Babylone, « la perle des royaumes »

Un amas de pierres dans le désert irakien : voilà tout ce qui reste de l’antique Babylone. Mais la cité mythique, chantée par les Grecs, condamnée par la Bible et où mourut le plus grand conquérant de tous les temps, Alexandre le Grand, revit à travers l’histoire, véridique ou parfois légendaire, de ses rois et de ses reines.
Indispensables « outils » de l’histoire, les archéologues, depuis un siècle et demi, tentent d’arracher au sable du désert les derniers vestiges de cette cité, placée au-dessus de toutes les autres.

La religion celte : de Bélénos à la tribu de Dana

Bien qu’il se limite actuellement à la Bretagne, à la Grande-Bretagne, à l’Irlande, à la Galice et à l’île de Man, le monde celtique était beaucoup plus étendu au début de notre ère et recouvrait aussi la Gaule, la Belgique et une grande partie de l’Allemagne et de l’Espagne. Après l’adoption du christianisme comme religion officielle de Rome, les cultes et les mythologies celtiques commencèrent à décliner.
Au Ve siècle, seul le Pays de Galles et l’Irlande conservaient encore le souvenir de la culture et des légendes celtes. Au Pays de Galles, où on se méfiait des écrits, le souvenir était entretenu dans les mémoires mais, en Irlande, les premiers moines missionnaires s’astreignirent, dès cette époque, à coucher sur le papier un nombre étonnant de légendes et de mythes. Cet effort de conservation, unique dans le monde celte, explique que l’on assimile aisément la « celtitude » à la mythologie irlandaise. Cet aspect réducteur n’est pourtant qu’une apparence. En effet, si les légendes et certains cycles mythologiques sont incontestablement de sources typiquement irlandaises, la religion était la même pour tout le monde celtique. Une religion étroitement liée à la nature et dont les divinités ne sont pas sans rappeler, par bien des côtés, celles de la mythologie scandinave.

Darius Ier le Grand

Darius Ier le Grand (mort en 486 avant J.-C.). Dessin réalisé d'après un bas-relief.
Darius Ier le Grand (mort en 486 avant J.-C.). Dessin réalisé d’après un bas-relief.

Membre de la garde royale de Cambyse, fils d’un satrape –un gouverneur de province- de Parthie, Darius devra à un  coup du sort –qu’il prétendra guidé par les dieux- de prendre la succession du souverain achéménide. En révolte contre le successeur de Cambyse, il s’associe avec sept autres jeunes nobles, défait le pseudo usurpateur, laissant à l’hippomancie –la divination par les chevaux- le choix du nouveau souverain. Grâce aux dieux, le cheval de Darius sera le premier à hennir, faisant de lui le successeur des Achéménides (521 avant J.-C.). Il faudra pourtant pas moins de deux ans au représentant des dieux pour convaincre son  peuple, deux années au cours desquelles les révoltes se multiplieront, deux années au cours desquelles Darius Ier livrera pas moins de dix-neuf batailles contre ses détracteurs. La légende qu’il forgera faisant de lui un Achéménide et donc l’héritier naturel de Cambyse n’y changera rien, l’ensemble des gouverneurs perses ne pouvant que constater sa prise de pouvoir, son  coup d’Etat.

Démosthène : tout sauf le Macédonien

Buste de Démosthène (384-322 avant J.-C.).
Buste de Démosthène (384-322 avant J.-C.).

Une anecdote en fait un des plus connus des orateurs grecs. Ce fils d’armurier, qui avait été dépouillé de son héritage après la mort de son père -il n’avait alors que sept ans-, s’adonnera à l’art de parler à l’école d’Isée. Mais Démosthène avait un défaut de prononciation qui le faisait railler de ses camarades. Pour y remédier, le jeune Démosthène s’entraînera à parler avec des cailloux dans la bouche. Une réussite semble-t-il puisqu’il deviendra un orateur réputé de la cité d’Athènes. Un don qu’il devait rapidement mettre au service de sa ville dont il sera un des plus ardents défenseurs. De fait, Athènes semblait le dernier obstacle aux ambitions démesurées d’un certain Philippe de Macédoine, le père d’Alexandre le Grand. Toute l’énergie de Démosthène sera mise en branle afin de tenter d’arracher les Athéniens à leur insouciance, à leur manque de perspective. Une énergie qui se traduira par des discours enflammés, les Philippiques, les Olynthiennes, le discours Contre la lettre de Philippe participent à cette tentative ultime. En vain. Car Philippe devait vaincre cette résistance par les armes. En 338 avant J.-C., il battait les Athéniens à Chéronée.

