Réglementation de la médecine

Dès le début du XIIe siècle, la médecine arabe pénètre en France par le Midi, grâce aux nombreux médecins juifs formés dans les diverses écoles de l’Espagne alors sous domination musulmane. Et c’est ainsi que se développe à Montpellier un centre médical de premier ordre qui va conserver une réputation européenne jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Un édit du comte Guilhem VIII, daté du 1er avril 1180, proclame la liberté de la médecine et donne ainsi un essor remarquable à cette profession dont l’exercice était jusqu’alors fortement réglementé. Deux siècles plus tard, c’est le pape Urbain V (1310-1370), originaire de Mende, qui fonde, près de l’université de Montpellier, le collège des douze médecins, destiné à accueillir et à former les étudiants pauvres de son diocèse.

L’éther au service de la chirurgie

William Morton (1819-1868).
William Morton (1819-1868).

C’est un jeune dentiste de Boston, William Morton, qui, le premier, eut l’occasion d’utiliser l’éther pour endormir un patient. L’idée était à l’origine du professeur Jackson… ce qui n’empêchera pas Morton de breveter l’utilisation de l’éther à son nom. La première fois qu’il l’utilisa, son patient, à qui il venait d’extraire deux dents, déclara que c’était l’expérience la plus amusante qu’il eut jamais vêcu : de quoi donner des envies de recommencer au jeune praticient, qui ne s’en priva évidemment pas.
L’Angleterre découvrit rapidement, et grâce aux bons soins de Morton, l’utilisation de l’éther puis ce fut le tour de la France où, le 12 janvier 1847, le docteur Malgaigne pratiqua pour la première fois une opération avec l’éther comme anesthésiant…

La médecine de Laennec

Né le 3 octobre 1781 à Quimper, René Laennec invente, en 1819, le premier stéthoscope et publie le premier traité d’auscultation.
Il applique sa méthode à la maladie qui le ronge et qui l’emporte  en 1826 : la tuberculose. Connue depuis la plus haute Antiquité sous le nom de phtisie et au Moyen Âge comme la maladie des écrouelles, la tuberculose va se propager au XIXe siècle.
Les travaux de René Laennec vont permettre de la reconnaître sous ses diverses formes et de la diagnostiquer à l’aide du stéthoscope. Soixante ans plus tard, Robert Koch isole, en 1884, le bacille de cette redoutable maladie qui frappe l’Europe de plein fouet et qui sera partiellement vaincue à partir de 1921, grâce au vaccin, le B.C.G..

Le papyrus ou les premières feuilles de papier

Un scribe (statue conservée au Louvre).
Un scribe (statue conservée au Louvre).

Avec quoi ou plutôt sur quoi écrivait-on avant l’invention du papier ? En Egypte, dans l’Antiquité, on écrivait sur du papyrus.
Si elle a aujourd’hui disparu d’Egypte, cette plante aquatique poussait en abondance sur les bords du Nil et dans les eaux marécageuses du delta. Hérodote raconte que les Egyptiens se nourrissaient de la tige de la plante en en faisant un "pain de lis" et que le reste servait à confectionner une sorte de papier. Les anciens Egyptiens retiraient la moelle contenue dans la tige et en formaient une sorte de tissu. Séché en presse, martelé, pressé puis battu une seconde fois, la matière était ensuite encollé avec une bouillie très fine de mie de pain mise à détrempée dans de l’eau chaude, ce qui rendait la feuille imperméable sans pour autant lui ôter sa souplesse et tout en lui donnant un blancheur éclatante.
L’invention du papyrus date au moins du XVIe siècle avant J.-C.. Il devait se répandre dans tout le monde ancien et demeurer en usage jusqu’au haut Moyen-Age. C’est vers la fin du VIIIe siècle, avec l’invention du papier de coton, qu’il sera finalement abandonné.

Le pape Urbain VIII contre… le tabac.

Devant les méfaits graves infligés à la santé, les troubles dûs à la consommation excessive de cette substance diabolique, Urbain VIII est contraint d’avoir recours à la mesure la plus radicale en matière de religion : dans une bulle datée du 18 avril 1641, il excommunie ceux qui osent prendre du tabac dans le temple du Seigneur. Originaire du Nouveau Monde, cette plante fait son apparition en Europe au milieu du XVIe siècle et, très rapidement, elle fait de nombreux adeptes en Italie, en France et en Angleterre.

