Brazza « l’Africain »

Pierre Savorgnan de Brazza (1852-1905) part pour sa toute première exploration en Afrique en 1875. Cet  officier de marine, Italien d’origine, à l’âme aventureuse, explore les côtes du Gabon et remonte le cours de l’Ogooué près duquel il fonde Franceville. Lors d’un second voyage, il reprend la route fluviale de l’Ogooué, atteint le Congo qu’il place sous protectorat français, fonde Brazzaville et devient, en 1886, commissaire général au Congo. Durant ces années de commissariat, il prend la défense des populations noires face au trafic de colons peu scupuleux. Nombre de députés se dressent alors contre lui  et le destituent en 1897. Déçu, amer, il meurt le 14 septembre 1905 à Dakar.

La Nouvelle-Guinée, objet de toutes les convoitises

Un Papou de Nouvelle-Guinée.
Un Papou de Nouvelle-Guinée.

C’est parce qu’il avait été frappé par la ressemblance entre les habitants de l’île que l’Espagnol Ortiz de Retez baptisa la Nouvelle-Guinée de ce nom là. Une vingtaine d’années auparavant, en 1526, c’est un Portugais qui avait découvert cette île située au nord de l’Australie. Une île dont l’insularité restera ignorée de l’Europe jusqu’en 1762 alors que Torres l’avait prouvé en franchissant le détroit qui porte maintenant son nom en 1606. C’est à James Cook que reviendra l’honneur de confirmer l’exactitude du détroit de Torres. Mais si les côtes avaient été parcourus, l’intérieur de l’île demeurera longtemps ignoré. Elle ne commencera à être exploré qu’en 1860 et fera rapidement l’objet de toutes les convoitises.
Peuplée de Papous, de Mélanésiens et de Négritos, peuples demeurés fort primitifs, la Nouvelle-Guinée va faire l’objet, au XVIIe-XVIIIe siècle de l’intérêt des sultans malais des Moluques qui établiront leur suzeraineté sur la partie septentrionale de l’île. La Compagnie néerlandaise des Indes orientales était également sur les rangs et, en 1828, la Hollande revendiquait la partie occidentale de l’île. En 1883, la colonie australienne du Queensland réclama l’annexion du sud-est de l’île -la Papouasie- et Londres hésitait à se lancer dans l’aventure quand la Compagnie allemande de Nouvelle-Guinée vint s’établir sur la côte nord-est. En 1885, un traité officialisait la séparation de l’île en Kaiser Wilhelmsland et en Territoire de Papua.

Alger est tombée ce matin

Audiance donnée au Général Hulin par le Bey d’Alger (1802)

Depuis le XVIIe siècle, l’Algérie était gouvernée par des deys, assistés par une élite turque, qui devinrent rapidement les champions de la guerre de course en Méditerranée. À tel point d’ailleurs que, ne pouvant rien contre les pirates algériens, la plupart des puissance occidentales durent verser un tribut annuel pour assurer leur sécurité.
Pourtant, au début du XIXe siècle, la France, contrairement aux autres puissances européennes, entretient de bonnes relations commerciales avec le dey d’Alger. Mais, en 1827, à la suite d’une obscure affaire de créances dues par la France, le dey Hussein soufflette le consul de France !

Cartier : la déception canadienne

Jacques Cartier (1491-1557).

On a dit de ce Malouin qu’il « a poussé et grandi dans une barque ». Cartier a, en 1534, quinze ans de voyages en haute mer derrière lui et surtout il a découvert les côtes de Terre-Neuve et d’Arcadie avec Verrazano, dix ans plus tôt. François Ier, qui espère découvrir le passage vers Cathay, c’est-à-dire la Chine, ne l’a pas choisi au hasard. Après une rapide traversée de vingt jours, Jacques Cartier parvient au détroit de Belle-Isle et découvre… le Canada.
Le 12 juin 1534, Cartier rencontre les indigènes pour la première fois, des indiens Hurons qui serviront de guides au Français tout au long de ses trois voyages successifs. Le Canada est une terre pleine de promesses à en croire les Indiens.

Guillaume Penn fonde la Pennsylvanie

Guillaume Penn (1644-1718).
Guillaume Penn (1644-1718).

Né à Londres en 1644, Guillaume Penn devient, à l’âge de vingt-deux ans, un fervent adepte de la religion des amis, le quakerisme. Après quelques séjours à la Tour de Londres, Penn décide de quitter l’Angleterre. Il parcourt l’Allemagne et la Hollande en prêchant. En 1681, il revient à Londres et obtient, contre une créance de seize mille livres, une concession pour un territoire du Nouveau Monde. Sous son égide, cette terre, située à l’ouest de la Delaware, devient une colonie qui prend le nom de Pennsylvania.
Le 25 avril 1682, Guillaume Penn donne aux colons une constitution en vingt-quatre articles qui font de la Pennsylvanie l’un des premiers États démocratiques. Terre d’asile, ce pays devient le refuge des persécutés.

Cortez et la conquête du royaume aztèque

Fernand (ou Hernan) Cortez (1485-1547).
Fernand (ou Hernan) Cortez (1485-1547).

