La pomme de Newton

Isaac Newton est né dans le comté de Lincoln en 1642, l’année même où meurt… Galilée. Après des études studieuses à Cambridge, Newton y enseigne dès 1665. Ses recherches scientifiques sont rapidement publiées, notamment par la Société royale de Londres, mais la nouveauté de ses idées entraîne nombre de désaccords. Astronome, mathématicien, il publie en 1687 son œuvre maîtresse intitulée Principes mathématiques de la philosophie naturelle, où il expose sa théorie sur la loi de l’attraction universelle. Une anecdote dit qu’il énonça ce principe, voyant tomber une pomme.
En 1688, il devient membre du parlement pour défendre les droits de l’Université contre les prétentions du roi Jacques II Stuart. Plus tard, on le charge de représenter l’Université à la chambre des communes. En 1705, il est anobli et fait chevalier. Il meurt à Kensington en 1727.

Ferdinand de Lesseps : un héritage impérissable

Ferdinand de Lesseps (1805-1894).
Ferdinand de Lesseps (1805-1894).

À l’inauguration du canal de Suez, en 1869, Ferdinand de Lesseps acquiert une très grande popularité. Enivré par ce succès, il décide, en 1876, de percer l’isthme de Panama. L’idée, en fait, est très ancienne : dès 1529, on a pensé à cette entreprise, compte tenu de la minceur de cet isthme, mais elle ne commence à prendre corps qu’à la fin du XIXe siècle. En 1872, les États-Unis envisagent la percée par l’isthme de Tehuantepec au Mexique et, quatre ans plus tard, se constitue en France un « Comité pour le percement d’un canal interocéanique », dont la présidence échoit tout naturellement à Ferdinand de Lesseps.

Le Parlement anglais face à la traite

« Il se prépare actuellement dans les deux chambres du Parlement une discussion digne de la curiosité de ceux qui prennent part à la cause de l’humanité, raconte, le 22 mai 1789, la Gazette de Leyde. Il s’agit de la suppression pleine et entière de la traite des nègres, projet qu’on attribue au Premier ministre, mais qu’on combat dès à présent avec beaucoup de chaleur par les armes de la politique et de l’intérêt du commerce.

De l’hévéa à Goodyear

Charles de La Condamine (1701-1774).
Charles de La Condamine (1701-1774).

C’est en voyant les Haïtiens jouer avec une balle en élastique que Christophe Colomb découvrit, lors de son second voyage en Amérique (1493-1496), le caoutchouc. Deux siècles plus tard, les Français La Condamine et Fresneau donnaient les premières descriptions scientifiques de l’arbre à caoutchouc, autrement dit de l’hévéa, ainsi que des méthodes d’extraction employées par les Indiens. Il faudra encore un siècle et la découverte du benzol par Charles Macintosh (1820) puis celle de la vulcanisation permettant d’insensibiliser le matériau aux variations de température par Goodyear (1839) pour que John Dunlop imagine le pneumatique. De fait, la fin du XIXe siècle marque l’apogée de la recherche en matière de cycle, depuis la bicyclette jusqu’à l’automobile et la naissance d’une industrie désormais florissante.

Création des Archives royales

Il suffira d’une simple bataille, dans l’éternel conflit entre la France et l’Angleterre, pour que soit créée l’une des institutions les plus importantes de France, tout particulièrement pour les historiens : les Archives royales.
En effet, le 3 juillet 1194, Philippe Auguste est battu par Richard Cœur de Lion à Fréteval. En soi, l’incident n’aurait pas grande importance si les Anglais n’avaient pas profité de l’occasion pour s’emparer des archives qui suivaient partout le roi.
Philippe Auguste, jurant que l’on n’y reprendrait pas, décide dès lors de conserver le Trésor des chartes à Paris même, dans le palais de la Cité. On peut donc dater de ce moment la création des Archives royales -devenues plus tard impériales et enfin nationales.

Gaspard Monge

Mathématicien novateur et grand orateur, Gaspard Monge, fils d’un marchand forain, est né en 1746. En 1780, il entre à l’Académie des sciences. Il devient ensuite professeur d’hydrodynamique à l’école fondée au Louvre par Turgot. La Révolution lui ouvre d’autres horizons : proche des Girondins, il devient ministre de la Marine en 1792. Monge contribue à la fondation de l’École normale et de Polytechnique puis suit Bonaparte en Égypte (1798/99), où il devient professeur à l’Institut du Caire.