Livie : un « maître » pour Agrippine

Auguste et Livie (détail d'une peinture de J.-B. Wicar).
Auguste et Livie (détail d’une peinture de J.-B. Wicar).

Messaline, Agrippine : voilà des noms que l’on connaît et pas de la meilleure façon qui soit. Mais Livie dans tout ça ? La femme d’Auguste est loin d’être exempte de tout reproche ; elle ressemblerait même assez à Agrippine, dont on peut dire qu’elle sera, par son histoire, une sorte de maître dans l’art de conspirer.
Cette héritière de la gens Claudia avait épousé Tiberius Claudius Nero dont elle avait un fils, le futur empereur Tibère, et dont elle attendait un second fils, Drusus, lorsqu’Auguste s’éprit d’elle et en fit son épouse (38 avant J.-C.). Son mariage avec le plus haut représentant de l’Etat étant demeuré stérile, Livie n’aura de cesse de mettre son ou ses fils sur le trône de cet empire qui se dessinait à grands pas. Mais être la femme d’Auguste ne permettait pas tout ; surtout, cela n’éliminait pas tous les autres prétendants à la succession de celui qui avait volontairement refusé d’être empereur en titre tout en en assumant toutes les fonctions. C’était donc un destin exceptionnel que Livie voulait pour les fils de Tiberius Claudius Nero.
De fait, sa propre succession sera la grande affaire d’Auguste. Pour se faire, il octroie à son neveu -le fils de sa soeur- le pontificat et l’édilité alors même qu’il n’est qu’un adolescent ; il octroie à Marcus Agrippa, un de ses meilleurs généraux, deux consulats successifs, puis en fait son gendre. Et si ses beaux-fils, les fils de Livie, deviennent « imperator », Auguste adopte les fils d’Agrippa, Caïus et Lucius. Il semble bien que ce soit sur eux que le maître de Rome ait fondé le plus d’espoir. C’est donc sur eux que Livie s’acharnera.

Les lamentations de Jérusalem

Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ; pleurez plutôt sur vous et sur vos enfants !  avait prophétisé le Christ en montant au Golgotha.
Le 7 septembre 70 après J.-C., l’État juif n’existe plus et Jérusalem, la ville sainte des juifs, n’est plus qu’un tas de cendres…
C’est en 63 avant J.-C. que Jérusalem, conquise par Pompée, passe, avec le reste de la Palestine, sous la domination romaine. Depuis, la rébellion ne cesse de croître contre l’envahisseur romain. En 66 après J.-C., l’agitation est à son comble et la révolte finit par éclater : les insurgés mettent à mort les grands-prêtres, favorables aux Romains, et massacrent la garnison romaine. Après quatre ans de lutte et cinq mois d’un siège acharné, Titus, le fils de l’empereur Vespasien, soumet la ville rebelle. Le bref sursaut des juifs, en 135, aura pour conséquence de rayer définitivement l’État juif de la carte… pour presque deux mille ans.

Le chant des sirènes

La sirène classique, d'après un tableau du XIXe siècle.
La sirène classique, d’après un tableau du XIXe siècle.

S’il est l’être merveilleux qui nous paraît le plus familier, paradoxalement, la sirène est le plus méconnue. Point de jambes changées en queue de poisson ; pas de mélopées ensorcelantes : la sirène, décidément, n’a rien à voir avec l’image qu’on s’en fait.
C’est Homère, dans l’Odyssée, qui, la première fois évoque les sirènes. L’épisode est connu : mis en garde par Circé, Ulysse bouchera les oreilles de ses marins et se fera attacher au mât de son navire afin de profiter, seul et sans danger, du « chant » enivrant de ces dames. Mais s’il les cite, pas une fois, Homère ne décrit les sirènes. Quant à leur don en matière de chant, nous aurons l’occasion d’y revenir.
A partir de cet épisode, va se construire un des mythes les plus fameux. Les successeurs d’Homère vont étoffer ce mythe, allant jusqu’à doter les sirènes d’une ascendance. Filles d’Achéloos -un dieu fleuve- ou de Phorcys –un dieu marin- et, au choix, de Stéropé –une des Pléïades-, de Calliope –muse de la poésie-, de Melpomène –muse du chant- ou de Gaïa –la Terre-, les sirènes vont aussi se multipliées. Au nombre de deux chez Homère, elles sont ensuite trois ou six et sont parfois associées à Perséphone, déesse des Enfers, dont elles forment le cortège. On s’en doute, les auteurs antiques vont broder à loisir sur les aventures impliquant les sirènes qui, après Ulysse, vont échouer à séduire Jason puis Orphée. Il semblerait d’ailleurs qu’elles n’aient guère remporté de succès… Pas même dans les concours de chant ! 

