Les crimes de Gilles de Rais

Hérétique, sortilège, sodomite, relaps, évocateur des malins esprits, divinateur, apostat, idolâtre, ayant dévié de la foi, hostile à celle-ci, devin et sorcier. C’est ainsi que l’acte d’accusation du procès définit Gilles de Rais.
Baron de Bretagne, Gilles de Rais (1404-1440) se retire sur ses terres au sortir de la campagne menée par Jeanne d’Arc en 1429. Ruiné par la guerre, il pratique le brigandage puis vend ses fiefs et ses châteaux pour ensuite les reprendre par la force. C’est ainsi que le seigneur de Rais cause sa perte. En effet, il tente de reprendre un château à un religieux et s’aliène par cet acte l’Église et le duc de Bretagne.

Nicéphore Niepce

Joseph Nicéphore Niepce, comme de nombreux inventeurs français, commence sa carrière dans l’armée. Officier d’infanterie durant les guerres de la Révolution, Niepce est nommé, en 1795, administrateur civil de Nice. C’est à partir de cette époque qu’il se passionne pour les recherches scientifiques les plus diverses.
Particulièrement attiré par toutes les expériences chimiques -fort à la mode en ce temps-là- il renonce à sa charge, quitte la ville de Nice puis retourne à Chalon, où il est né le 7 mars 1765.
En 1807, après de nombreux essais infructueux, il parvient à inventer le moteur à explosion.

Jeannin, l’art de la diplomatie

En 1607, Henri IV soutient les Pays-Bas insurgés contre l’Espagne et veut en faire un État indépendant qui serait l’allié naturel de la France. Dans ce but, le souverain français envoie à La Haye Pierre Jeannin (1540-1623), dit le président Jeannin, fils d’un tanneur d’Autun. Cet ancien ligueur, devenu président du parlement de Dijon, est l’un des conseillers les plus écoutés du roi.
Se posant en médiateur incontournable, Jeannin dirige les négociations entre l’Espagne et les États révoltés. Elles aboutissent, le 9 avril 1609, à une trêve de douze années qui marque la naissance des Provinces-Unies. C’est un succès absolu pour la France.

Héraclite l’obscur : l’anachorète antique

Un philosophe grec, d'après un bas-relief antique.
Un philosophe grec, d’après un bas-relief antique.

Le Ve siècle avant J.-C. est, sans conteste, un âge d’or de la pensée grecque. Les cités, enfin unies, ont réussi à repousser l’envahisseur perse, Athènes domine l’Attique et tente d’imposer son propre concept politique : la démocratie. C’est dans ce monde et ce cadre précis que nait Héraclite, nom latinisé d’Hérakléitos.
Né au début du V e siècle, issu d’une famille sacerdotale, ce qui explique sans doute sa profonde connaissance des mystères et son goût des formules obscures, voire sibyllines, Héraclite, dit l’Obscur, apparaît comme une sorte d’ancêtre des anachorètes du désert. En effet, ayant abandonné ses privilèges à son frère, il décide de se retirer du monde, s’établit sur le flanc escarpé d’une montagne et vit d’herbes et de racines. Certes, ce principe de vie allait conduire le jeune grec à créer une philosophie propre, fondée sur l’union des contraires ; il allait l’amener à développer l’idée d’une réalité universelle du devenir, mais il pose surtout la question de savoir si ce retrait de la vie publique était plus d’inspiration philosophique que religieuse. On sait et la vie entière d’Aristote le prouve, que la recherche philosophique va souvent de pair avec la recherche religieuse. On sait également que la religion grecque va conduire à une quête particulière qui trouvera sa finalité dans les mystères, généralement issus du monde oriental. La démarche d’Héraclite entrait-elle dans cette optique ? Y fut-elle, naturellement conduite ? On peut légitimement s’interroger tant la démarche rappelle celle des moines chrétiens, des anachorètes.
Au final, Héraclite payera sa démarche de sa vie : accablé d’infirmités diverses, il se laissera mourir de faim vers l’âge de 60 ans -tout de même-, disparaissant pour des siècles des études et des cercles de réflexion.

« Tu as vaincu, Galiléen ! »

Il fut la plus terrible menace pour le christianisme naissant : pendant son très court règne (361-363), l’empereur romain Julien l’Apostat, qui succède à Constance II, le 2 novembre 361, abjure et engage contre l’Église catholique une lutte sans merci. Ralliant autour de lui les hérétiques et les ennemis de la religion nouvelle, il crée une école philosophique qui prône le paganisme. Les auteurs ecclésiastiques racontent que saint Basile le Grand eut, durant une nuit de prière, une vision prémonitoire : l’empereur impie était terrassé par un ange venu du ciel.
L’iconographie byzantine a popularisé cette vision et, dit la légende, Julien l’Apostat, transpercé par la flèche de l’ange, s’écria avant de mourir :
-Tu as vaincu, Galiléen !