Les omnibus parisiens

L’histoire de l’omnibus remonte au XVIIe siècle. En effet, dès 1662, sur l’initiative de Pascal, le duc de Roannez et les marquis de Sourches et de Crénan sont autorisés, par lettres patentes, à fonder une entreprise de location de carrosses qui « feraient toujours les mêmes trajets de Paris, d’un quartier à l’autre et partiraient toujours à des heures réglées… ».
C’est ainsi que les « carrosses à cinq sols » naquirent. L’idée ne dura qu’un temps mais fut reprise à Londres puis à Nantes et finalement à Paris où, en janvier 1828, Baudry, après avoir exploité l’idée avec succès à Nantes, obtient la permission de faire rouler les toutes premières voitures sur les boulevards.

Niels Bohr et la théorie de la « goutte d’eau »

Septembre 1943. Un petit bateau de pêcheurs quitte les côtes danoises pour la Suède. À son bord, le célèbre physicien Niels Bohr, prix nobel de physique en 1922, fuit son pays occupé par les troupes nazies.
Physicien danois, Niels Bohr, né le 7 octobre 1885, révolutionne, en 1913, tout le monde de la physique avec sa théorie dite de « l’atome de Bohr ». Selon ce savant, l’atome est constitué d’un noyau et d’électrons qui gravitent autour, comme le soleil et ses satellites. À chaque orbite correspond un niveau d’énergie qui va en décroissant. Rendu célèbre par sa théorie, Bohr fonde, en 1920, l’Institut de physique théorique.
En 1943, il émigre aux États-Unis où il participe à l’élaboration de la bombe atomique. C’est Bohr qui, dès 1939, explique le phénomène de la fission de l’uranium 235, par la théorie de la « goutte d’eau ».
De retour au Danemark en 1945, il s’engage vigoureusement dans la lutte contre l’armement nucléaire et meurt à Copenhague, sa ville natale, en 1962.
 

La Hanse ou la conquête par le commerce

Un groupe de marchands au XIVe siècle (d'après une gravure ancienne).
Un groupe de marchands au XIVe siècle (d’après une gravure ancienne).

Le phénomène n’a rien de bien nouveau : déjà, l’antiquité pratiquait des associations similaires nommées « éranoi » en Grèce ou « collegia opificum » à Rome. Les guildes médiévales ont ceci de particulier qu’elles s’étaient formées sous l’égide spirituelle, par souci de l’entraide, par sentiment fraternel. Héritière de ces guildes, la hanse -dont le nom allemand signifie justement "guilde"- apparaît au XIIe siècle parmi les marchands allemands installés à l’étranger -Visby, dans l’île de Gotland, Bruges ou Londres. Ainsi, dès son origine, la Hanse germanique se vit doté d’une préoccupation supplémentaire, qui va, au fil du temps, devenir sa particularité.
Association de marchands allemands, elle ne se préoccupe pas seulement de l’entraide mais se voit, dès son origine, assignée à l’expansion commerciale. Une expansion commerciale qui va rapidement tournée à la conquête, voir à la colonisation. C’est vers les régions de l’Est que la Hanse -ou Ligue hanséatique dès lors qu’elle regroupera les comptoirs allemands- va principalement orienter son action. Avec Lübeck à sa tête -une ville qui gardera la primauté de l’organisation tout au long de son existence-, la Ligue crée le comptoir commercial de Novgorod, de Riga ou encore de Dantzig. Une pénétration commerciale qui s’accompagnera de christianisation et, surtout, qui incitera la Ligue à s’allier aux chevaliers teutoniques.

Ravachol, le fauve de l’anarchie

Au cours du mois de mars 1892, deux bombes, visant des magistrats ayant récemment condamné des anarchistes, explosent à Paris. Il n’y a pas de mort mais cinq blessés dans le deuxième attentat, dont une petite fille de quatre ans. La capitale est sous le choc !
Pour la police, il ne fait pas de doute que le fin mot de l’histoire se trouve dans les milieux anarchistes : elle arrête certains sympathisants et apprend l’existence d’un certain Léger. D’allure plutôt bourgeoise, il serait originaire de Saint-Étienne. Aussitôt la police communique à la presse le signalement du suspect qui est arrêté, alors qu’il exposait ses théories au restaurant Véry, quelques jours plus tard. On apprend alors que l’auteur des attentats, car il le reconnaît bien volontiers, s’appelle en fait Ravachol et qu’il est teinturier. Dans sa maison de Saint-Mandé, on découvre un arsenal impressionnant.