Les Croisés prennent Jérusalem

En 1095, plus de sept cent mille Croisés quittent l’Europe et se mettent en route vers la Terre Sainte. Les Provençaux sont commandés par Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse et par le légat du Pape ; les Français par Étienne de Blois, Hugues de Vermandois, frère du roi de France et le Normand Robert Courteheuse, fils du Conquérant ; les Flamands suivent Godefroi de Bouillon et les Normands de Sicile Bohémond de Tarente et son neveu Tancrède.
Durant quatre années de marche et de guerre, beaucoup sont morts, d’autres ont abandonné. Certains chefs ont fui même, tel Hugues de Vermandois, Robert Courteheuse ou Étienne de Blois. Et, en juin 1099, ils ne sont que soixante mille sous les remparts de Jérusalem.

Création des Archives royales

Il suffira d’une simple bataille, dans l’éternel conflit entre la France et l’Angleterre, pour que soit créée l’une des institutions les plus importantes de France, tout particulièrement pour les historiens : les Archives royales.
En effet, le 3 juillet 1194, Philippe Auguste est battu par Richard Cœur de Lion à Fréteval. En soi, l’incident n’aurait pas grande importance si les Anglais n’avaient pas profité de l’occasion pour s’emparer des archives qui suivaient partout le roi.
Philippe Auguste, jurant que l’on n’y reprendrait pas, décide dès lors de conserver le Trésor des chartes à Paris même, dans le palais de la Cité. On peut donc dater de ce moment la création des Archives royales -devenues plus tard impériales et enfin nationales.

La révolution avortée de 1484

Charles VIII (1470-1498).
Charles VIII (1470-1498).

Suite à la mort de Louis XI, le peuple se sentit si soulagé qu’il s’en prit aux anciens conseillers de ce roi qu’il avait détesté. La couronne avait échu à un enfant de treize ans et il paraissait évident pour tous que le jeune roi ne pouvait gouverner seul au milieu de ces débordements. On décida donc la réunion d’états généraux qui s’ouvrirent le 15 janvier 1484 à Tours. Là, un seigneur bourguignon, Philippe Pot, se leva et, devant tous et alors que les princes réclamaient le gouvernement du royaume à cor et à cri, déclara :
-Le peuple souverain créa, à l’origine, des rois par son suffrage… N’avons-nous pas lu souvent que l’État est la chose publique ? La chose publique n’est que la chose du peuple ; c’est lui qui l’a confiée aux rois…

Les sorcières de Marmande

Une sorcière sur son balai (détail d'une gravure du XVIe siècle).
Une sorcière sur son balai (détail d’une gravure du XVIe siècle).

En 1453, à Marmande (Lot-et-Garonne), si l’on était une femme, il n’était pas bon de se voir accusée de sorcellerie.  Les habitants ne faisaient pas dans la dentelle… on exécutait et torturait sans même entreprendre un procès. Voici l’histoire de plusieurs femmes à qui cela est arrivé, à cause du laxisme de deux des consuls de la ville.
La ville de Marmande se situe entre Bordeaux et Toulouse, non loin d’Agen.
Deux consuls de cette ville, par leur faiblesse et leur couardise, ont laissé s’accomplir sous leurs yeux, en 1453, des actes de férocité populaire, trop connus alors. Il s’agit de : Jehan de Sompère et Jehan de Guinhon, marchands, et deux des huit consuls de la cité.
En 1453, une épidémie exerçait ses ravages à Marmande. Le peuple, incapable d’attribuer à des causes naturelles le fléau qui le frappait, devait, comme toujours, en chercher de surnaturelles. Dans ces sortes de cas, la meilleure ou la seule explication possible, était que le mal était dû à quelque art diabolique. Quand les idées de sorcellerie étaient dans les têtes, on se doute des agissements qui pouvaient s’ensuivre à la moindre occasion.

Les fiers seigneurs des Baux

Médaille du Roi René (1409-1480).
Médaille du Roi René (1409-1480).

"Race d’aiglons, jamais vassale" : telle était la devise des seigneurs des Baux, une des familles les plus importantes de l’histoire de Provence ; une famille qui prétendait au titre de comte de Provence ; une famille qui faisait remonter sa lignée au roi-mage Balthazar, dont elle portait l’étoile sur son blason.
Le mariage, en 1120, d’Etiennette de Gévaudan, dernière représentante de la famille de Boson, avec Raymond des Baux allait entraîner pas moins d’un demi-siècle de conflit entre les seigneurs des Baux et les comtes de Provence, dont ils disputaient le titre. De fait, plus qu’une querelle de seigneurs, ce conflit sera également celui des princes catalans contre les empereurs germaniques, ces derniers soutenant les prétentions des seigneurs des Baux. Arles sera prise par les comtes de Provence ; la citadelle des Baux elle-même tombera aux mains des princes catalans… sans pour autant décourager totalement les seigneurs des Baux, certains de leur bon droit. Des seigneurs qui, d’ailleurs, ne cesseront de revendiquer leur droit au comté ou au moins à l’indépendance… jusqu’à extinction complète de la lignée. A la mort de la dernière princesse des Baux, Alix, la seigneurie tombera dans l’escarcelle des comtes de Provence, alors personnifié par le fameux roi René, qui en fit don à son  épouse, Jeanne de Laval. La promesse avait été tenue et les seigneurs des Baux n’avait jamais été vassaux.

Les Vandales ou la ruine comme mode de vie

Un guerrier
Un guerrier "barbare" (bas-relief antique).

