Les Croisés prennent Jérusalem

En 1095, plus de sept cent mille Croisés quittent l’Europe et se mettent en route vers la Terre Sainte. Les Provençaux sont commandés par Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse et par le légat du Pape ; les Français par Étienne de Blois, Hugues de Vermandois, frère du roi de France et le Normand Robert Courteheuse, fils du Conquérant ; les Flamands suivent Godefroi de Bouillon et les Normands de Sicile Bohémond de Tarente et son neveu Tancrède.
Durant quatre années de marche et de guerre, beaucoup sont morts, d’autres ont abandonné. Certains chefs ont fui même, tel Hugues de Vermandois, Robert Courteheuse ou Étienne de Blois. Et, en juin 1099, ils ne sont que soixante mille sous les remparts de Jérusalem.

Saint Jacques avec nous !

Des pèlerins au Moyen Âge (gravure sur bois).
Des pèlerins au Moyen Âge (gravure sur bois).

Il y a douze cents ans, sur l’Espagne du Nord, la seule encore chrétienne, régnait Alphonse II, roi des Asturies. Un paysan de Galice voit briller, plusieurs jours de suite, une immense étoile au-dessus de son champ. Et peu après, dans cette terre galicienne imprégnée de mysticisme, on fait une découverte miraculeuse : le corps de l’apôtre Jacques. Le 23 juin 797, lors de la bataille d’Al Badin contre les musulmans qui occupaient l’Espagne du Sud, les soldats d’Alphonse II voient surgir dans le ciel l’apôtre monté sur un cheval blanc. Un cri jaillit dans les troupes chrétiennes :
-Saint Jacques avec nous !
Terrorisé, l’ennemi musulman prend la fuite. Désormais, l’Espagne a un saint patron et Compostelle (en latin campus stella : le champ de l’étoile) deviendra le plus grand pèlerinage chrétien du Moyen Âge.

Création des Archives royales

Il suffira d’une simple bataille, dans l’éternel conflit entre la France et l’Angleterre, pour que soit créée l’une des institutions les plus importantes de France, tout particulièrement pour les historiens : les Archives royales.
En effet, le 3 juillet 1194, Philippe Auguste est battu par Richard Cœur de Lion à Fréteval. En soi, l’incident n’aurait pas grande importance si les Anglais n’avaient pas profité de l’occasion pour s’emparer des archives qui suivaient partout le roi.
Philippe Auguste, jurant que l’on n’y reprendrait pas, décide dès lors de conserver le Trésor des chartes à Paris même, dans le palais de la Cité. On peut donc dater de ce moment la création des Archives royales -devenues plus tard impériales et enfin nationales.

Louis XI… au cachot !

Louis XI contraint de signer le traité de Péronne, présenté par Charles le Téméraire.
Louis XI contraint de signer le traité de Péronne, présenté par Charles le Téméraire.

Rusé, perfide, diplomate, tortueux, Louis XI est, sans doute, un des rois de France les plus passionnants. Dès le début de son règne, il tente de soumettre définitivement les grands féodaux du royaume, unis contre le souverain au sein de la Ligue du Bien public.
Après avoir signé une paix séparée avec le duc de Bretagne et avec son frère, Charles, Louis XI s’emploie à ménager un accord semblable avec Charles, duc de Bourgogne, le prince le plus riche et le plus puissant de toute l’Europe. L’entrevue a lieu à Péronne, le 3 octobre 1468. Mais Louis XI vient à peine d’arriver au château que des nouvelles inquiétantes parviennent de Flandre : les Liégeois, soutenus par le roi de France, se sont révoltés !

Le choc de Bouvines

Philippe-Auguste (1180-1223) se dirige, le 27 juillet 1214, vers le nord à la tête des troupes françaises et compte ainsi bloquer l’avance de ses ennemis. Son fils, le prince Louis, a déjà mis en échec le roi d’Angleterre Jean sans Terre (1199-1216) au sud. L’armée française passe le pont de Bouvines qui enjambe la Marck entre Lille et Tournai, quand l’alerte est donnée.

« Si je t’oublie Jérusalem… »

Chevalier partant à la croisade.
Chevalier partant à la croisade.

