a été transmis comme une figure de la Grâce et qui annonce, selon la Loi, le véritable agneau, le Christ notre Dieu. Ces anciennes figures et ombres transmises à l’Église, nous les vénérons comme des symboles et des préfigurations de la vérité mais nous leur préférons la Grâce et la Vérité elles-mêmes, que nous accueillons comme la réalisation de la Loi. C’est pourquoi, afin que l’on représente à la vue de tous, même en peinture, ce qui est achevé, nous ordonnons qu’à partir de maintenant soient représentés sur les images, au lieu du type ancien de l’agneau, les traits humains du Christ, « l’agneau qui ôte les péchés du monde ».
Véritable rupture avec la symbolique des premiers siècles et, comme le précise à plusieurs reprises le canon pré-cité, avec la tradition juive, le culte des images -ce ne sont pas encore des icônes- ne cessera de grandir durant tout le VIIe siècle. Parallèlement, leur pouvoir va également en augmentant au point que, précise Gilbert Dagron, spécialiste de la question, « l’image se substitue au saint absent » ; « elle multiplie à volonté sa présence et communique son pouvoir miraculeux à ce qui l’environne ou la touche, à la matière qui la constitue ». Et en effet, de simple moyen d’apostolat, l’image va rapidement atteindre le rang de reliques… Un débordement cultuel qui, par réaction, engendrera un mouvement inverse, de rejet : l’iconoclasme.

La rage d’Odin

On connaît peu et mal la mythologie nordique notamment parce que, contrairement à ce qui s’est passé en Irlande, personne n’a pris la peine de mettre par écrits les sagas des héros et des dieux scandinaves… Personne, sauf un érudit islandais, Snorri Sturluson, qui s’y attelle au XIIIe siècle, alors que la Scandinavie est christianisée depuis de nombreuses années.
À l’image des Vikings eux-mêmes, les dieux scandinaves apparaissent alors tout en violence. C’est d’ailleurs dans un bain de sang que fut créé l’Univers.

Les monstres du Beowulf

Grendel, le monstre du Beowulf, d'après une iconographie contemporaine.
Grendel, le monstre du Beowulf, d’après une iconographie contemporaine.

Dans les légendes ou les contes du haut Moyen Âge, il y a généralement un héros, des dieux, des monstres, des êtres merveilleux et les membres de ceux que l’on nomme la « petite mythologie ».  Etres merveilleux ou maléfiques, ils sont une multitude que personne, ou presque, ne connaît. Peu ou mal décrits, ils apparaissent ici ou là et on parfois alimenté un véritable folklore autour de leur « personne ». Tel est le cas du ou de la Nix, on ne sait, qui vit dans les eaux troubles ou les lacs. Nix, un terme générique qui est pourtant un nom propre et qui désigne les monstres de la légende du Beowulf. Voici leur histoire.
Jadis, il y a fort longtemps, vivait un monstre marin du nom de Grendel, qui terrorisait les habitants du château de Heorot, appartenant au roi des Danois, Hrothgar. Chaque nuit, il prélevait son quota de chaire humaine, sans que personne ne sache comment l’arrêter. Un jour vint cependant où le roi des Danois vit se présenter à lui un jeune homme, venu de Suède, et qui prétendait délivrer le château du monstre. Après l’avoir blessé une première fois, le jeune héros poursuivit Grendel, effrayé, dans sa tanière, située au fond d’un lac. Après un combat épique, le jeune Suédois tua la mère de Grendel puis le monstre lui-même et s’en retourna dans son pays auréolé de gloire. Là, le neveu du roi des Guètes (des Suédois du sud), puisqu’il s’agissait de lui, succéda à son oncle.

Les pharisiens ou la Torah à la lettre

Un grand prêtre juif (gravure du XIVe-XVe siècle).
Un grand prêtre juif (gravure du XIVe-XVe siècle).

"C’est un groupe de juifs, écrit l’historien juif Flavius Josèphe, qui font profession d’être plus pieux que les autres et qui donnent de la Loi l’explication la plus précise". Ou, pour le dire autrement, ce sont des juifs séparés dont les membres voulaient réaliser la plus aprfaite interprétation de la Torah en l’appliquant aux moindres circonstances de la vie.
Héritiers de hassidim, qui avaient soutenus la lutte de Macchabées contre Antiochos Epiphane et l’hellénisme envahissant, les Pharisiens avaient pour but premier de protéger la religion juive de toute influence païenne. Leur nom apparaît pour la première fois au IIe siècle avant J.-C.. Considérant que la Torah, la loi écrite, et la tradition, la loi orale, formaient un bloc indivisible, ils s’astreignaient à l’observance scrupuleuse des préceptes, notamment concernant la pureté légale, le sabbat, les purifications rituelles. Dans le but de se protéger des païens mais également des juifs moins pointilleux, ils s’isolaient ce qui devait les enfermer dans un formalisme finalement sans réel fondement et sans but autre que l’application de la loi ce que devait dénoncer Jésus.
Malgré tout, les pharisiens devaient contribuer à définir des concepts religieux fondamentaux du judaïsme telles que l’attente messianique, la survivance des âmes et la résurrection des corps.

