Brazza « l’Africain »

Pierre Savorgnan de Brazza (1852-1905) part pour sa toute première exploration en Afrique en 1875. Cet  officier de marine, Italien d’origine, à l’âme aventureuse, explore les côtes du Gabon et remonte le cours de l’Ogooué près duquel il fonde Franceville. Lors d’un second voyage, il reprend la route fluviale de l’Ogooué, atteint le Congo qu’il place sous protectorat français, fonde Brazzaville et devient, en 1886, commissaire général au Congo. Durant ces années de commissariat, il prend la défense des populations noires face au trafic de colons peu scupuleux. Nombre de députés se dressent alors contre lui  et le destituent en 1897. Déçu, amer, il meurt le 14 septembre 1905 à Dakar.

Louis Renault et les débuts de l’industrie automobile

Louis Renault (1877-1944).
Louis Renault (1877-1944).

En ces jours où le salon de l’automobile fait grand bruit, une histoire, celle de Louis Renault, mérite d’être rappelé. A cela, il faut voir plusieurs raisons : l’histoire de l’automobile française a débuté grâce à quelques passionnés tels que Louis Renault (1877-1944) ; et, à cause du procès –juste ou non- qu’il lui a été fait, la pierre qu’il a apporté à l’édifice de cette industrie a trop souvent été occulté voir banalisé.
Mécaniciens amateurs, Louis et son frère Marcel aménagent un atelier dans la maison de leurs parents à Billancourt et y mettent au point, en 1898, leur première voiture. L’année suivante, ils fondent l’usine Renault Frères et accaparent alors le marché des taxis parisiens et londoniens ; ils augmentent ainsi leur production rapidement et construisent le tank Renault.

L’exception polonaise

L'aigle ornant les armes de la Pologne.
L’aigle ornant les armes de la Pologne.

Dans quelques jours, la Pologne sera appelée à élire les représentants de son parlement. Une Pologne qui détonne dan cette Europe relativement uniforme ; une Pologne qui, malgré une adhésion récente, est bien loin de courber l’échine face aux revendications de pays plus anciens. De fait, c’est elle-même qui revendique. Et haut et fort encore. La raison de cette « exception polonaise » ? Deux siècles et demi de soumission quasi permanente aux autres puissances d’Europe. Deux siècles et demi au terme desquels elle compte bien ne plus subir, mais imposer.
Le « gâteau polonais » : c’est ainsi que l’on avait surnommé cette terre, dénuée de frontière naturelle, placée au cœur des échanges commerciaux. Un « gâteau » que la Prusse –puis l’Allemagne-, l’Autriche et la Russie se partageront pas moins de trois fois de 1772 à 1795 puis une quatrième en 1815, suite à la défaite napoléonienne.
La Pologne indépendante, réapparu à l’aube de la Première Guerre mondiale, allait sombrer une nouvelle fois en devenant la cible numéro 1 du Reich. Les raisons de ce choix polonais sont multiples mais la plus évidente était la faiblesse de la Pologne. Sa faiblesse et la relative indifférence que son sort, au fil des siècles, avait engendré. Enfin, l’Allemagne du Reich, fille naturelle de la Prusse, voyait dans cette terre un vivier de main d’œuvre, d’être tout juste bons à servir. Une terre, selon Heinrich Himmler,  « peuplée de sous-hommes d’Orient ».

La renaissance polonaise… sous l’égide américaine

Thomas Woodrow Wilson (1856-1924).
Thomas Woodrow Wilson (1856-1924).