Le Mexique ne s’explique pas ; on croit dans le Mexique, avec fureur, avec passion…, écrit le poète Carlos Fuentes. De la même façon, Fernand Cortez a cru dans cette terre, mais aussi dans ses richesses et ses possibilités.
Aventurier avide de gloire et d’or, Cortez, né en 1485 en Estrémadure, est issu d’une famille de vieille souche mais dépourvue de fortune. À l’âge de dix-neuf ans, il s’embarque pour le Nouveau Monde et s’illustre lors de la conquête de Cuba menée par Diego Velazquez (1465-1524). Peu de temps après, il entend parler d’une expédition au Yucatan projetée par Velazquez. En 1518, Cortez prend la tête d’un convoi de onze navires transportant deux cent soixante Espagnols et autant d’Indiens.

L’Australie : terre d’exil

Aborigène d'Australie, d'après une iconographie du XIXe siècle.
Aborigène d’Australie, d’après une iconographie du XIXe siècle.

Découverte par les Hollandais en 1606, l’Australie est une terre hostile, lointaine, inconnue lorsque, en 1770, James Cook, qui vient juste d’acquérir la Nouvelle-Zélande, en prend possession pour la couronne d’Angleterre. Ces deux colonies vont désormais remplacer les lieux d’exil et de déportation que l’Angleterre vient de perdre avec les colonies américaines.
En janvier 1788, sept cent dix-sept forçats, dont cent quatre-vingts femmes, accompagnés de deux cent dix soldats, débarquent à Port Jackson, rebaptisé Sydney par le tout premier gouverneur de l’Australie. Hommes et femmes fondent la Nouvelle-Galles du Sud, sur la côte orientale et, malgré les difficultés, organisent la colonie.
L’Australie, qui fait près de douze fois la taille de la France, n’est alors peuplée que d’environ cinq cent mille aborigènes et la grande majorité de ses terres reste longtemps inexplorée. La Nouvelle-Galles du Sud n’accède au statut de colonie britannique qu’en 1823 : ainsi naquit l’Australie… 

Cartier… de la Chine au Canada

Portrait de Jacques Cartier (1491-1557).
Portrait de Jacques Cartier (1491-1557).

C’est vraisemblablement au large de Terre-Neuve que Jacques Cartier, marin déjà aguerri, conçoit son grand projet : comme tant d’autres avant lui, il rêve de trouver le fameux passage du Nord-Ouest, passage qui doit le conduire vers la Chine. Une route que tous les explorateurs tentent de trouver, avec une persévérance admirable, depuis des siècles et qui a déjà permis la découverte de l’Amérique.
François Ier, qui voit avec regret l’Espagne et le Portugal se partager le monopole des découvertes, agrée à son idée et c’est avec l’accord et les finances du roi que Cartier arme deux bâtiments en avril 1534. Après avoir longé Terre-Neuve et la côte ouest du nouveau continent, il pénètre dans ce qui lui paraît un bras de mer et qui se révèle être le Saint-Laurent. Il aborde à Gaspé : une croix, plantée en terre, indique la nouvelle possession du roi de France, possession à laquelle Cartier donne le nom de Canada, qui vient du mot iroquois « kanata », ce qui signifie « village ». Pourtant, ce ne sont pas les Iroquois que Cartier croise en premier sur sa route mais, vraisemblablement, les Hurons qui parlent une langue proche de l’iroquois.

Formose « la belle »

Carte de l'île de Formose (XVIIIe siècle).
Carte de l’île de Formose (XVIIIe siècle).

Ce sont les Portugais qui, lors de leur première apparition sur l’île, en 1590, vont lui donner le nom de Formose, qui signifie « la belle ». de fait, l’île de T’ai-wan –de son nom chinois- sera l’objet de bien des conquêtes, de bien des convoitises. Occupée par les Hollandais qui, à partir de 1624, en font un riche comptoir commercial, elle sera successivement occupée par la Chine –qui l’interdit aux étrangers jusqu’en 1858-, du Japon (1874), des Français (1884-1885), à nouveau du Japon (1895) et encore de la Chine. Mais si belle soit elle, cette île aurait sans doute connue le sort de la multitude d’îlots placés sous le contrôle de l’Empire chinois si, à partir de 1949, elle n’avait abrité le gouvernement nationaliste de Tchiang Kaï-chek.
Refuge des exilés du communisme, symbole d’une autre Chine, une Chine ouverte, libre, Taïwan représente, depuis plus de 60 ans, un véritable camouflet pour le pouvoir communiste qui, malgré ses prétentions néo-capitalistes, n’en continue pas moins de proclamer la prochaine « libération » de l’île…

Francisco Pizarre à Cusco

Ancien combattant des guerres d’Italie, l’Espagnol Francisco Pizarre (1475-1541) part à la conquête du Pérou. Parvenu à San Mateo, en Équateur, en 1531, Pizarre pénètre dans l’Empire des Incas. Au terme d’une équipée fantastique, il entre triomphalement à Cusco, le 15 novembre 1533.
Cusco, qui signifie le « nombril du monde », est la prestigieuse capitale des Incas, mais l’arrivée de Pizarre la rabaisse alors au rang de simple ville conquise. Mettant à profit les guerres intestines qui déchirent les indigènes, l’Espagnol et cent cinquante cavaliers conquièrent définitivement le Pérou. Mais la gloire de Pizarre est de courte durée et il est assassiné en 1541 au cours des affrontements qui opposent les conquistadores entre eux.