Portugal : naissance d’un nouvel empire maritime

Petit par la taille et grand par l’ambition : telle pourrait être la devise qui résume le mieux l’histoire du Portugal. C’est en effet ce petit pays, peuplé d’à peine un million d’habitants, qui va inaugurer, le premier et bien avant la très puissante Espagne, sa voisine et sa rivale, une ère nouvelle dans l’histoire de l’Europe et du monde. Un formidable défi accompli grâce à Henri le Navigateur et à quelques autres souverains portugais comme Alfonse V ou Joao II.

Le « coup » de Trafalgar

Amiral Horatio Nelson (1758-1805).
Amiral Horatio Nelson (1758-1805).

Quand l’amiral Villeneuve, commandant la flotte « combinée » franco-espagnole, reçoit l’ordre exprès de l’Empereur de quitter Cadix et de gagner Naples, les navires anglais croisent au large de la côte andalouse. Tenter une sortie serait une véritable folie mais Villeneuve n’a pas le choix, les ordres impériaux ne se discutent pas. La flotte « combinée » quitte donc Cadix avec, à ses trousses, l’amiral Nelson, le commandant de la flotte britannique. Les escadres s’affrontent le 21 octobre 1805, à Trafalgar.
La tactique de l’Anglais est simple : foncer en masse compacte et disloquer la flotte ennemie en deux points distincts. C’est la « Nelson touch » ! Le plan est suivi rigoureusement et vingt des vingt-huit navires constituant la flotte franco-espagnole tombent aux mains des Anglais. La tactique de Nelson est un franc succès mais le génial amiral a été touché d’une balle à la colonne vertébrale. Il ne survivra que trois heures à sa si brillante victoire…

Le Radeau de la Méduse

Tout le monde connaît le superbe et fascinant tableau de Théodore Géricault intitulé Le Radeau de la Méduse. Personne n’a pu, à la vue de ce chef-d’œuvre, rester insensible à la détresse des personnages, affamés et assoiffés… Ce tableau n’est que l’expression de la réalité, telle que les survivants l’ont décrite à Géricault.
Tout a commencé le 2 juillet 1816. La frégate La Méduse, ayant quelques quatre cents marins à son bord, cingle vers les côtes du Sénégal où elle doit reprendre possession des comptoirs annexés par les Anglais. Mais une manœuvre malencontreuse du capitaine de Chaumareyx fait échouer le bateau sur des récifs au large des côtes sahariennes.

Le triste sort de La Bourdonnais

Bertrand-François Mahé de la Bourdonnais (1699-1753).
Bertrand-François Mahé de la Bourdonnais (1699-1753).

Entré dès l’âge de dix-neuf ans au service de la Compagnie des Indes, Bertrand Mahé de La Bourdonnais devient gouverneur des îles de France puis de Bourbon dès 1735. De là, il décide d’étendre l’influence française sur la Malaisie et les îles de la Sonde… mais la France ne le soutient pas. Loin d’être rebuté, La Bourdonnais constitue une escadre à ses frais et s’attaque aux forces navales anglaises croisant en Inde : il les écrase à Negapattinam et s’empare de Madras. Aux termes de cette capitulation, Madras devait être rendue contre une rançon de dix millions : ce sera l’excuse qu’utilisera Dupleix, alors gouverneur général des colonies françaises en Inde, pour évincer son jeune rival. Après un voyage mouvementé, La Bourdonnais regagne la France où la cabale montée par Dupleix prend de plus en plus d’ampleur. Accusé d’avoir trahi les intérêts de la Compagnie des Indes, il tente de se défendre, en vain… Il est enfermé à la Bastille, sans même avoir été entendu. Deux ans plus tard, on décide de le faire comparaître. La Bourdonnais est acquitté mais il est trop tard : malade, il ne sort de prison que pour mourir de ses infirmités le 10 novembre 1753.

Dumont d’Urville découvre la terre Adélie

Jules Dumont d'Urville (1790-1842).
Jules Dumont d’Urville (1790-1842).

Jules Sébastien César Dumont d’Urville (1790-1842) n’en est pas à sa première exploration lorsqu’il s’embarque vers l’Antarctique.
Décoré de l’ordre de Saint-Louis par Charles X (1824-1830) après avoir fait la découverte de la Vénus de Milo au cours d’un voyage en Méditerranée, Dumont d’Urville, après deux tours du monde, entreprend l’exploration des côtes de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, de la Nouvelle-Calédonie et des îles polynésiennes. C’est au cours de ce périple de près de trois ans qu’il reconnaît, dans l’île de Vanikoro, les restes de l’expédition de La Pérouse.

Aminoclès, un ingénieur de génie

Marins grecs appareillant.
Marins grecs appareillant.

