Le Ku Klux Klan sème la terreur

Le 2 novembre 1871, à la Nouvelle-Orléans. Vêtus de blanc, le visage dissimulé par une cagoule, les hommes du Ku Klux Klan s’emparent de deux cent quatre-vingt-dix-sept Noirs qu’ils exécutent sans autre forme de procès. Avec les homosexuels, les femmes de mauvaise vie, les catholiques et les Juifs, ils sont les cibles préférées de ceux que l’on appelle les « Klansmen ».

Le complot du général Malet

Général Claude François de Malet (1754-1812).
Général Claude François de Malet (1754-1812).

Bonaparte n’est plus ! Le tyran est tombé…!
Le 23 octobre 1812, à trois heures du matin, le général Malet, conspirateur connu de l’empereur, s’évade de la maison de santé où il est interné suite à un complot fomenté quatre ans auparavant. Aidé de ses compagnons d’internement, il annonce la mort de Napoléon Ier, alors en Russie. Profitant du choc provoqué par cette nouvelle, il s’empare de tous les postes-clefs de la capitale. Puis il annonce l’installation d’un nouveau régime. Mais, dans la matinée, Malet est fait prisonnier par le gouverneur de Paris, moins crédule que les autres.

La machine humaine selon Taylor

Frederick Winslow Taylor (1856-1915).
Frederick Winslow Taylor (1856-1915).

Une chose est certaine : nul ne pourra accuser Frederick Winslow Taylor de n’avoir pas étudié à fond son  sujet. Issu d’une famille bourgeoise aisée, il commencera néanmoins à travailler comme simple ouvrier avant de prendre la fonction d’ingénieur. Inventeurs des aciers à coupe rapide, il devait se passionner pour la rentabilisation du temps et inventer, après 26 années d’études et pas moins d’un million de dollars d’investissement, le principe du taylorisme. Semblable au stakhanovisme, le taylorisme est tout bonnement l’application d’un temps donné pour un minimum de gestes, aboutissant à un maximum de rendement. Bref, le travail à la chaîne, calculé, minuté pour que chaque opération donnée ne dépasse jamais le temps imparti. Un système certainement fort rentable mais qui « sous couvert de la simplification et de l’économie de gestes », selon G. Friedmann, conduit tout simplement à un avilissement de l’être humain désormais réduit à le simple fonction d’une machine. Un système qui annihile toute initiative, tout besoin de connaissance professionnelle ou de qualification ; un système qui nie clairement la personnalité même de l’homme comme un être pensant.

La Chine en vient “aux poings”

Prêtre chinois au XIXe siècle (gravure d'époque).
Prêtre chinois au XIXe siècle (gravure d’époque).

Les Boxers ou "confrérie des poings". C’est sous ce nom que l’on désigne un vaste mouvement de révolte anti chrétien qui embrasse la Chine entre 1898 et 1900. Désireux de "délivrer la Chine du nord des démons qui usurpent la place du Ciel en poussant les Chinois à adhérer au christianisme", comme le proclame cet extrait d’un texte affiché à Pékin en 1899, les Boxers "aux pouvoirs surnaturels" sont recrutés parmi les jeunes gens de la Chine du Nord, en pleine récession, et parmi les bateliers, inaptes à suivre les nouvelles techniques de navigation. De fait, les "étrangers", notamment les chrétiens, font ici office de boucs émissaires. Un rôle largement relayé auprès de la population par les élites chinoises qui peinent à justifier leur manquement. Un rôle sensé faire oublier la gêne de la population chinoise, perdue dans un monde en pleine mutation.
En fait, c’est la modernité que rejettent les Boxers, les religieux occidentaux n’en étant guère que les "représentants" les plus visibles et les plus proches du peuple. Déjà, en 1830, les Jésuites avaient fait les frais de l’opposition à la pénétration européenne. Une pénétration qui apparaît jusqu’au cœur du pouvoir, les Jésuites étant particulièrement écoutés des empereurs Ming. Cette fois, c’est du pouvoir lui-même, et plus précisément de l’impératrice Tseu-Hi, que viendra le signal de la révolte… et du massacre.

Le baccalauréat

Quand, en mars 1808, Napoléon Ier crée le baccalauréat, l’épreuve consiste uniquement en une traduction orale d’un texte latin. Dès 1820, on ajoute une épreuve écrite, toujours de latin, et trois interrogations orales sur la philosophie, la rhétorique et aussi l’histoire. Tout au long du XIXe siècle, le baccalauréat évolue dans ses statuts, mais ce n’est que le 6 décembre 1902 que sa forme moderne est adoptée.
En effet, la nouvelle réforme crée quatre sections : latin-grec (A), latin-langues (B), latin-sciences (C) et langues-sciences (D),

Roy Bean : l’Amérique à deux visages

Photo du
Photo du "juge" Roy Bean (1825-1903)..

Si un pays n’est pas maître de son histoire, au moins a-t-il la possibilité de l’accepter. Il semble qu’aux Etats-Unis, on n’en soit pas encore là car, si les westerns se sont fait les vecteurs d’une histoire idéalisée et erronée, le désir de repentance, si à la mode dans le monde occidental fait désormais passer les conquérants de l’Ouest pour un ramassis d’assassins sans envergure. Sans doute y a-t-il eu autant de brigands que d’aventuriers, tous assoiffés par le désir de découverte ou simplement de richesses, mais la conquête de l’Ouest a également révélé quelques figures atypiques dont l’histoire mérite d’être retenue. Ainsi en est-il du redoutable Roy Bean, barman, juge et passer maître dans l’art de « rouler les gens dans la farine » !
Originaire du Kentucky, c’est accompagné de ses deux frères que Roy Bean se lance dans l’aventure de l’Ouest américain. Et c’est entre la Californie et le Nouveau-Mexique qu’il exercera ses nombreux talents. Ses frères aussi d’ailleurs, l’un en tant que maire et propriétaire de saloon et l’autre comme shérif… et propriétaire de saloon. Avant de marcher allègrement sur les traces de ses augustes prédécesseurs et d’embrasser la carrière de juge et de barman, Roy Bean va se faire un devoir d’apprendre à connaître la loi… en la détournant, bien sûr.