Anubis, le chien des morts

Anubis et Osiris entourant un défunt (iconographie reproduite d'après un papyrus antique).
Anubis et Osiris entourant un défunt (iconographie reproduite d’après un papyrus antique).

De la même façon que Cerbère est le gardien des Enfers dans la mythologie grecque, étonnement, celui qui préside à l’embaumement, à la momification, bref, au culte funéraire des Egyptiens est également représenté sous l’apparence d’un chien -et non d’un chacal. Le dieu Anubis, forme grecque de l’égyptien Inpou ou Anepou, apparaît en effet, dès la Ve dynastie, donc dès 2500 avant J.-C., dans les tablettes. De fait, il est donc aussi ancien qu’Osiris, auquel la fonction funéraire est également dévolue. D’ailleurs les points communs entre les deux divinités ne s’arrêtent pas là. En effet, si Osiris est, par excellence, le dieu des morts, celui présidant au jugement de l’âme, la mythologie qui l’entoure en fait aussi le dieu de l’autre vie, de la résurrection… Or, la couleur noire dont est parée Anubis est, selon les spécialistes, due à la couleur du bitume servant à la momification, bitume -et par extension couleur- symbole de renaissance.
Frère, père ou fils d’Osiris selon les interprétations mythologiques, Anubis a pourtant l’allure du jumeau d’Osiris, au point que l’on peut légitimement se demander s’il n’est pas une facette, une incarnation de cette divinité.

Amon contre Aton ?

Buste d'Aménophis IV devenu Akhenaton.
Buste d’Aménophis IV devenu Akhenaton.

Parce qu’Akhenaton a persécuté les prêtres d’Amon, fait effacer les cartouches même de la divinité ; parce que la réponse de Toutankhamon et, à travers lui, du clergé thébain, atteint à la même brutalité, le même radicalisme, on a tendance à opposer les deux divinités. Pourtant, peut-on vraiment opposer Amon à Aton ?
"Dieu caché", "Dieu mystérieux", selon les significations qui sont faites de son nom, Amon fait partie, dès l’origine, des divinités célestes. Mais ce n’est qu’après son association avec le dieu Soleil Rê, qu’il prend une dimension véritablement nationale (sous la XIIe dynastie, soit entre le XXe et le XVIIIe siècle avant J.-C.). Une "solarisation" qui s’étend à d’autres divinités égyptiennes et qui revient à faire de Rê le dispensateur de la vie, le principe de la création. Roi des dieux, roi créateur parce qu’associé au soleil, dieu de la vie, représentée par l’attribut de l’ankh -la croix ansée-, "seigneur de l’éternité" mais aussi de la justice, "dieu de pitié", protecteur des pauvres, "berger qui pardonne", Amon est, d’après les hymnes et les prières qui lui sont adressées, une divinité multifonctions, une divinité qui concentre en elle tous les pouvoirs… au point d’acquérir un statu d’unicité. Une unicité qui n’est pas un monothéisme et qui se retrouve dans la plupart des mythologies ; une unicité que l’on retrouve chez Aton avec, là aussi, des suspicions de monothéisme ; une multifonctionalité semblable à celle perceptible chez Atoum et qui fait également de cette divinité un dieu primordial, un dieu créateur. Comme chez Amon, la divinité solaire de Rê lui sera associée jusqu’à ce qu’Atoum apparaisse comme le soleil levé mais également couché et donc, en tant que tel, comme une divinité de la mort. Un statu qu’évoque le Livre des morts, qui fait finalement d’Atoum l’incarnation nocturne du soleil quand Rê en est la représentation diurne.

Sainte Geneviève, patronne de Paris

Sainte Geneviève (422-502).
Sainte Geneviève (422-502).

Dans les pires moments de son histoire, la France a été sauvée par des femmes, c’est pourquoi sainte Geneviève, au même titre que sainte Jeanne d’Arc, est la patronne de la France.
Selon sa Vie, sainte Geneviève s’est elle-même consacrée à Dieu alors qu’elle n’avait que sept ans et a pris le voile à l’âge plus raisonnable de quinze ans.
Mais c’est en 451 que sainte Geneviève va acquérir ce titre de patronne de la France et de Paris : Attila, ce barbare venu du fond de la Tartarie, « s’avance vers le Rhin à la tête de cinq cent mille hommes,