Le trésor du Temple : histoire d’un fantasme ?

Un templier sur sa monture (gravure du XIXe siècle).
Un templier sur sa monture (gravure du XIXe siècle).

Cela fait maintenant sept siècles que le fameux trésor des templiers fait fantasmer historiens amateurs, romanciers en mal d’inspiration ou fouineurs en tout genre. Sept siècles durant lesquels les hypothèses les plus saugrenues, les plus hasardeuses ont été évoquées ; sept siècles durant lesquels des centaines, des milliers d’ouvrages ont été écrits sur le sujet, souvent d’ailleurs par ce que « c’est vendeur »… Pourtant, le trésor du Temple demeure introuvable. Peut-être est-ce tout bonnement parce que ce trésor n’existe pas ? Peut-être encore que ce trésor n’a rien à voir avec des montagnes de florins, d’écus ou d’objet en or…
Si l’on en croit l’historien Jean Favier, le lendemain de l’arrestation des templiers, soit le 14 octobre 1307, les officiers du roi se sont empressés de mettre les biens du Temple sous séquestre. Après une dizaine d’années, ils seront, selon le désir de Philippe le Bel, dévolu à l’ordre des hospitaliers, devenu plus tard, l’ordre de Rhodes puis de Malte. Et tant pis pour ceux qui s’acharnent à voir dans la destruction du Temple la volonté du roi de s’emparer de ses richesses.

Les Normands en Angleterre

Le 28 septembre 1066, Guillaume le Bâtard, duc de Normandie, débarque à Hastings, sur la côte sud de l’Angleterre, avec une immense armée. Au moment où il met pied à terre, il trébuche et tombe. Ses hommes parlent d’un mauvais signe, mais Guillaume réplique aussitôt :
J’ai saisi cette terre de mes mains… tant qu’il y en a, elle est à vous !

Le “concile cadavérique”

Institution d'un pape (gravure du Moyen Age).
Institution d’un pape (gravure du Moyen Age).

Concile cadavérique. Un nom sinistre pour une affaire sinistre. L’histoire se déroule à Rome, en l’an 897. Le pape Formose vient de mourir et son successeur décide de faire exhumer le corps de son prédécesseur et de le juger. De quoi  est-il donc accusé ? Qu’a-t-il fait pour mériter, même après la mort, un tel traitement ?
Formose avait fait de la politique. En fait, il avait sacré empereur Lambert, duc de Spolète, avant de se raviser et de poser la couronne de Charlemagne sur la tête d’Arnoul, le roi de Germanie. Une tergiversation qui devait lui valoir la haine des Spolète. Et c’est cette haine, transmise et reprise par Etienne VI, qui lui succède en 896, qui sera à l’origine de ce faux et odieux procès. Car Etienne est un partisans des Spolète et que ceux-ci veulent se venger.
Etienne VI fait donc déterrer le cadavre de Formose et organise une parodie de jugement… devant les évêques ébahis. Le pauvre Formose, dont le cadavre a été placé sur le trône de Pierre revêtu des ornements pontificaux, est alors accusé d’avoir échangé son siège d’évêque de Porto, charge qu’il avait occupé durant pas moins de trente ans, contre celui d’évêque de Rome… "par ambition coupable".

L’Espagne passe aux musulmans… par traîtrise

Couronne des souverains wisigoths.
Couronne des souverains wisigoths.

Depuis le VIIe siècle, la royauté espagnole est élective et non plus héréditaire. Pourtant, en 710, quand le roi Wittiza meurt, il lègue le trône à son fils, Achila. La noblesse, qui apprécie assez peu ce retour aux anciennes traditions, passe outre les volontés du souverain et élit Rodéric. Dès lors, la guerre civile ne peut être évitée.
Pendant que Rodéric se bat dans le nord du pays contre les Basques, Achila et son oncle, l’archevêque de Séville, ne trouvent rien de mieux que de s’allier au chef arabe Mûsâ, sans penser que cette traîtrise allait bientôt livrer toute l’Espagne aux conquérants arabes.

Le bourreau perd la tête

Capeluche se faisant présenter la tête d’un Parisien (illustration du XIXe siècle).

Les épisodes les plus sanglants de la guerre de Cent Ans se sont souvent déroulés à Paris et rarement contre les Anglais. La capitale, enjeu politique de taille, sera tour à tour prise par les Armagnacs et les Bourguignons et chaque changement de direction occasionnera de terribles massacres. Mais la population, affamée, ne sait bientôt plus que se révolter et tuer les chefs des différents partis.
Alors que Jean sans Peur vient de s’emparer du gouvernement de Paris, une épidémie emporte cinquante mille personnes. En juin 1418, le peuple, dirigé par le bourreau Capeluche, se précipite dans les prisons pour y massacrer les Armagnacs, qu’il rend responsables de tous les malheurs.

