L’art mystérieux de la préhistoire

De 25000 à 10000 avant J.-C., l’Europe, et plus particulièrement la France, va connaître une période de floraison artistique, où la peinture, le dessin, la sculpture acquièrent leurs premières lettres de noblesse.C’est à Laugerie-Basse, en 1864, que fut découverte la première statuette de femme, à qui l’on donna le nom de « Vénus impudique ». Depuis, plus d’une vingtaine de ces Vénus, sculptées dans des matériaux divers, ont été retrouvées : à Grimaldi, la Vénus dite « le losange » est en stéatite verte, celle de Tursac provient d’un galet de calcite, la Vénus à la corne est en bas-relief, quant à la Dame à la capuche, la seule sur laquelle apparaissent les traits du visage, elle est en ivoire.
Toutes ces Vénus datent de 25000 à 20000 avant J.-C. et la majorité d’entre elles révèle une femme aux hanches larges, au ventre souvent gonflé, ce qui permet de supposer qu’il s’agissait-là d’une évocation de la femme enceinte ou d’un hymne à la fécondité.
Source d’inspiration des temps anciens, la femme ne va pas garder bien longtemps ce monopole : les scènes de chasse, les animaux ornent désormais seuls le fond des cavernes.

Le talon d’Achille

Achille d'après une peinture murale.
Achille d’après une peinture murale.

De tous les héros grecs, Achille est sans nul doute le plus connu. Pourtant, pour beaucoup, son nom n’évoque rien d’autre qu’une banale histoire de talon…
Tout à commencer lorsque Zeus et Poséidon tombèrent amoureux de la néréide Thétis. La divinité marine était belle à en faire perdre la raison et les deux frères étaient prêts à en venir aux mains pour savoir qui aurait droit à ses faveurs quand Prométhée intervint. Le malheureux titan, qui subissait depuis des temps immémoriaux le supplice de voir son foie dévoré chaque jour par l’aigle de Zeus, convoqua donc Zeus et son frère et leur révéla que le fils de Thétis serait plus grand que son père… refroidissant ainsi sérieusement les ardeurs des dieux ! Zeus et Poséidon étaient prévenus mais si Thétis s’unissait à n’importe quel autre dieu, la concurrence risquait d’être des plus rude : Zeus décida donc de donner Thétis en mariage à un mortel.

Verrochio : l’orfèvre inconnu

Le David de Verrochio (bronze).
Le David de Verrochio (bronze).

On pourrait dire que cet artiste est un inconnu à double titre : son nom n’est pas le sien réellement et, outre la peinture et la sculpture auxquelles son nom est attaché pour l’éternité, le commun ignore son premier métier.
De fait, Andréa di Michele di Francesco Cioni était orfèvre. Et c’est en référence à son maître en orfèvrerie qu’il prendra le nom d’Andréa del Verrochio. De cette époque, il ne reste guère de trace ; tout juste un bas-relief représentant la Décollation de saint Jean-Baptiste pour l’autel d’une église de Florence.
Verrochio est donc plus connu comme peintre. Et encore, les œuvres que l’on peut lui attribuer avec certitudes sont tout juste au nombre de deux. La Madone de la cathédrale de Pistoia sera exécutée avec son élève, Lorenzo di Credi ; et le Baptême du Christ, actuellement conservé au musée des Offices, à Florence, verra la « patte » de Léonard de Vinci qui exécutera les deux anges du tableau.

Watteau et l’art de l’insouciance

Désigné comme le « peintre des Fêtes galantes », Antoine Watteau incarne sans conteste la société frivole et insouciante de son époque ; la figure féminine représentative de tous ses tableaux, portant une robe aux larges plis ainsi qu’une coiffure relevée mais retombant sur le visage, restera très longtemps après sa mort, la référence en matière de mode féminine. Né à Valenciennes en 1684, Watteau se consacre très jeune à la peinture. À Paris, il effectue des débuts difficiles. Grâce à des maîtres comme Gillot et Audran ainsi qu’à son généreux mécène, le banquier Pierre Crozat, il s’initie à la peinture des grands maîtres flamands et italiens.

La renaissance de la mosaïque

>Le Christ, d'après une mosaïque de style byzantin.
Le Christ, d’après une mosaïque de style byzantin.

Jusqu’à la naissance de l’art chrétien, la mosaïque n’est qu’une simple technique décorative qui permet de recopier des tableaux dans un matériau peu fragile, afin de décorer pergolas et tombeaux de l’Antiquité. Ce sont les Byzantins qui en font un art.
Constantinople ayant été complètement saccagée par une grande révolte en 532, Justinien fait somptueusement reconstruire sa capitale mais, au VIIIe siècle, les iconoclastes, opposés aux « images » qualifiées d’idoles païennes, enlèvent à Sainte-Sophie et aux autres églises de Constantinople toute la décoration figurative et, notamment, toutes les mosaïques.
C’est à Ravenne qu’elles subsistent, redonnant une image exacte et superbe de ce qu’était le premier âge de la mosaïque byzantine. L’impératrice-régente Théodora, veuve de l’empereur Théophile et mère de Michel III l’Ivrogne, rétablit le culte des images le 11 mars 843, date devenue depuis celle de la « fête de l’orthodoxie ».