Il est des peuples qui méritent décidément leur réputation. Tel est le cas des Vandales, peuplade germanique qui marquera le Ve siècle après J.-C. par la politique de dévastation systématique qu’elle semble avoir mise en place. Et contrairement aux autres peuples germaniques que l’on injustement qualifiés de "barbares", les Vandales, eux, sauront se faire craindre et haïr… même des autres Germains. En effet, alors qu’à la suite des Suèves et des Alains, ils avaient quitté la Pannonie et la Dacie -où ils s’étaient établis au IIIe siècle, les Vandales vont se jeter sur la Gaule comme une meute de loups affamés. Deux années durant, ils ravageront ce territoire de passage avant de pénétrer, en 409, en Espagne… d’où ils seront chassés par les Wisigoths. Poussés, repoussés toujours plus au sud par les autres peuples germaniques, les Vandales, sous la conduite du terrible Genséric, vont enfin pouvoir établir leur royaume. Un royaume enlevé de force à l’empire romain ; un royaume avec Carthage pour capitale. De Berbérie, dont ils ont su se rendre maître si l’on excepte quelque poches de résistance chrétiennes-, de Carthage comme des principales cités côtières, les Vandales vont alors mettre sur pied leurs nombreuses opérations de piratage à travers toute la Méditerranée. Ces premiers "barbaresques" -terme employé pour désignés les pirates musulmans qui sévissaient en Méditerranée du XIVe au XVIIIe siècle- pilleront ainsi la Corse, la Sicile, la Sardaigne, les côtes espagnoles.

La Bulgarie : le prix de l’indépendance

Le serment des Byzantins avant la bataille d'Aheloy où Simeon Ier le Grand sortira vainqueur (détail d'une miniature).
Le serment des Byzantins avant la bataille d’Aheloy où Simeon Ier le Grand sortira vainqueur (détail d’une miniature).

Les provinces romaines de Mésie et Thrace sont à l’origine de ce pays qui, vers l’an 660, fut conquis par les Bulgares. C’était la première fois que ce groupe ethnique, d’origine finno-ougrienne, apparaissaient au delà du cours de la Volga. Mêlés aux peuples slaves, apparus dans la région dès le VIe siècle, et aux Thraces romanisés, les Bulgares allaient édifier un royaume qui perdurera du VIIIe siècle au XIIIe siècle.
De fait, les Bulgares vont totalement s’intégrer à cette contrée située aux frontières de l’Europe : ils adoptent une langue slave, se convertissent au christianisme vers le IXe siècle et, dès ce moment, entame une lutte difficile afin de préserver leur indépendance face à l’empire byzantin. Les tsars Simeon (888-927) et Samuel (997-1014) en seront les principaux acteurs comme ils porteront la Bulgarie à son apogée. Soumise de 1018 à 1186, la Bulgarie devait recouvrer son indépendance. Symbole de ce nouveau royaume, l’abandon de la capitale de Bolgary au profit de Tirnovo.

Les Seldjoukides font main basse sur le monde musulman

La bataille de Manzikert.
La bataille de Manzikert.

C’est dans le Turkestan occidental que voit le jour, au cours du Xe siècle, la tribu des Seldjoukides. Son nom vient de son premier chef, Seldjouk, qui conduisit sa tribu des bords de la Syr-Daria au Turkestan avant qu’elle ne s’établisse dans la région de Boukhara (vers 985). Soldats de Samanides -une dynastie persane-, les Seldjoukides allaient bénéficier de la chute de ces derniers pour se faire céder, par les Ghaznévides qui leur succédaient, le Khorassan. C’est là, vers 1035, que les Seldjoukides vont se révéler sous l’impulsion de Toghroul-beg, leur chef.
Ardent musulman sunnite, ce dernier devait soumettre toute la Perse et apporter son soutien au calife de Bagdad, alors sous la coupe de chiites.De fait, l’expansion des Seldjoukides devait très largement bénéficier de l’anarchie dans laquelle se trouvait le monde musulman au XIe siècle. Car à l’opposition religieuse entre chiites et sunnites, s’ajoutait le morcellement politique. A Bagdad, par exemple, le calife, sous tutelle iranienne, voyait battue en brèche l’autorité des Fatimides d’Egypte ; la Syrie était le proie des luttes entre les dynastie locales depuis que les Ommeyyades avaient disparu du champ politique.
Toghroul-beg allait pleinement profiter de la situation. Entré en maître à Bagdad après avoir soumis toute la Perse, Toghroul-beg devait s’imposer comme vicaire temporel du calife abbasside qui lui donnera le titre de « sultan » en sus de sa propre fille. Le successeur de Toghroul-beg, son neveu Alp-Arslan tentera d’intégrer les Seldjoukides dans un Etat centralisé et hiérarchisé.

Orléans : première victoire de la pucelle

Cela fait sept longs mois que la ville d’Orléans tente de résister aux Anglais. Affamée, la cité est prête à se rendre quand, le 29 avril 1429, ils voient l’étendard frappé aux armes de France menant les troupes royales de Jeanne d’Arc.
Partie de Chinon la veille, la jeune guerrière pénètre dans la ville à vingt heures sonnantes. Ses troupes et celles de Jean Dunois, comte de Longueville, dit le « bâtard d’Orléans », tentent alors de briser l’encerclement ennemi.

La légende des Nibelungen

Tout a commencé un jour que Loki, le dieu du feu, Hœnir et son frère Odin se promenaient dans le Midgard, le monde des hommes. Voyant une belle loutre, Loki la tua avec une pierre puis les trois dieux l’emportèrent dans la demeure d’un magicien, Hreidmar, à qui ils demandèrent l’hospitalité. Le magicien se rendit alors compte que la loutre n’était autre que son fils, Otter. Furieux, Hreidmar et ses deux autres fils, Fafnir et Régin, emprisonnèrent les dieux, réclamant comme dédommagement autant d’or que l’on pouvait en étaler sur la peau de la loutre. Mais cette peau était magique et s’étirait à l’infini.