Les Zoulous : les Huns d’Afrique

Episode de la guerre des Zoulous (gravure du XIXe siècle).
Episode de la guerre des Zoulous (gravure du XIXe siècle).

Parmi les peuples d’Afrique, demeurés relativement obscurs pour les occidentaux, un nom se détache nettement, sans pour autant que l’on sache ce qu’il représente : celui du peuple zoulou. Issu de la tribu Bantou, créé presque de toutes pièces au XVIIIe siècle, le peuple zoulou doit sa notoriété à… la terreur qu’il inspira. En fait, ils sont à comparer aux Huns et leur chef, Tchaka (v. 1787-1828), au célèbre Attila. C’est Tchaka en effet qui fera la célébrité de son peuple, lui qui va en faire une véritable machine de guerre, imposant son autorité et sa loi sanguinaire aux Ngoni du Natal, aux Souazi, aux Sothos, aux Xosa… jusqu’à ses propres frères se chargent de l’assassiner. La conquête pas plus que la terreur qui l’accompagner n’allait cesser pour autant, les lieutenants de Tchaka prenant alors le relais, avec d’ailleurs plus de succès : une partie de la Rhodésie, du Mozambique, les royaumes de Bangouélo et de Nyassa tomberont sous influence zoulou, bouleversant toute l’Afrique australe. Au point même que cette explosion conquérante finira par inquiéter les Boers d’Afrique du Sud, lesquels trouveront leur salut dans l’aide britannique… qui finira tout bonnement par annexer le Zoulouland et le rattacher au Natal.

“L’affaire” Pie XII

Portrait de Pie XII (1876-1958).
Portrait de Pie XII (1876-1958).

La mise au rang de vénérable de Pie XII par Benoît XVI et donc la mise sur la voix de sa béatification relance évidemment la polémique : celle de "l’affaire" Pie XII… Une affaire qui n’en est une que pour ceux qui ne veulent pas se donner la peine de connaître la vérité historique ; une affaire qui n’en est une par la volonté de quelques uns, heureux d’alimenter, d’entretenir le mensonge sur ce pape. L’article qui suit -et qui est déjà paru dans Mythes et polémiques de l’histoire, tome I, éditions Studyrama, 2008- a pour objet de rappeler les faits, rien que les faits, seuls moyen, sur un sujet aussi sensible, de conserver l’exactitude historique.
Il aura suffit d’une pièce de théâtre, reprise dans sa substance au cinéma, d’un mauvais livre –dont l’approximation historique et le manque de recherche a été, depuis, amplement dénoncé- pour que le monde entier se convainc de la culpabilité de Pie XII. Pie XII coupable d’avoir fermé les yeux sur l’holocauste, de s’être tu face aux dangers puis aux horreurs nazies ; coupable d’avoir eu peur pour les catholiques et pour l’Eglise, au mieux ; d’avoir sous-estimé « le péril brun », au pire, de l’avoir secrètement soutenu.
Des arguments qui n’en sont pas et qui participent au mythe dont Pie XII fait l’objet. Un mythe qui, pourtant, ne tient guère après étude des documents, déclarations, témoignages connus de tous mais ignorés de beaucoup.

Le dernier tsar de toutes les Russies…

Nicolas II (1868-1917).
Nicolas II (1868-1917).

À son arrivée sur le trône impérial de Russie, en 1894, Nicolas II se trouvait face à un pays en pleine mutation et déjà fortement agité par le vent de la révolution.
Relâchant le système fortement autocrate de son père Alexandre III, il établit un régime constitutionnel et accorde de nombreuses libertés (culte, association ou réunion) oubliées depuis de nombreuses années. Mais, tout comme Louis XVI avait été incapable de faire face avec énergie à l’émergence de la Révolution, Nicolas II était bien trop faible et effacé pour tenir tête aux extrémistes de gauche comme de droite.

Géorgie-Russie : le jeu du chat et de la souris

Vladimir Poutine (photo récente).
Vladimir Poutine (photo récente).

Les spécialistes de la géopolitique vous le diront : les tensions entre la Russie et la Géorgie ne datent pas d’hier. La quasi annexion, au début des années 1990, de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie, des territoires séparatistes géorgiens, y sont pour beaucoup. D’où une succession d’escarmouches, de provocations, d’expulsions diverses. Mais si les spécialistes de géopolitique peuvent dirent beaucoup sur l’affrontement entre ces deux pays, les historiens également, car le jeu du chat et de la souris, les soumissions et la résistance, le protectorat et la révolte remontent à quelques siècles.
L’histoire commune de la Russie et de la Géorgie remonte au XVIIIe siècle. Coupée du monde chrétien depuis la prise de Constantinople par les Turcs (1453), la Géorgie devient, et pour trois siècles, un enjeu dans la lutte entre les Ottomans et les Perses avant que ces derniers ne confient son gouvernement à Teimourov II, issu de la dynastie des Bagratides. Réunificateurs de la Géorgie médiévale, vainqueurs de l’islam, les Bagratides avaient conduit la Géorgie à son apogée et l’avaient protégé de la poussée ottomane durant près de quatre siècles. Mais lorsqu’au XVIIIe siècle, leurs descendants accèdent au trône, l’âme des Bagratides semble s’être quelque peu émoussée.