Rameau et la découverte de l’opéra

Après une jeunesse consacrée à étudier divers instruments, puis à parcourir le nord de l’Italie, Jean-Philippe Rameau (1683-1764), fils d’un organiste de Dijon, arrive à Paris où il se voit confier par Voltaire et par l’abbé Pellegrin l’accompagnement musical de leurs pièces. La réussite commence avec Hippolyte et Aricie de Pellegrin, en 1733, faisant ainsi de l’opéra français un « plaisir unique fait de cent plaisirs ». Dès ce moment, il va de succès en succès, devenant une référence en matière de musique. Les honneurs pleuvent. Après son Traité d’harmonie, il rédige la plupart des articles de l’Encyclopédie consacrés à la musique. Il meurt en pleine gloire, en 1764.

Dioclétien stabilise l’Empire

Dioclétien (245-313).
Dioclétien (245-313).

Après cinquante années d’anarchie, pendant lesquelles les légions se disputent le pouvoir, donnant le trône à des empereurs éphémères, l’armée de Chalcédoine élit, en 284, un nouvel empereur du nom de Dioclétien. D’humble naissance ce dernier va cependant faire preuve d’une grande intelligence politique et stabiliser enfin l’empire.
Trop vaste pour être gouverné par un seul homme, l’empire comprend alors tout le pourtour méditerranéen, l’Espagne, la Gaule, la Bretagne, une partie de la Germanie, les Balkans actuels, la Turquie et une partie de l’Égypte. Aussi, quand il prend le pouvoir, Dioclétien commence-t-il par partager l’empire : lui-même se réserve le gouvernement de l’Orient pendant que Maximien prend en charge l’Occident.

Christine, reine de Suède

>Christine de Suède en compagnie de Descartes.
Christine de Suède en compagnie de Descartes.

J’espère que cette fille me vaudra un garçon ! s’exclame Gustave-Adolf, le 8 décembre 1626, à la naissance de Christine, son héritière.
Six ans plus tard, le 8 décembre 1632, le palais célèbre l’anniversaire de la princesse quand une rumeur monte de la rue :
-Le roi est mort, le roi est vivant !
Gustave-Adolf est mort et la nouvelle reine, Christine, n’a que six ans. Le 30 octobre 1650, elle est couronnée et devient ainsi officiellement reine de Suède. La nature n’a pas été généreuse avec cette reine de vingt-quatre ans qui « n’a de prétendants que parce qu’elle a un royaume ». Passionnée de chasse, d’équitation et d’exercices violents, Christine introduit néanmoins le goût de l’esprit français à la cour de Suède. Elle accueille des artistes, des savants et des philosophes qui font de sa cour l’un des premiers centres culturels d’Europe.
Solitaire, désemparée, la souveraine tente de trouver refuge dans la religion. Elle décide alors de se convertir au catholicisme.

Le Prince Eugène

Le Prince Eugène de Savoie-Carignan (1663-1736).
Le Prince Eugène de Savoie-Carignan (1663-1736).

Parce que Louis XIV l’avait écarté, ce petit-neveu de Mazarin par sa mère, également fils et héritier du duc de Savoie-Carignan, va offrir ses services à l’Autriche… qui certainement due en être fort reconnaissante au Roi-Soleil. De fait, le Prince Eugène, qui entre au service de l’Autriche en 1683, devient feld-maréchal d’empire à peine quatre ans après. Il ne cessera, par la suite, de s’illustrer, que ce soit contre les Turcs -à Mohacs en 1687 et, surtout, à Zenta en 1697 où il remporte une victoire décisive- ; dans la guerre de Sucession d’Espagne, durant laquelle il remporte de grandes victoires contre les Français en Italie du nord ; en Allemagne ou, avec la complicité du duc de Marlborough, il anéantit l’armée franco-bavaroise et plaça tout le Milanais et la Lombardie sous l’influence autrichienne ; en Flandre, où il met les Français en déroute à Oudenaarde. C’est finalement Villars qui, à Denain, en 1712, aura raison du Prince Eugène. En 1714, alors qu’il est désigné parmi les négociateurs du traité de Rastatt, il se révèle un diplomate habile mais c’est encore vers la guerre le porteront ses pas, les hostilités ayant repris avec les Turcs. Peterwaradin, Belgrade : autant de victoires, autant de conquêtes ou de reconquêtes qu’il n’aura de cesse d’assurer, favorisant la colonisation des terres conquises sur les Turcs, étendant au mieux l’influence impériale.

Surcouf, l’aventurier des mers

Immortalisé par toute la littérature populaire, Robert Surcouf est né à Saint-Malo le 12 décembre 1773.
Fougueux et indiscipliné dès son plus jeune âge, il embarque pour les Indes en tant que mousse : il a à peine treize ans. Devenu lieutenant en 1791, il fait plusieurs voyages entre Madagascar et l’île Bourbon (La Réunion) comme négrier. Mais c’est surtout en tant que corsaire que Surcouf se distingue : à bord de l’Émilie, de la Clarisse, de la Confiance et du Revenant, il sillonne l’océan Indien, attaquant les navires anglais qu’il rencontre. Surcouf devient alors la «bête noire» de la Compagnie des Indes qui met sa tête à prix, sans aucun succès.
Devenu extrêmement riche, il revient à Saint-Malo où il s’installe comme armateur avant de mourir en 1827. Surcouf reste l’un des pirates les plus admirés et ses aventures ne cessent de faire rêver les adultes et les enfants.

