Fra Angelico le Bienheureux

Né à Vicchi di Mugello, vers 1400, Guido di Pietro entre au couvent dominicain de Florence avec son frère Benedetto et prend l’habit sous le nom de Fra Giovanni da Fiesole. Très vite, Fra Giovanni reçoit le surnom d’Il Beato, le Bienheureux, ou d’Angelico, «à cause de sa vertu». Il semble que Fra Angelico peignait déjà bien avant d’entrer au couvent et qu’il ait suivi les cours de célèbres peintres siennois de l’époque. Il y a dans sa peinture, particulièrement dans les couleurs, certaines techniques, peut-être dues à son frère Benedetto, enlumineur au couvent.

Andreï Roublev : la main de l’Esprit

La Trinité d'Andreï Roublev.
La Trinité d’Andreï Roublev.

On ne sait presque rien de la vie du plus grand peintre d’icônes russe. Presque rien si ce n’est son nom, Andreï Roublev, et son statu, moine. Elève de Théophne le Grec, religieux au couvent de la Trinité-Saint-Serge de Zagorsk, il est, sans conteste, l’auteur des plus belles icônes russes. Auteur, avec Théophane le Grec, de l’iconostase de l’Annonciation, à Moscou, d’un saint Jean-Baptiste, d’un saint Paul, d’un saint Pierre et d’une Annonciation à Valdimir, il semble avoir atteint la perfection avec son œuvre la plus fameuse : la Trinité de Zagorsk. De fait, on ne suit Roublev qu’à travers ses œuvres. La date même de sa mort, 1430, est suivie d’un point d’interrogation. C’est qu’Andreï Roublev, canonisé par l’Eglise orthodoxe, n’a jamais été que l’instrument de Dieu, la main de l’Esprit… comme tous les peintres d’icônes. Cet anonymat, ce retrait volontaire n’a rien d’une fausse modestie. Elle est commune à tous les peintres d’icônes depuis que cet art existe. Elle explique également qu’ils ne signent jamais leurs œuvres, le style particulièrement abouti de certains –comme Roublev- permettant seul de les identifier.

Le Radeau de la Méduse

Tout le monde connaît le superbe et fascinant tableau de Théodore Géricault intitulé Le Radeau de la Méduse. Personne n’a pu, à la vue de ce chef-d’œuvre, rester insensible à la détresse des personnages, affamés et assoiffés… Ce tableau n’est que l’expression de la réalité, telle que les survivants l’ont décrite à Géricault.
Tout a commencé le 2 juillet 1816. La frégate La Méduse, ayant quelques quatre cents marins à son bord, cingle vers les côtes du Sénégal où elle doit reprendre possession des comptoirs annexés par les Anglais. Mais une manœuvre malencontreuse du capitaine de Chaumareyx fait échouer le bateau sur des récifs au large des côtes sahariennes.

Reynolds : le beau monde sous le pinceau

Autoportrait de Joshua Reynolds (1723-1792).
Autoportrait de Joshua Reynolds (1723-1792).

Tout le savoir-faire d’un portraitiste tient, bien entendu, dans son pinceau. Familier des artistes italiens, imprégné de leurs techniques, Joshua Reynolds aurait pu n’être qu’un portraitiste de talent parmi d’autres, s’il n’avait également été doté d’un solide carnet d’adresse. Qui a dit que l’artiste devait mourir de faim ? Sûrement pas Reynolds qui, à peine revenu d’Italie, va, grâce à ses multiples connaissances, devenir le portraitiste à la mode. Force est de constater qu’en plus, il aimait ça. Doté d’une grande culture, possédant charme et distinction, Reynolds allait faire de son atelier le rendez-vous du tout-Londres, produire quelques 2000 portraits en sus de ses scènes historiques et devenir, en 1784, premier peintre du roi après avoir été le Président de la Royal Académy (1768).

Visiter la préhistoire

La Préhistoire vous intéresse ? Suivez ce guide qui, lors de vos pérégrinations françaises, pourra vous permettre de découvrir les plus beaux sites de cette période, là où furent faites les plus belles découvertes.
Sites du paléolithique inférieur (Homo erectus) :
-À Montmaurin (Haute-Garonne) fut découvert un des plus anciens témoignages sur l’Homo erectus : une molaire !
-La grotte de Tautavel (Pyrénées-Orientales) est un des plus intéressants sites du Paléolithique ancien. En effet, c’est là que furent découverts, outre des outils et des ossements d’animaux divers (éléphants, rhinocéros, chevaux, ours, loups, lynx, lapins, belettes, aigles royals), les restes d’un Homo erectus qui vécu il y a 400 000 ans.
-Le site de Terra Amata (Alpes-Maritimes) contient, entre autres choses, des traces de feu volontairement allumés vers 400 000 avant J.-C. et une empreinte de pied humain qui permet d’estimer la taille de l’Homo erectus, soit 1m60.

Van Gogh : un fou… de peinture

Vincent Van Gogh (autoportrait).
Vincent Van Gogh (autoportrait).