Un brillant météore nommé Raphaël

Quand Rafaello Sanzio arrive à Florence le 19 avril 1504, il n’est qu’un jeune peintre provincial doué mais inconnu. Pendant quatre longues années, Raphaël va peindre de ravissantes Madones. En 1508, il se rend à Rome où le pape Jules II cherche des artistes pour décorer ses nouveaux appartements. Les cartons de ce jeune peintre obscur vont enthousiasmer à ce point Jules II que celui-ci confie à Raphaël la totalité du travail. Il s’agit d’un ensemble gigantesque de fresques.

Le clair-obscur de Rembrandt

>Autoportrait de Rembrandt (1606-1669).
Autoportrait de Rembrandt (1606-1669).

Le jeu des ombres et des lumières élevé au rang d’un art : telle est, sans conteste, la meilleure définition que l’on puisse donner de la peinture de l’un des grands maîtres flamands du XVIIe siècle, Rembrandt.
Harmenszoon van Rijn Rembrandt, fils d’un menuisier de Leyde, est jugé assez doué pour suivre les cours de l’école puis de la faculté. Malgré ses succès universitaires, la vocation de Rembrandt, surnommé le « peintre savant », reste la peinture. Il étudie d’abord chez Jacob van Swanenburgh, un peintre italianisant, qui lui donne le goût des scènes historiques et bibliques, puis chez Pieter Lanstman, qui l’initie au jeu des lumières. Dès lors, la peinture de Rembrandt sera une apologie de l’art du clair-obscur, toujours plus subtil et travaillé, de la réalisation de la Leçon d’anatomie à celle de La Ronde de nuit, en 1642, sans doute le plus beau chef-d’œuvre de l’artiste. Parvenu à l’apogée de son art avec cette toile, Rembrandt est le peintre en vogue à Amsterdam mais, en quelques années, il est dépassé.

L’Odalisque d’Ingres

Violoniste de grand talent, Ingres a donné la pleine mesure de son génie dans la peinture.
Fils d’un sculpteur, Jean-Dominique Ingres, né à Montauban en 1780, devient l’élève de David en 1797 et obtient, quatre ans plus tard, le prix de Rome pour Achille recevant les Ambassadeurs d’Agamemnon. Il ne parvient enfin à Rome qu’en 1806 et, en butte aux critiques qui lui préfèrent Delacroix, décide de ne revenir dans la capitale française qu’avec un chef-d’œuvre reconnu de tous. Mais ses tableaux continuent d’être fustigés. La Grande Odalisque (1814), surtout, est l’objet de vifs sarcasmes de la part de toute la critique qui lui trouve trois vertèbres de trop et des bras beaucoup trop maigres.

Rubens, l’homme qui aimait les femmes

Les Trois Grâces de Rubens (détail).
Les Trois Grâces de Rubens (détail).

Il est essentiellement connu pour ses représentations de la femme nue, sensuelle et quelque peu dodue… Pourtant, Pierre Paul Rubens est, aussi, un des plus grands peintres religieux de son époque.
Connu déjà pour ses scènes religieuses, comme La Descente de Croix ou la Transfiguration, dès 1619, il devient, officiellement et à la demande du pape Paul V, un « instrument » de la Contre-Réforme. Ses œuvres devront être, selon l’idée de saint Ignace de Loyola, des instruments pour combattre le protestantisme, « l’image religieuse étant une expression visible de la foi ».
Pourtant, dès 1626, date de la mort de sa femme, Rubens revient à un art beaucoup plus terrestre et se consacre aux sujets mythologiques qui conviennent, il faut l’avouer, bien mieux à son style sensuel…
À sa mort, le 30 mai 1640, Rubens est un artiste reconnu. Pour certains, il reste le chantre de la femme sensuelle, pour d’autres celui de la culture jésuite.

Fra Angelico le Bienheureux

Né à Vicchi di Mugello, vers 1400, Guido di Pietro entre au couvent dominicain de Florence avec son frère Benedetto et prend l’habit sous le nom de Fra Giovanni da Fiesole. Très vite, Fra Giovanni reçoit le surnom d’Il Beato, le Bienheureux, ou d’Angelico, «à cause de sa vertu». Il semble que Fra Angelico peignait déjà bien avant d’entrer au couvent et qu’il ait suivi les cours de célèbres peintres siennois de l’époque. Il y a dans sa peinture, particulièrement dans les couleurs, certaines techniques, peut-être dues à son frère Benedetto, enlumineur au couvent.