Cela fait plus de neuf cents ans, le 15 juillet 1999 que la Cité Sainte a été reconquise par les Croisés et qu’a été fondé le royaume franc de Jérusalem. Tout le monde connaît la figure emblématique de Godefroi de Bouillon mais on oublie trop facilement la ruse d’un Bohémont de Tarente, le courage d’un Tancrède de Hauteville et, surtout, la ténacité de milliers de pèlerins, hommes, femmes et enfants, qui, après trois ans de marche, ont enfin conquis Jérusalem et pu « vénérer le sépulcre du Seigneur et visiter les Saints Lieux… »
Pèlerinage, armé certes, mais pèlerinage tout de même, la première croisade retrouve, à travers les pages des chroniqueurs, les accents d’une véritable épopée.
Le 18 novembre 1095, sous les murs de Clermont où se tient le concile, un même cri jaillit de toutes les poitrines : « Dieu le veut ! Dieu le veut ! »
Le pape Urbain II sait déjà que son appel a été entendu :
-Que la croix brille sur vos armes et vos étendards, conclut-il. Portez-la sur vos épaules ou sur votre poitrine ; elle deviendra, pour vous, l’emblème de la victoire ou la palme du martyre ; elle vous rappellera sans cesse que Jésus-Christ est mort pour vous et que vous devez mourir pour lui !

Marseille, cité provençale

Fondée par les Grecs au VIe siècle avant J.-C., Marseille devient l’un des foyers du commerce méditerranéen durant l’Antiquité et un centre de rayonnement de la culture grecque et romaine en Gaule. Les invasions des barbares (Francs, Wisigoths ou Burgondes) et la menace des Sarrasins réduisent pendant quelques temps son rôle commercial mais, dès la première croisade, la cité phocéenne retrouve toute sa grandeur. Autonome, dirigée par des consuls, fière de son indépendance, elle forme une sorte d’enclave « républicaine » à l’intérieur des terres provençales,

Cent ans de malheur : les origines de la guerre de Cent Ans

Détail d'une tapisserie ancienne représentant les armes des rois de France soutenues par deux anges.
Détail d’une tapisserie ancienne représentant les armes des rois de France soutenues par deux anges.

Commencée en 1337 pour s’achever en 1453, la guerre de Cent Ans est constituée d’une succession de conflits qui vont opposer, non pas deux pays, mais deux souverains, celui de France et celui d’Angleterre. Cette âpre lutte, qui s’achève avec la victoire française, verra également l’émergence d’un phénomène nouveau en France : le sentiment national.
Mais plutôt que de disserter sans fin sur les conséquences de cette guerre et sur les ravages qu’elle a provoqués, plutôt que de relater par le menu les batailles qui ont ponctué ce conflit, il est essentiel de se pencher sur ses origines, souvent mal connues, et sur le véritable enchevêtrement généalogique qui en a été la cause.

La trêve de Saladin

Les peuples furent affligés comme pour la perte d’un prophète. C’est ainsi qu’un historien arabe rapporte la mort de Saladin (1137-1193). Grand guerrier et intelligence politique exceptionnelle, cet officier kurde est une des plus nobles figures de l’histoire de l’islam ; généreux, tolérant, il fut admiré par les chrétiens qui reconnaissaient en lui un modèle des vertus chevaleresques.

1054 : la rupture

Monnaie d'un empereur byzantin.
Monnaie d’un empereur byzantin.

Depuis déjà deux siècles, les relations entre Rome et Constantinople ne cessaient de se dégrader quand, en 1053, une opposition sur la nomination d’un évêque met le feu aux poudres. Une opposition qui est essentiellement le fait de deux caractères fort : Michel Cérulaire, le patriarche de Constantinople, et le cardinal Humbert de Toul.
C’est cependant Michel Cérulaire qui ouvre les hostilités : en 1053, il fait adresser une lettre à l’évêque grec Jean de Trani avec mission pour lui de la « répandre dans tout l’épiscopat franc et la faire connaître au pape lui-même ». Cette lettre n’était rien d’autre qu’une mise en demeure des évêques occidentaux afin qu’ils se conforment aux usages byzantins -notamment qu’ils abandonnent leurs coutumes « judaïsantes » comme l’utilisation du pain azyme à la communion ou le jeûne les samedis de Carême, assimilé par les Grecs au jeûne du sabbat. Au même moment, Michel Cérulaire faire fermer les « églises latines » de la cité impériale. L’offensive est donc lancée. Le pape Léon IX répond en envoyant trois représentants : le cardinal Humbert de Toul -caractère difficile mais spécialiste des questions byzantines-, l’archevêque d’Amalfi et le chancelier de l’Église. On le voit, le pape ne prenait pas l’affaire à la légère.