Le Radeau de la Méduse

Tout le monde connaît le superbe et fascinant tableau de Théodore Géricault intitulé Le Radeau de la Méduse. Personne n’a pu, à la vue de ce chef-d’œuvre, rester insensible à la détresse des personnages, affamés et assoiffés… Ce tableau n’est que l’expression de la réalité, telle que les survivants l’ont décrite à Géricault.
Tout a commencé le 2 juillet 1816. La frégate La Méduse, ayant quelques quatre cents marins à son bord, cingle vers les côtes du Sénégal où elle doit reprendre possession des comptoirs annexés par les Anglais. Mais une manœuvre malencontreuse du capitaine de Chaumareyx fait échouer le bateau sur des récifs au large des côtes sahariennes.

Le triste sort de La Bourdonnais

Bertrand-François Mahé de la Bourdonnais (1699-1753).
Bertrand-François Mahé de la Bourdonnais (1699-1753).

Entré dès l’âge de dix-neuf ans au service de la Compagnie des Indes, Bertrand Mahé de La Bourdonnais devient gouverneur des îles de France puis de Bourbon dès 1735. De là, il décide d’étendre l’influence française sur la Malaisie et les îles de la Sonde… mais la France ne le soutient pas. Loin d’être rebuté, La Bourdonnais constitue une escadre à ses frais et s’attaque aux forces navales anglaises croisant en Inde : il les écrase à Negapattinam et s’empare de Madras. Aux termes de cette capitulation, Madras devait être rendue contre une rançon de dix millions : ce sera l’excuse qu’utilisera Dupleix, alors gouverneur général des colonies françaises en Inde, pour évincer son jeune rival. Après un voyage mouvementé, La Bourdonnais regagne la France où la cabale montée par Dupleix prend de plus en plus d’ampleur. Accusé d’avoir trahi les intérêts de la Compagnie des Indes, il tente de se défendre, en vain… Il est enfermé à la Bastille, sans même avoir été entendu. Deux ans plus tard, on décide de le faire comparaître. La Bourdonnais est acquitté mais il est trop tard : malade, il ne sort de prison que pour mourir de ses infirmités le 10 novembre 1753.

Dumont d’Urville découvre la terre Adélie

Jules Dumont d'Urville (1790-1842).
Jules Dumont d’Urville (1790-1842).

Jules Sébastien César Dumont d’Urville (1790-1842) n’en est pas à sa première exploration lorsqu’il s’embarque vers l’Antarctique.
Décoré de l’ordre de Saint-Louis par Charles X (1824-1830) après avoir fait la découverte de la Vénus de Milo au cours d’un voyage en Méditerranée, Dumont d’Urville, après deux tours du monde, entreprend l’exploration des côtes de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, de la Nouvelle-Calédonie et des îles polynésiennes. C’est au cours de ce périple de près de trois ans qu’il reconnaît, dans l’île de Vanikoro, les restes de l’expédition de La Pérouse.

Aminoclès, un ingénieur de génie

Marins grecs appareillant.
Marins grecs appareillant.

Les exploits maritimes accomplis par les marins grecs furent fort nombreux : outre Ulysse et Pythéas, il faut aussi rendre hommage à d’autres intrépides explorateurs. Euthymènes, navigateur et astronome, est le premier à découvrir l’embouchure du Sénégal et à explorer les côtes de l’Afrique occidentale. Ctésias, contemporain de Xénophon (Ve siècle avant notre ère), astronome et médecin, visite l’Inde et la Perse et laisse un récit de voyage, le Myrobiblion, qui reste un modèle du genre. Quant à Néarque, l’amiral d’Alexandre (IVe siècle avant J.-C.), il accomplit une navigation périlleuse allant de l’embouchure de l’Indus à celle de l’Euphrate.
Tous ces exploits n’ont été possibles que grâce aux innovations -décisives et nombreuses- accomplies par les « ingénieurs » maritimes de la Grèce antique.
Déjà, les navires de la guerre de Troie, décrits par Homère, sont des vaisseaux peints en noir et avec une rangée de cinquante-deux rameurs. Les avirons passent par des estropes de cuir. Ils sont armés d’éperons de bronze.

Vasco de Gama au Natal

Vasco de Gama (v.1469-1524).
Vasco de Gama (v.1469-1524).

Après le traité de Tordesillas qui partage le monde entre Espagne et Portugal, ce dernier obtient la zone d’influence comprenant l’Inde. Vasco de Gama part donc en expédition avec, pour mission, de contourner l’Afrique et d’atteindre l’Inde. Gama s’embarque le 8 juillet 1497 avec trois caravelles. Après avoir quitté les îles du Cap Vert, il s’enfonce profondément dans l’océan Atlantique puis revient vers le continent africain. Le 8 novembre, il est au Cap et dépasse la croix de Diaz qui marque le point le plus lointain jamais atteint par les Européens, le 16 décembre.

