Cuchulainn, le héros malheureux d’Érin

Cuchulainn jeune, d'après l'illustration de Stéphen Reid (1912).
Cuchulainn jeune, d’après l’illustration de Stéphen Reid (1912).

Le cycle héroïque ou des Ulates, est  rattaché au cycle mythologique par la présence de Cuchulainn. Fils adultérin de Lug et de Dechtire, Cuchulainn est, par sa mère, le petit-fils du dieu de l’amour, Aengus, et l’arrière-petit-fils de Dagda. Héros doté d’une force sans pareil mais capable de colères légendaires, toujours vainqueur mais totalement désespéré par ses propres exploits, Cuchulainn est un doux mélange entre les héros grecs Hercule et Achille.  
À l’âge de sept ans, raconte la légende, il tua le chien de garde de Culann, le forgeron de l’Ulster, assimilant toute la force de la bête féroce. Fort étonné par la soudaine colère de Culann, le jeune héros acceptera finalement de dédommager le forgeron en remplaçant la bête, le temps qu’une autre soit élevée. Et c’est ainsi qu’il fut nommé Cuchulainn, ce qui signifie « chien de Culann ».

La geste de Merlin

Merlin et Viviane, d'après une iconographie du XIXe siècle.
Merlin et Viviane, d’après une iconographie du XIXe siècle.

Il est extrêmement étonnant de voir que, dan les récits originaux du cycle arthurien, celui dont le nom est, pour l’éternité, associé à celui d’Arthur, ne le croise pas une seule fois. En effet, Merlin, car c’est bien de lui qu’il s’agit, préside à la conception d’Arthur, annonce son retour, éventuellement le recueille, mort ou blessé selon les versions, sur l’île d’Avalon, mais n’apparaît jamais dans l’enfance d’Arthur ou à la cour de Camelot.

Comme celui d’Arthur, le personnage de Merlin est bien antérieur au récit de Geoffroy de Monmouth (Historia Regum Britanniae) ou à celui de Wace dans le Roman de Brut, deux œuvres majeures datées de la première moitié du XIIe siècle et qui serviront de base à l’édification de la geste arthurienne telle qu’on la connaît. Geoffroy de Monmouth va même consacrer deux œuvres complètes au personnage de Merlin dans la Prophetia Merlini (1134) puis dans la Vita Merlini. C’est également lui qui fait entrer Merlin dans le cycle arthurien.

Sainte Brigitte, déesse de la fécondité

Sainte Brigitte, d'après une iconographie du XIXe siècle.
Sainte Brigitte, d’après une iconographie du XIXe siècle.

Paradoxalement, c’est grâce au christianisme que le paganisme celte a perduré si longtemps, plus longtemps que partout ailleurs. Certes, cela est en grande partie dû aux Scriptoria, ces compilations de l’histoire et des mythologies que les moines irlandais se sont astreints à rédiger. Mais la volonté de l’Eglise irlandaise de faire œuvre de conservation n’explique pas tout. En réalité, l’Irlande ne sera chrétienne qu’en surface et cela durant des siècles. Saint Patrick et ses successeurs auront beau y mettre toute leur énergie, le paganisme va demeurer vivant, bien vivant. Pire, il va même imprégner la religion chrétienne…
Rien à voir avec ce qui s’était déroulé en Gaule où, pour faciliter la christianisation des âmes, moines et prêtres vont passer par une christianisation des lieux. Des églises avaient été élevées sur d’anciens lieux de culte païen ; d’autres étaient devenus des lieux de pèlerinages, pour peu qu’on y ait enterré une relique de saint… Le paganisme ne survivra pas en Gaule, absorbé par le christianisme. De loin, l’histoire semble bien se répéter en Irlande. Pourtant, il n’en est rien.

Les druides : des Carnutes aux Galates

Un chef des druides coupant du gui (illustration du XIXe siècle).
Un chef des druides coupant du gui (illustration du XIXe siècle).

Pendant longtemps, les historiens ont supposé que, si le monde celte s’étendait bien de la Bretagne –la Grande- à l’Asie Mineure en passant par la Gaule et l’Espagne, le druidisme, quant à lui, était une spécificité des Celtes du Nord. Une spécificité occidentale. La raison de cette certitude ? Le récit fait par César dans un chapitre de la Guerre des Gaules expliquant que, « chaque année, à date fixe, ils [les druides] tiennent leurs assises en un lieu consacré, dans le pays des Carnutes [Chartres], qui passe pour occuper le centre de la Gaule ».
Que César ait été convaincu que ce genre d’assemblée et, par là même, le système druidique dans son ensemble ait été un particularisme des Celtes gaulois et bretons ne fait guère de doute. Mais, depuis, la recherche historique a progressé, d’autres auteurs ont été étudiés. Et si César avait parcouru attentivement Strabon –ce qu’il n’a pu faire ce dernier étant né dix ans avant sa mort-, il aurait découvert que la forêt sacrée des Carnutes avait son pendant au pays des Galates, en Asie Mineure. Selon le géographe grec, chaque année, se tenait une sorte de « concile » des druides de la région en un lieu nommé Drumeton, soit « le Sanctuaire du chêne ». De fait, il apparaît que le principe conciliaire était un incontournable du système druidique. Il apparaît également qu’il existait une véritable communication inter druidique, une sorte de réseau permanent entre eux.

