Talma : l’amour du théâtre

François-Joseph Talma (1763-1826) est le tragédien qui aura dominé toute la fin du XVIIIe siècle. Il fait ses débuts à la Comédie-Française dans Mahomet de Voltaire, mais c’est en créant, en 1789, Charles IX de Chénier qu’il accède à la célébrité. La pièce, critique du règne de Charles IX, est d’abord interdite. Puis, imposée par le régime révolutionnaire, elle obtient un grand succès. Peu après, Talma, quitte la Comédie-Française et fonde son propre théâtre où il joue surtout des œuvres de Shakespeare. En 1799, il revient à la Comédie-Française et joue les premiers rôles de Corneille, s’assurant, par son immense talent, la protection et les faveurs de Napoléon. À sa mort, le 19 octobre 1826, Talma a profondément réformé le théâtre, proposant une diction et des costumes qui tendent vers le naturel, ainsi qu’un jeu de scène plus véridique.

Jacques Cœur, l’argentier du roi

Fils d’un marchand de Bourges, Jacques Cœur (1395-1456) fait fortune dans des secteurs aussi variés que la banque, le négoce, le change, l’extraction minière ou le transport sur terre et sur mer. Parallèlement, il mène avec beaucoup de succès une carrière publique.
Maître des monnaies puis argentier du roi, commissaire au Languedoc et enfin conseiller de Charles VII, il est cependant arrêté, en 1451, sur ordre du souverain et emprisonné. Accusé de malversations, d’exactions et d’avoir empoisonné la maîtresse du roi, Agnès Sorel, il a surtout eu le tort d’étaler sa richesse. Rapidement innocenté du crime d’empoisonnement, Jacques Cœur reste cependant accusé de celui de lèse-majesté. Après un procès de deux ans, il reconnaît, sous la torture, tous les chefs d’accusation. Il échappe à la peine de mort, mais, sommé de payer quatre cent mille écus qu’il ne possède pas, il est laissé en prison.
Après plus de trois ans de réclusion, Jacques Cœur s’évade et gagne Rome puis l’île de Chio tenue par les Turcs où il meurt le 25 novembre 1456.

Titus le Bon

Buste de l'empereur Titus (39-81).
Buste de l’empereur Titus (39-81).

Néron, Caligula, Galba : les fous et les monstres se succédaient à la tête de l’Empire quand l’accession au trône de Titus apporte un immense soulagement au peuple romain.
Fils de l’empereur Vespasien, vainqueur en Bretagne, en Germanie et, surtout, en Judée, où il avait rencontré la célèbre reine Bérénice, Titus était déjà associé au pouvoir quand, en 79, il devient empereur. Adoré par ses armées, il sera bientôt acclamé par tout son peuple.

Savonarole, pourfendeur d’un siècle corrompu

Jérôme Savonarole (1452-1498).
Jérôme Savonarole (1452-1498).

Petit-fils d’un médecin de Ferrare, Girolamo Savonarola –ou Jérôme Savonarole- se destinait initialement à cette carrière  avant de se tourner vers les ordres. Sa haine de la corruption, son rejet d’un siècle tout entier tourné vers le culte du corps, vers l’individualisme et vers les plaisirs vont finalement l’orienter vers la spiritualité et, en 1475, il entre chez les dominicains de Bologne. Ascète strict, prédicateur moyen, il semblait avoir bien mal choisi son ordre, un ordre ouvert sur le monde mais un ordre qui, lors de sa création par saint Dominique de Guzman, annonçait un renouveau de l’Eglise. Le pape l’avait d’ailleurs accueilli comme un pilier indispensable –avec l’ordre franciscain- dans le redressement de l’Eglise. Il en avait même rêvé… Peut-être est-ce donc ce qui incita Savonarole à se réfugier chez les Frères prêcheurs. C’est cependant à Florence, où il est envoyé en 1482, qu’il se révèle comme le pourfendeur des mœurs de ce siècle. La Renaissance artistique, d’inspiration si profondément païenne, les vices du peuple et des clercs, illustrés notamment par l’inconduite du pape Alexandre VI Borgia lui-même : autant de dérives qu’il dénoncera avec ardeur, se découvrant pour l’occasion un talent insoupçonné de prédicateur.

Ambroise Paré

Véritable fondateur de la chirurgie moderne, Ambroise Paré (1509-1590) est surtout un grand réformateur du XVIe siècle. Apprenti-barbier puis barbier-chirurgien, il crée de nouvelles méthodes pour soigner les blessures causées par les armes à feu.
Autodidacte, sachant à peine le latin, il subit toute sa vie les railleries de la Faculté de médecine, malgré son statut de « chirurgien des rois », puisqu’il fut successivement celui d’Henri II et de ses trois fils.
Il meurt le 20 décembre 1590, après une vie entière consacrée à la recherche de nouvelles méthodes chirurgicales : 
Il reste plus de choses à trouver qu’il n’y en a de trouvées… dira-t-il.

