L’épopée de Marie-Caroline

Marie-Caroline de Bourbon-Sicile, duchesse de Berry (1798-1870).
Marie-Caroline de Bourbon-Sicile, duchesse de Berry (1798-1870).

Veuve de Charles de Berry et mère du duc de Bordeaux, Henri, dernier espoir des légitimistes, Marie-Caroline de Berry accompagne Charles X dans son exil anglais en 1830. Cependant, contrairement à son beau-père, la jeune duchesse de Berry est loin de s’avouer vaincue : son fils a droit au trône de France et elle a l’intention de le reprendre à cet usurpateur de Louis-Philippe !
Elle met donc un plan au point, rallie ses partisans et débarque en Provence en 1831. Et l’aventure commence… mal ! Les Marseillais sont assez peu convaincus par l’enthousiasme de la duchesse de Berry : elle quitte donc rapidement la Provence et gagne la Vendée. Là, elle en est persuadée, la région toute entière marchera bientôt derrière elle. Mais Marie-Caroline semble oublier que les Français en ont assez des guerres et des luttes intestines : seuls quelques acharnés sont prêts à la suivre. Le 30 mai 1832, elle a cinq cents hommes sous ses ordres, conduits par Charette et La Roberie : ils se font massacrer…
L’insurrection a échoué, la duchesse de Berry est recherchée. Elle se réfugie à Nantes, où elle reste cachée pendant plus de quatre mois.

Petiot, le « Docteur Satan »

C’est dans le Paris de l’Occupation que se déroule le dernier des crimes célèbres de ce numéro. Une époque troublée qui va servir de théâtre aux fantasmes de l’un des plus grands criminels de l’histoire de France. L’histoire du docteur Petiot, si admirablement relatée dans le film éponyme, avec dans le rôle titre Michel Serrault, est étroitement liée aux événements de la Seconde Guerre mondiale, d’où la difficulté du sujet. Dans cet article, l’auteur relate les faits tels qu’ils nous sont connus mais trop de questions n’ont toujours pas trouvé de réponses.
Le 11 mars 1944, un habitant de la rue Lesueur prévient les pompiers ; un incendie semble s’être déclaré dans la cheminée d’un immeuble abandonné, au numéro 21 de cette rue cossue située dans le XVIe arrondissement. Une odeur pestilentielle de chair brûlée flotte dans l’air devenu irrespirable. Le propriétaire, un certain docteur Petiot, a été prévenu mais il tarde à venir. Les pompiers décident donc de pénétrer sans plus attendre dans l’immeuble.

Landru : le sieur de Gambais

Henri Désiré Landru (1869-1922) lors de son procès.
Henri Désiré Landru (1869-1922) lors de son procès.

Jeanne Cuchet, veuve, 39 ans ; Line Laborde, veuve, 47 ans ; Marie-Angélique Guillin, veuve, 52 ans ; Berthe-Anna Héon, veuve, 55 ans ; Anna Collomb, veuve, 39 ans ; Lyane Jaume, en instance de divorce, 36 ans ; Andrée Babelay, célibataire, 19 ans ; Célestine Buisson, veuve, 44 ans ; Annette Pascal, divorcée, 36 ans ; Marie-Téhrèse Marchadier, célibataire, 39 ans.
Elles sont veuves pour la plupart, souvent d’âge mûr -si l’on excepte Andrée Babelay- et, à défaut de "prince charmant", rêvaient de s’établir, de convoler. C’est exactement ce que leur proposait Henri Désiré Landru, un homme d’apparence quelconque, petit, à moitié chauve mais qui, en ces années 1914-1919, avait le mérite de ne pas être au front, de ne pas être mort. Il est certain que la "carrière criminelle" de Landru aurait été toute autre sans cette guerre qui devait laisser le pays exsangue, ses fils dans la boue des champs de bataille. Le nombre d’hommes est alors plus que réduit alors que celui des veuves, à l’inverse, ne cessent d’augmenter. Dire que certaines femmes étaient moins "regardantes" serait trop facile. Car si Landru eut le succès qu’on lui connaît, il est certain qu’il le dut à son charme autant qu’à la situation des femmes en France pendant la guerre. Une guerre qui, simplement, devait faire quelque peu oublier la prudence généralement de mise. Une guerre qui allait révéler chez lui ses instincts les plus meurtriers.