Les exploits maritimes accomplis par les marins grecs furent fort nombreux : outre Ulysse et Pythéas, il faut aussi rendre hommage à d’autres intrépides explorateurs. Euthymènes, navigateur et astronome, est le premier à découvrir l’embouchure du Sénégal et à explorer les côtes de l’Afrique occidentale. Ctésias, contemporain de Xénophon (Ve siècle avant notre ère), astronome et médecin, visite l’Inde et la Perse et laisse un récit de voyage, le Myrobiblion, qui reste un modèle du genre. Quant à Néarque, l’amiral d’Alexandre (IVe siècle avant J.-C.), il accomplit une navigation périlleuse allant de l’embouchure de l’Indus à celle de l’Euphrate.
Tous ces exploits n’ont été possibles que grâce aux innovations -décisives et nombreuses- accomplies par les « ingénieurs » maritimes de la Grèce antique.
Déjà, les navires de la guerre de Troie, décrits par Homère, sont des vaisseaux peints en noir et avec une rangée de cinquante-deux rameurs. Les avirons passent par des estropes de cuir. Ils sont armés d’éperons de bronze.

Vasco de Gama au Natal

Vasco de Gama (v.1469-1524).
Vasco de Gama (v.1469-1524).

Après le traité de Tordesillas qui partage le monde entre Espagne et Portugal, ce dernier obtient la zone d’influence comprenant l’Inde. Vasco de Gama part donc en expédition avec, pour mission, de contourner l’Afrique et d’atteindre l’Inde. Gama s’embarque le 8 juillet 1497 avec trois caravelles. Après avoir quitté les îles du Cap Vert, il s’enfonce profondément dans l’océan Atlantique puis revient vers le continent africain. Le 8 novembre, il est au Cap et dépasse la croix de Diaz qui marque le point le plus lointain jamais atteint par les Européens, le 16 décembre.

Du pirate au corsaire

Des pirates prêts à l'attaque, d'après un tableau moderne.
Des pirates prêts à l’attaque, d’après un tableau moderne.

La piraterie est sans doute aussi vieille que la navigation et que les relations maritimes. De fait, il apparaît que dans l’Antiquité, elle était pratiquée presque systématiquement par tous les peuples côtiers de la Méditerranée et ni les Phéniciens ni les Grecs ne voyaient de différence notable entre le commerce et la piraterie. Elle trouvait même des justifications patriotiques dans les guerres endémiques qui opposaient les cités antiques, comme, au XVIIe siècle, le corsaire français trouvera dans la lutte avec l’Angleterre ou l’Espagne la justification à ses actions.
De fait, il faut bien attendre le XVIIe siècle pour voir une distinction entre le pirate et le corsaire. Pourtant, les razzias, les coups de main contre un village ou un navire étaient tout autant valorisés par leurs auteurs aux temps antiques ou au Moyen Âge comme une action plus politique que pécunière. La Méditerranée, sera le terrain privilégiée des pirates orientaux puis des musulmans, les fameux Barbaresques qui prolongeront sur la mer la lutte éternelle entre l’islam et la chrétienté ; la Baltique, quant à elle, demeurera aux mains des Vikings et c’est en partie pour lutter contre leurs actions que la ligue de la Hanse se formera au Xe siècle.

C’est la lutte finale…

Xerxès Ier (486-465 av. J.-C.).
Xerxès Ier (486-465 av. J.-C.).

Pour la seconde fois, les Perses tentent d’envahir la Grèce qui, cette fois, est unie face au danger. Après la sanglante -et si héroïque- défaite grecque aux Thermopyles, les Perses se sont emparés d’Athènes et du Pirée et préparent leur immense flotte à l’affrontement ultime. Nous sommes alors en 480 avant Jésus-Christ.
Après les Thermopyles, les Grecs avaient pris position au-delà du détroit de Salamine où, bloqués dans la baie, leur position semblait désespérée. Le bruit courait même chez les Perses que les Grecs allaient tenter de fuir durant la nuit. Alors les navires perses se précipitèrent dans le chenal.

Le nouvel Éden de Bougainville

Louis Antoine de Bougainville (1729-1811).
Louis Antoine de Bougainville (1729-1811).

Je suis un voyageur et un marin, c’est-à-dire un menteur et un imbécile aux yeux de cette classe d’écrivains paresseux qui, dans les ombres de leur cabinet, philosophent à perte de vue sur ce monde et ses habitants.
Fils d’un notaire parisien, Antoine de Bougainville, après des études de mathématiques puis de droit, entre dans la Royale et découvre le Canada et le goût de l’aventure. Emporté par le virus de la découverte, Bougainville entame, en 1766, un tour du monde qui le conduira, du moins l’espère-t-il, vers un nouvel Éden.