Dumont d’Urville découvre la terre Adélie

Jules Dumont d'Urville (1790-1842).
Jules Dumont d’Urville (1790-1842).

Jules Sébastien César Dumont d’Urville (1790-1842) n’en est pas à sa première exploration lorsqu’il s’embarque vers l’Antarctique.
Décoré de l’ordre de Saint-Louis par Charles X (1824-1830) après avoir fait la découverte de la Vénus de Milo au cours d’un voyage en Méditerranée, Dumont d’Urville, après deux tours du monde, entreprend l’exploration des côtes de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, de la Nouvelle-Calédonie et des îles polynésiennes. C’est au cours de ce périple de près de trois ans qu’il reconnaît, dans l’île de Vanikoro, les restes de l’expédition de La Pérouse.

Pie XII : « Après beaucoup de prières et de larmes »

Eugenio Pacelli, devenu Pie XII (1876-1958).
Eugenio Pacelli, devenu Pie XII (1876-1958).

On a eu beau jeu, durant des années, de critiquer le fameux silence de Pie XII. La consultation des archives du Vatican apporte cependant un éclairage nouveau -plus objectif sans doute- sur l’action de l’Église, et plus précisément de son chef, durant la Seconde Guerre mondiale. Certes, des représentants de la communauté juive avaient déjà manifesté leur gratitude envers Pie XII mais sans qu’on tienne vraiment compte de leur témoignage. Ainsi, Eugenio Zolli, grand rabbin de Rome pendant la guerre plus tard converti au catholicisme, écrivait :
Le judaïsme a une grande dette de reconnaissance envers Sa Sainteté Pie XII pour ses appels pressants et répétés, formulés en sa faveur.

Sévère Alexandre, “l’apôtre de la paix”

Denier de Sévère Alexandre.
Denier de Sévère Alexandre.

Rome, certainement, ne méritait guère un tel empereur. Un empereur amoureux de la vertu ;  un empereur adepte des préceptes chrétiens tout en demeurant païen ; un empereur qui fera tout pour ne pas entrer en guerre.
Né en Phénicie, Sévère Alexandre sera adopté par son cousin Héliogabale et nommé César avant de lui succéder à l’âge de treize ans à peine, en 222 après J.-C.. Parfaitement éduqué par sa mère et sa grand-mère au point de devenir un modèle de vertu, le nouvel empereur n’était guère "taillé" pour la fonction. Sa trop grande bonté, son désir de ne pas provoquer le malheur étaient même en contradiction profonde avec le rôle impérial. Encore plus avec celui d’un souverain confronté à la poussée barbare aux frontières de l’Empire, avec celui d’un souverain confronté aux désirs d’indépendance ou de révolte des uns et des autres.
Encadré par des hommes énergiques, les jurisconsultes Paul et Ulpien, Sévère Alexandre devait tenter une politique de stabilisation de l’empire. Pour ce faire, Paul et Ulpien avaient dans l’idée d’écarter les militaires de la politique et de rendre au sénat la direction des affaires. La réaction des militaires ne se fera guère attendre et, en 228, Ulpien fut massacré, sous les yeux de l’empereur, lors d’une émeute prétorienne. De fait, Sévère Alexandre, véritable apôtre de la paix, se sera guère en faveur auprès des militaires.

Olympe de Gouges : une féministe à l’échafaud

Une femme a le droit de monter à l’échafaud, elle doit également avoir celui de monter à la tribune, proclame Olympe de Gouges dans sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne.
Venue de Montauban à Paris à vingt ans, Marie Olympe Gouze, devenue Olympe de Gouges (1748-1793) est un auteur reconnu à la Comédie-Française quand éclate la Révolution.
Elle tente alors de faire évoluer le statut de la femme, plus particulièrement dans le domaine politique. Certes, les clubs de femmes existent à Paris, mais Olympe veut aller plus loin : les femmes, qui représentent la moitié de la Nation, ont aussi droit à la parole, elles doivent avoir leur place à l’Assemblée.

Lulli, père de l’opéra français

Arrivé en France dès treize ans, le jeune Jean-Baptiste Lulli entre au service de Mademoiselle de Montpensier où il passe rapidement maître dans l’art de jouer du violon et de fomenter des intrigues. Admis dans l’entourage de Louis XIV pour ses talents de danseur et d’acteur comique, il devient chef de la « bande des petits violons » et se met à composer quelques ballets.
Associé à Molière, pour lequel il écrit plusieurs comédies-ballets, il devient surintendant de la musique en 1661. Commence alors, pour Lulli, une autre carrière, plus ambitieuse, plus prolifique. Dédaignant l’influence italienne, Lulli se lance avec un vif succès dans l’art lyrique.