Jackson, l’idole de l’Ouest

Andrew Jackson (1767-1845), d'après un tableau exposé à la National Gallery of Art de Washington.
Andrew Jackson (1767-1845), d’après un tableau exposé à la National Gallery of Art de Washington.

Dès l’âge de treize ans, Andrew Jackson, qui a perdu sa mère et ses deux frères durant l’occupation anglaise, prend une part active à la guerre d’Indépendance américaine. Une fois le traité de Versailles ratifié et l’indépendance proclamée, Jackson se plonge dans l’étude du droit.
Mais, malgré le traité de Versailles, l’Angleterre ne désarmait pas et, entre 1812 et 1815, Jackson eut à nouveau l’occasion de s’illustrer dans la guerre contre les terribles « Habits rouges ». Le 8 janvier 1815, il les écrase même à la Nouvelle-Orléans et conquiert la Floride…
Son action courageuse pendant le conflit avec l’Angleterre fera de lui l’idole de l’Ouest américain et contribuera sans aucun doute à son élection au poste suprême en 1829 et en 1837.

Sur la tombe de sa maîtresse

Caricature anti-boulangiste, mettant en scène le général Boulanger (1837-1891).
Caricature anti-boulangiste, mettant en scène le général Boulanger (1837-1891).

La vie et la carrière du général Boulanger pourraient être le sujet d’un roman d’aventures ; mais sa mort ne saurait dépasser le cadre des publications racoleuses…
C’est comme militaire que Boulanger se distingue d’abord : soldat de mérite, il combat vaillamment en Kabylie, en Italie, en Cochinchine et enfin durant la guerre de 1870, si bien qu’il est nommé, en 1886, ministre de la Guerre du gouvernement Freycinet. De belle allure, se montrant très ferme avec l’Allemagne, soucieux de réorganiser l’armée, Boulanger acquiert rapidement une immense popularité et rassemble autour de sa personne tous les mécontents du régime : républicains autoritaires, radicaux, bonapartistes, nationalistes et même nationalistes. Devenu une menace pour le gouvernement, Boulanger est mis à la retraite en 1888… et se lance donc dans une carrière politique. Élu député lors des élections partielles de juillet 1888, il se présente à nouveau en 1889 : il est élu dans quatre départements et à Paris. La France est dans sa main : il n’a plus qu’à marcher sur l’Élysée. Mais Boulanger tergiverse, recule, laissant au gouvernement le temps de se ressaisir. L’occasion est manquée ! Exilé à Bruxelles, le général Boulanger, qui avait su ébranler le socle de la République, se suicide, le 30 septembre 1891, sur la tombe de sa maîtresse.

La triste fin de Berthier

Ce 1er juin 1815, le maréchal Berthier tombait d’un balcon de Bamberg : maladresse, assassinat ou encore suicide ?
Fils d’un ingénieur géographe de l’armée, Louis Alexandre Berthier était né pour être soldat. À dix-sept ans, il devient officier, prend part à la guerre d’Indépendance américaine et obtient le grade de major général de la garde de Versailles. Il protègera la famille royale pendant les journées d’octobre 1789 puis, enrôlé dans l’armée d’Italie, s’attachera à Bonaparte. Dès lors, ses pas suivront avec fidélité ceux du Corse : il s’embarque pour l’Égypte et participe au 18 Brumaire.

Kennedy ou le mythe américain

John Fitzgerald Kennedy (1917-1963).
John Fitzgerald Kennedy (1917-1963).