De tout temps la Pologne aura été, pour ses voisins, une terre à conquérir, un "gâteau" à se partager. Une situation sans doute due, en grande partie, au manque de suivi dynastique. De fait, du XVIIe siècle au XXe siècle, ce territoire d’Europe central, idéalement situé entre l’Occident et l’Orient, entre l’Europe et la Russie, va faire l’objet d’une conquête acharnée, d’un dépeçage systématique. La Prusse, l’Autriche, la Russie s’empareront du gâteau polonais à pas moins de trois reprises. La facilité avec laquelle ces puissances s’affranchiront de tout scrupule conduirait même à se demander si les Polonais eux-mêmes en avaient jamais pris ombrage. Pourtant, la résistance polonaise sera réelle, à défaut d’être efficace. Une résistance dans laquelle s’illustreront des noms -encore connus en France mais de manière différente- tels que Poniatowski ou Kosciuszko !
La résistance de 1794, la révolte de 1848, les prémices d’indépendance de 1905 n’y feront rien. En fait, il faudra la menace soviétique, la peur du communisme pour qu’au lendemain de la Première Guerre mondiale, le président Wilson exige la création d’un Etat polonais. De la même façon qu’il avait "exigée" celle de la Yougoslavie ou de la Tchécoslovaquie -et on a vu avec quel résultat dès lors que ces pays auront secoué le joug soviétique. Petite particularité cependant, Wilson veut "la création d’un Etat polonais uni et indépendant avec libre accès à la mer". Un détail qui allait littéralement faire saliver les Allemands puis les Soviétiques, qui n’auront de cesse de contrôler ce pays -avec un succès tout relatif-, et qui donnera à la Pologne un réel pouvoir. Le tout étant alors de vouloir l’exercer.

La malheureuse aventure de l’empereur Maximilien

Indépendant depuis 1821 mais en guerre permanente avec les États-Unis, le Mexique sort à peine de la crise quand Napoléon III décide tout simplement de lui donner un nouvel empereur… Il convainc Maximilien d’Autriche que le Mexique n’attend que lui et le malheureux s’embarque pour le Nouveau Monde en 1864.
À son arrivée, la situation est bien différente de celle qu’il imaginait : le pays est ruiné, les Mexicains le rejette et l’autorité impériale est en butte à la guérilla incessante menée par Benito Juárez, chef des libéraux. Alors que la France soutient l’empereur, les États-Unis fournissent des armes à Juárez qui gagne du terrain. Les troupes françaises finissent par abandonner le pays et Maximilien, retranché avec quelques vingt mille soldats, est fait prisonnier. Il est exécuté le 19 juin 1867.

Les soupirants de Julie

Julie Récamier (1777-1849), sur son fameux divan.
Julie Récamier (1777-1849), sur son fameux divan.

Les Muses sont des femmes célestes, qui ne défigurent point leurs traits par des grimaces.
Quand elles pleurent, c’est avec le secret dessein de s’embellir, a écrit Chateaubriand.

Et Julie Récamier fut, sans conteste, une muse pour son époque.
Dotée par la nature d’une beauté incomparable, Julie Bernard épouse, à seize ans, le banquier Récamier, de vingt-six ans son aîné. Elle entre ainsi dans le monde et devient rapidement l’égérie du tout Paris. Entourée d’une cohorte de soupirants, parmi lesquels Lucien Bonaparte, Benjamin Constant, Bernadotte, Wellington et le prince Auguste de Prusse qui veut l’épouser, elle traverse le siècle, n’accordant à ses admirateurs que les « consolations de la beauté ». Seul Chateaubriand, qu’elle rencontre en 1817 et qui, dès lors, devient un assidu du salon de l’Abbaye-aux-Bois, fut, sans doute, son amant. Immortalisée par le très célèbre tableau de François Gérard, Julie Récamier, qui symbolise par sa vie et sa grande beauté le XIXe siècle romantique, meurt en 1849.

Sur la tombe de sa maîtresse

Caricature anti-boulangiste, mettant en scène le général Boulanger (1837-1891).
Caricature anti-boulangiste, mettant en scène le général Boulanger (1837-1891).

La vie et la carrière du général Boulanger pourraient être le sujet d’un roman d’aventures ; mais sa mort ne saurait dépasser le cadre des publications racoleuses…
C’est comme militaire que Boulanger se distingue d’abord : soldat de mérite, il combat vaillamment en Kabylie, en Italie, en Cochinchine et enfin durant la guerre de 1870, si bien qu’il est nommé, en 1886, ministre de la Guerre du gouvernement Freycinet. De belle allure, se montrant très ferme avec l’Allemagne, soucieux de réorganiser l’armée, Boulanger acquiert rapidement une immense popularité et rassemble autour de sa personne tous les mécontents du régime : républicains autoritaires, radicaux, bonapartistes, nationalistes et même nationalistes. Devenu une menace pour le gouvernement, Boulanger est mis à la retraite en 1888… et se lance donc dans une carrière politique. Élu député lors des élections partielles de juillet 1888, il se présente à nouveau en 1889 : il est élu dans quatre départements et à Paris. La France est dans sa main : il n’a plus qu’à marcher sur l’Élysée. Mais Boulanger tergiverse, recule, laissant au gouvernement le temps de se ressaisir. L’occasion est manquée ! Exilé à Bruxelles, le général Boulanger, qui avait su ébranler le socle de la République, se suicide, le 30 septembre 1891, sur la tombe de sa maîtresse.