Du pirate au corsaire

Des pirates prêts à l'attaque, d'après un tableau moderne.
Des pirates prêts à l’attaque, d’après un tableau moderne.

La piraterie est sans doute aussi vieille que la navigation et que les relations maritimes. De fait, il apparaît que dans l’Antiquité, elle était pratiquée presque systématiquement par tous les peuples côtiers de la Méditerranée et ni les Phéniciens ni les Grecs ne voyaient de différence notable entre le commerce et la piraterie. Elle trouvait même des justifications patriotiques dans les guerres endémiques qui opposaient les cités antiques, comme, au XVIIe siècle, le corsaire français trouvera dans la lutte avec l’Angleterre ou l’Espagne la justification à ses actions.
De fait, il faut bien attendre le XVIIe siècle pour voir une distinction entre le pirate et le corsaire. Pourtant, les razzias, les coups de main contre un village ou un navire étaient tout autant valorisés par leurs auteurs aux temps antiques ou au Moyen Âge comme une action plus politique que pécunière. La Méditerranée, sera le terrain privilégiée des pirates orientaux puis des musulmans, les fameux Barbaresques qui prolongeront sur la mer la lutte éternelle entre l’islam et la chrétienté ; la Baltique, quant à elle, demeurera aux mains des Vikings et c’est en partie pour lutter contre leurs actions que la ligue de la Hanse se formera au Xe siècle.

C’est la lutte finale…

Xerxès Ier (486-465 av. J.-C.).
Xerxès Ier (486-465 av. J.-C.).

Pour la seconde fois, les Perses tentent d’envahir la Grèce qui, cette fois, est unie face au danger. Après la sanglante -et si héroïque- défaite grecque aux Thermopyles, les Perses se sont emparés d’Athènes et du Pirée et préparent leur immense flotte à l’affrontement ultime. Nous sommes alors en 480 avant Jésus-Christ.
Après les Thermopyles, les Grecs avaient pris position au-delà du détroit de Salamine où, bloqués dans la baie, leur position semblait désespérée. Le bruit courait même chez les Perses que les Grecs allaient tenter de fuir durant la nuit. Alors les navires perses se précipitèrent dans le chenal.

Le nouvel Éden de Bougainville

Louis Antoine de Bougainville (1729-1811).
Louis Antoine de Bougainville (1729-1811).

Je suis un voyageur et un marin, c’est-à-dire un menteur et un imbécile aux yeux de cette classe d’écrivains paresseux qui, dans les ombres de leur cabinet, philosophent à perte de vue sur ce monde et ses habitants.
Fils d’un notaire parisien, Antoine de Bougainville, après des études de mathématiques puis de droit, entre dans la Royale et découvre le Canada et le goût de l’aventure. Emporté par le virus de la découverte, Bougainville entame, en 1766, un tour du monde qui le conduira, du moins l’espère-t-il, vers un nouvel Éden.

La bataille d’Agosta

L'amiral Michel de Ruyter (1607-1676).
L’amiral Michel de Ruyter (1607-1676).

La révolte de Messine contre les autorités espagnoles, en 1676, est le prétexte tout trouvé pour Louis XIV de s’opposer encore à l’Espagne. C’est également l’occasion pour Duquesne d’affronter, une fois de plus, l’amiral hollandais Ruyter, venu soutenir les Espagnols. Après quelques combats, les navires ennemis s’opposent, de nouveau, à Agosta, le 22 avril 1676.
Le choc est terrible. Les deux chefs se retrouvent face à face. « Bientôt on vit quelque chose d’extraordinaire se passer sur La Concorde. Son feu chancela, elle vira de bord à la faveur des nuages épais que formaient, de part et d’autres, les canonnades. Ruyter vient de tomber, frappé à mort. ».

Grotius et le droit maritime

Commun à tous et n’étant propre à personne, tel est l’air qui nous environne et parce qu’il ne peut être occupé et parce qu’il se prête en com-mun à l’usage de tous. Pour les mêmes raisons… la mer est donc au nombre des choses qui ne sont point dans le commerce, c’est-à-dire qui ne peuvent devenir propriétés privées. La mer, étant insaisissable comme l’air, ne peut être ajoutée au domaine d’un peuple… Personne n’ignore qu’un navire qui traverse la mer n’y prend pas plus de droit qu’il n’y laisse de trace.