Il est le plus populaire des présidents américains. Il symbolise à lui tout seul l’Amérique moderne des années 60, celle qui conduira à la reconnaissance des droits des noirs, celle de la conquête des étoiles. Pourtant, si l’on regarde avec quelque attention le bilan politique de Kennedy, force est de constater qu’il paraît bien maigre au vu de la réputation de l’homme. De fait, Kennedy l’homme autant que Kennedy le politique tient avant tout du mythe historique. Un mythe qui né de l’instant où le président s’effondre, touché par une balle.
Fils d’un ambassadeur, officier de marine dans le Pacifique durant la Deuxième Guerre mondiale, journaliste, vainqueur du prix Pulitzer en 1957 pour son livre Profiles i courage, John Fitzgerald Kennedy avait décidément tous les atouts pour accéder à la plus haute fonction. Des atouts soigneusement promus, parfois même un peu arrangés par son diplomate de père, Joseph Kennedy, une sorte d’autocrate version familiale et qui avait décidé du destin exceptionnel de son fils. Pour atteindre au but, le fils deviendra la représentant du Massachussets au Congrès -de 1946 à 1953- puis au Sénat -de 1953 à 1960.

La reine Hortense

Hortense de Beauharnais (1783-1837).
Hortense de Beauharnais (1783-1837).

Belle, intelligente, belle-fille puis belle-sœur de Napoléon Ier, reine de Hollande, mère de Napoléon III, Hortense de Beauharnais tient une place de choix dans toute l’histoire de l’Empire et sa vie est un véritable roman. Mariée de force, en 1802, au frère de l’Empereur, Louis, elle devient reine de Hollande après que Napoléon ait fait cadeau de ce trône à son cadet. Hortense doit le suivre mais c’est avec infiniment de répugnance qu’elle arrive dans son nouveau pays. Elle le quittera dès 1810, après l’abdication de Louis. À Paris, sa conduite continue de défrayer la chronique. On dit déjà que son dernier fils, Charles-Louis-Napoléon, le futur Napoléon III, est le fils du célèbre amiral hollandais, Verhuelle ! Et, selon certaines rumeurs, vraisemblablement plus fondées que les précédentes, Hortense aurait mis au monde un autre bâtard, fils du comte de Flahaut et donc petit-fils de Talleyrand.

JFK

John Fitzgerald Kennedy (1917-1963).
John Fitzgerald Kennedy (1917-1963).

Issu d’une famille irlandaise dont la fortune avait été édifiée au siècle précédent, John Fitzgerald Kennedy se voit lancer dans l’arène politique par son père, Joseph, ancien ambassadeur des États-Unis à Londres. Ses études à Harvard, son engagement même dans la marine durant la Seconde Guerre mondiale, tout a été programmé pour faire de « Jack » un homme politique d’envergure.
Et en effet, en 1947, il est élu à la chambre des Représentants comme démocrate puis sénateur de 1953 à 1960. Candidat démocrate durant la campagne électorale de 1960, Kennedy rompt avec l’image habituelle du politicien. Jeune -il n’a que 43 ans-, dynamique, fréquentant le « gratin » intellectuel et artistique, doté d’une femme superbe : il a toutes les chances de son côté. Malgré tout, ce n’est que d’extrême justesse qu’il sera élu. Premier président catholique, plus jeune président des États-Unis, John Fitzgerald Kennedy compte aussi marquer l’histoire : il tente d’améliorer les relations américano-soviétiques -malgré l’épisode des missiles de Cuba qu’il réglera de mains de maître-, apporte un début de solutions aux problèmes raciaux et sociaux, instaure le Kennedy Round, censé ouvrir l’économie américaine au marché européen, se déclare favorable au désarmement nucléaire… tout en initiant un engagement toujours croissant du pays au Vietnam.

Abd El-Kader, « sultan des Arabes »

Abd El-Kader (1808-1883)
Partis en 1830 pour une simple expédition punitive contre le dey d’Alger, les Français se retrouvent rapidement maîtres de la ville et de plusieurs ports. Limitant la présence française au littoral, Louis-Philippe favorise alors les alliances avec les chefs indigènes.
Le marabout Abd El-Kader, proclamé le 22 novembre 1832, «sultan des Arabes» par des tribus de l’Oranie, devient l’allié des Français.
Soutenu par la France, il s’empare rapidement de la plus grande partie du territoire algérien alors aux mains des Turcs et organise un État arabe unifié.