Olympe de Gouges : une féministe à l’échafaud

Une femme a le droit de monter à l’échafaud, elle doit également avoir celui de monter à la tribune, proclame Olympe de Gouges dans sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne.
Venue de Montauban à Paris à vingt ans, Marie Olympe Gouze, devenue Olympe de Gouges (1748-1793) est un auteur reconnu à la Comédie-Française quand éclate la Révolution.
Elle tente alors de faire évoluer le statut de la femme, plus particulièrement dans le domaine politique. Certes, les clubs de femmes existent à Paris, mais Olympe veut aller plus loin : les femmes, qui représentent la moitié de la Nation, ont aussi droit à la parole, elles doivent avoir leur place à l’Assemblée.

Lulli, père de l’opéra français

Arrivé en France dès treize ans, le jeune Jean-Baptiste Lulli entre au service de Mademoiselle de Montpensier où il passe rapidement maître dans l’art de jouer du violon et de fomenter des intrigues. Admis dans l’entourage de Louis XIV pour ses talents de danseur et d’acteur comique, il devient chef de la « bande des petits violons » et se met à composer quelques ballets.
Associé à Molière, pour lequel il écrit plusieurs comédies-ballets, il devient surintendant de la musique en 1661. Commence alors, pour Lulli, une autre carrière, plus ambitieuse, plus prolifique. Dédaignant l’influence italienne, Lulli se lance avec un vif succès dans l’art lyrique.

Barberousse ou la légende du Grand Roi

Miniature représentant Frédéric Ier Barberousse (1122-1190) en croisé.
Miniature représentant Frédéric Ier Barberousse (1122-1190) en croisé.

Roi des Lombards, Frédéric Ier de Hohenstaufen, dit Barberousse,  empereur germanique depuis 1152, est, avant tout, un conquérant et c’est contre la papauté que se déroulera son plus long combat. Les cités lombardes, officiellement vassales de l’Empire, sont en perpétuelle révolte et le pape Alexandre III les soutient face au très redoutable Barberousse. Le conflit qui oppose les Gibelins, les hommes de l’Empereur, et les Guelfes, surnom de la dynastie précédente, va s’étendre de l’Empire à l’Italie et durera dix-sept ans. Pourtant, bien que vaincu en Italie, Barberousse va continuer ses multiples combats, créant ainsi sa réputation de souverain qui n’accepte ni le déshonneur ni la défaite.

« Murat l’Avantageux »

Joachim Murat, roi de Naples et maréchal d'Empire (1767-1815).
Joachim Murat, roi de Naples et maréchal d’Empire (1767-1815).

Dans son uniforme rutilant, coiffé d’un beau chapeau empanaché, « Murat l’Avantageux » caracole devant les Napolitains : le fils du tavernier de Labastide-Fortunière est désormais roi de Naples !
Engagé, très jeune, dans la cavalerie, Joachim Murat va faire preuve, tout au long de sa vie, d’une bravoure extraordinaire au combat. Et le 13 Vendémiaire, il se fait remarquer par Bonaparte, devient son aide de camp et participe aux campagnes d’Italie et d’Égypte. Devenu général de division, il participe au coup d’État de Brumaire et épouse la toute dernière sœur de Bonaparte, Caroline.
Mais l’ambition de Murat est sans limite. Il devient maréchal d’Empire, en 1804, puis obtient le royaume de Naples, pour se consoler de n’avoir pas eu le trône d’Espagne ni celui des Deux-Siciles, alors aux Anglais.
Dès lors, Murat n’a d’autre ambition que de reconquérir son royaume de Sicile, quitte à abandonner l’armée impériale durant la retraite de Russie ou bien encore à comploter avec les ennemis de l’Empereur.

La pomme de Newton

Isaac Newton est né dans le comté de Lincoln en 1642, l’année même où meurt… Galilée. Après des études studieuses à Cambridge, Newton y enseigne dès 1665. Ses recherches scientifiques sont rapidement publiées, notamment par la Société royale de Londres, mais la nouveauté de ses idées entraîne nombre de désaccords. Astronome, mathématicien, il publie en 1687 son œuvre maîtresse intitulée Principes mathématiques de la philosophie naturelle, où il expose sa théorie sur la loi de l’attraction universelle. Une anecdote dit qu’il énonça ce principe, voyant tomber une pomme.
En 1688, il devient membre du parlement pour défendre les droits de l’Université contre les prétentions du roi Jacques II Stuart. Plus tard, on le charge de représenter l’Université à la chambre des communes. En 1705, il est anobli et fait chevalier. Il meurt à Kensington en 1727.