Saint Thomas Becket

Vous me haïrez bientôt autant que vous m’aimez, car vous vous arrogez, dans les affaires de l’Église, une autorité que je n’accepte pas. Il faut que l’archevêque de Cantorbéry offense Dieu ou le roi.
Lorsque Henri II élève son ami et chancelier, Thomas Becket, à la charge d’archevêque de Cantorbéry, en 1162, ce dernier expose très clairement sa politique à venir.
Né à Londres en 1117, Thomas Becket gagne rapidement les bonnes grâces d’Henri II et soutient sa politique lors de ses années de chancellerie. Mais, une fois archevêque de Cantorbéry, Thomas change totalement sa façon d’être : il abandonne le luxe dans lequel il vivait et, contrairement aux attentes du roi, défend l’Église d’Angleterre coûte que coûte. Opposé aux édits de Clarendon qui permettent au roi de soumettre le clergé à la justice royale, persécuté, il trouve refuge en France.

Les colères d’Étienne Dolet

Etienne Dolet (1509-1546).
Etienne Dolet (1509-1546).

Sans doute l’un des plus brillants humanistes de son temps, à la fois poète, grammairien et traducteur d’œuvres grecques et latines. Mais aussi un intellectuel turbulent, impétueux, en rébellion contre toutes les autorités religieuses ou politiques. Une légende tenace -et sans fondement historique- fait d’Étienne Dolet un fils naturel de François 1er. Mais il est vrai que le roi interviendra à deux reprises pour le sauver de la prison et du bûcher. En 1542, il s’établit comme imprimeur à Lyon et lance de violentes attaques contre Rabelais, Marot et Érasme.

Une nymphomane à la cour de France ?

Portrait de la Reine Margot (1553-1615).
Portrait de la Reine Margot (1553-1615).

Personnage politique de faible importance, Marguerite de Navarre a acquis une postérité exceptionnelle pour son rang. Une postérité née avant tout de la réputation sulfureuse qu’on lui a attribuée. Reste à savoir si elle est méritée. Elevée à la cour avec ses frères, pourvue d’une solide culture, le Reine Margot comme on l’appellera désormais, eut certes des aventures… mais pas plus que ses frères ou son époux. Mariée à Henri de Navarre, pour lequel elle n’éprouvait guère d’inclinaison, Margot aura surtout le mauvais goût de s’amouracher du chef de la Ligue, le très catholique Henri de Guise. Un amour fortement teinté de politique et de désir de s’affranchir. Un amour qui lui coûtera la liberté puisque son frère Henri III la fera enfermer à Nérac dès 1583. Une prison dorée d’où elle animera une cour jeune, brillante et gaie… Peut-être un peu trop gaie d’ailleurs puisqu’en 1587, elle est enfermée dans le château d’Usson, en Auvergne, où elle restera dix-huit ans. Quand Henri IV devient roi de France, il n’a rien de plus pressé que de faire annuler son mariage par le pape Clément VIII, ce que beaucoup verrons comme une preuve de ses trop nombreuses infidélités. La vérité oblige à dire que le nouveau souverain avait surtout besoin d’argent, d’où son désir de contracter une union plus prometteuse pour sa trésorerie…
Revenue à Paris en 1605, la reine Margot y meurt le 27 mars 1615. Elle laisse des Poésies et des Mémoires, mais reste, dans l’esprit de beaucoup, le symbole de cette époque de mœurs dissolues que fut la fin du XVIe siècle.

Anne, dernière duchesse de Bretagne

Anne, héritière de François II, duc de Bretagne, succède à son père à la tête du duché en 1488… elle a tout juste douze ans. Très vite, la petite duchesse saura rallier tout son peuple autour d’elle pour tenter de préserver l’indépendance du duché. Mais c’est peine perdue et, en 1492, après que la Bretagne ait été soumise, Anne doit finalement se marier avec le jeune roi de France, Charles VIII (1483-1498).

Ravachol, le fauve de l’anarchie

Au cours du mois de mars 1892, deux bombes, visant des magistrats ayant récemment condamné des anarchistes, explosent à Paris. Il n’y a pas de mort mais cinq blessés dans le deuxième attentat, dont une petite fille de quatre ans. La capitale est sous le choc !
Pour la police, il ne fait pas de doute que le fin mot de l’histoire se trouve dans les milieux anarchistes : elle arrête certains sympathisants et apprend l’existence d’un certain Léger. D’allure plutôt bourgeoise, il serait originaire de Saint-Étienne. Aussitôt la police communique à la presse le signalement du suspect qui est arrêté, alors qu’il exposait ses théories au restaurant Véry, quelques jours plus tard. On apprend alors que l’auteur des attentats, car il le reconnaît bien volontiers, s’appelle en fait Ravachol et qu’il est teinturier. Dans sa maison de Saint-Mandé, on découvre un arsenal impressionnant.