Le roi Arthur : les secrets d’une légende

Modèle de chevalerie et de courtoisie, roi sage et vaillant,
Arthur est un des plus célèbres mythes du Moyen Âge.
Mais qui était réellement Arthur ?
Un personnage historique ? Un combattant de la mythologie irlandaise ?
Un roi « fabriqué » de toutes pièces par les Plantagenêt ?
Essayant de répondre à ces questions, l’auteur nous plonge, avec passion, dans la légende et tente de dérouler, pour nous, l’écheveau de sa naissance.

L’univers mystérieux des druides

Éducateur, prophète, prêtre sacrificateur, le druide est omniprésent et omnipotent dans tout le monde celte. Pourtant, hormis l’image populaire du vénérable vieillard vêtu d’une longue robe et portant barbe blanche, que connaît-on vraiment de lui ? L’examen des textes antiques des auteurs romains ou des légendes et des mythologies celtes compilées par les moines du Moyen Âge permet maintenant, grâce à l’archéologie moderne, d’avoir une vision plus juste, quoique toujours incomplète, du rôle des druides et donc de la vie des Celtes en général.

La sauvegarde du monde celte

Bien qu’actuellement il se limite à la Bretagne, à la Grande-Bretagne, à la Galice à l’Irlande et à l’île de Man, le monde celtique était bien plus étendu au début de notre ère.
Il recouvrait la Belgique, la Gaule et une grande partie de l’Allemagne, comme de l’Espagne. Après l’adoption du christianisme en tant que religion officielle de Rome, cultes et mythologies celtiques commencèrent à décliner.
Au Ve siècle, qui est l’époque présumée d’Arthur, seuls le Pays de Galles et l’Irlande conservaient encore le souvenir de la culture et des légendes celtes.
Au Pays de Galles, où on se méfiait des écrits, le souvenir était entretenu dans les mémoires mais en Irlande, les premiers moines missionnaires s’astreignirent, dès cette époque, à coucher sur le papier un nombre étonnant de légendes.

Mythes et religion : deux mondes différents

Si une certaine unité religieuse apparaît dans le monde celtique, il est cependant important de noter la grande différence entre l’héritage irlandais et gallois et l’héritage gaulois. En effet, si l’on ne sait pratiquement rien de la mythologie gauloise et de son panthéon, on connaît assez bien le rituel gaulois ainsi que la fonction des druides, les lieux de culte ou encore le rôle des prêtresses et des prophétesses. Sans doute les historiens classiques, comme César ou Diodore de Sicile, ont eu nettement plus de renseignements sur les pratiques du culte en Gaule que sur celles des îles britanniques.

Prophétesses, magiciennes, druidesses et déesses

Les auteurs anciens, sources essentielles dans la compréhension du monde gaulois, sont les premiers à nous mettre sur la piste des prophétesses.
Elles étaient grises parce qu’âgées, raconte Strabon dans sa Géographie, portaient des tuniques blanches recouvertes par des manteaux du lin le plus fin et des ceintures de bronze. Ces femmes pénétraient dans le camp l’épée à la main, se précipitaient sur les prisonniers, les couronnaient puis les conduisaient jusqu’à un chaudron de bronze… Une femme montait sur une marche et, se penchant au-dessus du chaudron, tranchait la gorge du prisonnier que l’on maintenait sur le bord du récipient. D’autres découpaient le corps et, après avoir examiné les entrailles, prédisaient la victoire…

La religion celte : de Bélénos à la tribu de Dana

Bien qu’il se limite actuellement à la Bretagne, à la Grande-Bretagne, à l’Irlande, à la Galice et à l’île de Man, le monde celtique était beaucoup plus étendu au début de notre ère et recouvrait aussi la Gaule, la Belgique et une grande partie de l’Allemagne et de l’Espagne. Après l’adoption du christianisme comme religion officielle de Rome, les cultes et les mythologies celtiques commencèrent à décliner.
Au Ve siècle, seul le Pays de Galles et l’Irlande conservaient encore le souvenir de la culture et des légendes celtes. Au Pays de Galles, où on se méfiait des écrits, le souvenir était entretenu dans les mémoires mais, en Irlande, les premiers moines missionnaires s’astreignirent, dès cette époque, à coucher sur le papier un nombre étonnant de légendes et de mythes. Cet effort de conservation, unique dans le monde celte, explique que l’on assimile aisément la « celtitude » à la mythologie irlandaise. Cet aspect réducteur n’est pourtant qu’une apparence. En effet, si les légendes et certains cycles mythologiques sont incontestablement de sources typiquement irlandaises, la religion était la même pour tout le monde celtique. Une religion étroitement liée à la nature et dont les divinités ne sont pas sans rappeler, par bien des côtés, celles de la mythologie scandinave.