Shelley, le poète bohême

Juillet 1822, un bûcher funéraire illumine l’embouchure du Serchio. De l’encens, du sel, de l’huile, du vin et un exemplaire du dernier ouvrage de Keats font office d’offrandes… Autour du bûcher, Byron et Leight Hunt rendent un dernier hommage à leur ami Percy Bysshe Shelley, mort le 8 juillet dans un malheureux accident de bateau.
Fils d’un « gentleman-farmer » du Sussex, Shelley devient, dès son entrée à Oxford, celui par qui le scandale arrive : en première année, il est renvoyé pour avoir écrit un pamphlet intitulé La nécessité de l’athéisme, à dix-neuf ans, il se marie contre l’avis de son père et se lance dans la satire sociale puis dans la poésie romantique.

Le nouvel Éden de Bougainville

Louis Antoine de Bougainville (1729-1811).
Louis Antoine de Bougainville (1729-1811).

Je suis un voyageur et un marin, c’est-à-dire un menteur et un imbécile aux yeux de cette classe d’écrivains paresseux qui, dans les ombres de leur cabinet, philosophent à perte de vue sur ce monde et ses habitants.
Fils d’un notaire parisien, Antoine de Bougainville, après des études de mathématiques puis de droit, entre dans la Royale et découvre le Canada et le goût de l’aventure. Emporté par le virus de la découverte, Bougainville entame, en 1766, un tour du monde qui le conduira, du moins l’espère-t-il, vers un nouvel Éden.

«Le siècle de Léon X»

Léon X (1475-1521).
Léon X (1475-1521).

Jean de Médicis, troisième fils de Laurent le Magnifique, né en 1475, devient cardinal à douze ans et en 1513, il succède au pape Jules II, sous le nom de Léon X.
Mécène généreux, protecteur des arts et des lettres, il s’entoure des esprits les plus fins de son temps, tels Machiavel ou Sannazar et des artistes les plus illustres dont Michel-Ange et Raphaël. Grâce à lui, Rome devient la capitale de l’humanisme et de la Renaissance avec, pour couronner cette entreprise, l’édification de la nouvelle basilique Saint-Pierre.
Mais c’est aussi sous son pontificat que va naître et se développer l’hérésie protestante. En effet, afin d’achever la basilique Saint-Pierre de Rome, Léon X renouvelle les indulgences accordées par son prédécesseur. Ce sera le prétexte invoqué par Martin Luther pour entamer une «révolution religieuse» qui aboutira rapidement au protestantisme. Après des tentatives de conciliation, Léon X condamne les quatre-vingt-quinze propositions de Luther dans sa célèbre bulle Exsurge Domine et excommunie, en 1520, le moine saxon. À la fin de son pontificat, il se rapproche de Charles-Quint, seul rempart solide face à cette hérésie.
Estimé comme l’un des plus illustres pontifes du XVIe siècle, que l’on a aussi appelé le «siècle de Léon X», il meurt, le 1er décembre 1521, dans des circonstances jugées suspectes.

Rameau et la découverte de l’opéra

Après une jeunesse consacrée à étudier divers instruments, puis à parcourir le nord de l’Italie, Jean-Philippe Rameau (1683-1764), fils d’un organiste de Dijon, arrive à Paris où il se voit confier par Voltaire et par l’abbé Pellegrin l’accompagnement musical de leurs pièces. La réussite commence avec Hippolyte et Aricie de Pellegrin, en 1733, faisant ainsi de l’opéra français un « plaisir unique fait de cent plaisirs ». Dès ce moment, il va de succès en succès, devenant une référence en matière de musique. Les honneurs pleuvent. Après son Traité d’harmonie, il rédige la plupart des articles de l’Encyclopédie consacrés à la musique. Il meurt en pleine gloire, en 1764.

Dioclétien stabilise l’Empire

Dioclétien (245-313).
Dioclétien (245-313).

Après cinquante années d’anarchie, pendant lesquelles les légions se disputent le pouvoir, donnant le trône à des empereurs éphémères, l’armée de Chalcédoine élit, en 284, un nouvel empereur du nom de Dioclétien. D’humble naissance ce dernier va cependant faire preuve d’une grande intelligence politique et stabiliser enfin l’empire.
Trop vaste pour être gouverné par un seul homme, l’empire comprend alors tout le pourtour méditerranéen, l’Espagne, la Gaule, la Bretagne, une partie de la Germanie, les Balkans actuels, la Turquie et une partie de l’Égypte. Aussi, quand il prend le pouvoir, Dioclétien commence-t-il par partager l’empire : lui-même se réserve le gouvernement de l’Orient pendant que Maximien prend en charge l’Occident.