La nature a perdu ses esprits

Terre de glace et de feu, de fjords et de montagnes escarpées, de sources bouillonnantes et de rivières gelées, la Scandinavie est tout en contrastes. Elle ne pouvait donc qu’être peuplée d’une multitude d’esprits de la nature.
Et en effet, toutes sortes d’esprits peuplaient l’univers, imprégnant les forêts, les champs, les rivières, la glace ou la mer.
Les géants de la glace, très présents dans la mythologie nordique, personnifiaient les glaces paralysantes et terrifiantes et représentaient les forces maléfiques qui, un jour, écraseraient les dieux lors du Ragnarök. De même, les géants de la pierre, personnification des montagnes, avaient façonné les abîmes et les fjords en marchant d’un pas trop lourd. Cachés dans la brume, ils se défiaient de la lumière du jour qui les pétrifiait instantanément, sort partagé par les nains. D’ailleurs, on peut voir certains de ces géants imprudents à Jokul, en Islande, ou au Krkonose, sortes d’à pics ou de formations rocheuses.

Jason, sous le pouvoir d’une femme

Statue de Jason brandissant la Toison d'or.
Statue de Jason brandissant la Toison d’or.

Une fois de plus, voici une aventure qui commence par une spoliation et par une prophétie. Alors que Jason n’était encore qu’un tout petit enfant, son père, Éson, fut écarté du trône d’Iolcos par son demi-frère Pélias. Confié par sa mère au centaure Chiron, Jason apprit l’art de la guerre et de la médecine, ce qui lui valut le surnom de « guérisseur » puis, devenu adulte, décida de reprendre ce qui lui revenait de droit : la couronne d’Iolcos. Pélias, de son côté, était surtout préoccupé par une prophétie qui lui avait annoncé qu’il serait renversé par un homme ne portant qu’une seule sandale.
Devenu adulte, Jason décida de confronter l’usurpateur et prit la route d’Iolcos. Alors qu’il cheminait, il rencontra une vieille femme qui paraissait complètement désemparée au moment de traverser un torrent impétueux. Jason, en gentil héros, la prit dans ses bras et lui fit traverser la rivière, mais, ce faisant, il perdit… sa sandale. Et c’est muni d’une seule chaussure qu’il se présenta devant Pélias à qui il réclama son héritage. Mais ce dernier, pourtant conscient de l’inutilité de la chose -après tout, il ne pouvait aller contre la prophétie-, accepta de céder à une condition : que Jason lui ramène la Toison d’or, qui était gardée par un dragon, en Colchide. Le jeune héros accepta.

Le talon d’Achille

Achille d'après une peinture murale.
Achille d’après une peinture murale.

De tous les héros grecs, Achille est sans nul doute le plus connu. Pourtant, pour beaucoup, son nom n’évoque rien d’autre qu’une banale histoire de talon…
Tout à commencer lorsque Zeus et Poséidon tombèrent amoureux de la néréide Thétis. La divinité marine était belle à en faire perdre la raison et les deux frères étaient prêts à en venir aux mains pour savoir qui aurait droit à ses faveurs quand Prométhée intervint. Le malheureux titan, qui subissait depuis des temps immémoriaux le supplice de voir son foie dévoré chaque jour par l’aigle de Zeus, convoqua donc Zeus et son frère et leur révéla que le fils de Thétis serait plus grand que son père… refroidissant ainsi sérieusement les ardeurs des dieux ! Zeus et Poséidon étaient prévenus mais si Thétis s’unissait à n’importe quel autre dieu, la concurrence risquait d’être des plus rude : Zeus décida donc de donner Thétis en mariage à un mortel.

Vanth, la porteuse de lumière

Détail d'une fresque étrusque représentant un défilé funèbre, avec Vanth, au centre.
Détail d’une fresque étrusque représentant un défilé funèbre, avec Vanth, au centre.

Si les dieux des Enfers étrusques sont bien Aita et Phersipnai, les équivalents d’Hadès et Perséphone, deux divinités infernales caractérisent l’Au-delà de l’ancienne Etrurie : Charun et Vanth. Charun est Charon, le nocher des Enfers, mais un nocher typiquement étrusque. Quant à Vanth, que certains associent à la déesse grecque Hécate, elle ne devra son évolution en une sorte de Furie qu’à l’influence grecque et sans doute aussi à l’évolution de son homologue.
A l’origine, et dans la mythologie étrusque proprement dite, Vanth est une jeune et belle déesse, clairement reconnaissable sur de nombreuses tombes. Elle ne distribue nul bienfaits, mais nul méfaits non plus. Son rôle est de recueillir le dernier soupir du défunt puis de le guider vers les Enfers, en l’éclairant de sa torche. A la tête d’un véritable cortège de déesses ou de génies qui lui ressemblent trait pour trait, la déesse encapuchonnée, parfois dotée d’ailes, est une divinité clairement psychopompe. Son voyage, elle l’accomplit, telle l’Epona celte, à dos de cheval, d’hyppocampe ou même, comme le révèle une urne trouvée dans une tombe de Volterra, chevauchant une sorte de dragon, nommé le kettos.

Le roi Arthur : les secrets d’une légende

Modèle de chevalerie et de courtoisie, roi sage et vaillant,
Arthur est un des plus célèbres mythes du Moyen Âge.
Mais qui était réellement Arthur ?
Un personnage historique ? Un combattant de la mythologie irlandaise ?
Un roi « fabriqué » de toutes pièces par les Plantagenêt ?
Essayant de répondre à ces questions, l’auteur nous plonge, avec passion, dans la légende et tente de dérouler, pour nous, l’écheveau de sa naissance.