Caroline de Brünswick : le dernier affront

Caroline de Brunswick (1768-1821).
Caroline de Brunswick (1768-1821).

Le nom sonne terriblement allemand et pourtant toute l’histoire de la princesse Caroline de Brünswick, qui fut reine de Grande-Bretagne et d’Irlande, va se jouer à la cour d’Angleterre. Certes, reine, elle le fut, mais sur le papier surtout…
Seconde fille de Charles-Guillaume de Brünswick et de la princesse Augsuta, sœur de Georges III d’Angleterre, Caroline avait été mariée, en 1795 au princes de Galles, le futur Georges IV. De cette union devait naître, l’année suivante, la princesse Charlotte, mais les deux époux, qui s’étaient toujours mal entendus, décidèrent de se séparer d’un commun accord. La conduite de Caroline, après cette séparation, allait donner lieu à de graves soupçons, à des scandales même, au point que la princesse, après s’être vu intenter un procès pour adultère, quitta l’Angleterre pour parcourir l’Europe. L’accession au trône de Georges IV, en 1820, allait changer quelque peu la donne. Georges IV lui offrit alors une rente annuelle de 50 000 livres à la condition qu’elle renonce à son titre de reine -et donc à ses prérogatives- et qu’elle ne foule pas le sol anglais. La proposition était tentante, pour ne pas dire plus, mais Caroline la refusa. Un second procès pour adultère s’ouvrit donc et Caroline, remarquablement défendue, parvint même à gagner à sa cause l’opinion publique.

Le communisme au pouvoir

Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine (1870-1924).
Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine (1870-1924).

Vladimir Ilitch Oulianov, connu sous le nom de Lénine, a rêvé, pour l’humanité, d’un monde meilleur où devaient régner l’égalité, la justice et la fraternité et son rêve a accouché d’un monstre…
Quand la révolution, qu’il a préparée minutieusement avec ses amis bolcheviques, éclate le 8 mars 1917, Lénine est alors en exil volontaire à Zurich, en Suisse.
Dès qu’il apprend cette nouvelle, il adresse à ses camarades en Russie ses fameuses Lettres de loin. Dans ce document majeur de l’histoire de la révolution russe, le dirigeant bolchevique encourage ses partisans et fixe les lignes de son programme. Avec l’aide des socialistes suisses, il parvient à retourner en Russie dans un wagon plombé puis entre triomphalement à Pétrograd, le 16 avril 1917. Dès son arrivée, il préconise la paix immédiate avec l’Allemagne, alors en guerre avec la Russie et invite même les soldats russes à fraterniser avec les Allemands.

Colonisation : la faute à qui ?

Armée musulmane en marche (IXe siècle), d'après une iconographie du début du XXe siècle.
Armée musulmane en marche (IXe siècle), d’après une iconographie du début du XXe siècle.

Il semblerait que depuis peu il soit de bon ton de dénoncer « la » colonisation. Par ce terme, on entend bien entendu celle des pays du Maghreb et de l’Afrique noire par les Européens ; par ce terme également, les adeptes de la repentance désignent aux foudres de l’histoire l’esclavage et la volonté d’imposer à d’autres peuples un mode de vie, une culture toute occidentale. Jacques Chirac s’en était fait l’écho, voulant bien reconnaître à nos ancêtres tous les torts. Le président actuel se veut plus modéré, estimant, il y a quelques jours que « nul ne peut demander aux générations d’aujourd’hui d’expier ce crime perpétré par les générations passées [et] nul ne  peut demander aux fils de se repentir des fautes de leurs pères ». C’est là toute la question de la repentance qui n’est rien d’autre qu’une la conséquence d’une autosatisfaction insolente, dénonçant les « crimes » de ses ancêtres pour, implicitement, se désigner aux yeux du monde comme « un homme bien ».
Considération philosophique que tout cela ! Mais qu’en est-il de l’histoire ? De fait, l’idée même de ne parler que de « la » colonisation, comme s’il n’y en avait eu qu’une, est rien moins que réductrice.