Pierre l’Ermite, le héraut malheureux de Dieu

Le 18 novembre 1095, les cris de Dieu le veut ! retentissent sous les murs de Clermont. Le pape Urbain II (1042-1099) vient de lancer un appel solennel à la Croisade après que Pierre l’Ermite l’ait convaincu de délivrer les Lieux Saints à Jérusalem.
Pierre l’Ermite est né dans le diocèse d’Amiens. Devenu veuf, il prend l’habit de moine.
-C’est, dit un chroniqueur du temps, un homme de petite taille et d’un extérieur misérable, vêtu d’une tunique de laine et d’un manteau de bure qui descendait jusqu’au talon, et marchant les bras et les pieds nus ; mais son esprit était prompt et son œil perçant, son regard pénétrant et doux, sa parole éloquente; une grande âme habitait ce faible corps et il prêchait partout le peuple avec une merveilleuse autorité.
Accompagné de Gauthier Sans-Avoir, un chevalier bourguignon, Pierre l’Ermite parcourt les campagnes de France et même d’Europe. Parti avec quinze mille Français, il traverse l’Allemagne, la Hongrie et la Bulgarie pour atteindre enfin Constantinople avec cent mille hommes et femmes portant une croix rouge sur leur vêtements.

Arteveld fait sa révolution

Statue de Jacques van Arteveld (v.1290-1345).
Statue de Jacques van Arteveld (v.1290-1345).

La guerre de Cent Ans, loin de se cantonner au territoire français, va aussi toucher, de manière indirecte, la Flandre.
Parce que Louis de Nevers est vassal du roi de France, il décide, en 1337, d’arrêter les importations de laines anglaises dans son pays, plongeant la Flandre dans une crise économique sans précédent. Un bourgeois de Gant, Jacques Van Arteveld, soulève la population de la ville dès décembre 1337 puis Bruges, Ypres et la Flandre toute entière. Van Arteveld s’empare alors du pouvoir et signe avec l’Anglais Édouard III un traité d’alliance économique.

La « dame de fer » de Louis XIV

Françoise d'Aubigné, marquise de Maintenon (1635-1719).
Françoise d’Aubigné, marquise de Maintenon (1635-1719).

Des maîtresses, des favorites, Louis XIV en eut. Mais une seule sut se faire épouser : Madame de Maintenon, dont l’influence sur le Roi-Soleil est évidente.
Petite-fille du célèbre poète protestant Agrippa d’Aubigné, Françoise d’Aubigné va connaître, avant même sa venue à la cour, une vie fort mouvementée. Née en 1635 dans la prison de Niort, elle grandit à la Martinique puis revient en France où elle passe d’une tante à l’autre, abjurant le protestantisme au passage. Arrivée à Paris en 1652 dans le dénuement le plus complet, elle est contrainte d’épouser le poète paralytique Scarron qui fait d’elle un des plus « beaux esprits » de la capitale.
Mais le véritable tournant dans la vie de Françoise d’Aubigné a lieu en 1669, quand Madame de Montespan, alors favorite du roi, lui confie l’éducation des bâtards royaux. Quand ceux-ci sont légitimés, elle fait son entrée à la cour et obtient le titre de marquise de Maintenon.
Son intelligence, sa dignité, l’amour qu’elle éprouva pour les enfants d’Athénaïs de Montespan et sa grande piété vont lui donner un ascendant grandissant sur le Roi-Soleil qui en fait sa maîtresse après la disgrâce de la belle Athénaïs et sa femme à la mort de la reine Marie-Thérèse.

Le soleil de Foix

Surnommé Phœbus en raison de sa chevelure d’un blond ardent, Gaston III de Foix est le type même du seigneur du Moyen Âge.
Courageux, généreux, grand mécène, ami et protecteur de Froissart, Gaston Phœbus est aussi un être ombrageux et violent. N’a-t-il pas fait assassiner son propre frère et tué de ses mains son fils unique ?

Le communisme au pouvoir

Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine (1870-1924).
Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine (1870-1924).

Vladimir Ilitch Oulianov, connu sous le nom de Lénine, a rêvé, pour l’humanité, d’un monde meilleur où devaient régner l’égalité, la justice et la fraternité et son rêve a accouché d’un monstre…
Quand la révolution, qu’il a préparée minutieusement avec ses amis bolcheviques, éclate le 8 mars 1917, Lénine est alors en exil volontaire à Zurich, en Suisse.
Dès qu’il apprend cette nouvelle, il adresse à ses camarades en Russie ses fameuses Lettres de loin. Dans ce document majeur de l’histoire de la révolution russe, le dirigeant bolchevique encourage ses partisans et fixe les lignes de son programme. Avec l’aide des socialistes suisses, il parvient à retourner en Russie dans un wagon plombé puis entre triomphalement à Pétrograd, le 16 avril 1917. Dès son arrivée, il préconise la paix immédiate avec l’Allemagne, alors en guerre avec la Russie et invite même les soldats russes à fraterniser avec les Allemands.