Orléans : première victoire de la pucelle

Cela fait sept longs mois que la ville d’Orléans tente de résister aux Anglais. Affamée, la cité est prête à se rendre quand, le 29 avril 1429, ils voient l’étendard frappé aux armes de France menant les troupes royales de Jeanne d’Arc.
Partie de Chinon la veille, la jeune guerrière pénètre dans la ville à vingt heures sonnantes. Ses troupes et celles de Jean Dunois, comte de Longueville, dit le « bâtard d’Orléans », tentent alors de briser l’encerclement ennemi.

Baissez les loyers !

Blason de la ville de Paris.
Blason de la ville de Paris.

Le prix élevé des loyers à Paris est loin d’être un phénomène récent. Dès le règne de Philippe Auguste, Paris, devenu le centre intellectuel et administratif de la France, attire de nouveaux habitants : des marchands, Français ou étrangers, et des étudiants s’installent, toujours plus nombreux. Les propriétaires se frottent les mains et les loyers ne cessent d’augmenter.
Cependant les habitants, jusque-là dociles, finissent par se révolter. Le 29 décembre 1306, une émeute contre la hausse des loyers éclate : Philippe le Bel fait alors arrêter vingt-huit des émeutiers qui seront pendus, haut et court, le 5 janvier suivant. Une façon, expéditive, de régler le problème du logement en France…

Le Croissant flotte sur Constantinople

Entrée de Mahomet II, dit le Conquérant, à Constantinople.
Entrée de Mahomet II, dit le Conquérant, à Constantinople.

Depuis 1204, Constantinople tente tant bien que mal de résister aux attaques répétées des Ottomans et à celles des Occidentaux.
Le 5 avril 1453, après deux siècles de bouleversements, la fin de l’Empire byzantin est imminente. Ce matin-là, les habitants de Constantinople voient le Bosphore couvert de quatre cent quatre-vingt-treize navires et près d’un demi-million d’hommes sont prêts à se lancer à l’assaut de la capitale de l’Orient. Mahomet II va balayer le dernier rempart du christianisme. C’est la Croix et le Croissant qui s’affrontent.
La ville est protégée, pour un temps, par la célèbre chaîne reliant les deux rives de la Corne d’Or mais le sultan décide de contourner l’obstacle par la terre. Et bientôt, plusieurs milliers de soldats atteignent Pétra : Byzance est encerclée.

Les sorcières de Marmande

Une sorcière sur son balai (détail d'une gravure du XVIe siècle).
Une sorcière sur son balai (détail d’une gravure du XVIe siècle).

En 1453, à Marmande (Lot-et-Garonne), si l’on était une femme, il n’était pas bon de se voir accusée de sorcellerie.  Les habitants ne faisaient pas dans la dentelle… on exécutait et torturait sans même entreprendre un procès. Voici l’histoire de plusieurs femmes à qui cela est arrivé, à cause du laxisme de deux des consuls de la ville.
La ville de Marmande se situe entre Bordeaux et Toulouse, non loin d’Agen.
Deux consuls de cette ville, par leur faiblesse et leur couardise, ont laissé s’accomplir sous leurs yeux, en 1453, des actes de férocité populaire, trop connus alors. Il s’agit de : Jehan de Sompère et Jehan de Guinhon, marchands, et deux des huit consuls de la cité.
En 1453, une épidémie exerçait ses ravages à Marmande. Le peuple, incapable d’attribuer à des causes naturelles le fléau qui le frappait, devait, comme toujours, en chercher de surnaturelles. Dans ces sortes de cas, la meilleure ou la seule explication possible, était que le mal était dû à quelque art diabolique. Quand les idées de sorcellerie étaient dans les têtes, on se doute des agissements qui pouvaient s’ensuivre à la moindre occasion.

Calais tombe… au son du tambour

Après onze longs mois d’un siège acharné, Édouard III, monarque d’Angleterre, met Calais à genoux et reçoit les clefs de la ville des mains de six notables « nus pieds et nus chefs, en leurs linges de draps seulement… ».
Le jour même, le 4 août 1347, le roi anglais, à la tête de ses troupes, entre dans la ville « avec si grande foison de musiciens, de tambours ainsi que de musettes que ce serait merveille à raconter ».
C’est le chroniqueur Froissart qui, pour la première fois, fait mention du tambour militaire, un instrument sans doute d’origine indienne, et qu’il va nommer « bedon ».