Le destin tragique de Vincent Van Gogh semble tout entier inscrit  dans les traits farouches et tourmentés de ses autoportraits.
Que de souffrances dans ces yeux traqués et coléreux, que d’épreuves et de désillusions dans ce visage buriné et, surtout, quel contraste avec la joie exprimée dans les teintes lumineuses des tournesols ! Comment cet homme du Nord a-t-il réussi à parcourir le chemin qui mène au bonheur et à la lumière ? C’est là tout le mystère qui se situe au cœur même de l’œuvre et de la vie de ce peintre de génie. Le « voyage au bout de la nuit » qui le conduira de son village natal, dans le Brabant, aux paysages ensoleillés de Provence, il l’accomplira seul, avec pour uniques compagnes la pauvreté et la folie. C’est cette dernière qui l’emportera : le 27 juillet 1890, Vincent Van Gogh se suicide, d’une balle en plein cœur…

La femme mise à l’honneur chez « l’homme des cavernes »

De 25000 à 10000 avant J.-C., l’Europe, et plus particulièrement la France, va connaître une période de floraison artistique, où la peinture, le dessin, la sculpture acquièrent leurs premières lettres de noblesse.
C’est à Laugerie-Basse, en 1864, que fut découverte la première statuette de femme, à qui l’on donna le nom de « Vénus impudique ». Depuis, plus d’une vingtaine de ces Vénus, sculptées dans des matériaux divers, ont été retrouvées : à Grimaldi, la Vénus dite « le losange » est en stéatite verte, celle de Tursac provient d’un galet de calcite, la Vénus à la corne est en bas-relief, quant à la Dame à la capuche, la seule sur laquelle apparaissent les traits du visage (d’une finesse extrême), elle est en ivoire.

Gustave Courbet ou l’art réaliste

Le Hamac de Gustave Courbet (détail).
Le Hamac de Gustave Courbet (détail).

On peut trouver de nombreuses significations au mot "réaliste" : la désignation d’un style pictural mais également celle d’une façon de vivre son art. Et il semble bien que Gustave Courbet ait passé maître dans les deux matières.
Fils d’un riche propriétaire terrien, Gustave Courbet ne connaîtra jamais les affres des peintres maudits, la solitude, la faim, bref, tout ce qui fait la "légende" des grands peintres. Pas plus qu’il ne se présentera comme supérieur à ses prédécesseurs, à ses maîtres en peintures. De fait, c’est en copiant les anciens maîtres que Gustave Courbet assurera sa formation : Rembrandt, Hals, Velasquez : tels sont les noms des "professeurs" particuliers de l’artiste. Sans qu’il y trouve à redire ; sans qu’il se sente nécessairement en décalage avec ces maîtres reconnus. De fait, ceux sont eux qui le formeront et qui, au final, inspireront cet art particulier que l’on nommera "réalisme".

Dufy : la peinture sur tous les tons

La fenêtre ouverte, Nice, de Raoul Dufy.
La fenêtre ouverte, Nice, de Raoul Dufy.

De l’impressionnisme au fauvisme, du fauvisme au cubisme et du cubisme à la… haute couture ! Raoul Dufy (1877-1953) traverse le siècle en touche-à-tout génial. Ami des plus  grands peintres, il ne se cantonnera jamais dans un genre mais préfèrera s’initier à tous les courants picturaux du moment. Dufy a tellement peur de s’enfermer dans une façon de peindre, qu’il se force à pratiquer son art de la main gauche alors qu’il est droitier. Mais la véritable particularité de Raoul Dufy est l’emploi de son art au service de la haute couture.

L’art de l’orfèvrerie mérovingienne

Une reine mérovingienne (gravure du XIXe siècle).
Une reine mérovingienne (gravure du XIXe siècle).

En 1954, dans la crypte de la basilique de Saint-Denis, on mettait au jour des fibules circulaires en émaux, une longue épingle d’argent, des boucles d’oreilles en or ornées de corbeilles ajourées, des épingles à cheveux, une boucle de ceinture en argent, le tout dans un remarquable style typiquement byzantin. Pourtant ces bijoux appartenaient à la reine Arégonde, une des épouses de Clotaire Ier. Rien d’étonnant cependant, si l’on se souvient que les Celtes étaient eux-mêmes de grands artistes, qu’ils maniaient admirablement les métaux et qu’ils étaient en contact avec tout le monde oriental via la Grèce. Un lien qui devait perdurer avec le temps, être importé aussi par les empereurs romains autant que par les « Barbares » eux-mêmes –nombreux sont ceux qui vécurent aux limites de l’Empire byzantin. C’est ainsi que l’art wisigoth, notamment le travail de l’orfèvrerie, paraît typiquement byzantin…
L’orfèvrerie n’est d’ailleurs pas le seul art à faire l’apologie de ce style :  Ravenne, ses mosaïques, ses églises paraissent issues directement de la terre orientale !