Il était une fois l’homme : la France préhistorique

Un être courbé sous le poids de sa lourde massue, vêtu de peaux de bêtes, hirsute, vivant dans une caverne où brûle un maigre feu pendant que des brontosaures et autres dinosaures passent aux abords de son foyer : telle est l’image caricaturale que l’on donne généralement de l’époque préhistorique et de ses habitants. Certes, la préhistoire est une période primitive, un temps d’évolution sur des millénaires, mais si l’homme avait été plus évolué qu’on veut bien nous le faire croire ?
Depuis le XIXe siècle, époque qui voit la naissance d’une nouvelle science, celle de la préhistoire, les scientifiques se lancent, au fil des découvertes archéologiques, dans de multiples conjectures, avances des hypothèses, posent des questions, entreprennent des débats sans fin. Pourtant, dès l’époque romaine, Diodore de Sicile et Lucrèce décrivent un homme primitif, sauvage, nomade, se nourrissant de baies et de fruits. Si cette première hypothèse est loin d’être fausse, elle reste incomplète et seule l’archéologie -et toutes les sciences qui en découlent- pourront un jour répondre clairement à cette question : qui était l’homme préhistorique ?
Comme eux, partons donc à la recherche de nos ancêtres qui, il y a des milliers d’années, ont peuplé et domestiqué une terre que l’on appelle maintenant la France…

L’homme de Neandertal : une brute épaisse ?

Statue de l'homme de Neandertal, désormais à l'entrée du musée national de la Préhistoire, aux Eyzies.
Statue de l’homme de Neandertal, désormais à l’entrée du musée national de la Préhistoire, aux Eyzies.

En 1856, près de Neander, en Allemagne, les archéologues mettaient au jour le crâne d’un homme préhistorique : l’homme de Neandertal. Apparu vers 100000 avant J.-C., il est assez semblable à l’Homo sapiens sapiens (c’est-à-dire nous) : il mesure 1m65 environ, a les muscles du dos et les pectoraux très développés, une mâchoire à peine plus allongée, un front incliné et un crâne plus allongé. Fondamentalement, il est donc très proche de l’homme « historique ». Pourtant, durant des années, il aura, y compris dans les milieux spécialisés, la réputation d’être une grosse brute primitive.