Première ligne de chemin de fer

Le principe du chemin de fer apparaît dès le XVIe siècle pour le transport des matériaux dans les mines. Il s’agit alors de chariots munis de roues en bois et circulant sur des barres. Deux siècles après, le système est amélioré : on installe des traverses de chêne régulièrement espacées sur la voie et les rails sont en fonte.

Buffon, le génie de la nature

Georges Louis Leclerc, comte de Buffon (1707-1788).
Georges Louis Leclerc, comte de Buffon (1707-1788).

Le génie n’est plus qu’une grande aptitude à la patience, disait le comte de Buffon qui passa, lui-même, quasiment toute sa vie à écrire son Histoire naturelle.
Fils d’un conseiller au Parlement de Bourgogne, Georges Leclercq, comte de Buffon, né en 1707, se passionne très tôt pour les sciences.
Sa notoriété est bien assise quand il est nommé intendant du Jardin du roi, en 1739. Cette année-là, il entreprend son œuvre capitale, l’Histoire naturelle.
Enfermé, dès le lever du jour, « dans son cabinet sans livres et sans autre ornement qu’une gravure de Newton », assisté par Daubenton et l’abbé Bexon, il consacre près de cinquante années de sa vie à une étude qui comprendra trente-six volumes. Reconnu comme celui qui fonda la géologie et comme l’un des plus grands scientifiques du XVIIIe siècle, Buffon meurt à Paris, en avril 1788.

Sorbon fonde un collège

Théologien thomiste et chapelain de Saint Louis, Robert de Sorbon a l’idée, en 1253, de fonder un collège pour les pauvres étudiants et maîtres en théologie de France, le Collegium pauperum magistrorum.
Ouvert dès le 1er septembre 1257, ce collège, que l’on appellera bientôt la Sorbonne, sera, pendant longtemps, protégé par les rois de France, jusqu’à devenir un des hauts lieux de la pensée théologique de l’époque. Et dès sa fondation, son influence se fait sentir et elle n’ira qu’en grandissant, au point que la Sorbonne interviendra dans les affaires politiques autant qu’ecclésiastiques. Suspendus sous la Révolution, les cours sont à nouveau assurés sur l’ordre de Napoléon, qui fait de la Sorbonne une université consacrée aux lettres et aux sciences humaines et qui lui rend le prestige qui était le sien au Moyen Âge.

Création de l’administration des Douanes

Jean-Baptiste Colbert (1619-1693).
Jean-Baptiste Colbert (1619-1693).

Le système douanier de l’Ancien Régime était des plus complexes ; il existait alors, entre les différentes régions, d’innombrables droits : péages, droits de haut passage, d’entrée… Pour Colbert, toutes ces barrières intérieures entravent le négoce dans le royaume, mais malgré ses efforts, il ne parvient pas à les abolir complètement.
Le 5 novembre 1790, l’Assemblée constituante, reprenant le projet du « grand commis de l’État », supprime les divers droits de passage et crée l’administration des Douanes. Régie par un Code instauré en 1791, elle devient alors un organisme chargé de faire payer une taxe uniquement sur les marchandises qui franchissent les frontières terrestres et maritimes, ce qui constitue un énorme progrès par rapport à l’inextricable système de l’Ancien Régime.

Pasteur : vaincre la rage

Lorsqu’on lui amène Joseph Meister, un garçon âgé de neuf ans mordu à quatorze reprises par un animal enragé, Louis Pasteur hésite.
Les recherches qu’il mène sur la rage depuis 1879 n’en sont encore qu’au stade de l’expérimentation.
En effet, le 1er novembre 1885, Pasteur applique, pour la toute première fois, sa méthode préventive sur des chiens : il utilise des moelles d’animaux victimes de la rage, qui, en se desséchant, perdent de leur virulence. Il renouvelle l’expérience pendant plusieurs mois, utilisant des souches de plus en plus récentes et parvient ainsi à immuniser un chien.