Les thermes de Caracalla

Thermes romaines -ici de Dioclétien-, d'après une aquarelle moderne d'E.Paulin.
Thermes romaines -ici de Dioclétien-, d’après une aquarelle moderne d’E.Paulin.

Sortes de bains publics, les thermes n’avaient pas pour fonction première de permettre aux Romains de se laver : c’était avant tout un lieu de rencontre, un endroit où il fallait se montrer, notamment si l’on était « quelqu’un ». On s’y retrouvait vers le début d’après-midi, peu avant la cena -le grand repas de l’après-midi. L’entrée des thermes était généralement gratuite et leurs constructions étaient le fait de riches particuliers ou d’empereurs. Les premières thermes de Rome furent ainsi édifiées à la requête d’Agrippa, vers 19 avant J.-C., et, à l’époque impériale, Rome en comptait une bonne centaine, dont les plus célèbres sont les thermes de Dioclétien, les plus grandes, celles de Constantin et surtout celles de Caracalla.
Construites en 217 après J.-C. dans un faubourg proche de la voie Appienne, ces thermes couvraient une surface de 118000 m2 sur lesquels l’établissement de bains n’occupait lui-même que 25000 m2. En effet, outre le frigidarium (eau froide), le tepidarium (eau tiède) et le caldarium (eau chaude), lui-même entouré de loges contenant des baignoires, on trouvait également des salles de gymnastiques, des salles de réunion, des bibliothèques et un stade, qui faisait le tour du parc au cœur duquel se trouvait les thermes proprement dites…

César franchit le Rubicon

La rivalité entre Pompée et César va grandissante quand le dernier triumvir, Crassus, meurt. Les deux ennemis sont désormais face à face et le décret de Pompée, forçant César, alors en pleine guerre des Gaules, à renvoyer son armée, met le feu aux poudres.
Tout se jouera à Rome… Aussi César quitte-t-il précipitamment la Gaule et, le 12 janvier 49 av. J.-C., franchit le Rubicon, qui marque la limite de sa province. Par cet acte, il déclarait ouvertement la guerre à Pompée. La suite ne sera pour César qu’une marche triomphale sur Rome alors que son ennemi se réfugiait en Thessalie puis en Égypte, où il sera assassiné.

“Ceux qui vont mourir”…

Mosaïque antique représentant un combat de gladiateurs.
Mosaïque antique représentant un combat de gladiateurs.

264 avant J.-C. ; Junius Brutus Pera, de la famille des Junii Bruti vient de mourir. A l’occasion de ses obsèques et parce qu’elle désire que cette mort marque durablement le peuple, la famille du défunt offre au peuple le spectacle d’un combat opposant six prisonniers de guerre. Cet usage funéraire, qui se pratique alors en Etrurie et en Campagnie, est la forme moderne d’un rituel de sacrifice. C’est également le moyen qu’ont trouvé les Romains de se débarrasser des nombreux prisonniers de guerre, plutôt que de les égorger sur les tombes des vainqueurs ou de les soumettre à l’esclavage.
L’origine supposée de ces combats remonterait au delà du Ve siècle avant J.-C. -date à laquelle ils sont pratiqués dans toute l’Etrurie. Le jeu du Phersu, qui en est à l’origine, voulait qu’un condamné à mort soit livré aux assauts d’un chien de combat, la tête couverte d’un sac et armé d’un unique bâton, ce qui ne lui laissait guère de chance de survie. Une seconde hypothèse veut que ces combats aient été inspirés d’une coutume samnite qui organisait des combats de corps à corps, notamment entre les prisonniers de guerre.
A final, lorsqu’en 264 avant J.-C. la famille Junii Bruti décide d’offrir un combat de gladiateurs afin d’honorer son défunt, elle initie surtout une véritable mode. Les familles aristocratiques devaient saisir la moindre occasion pour organiser des combats semblables, pour le plus grand plaisir de la plèbe. En 122 avant J.-C., Caius Gracchus fera voter une loi instaurant la gratuité de l’événement. Un événement qui, dès le IIe siècle avant J.-C., n’a plus grand chose à voir avec les funérailles ou avec le religieux mais qui devient alors un moyen incontournable pour amadouer le peuple… et tenter de se faire élire édile ou consul.

Quand les dieux régnaient à Rome

le temple de Jupiter Capitolin.
le temple de Jupiter Capitolin.

« Romain, tu domines le monde en te soumettant aux dieux », écrivait la poète Horace dans son recueil d’Odes. C’est à une pratique religieuse stricte et vigilante que les Romains croyaient en effet devoir l’expansion et la préservation de leur empire. Mais de l’époque primitive au culte impérial, le rapport que Rome entretient avec le divin ne concerne pas que les événements de la vie publique ou les campagnes militaires : il impègne chaque étape, voire chaque geste, de la vie du citoyen romain, quelle que soit sa position sociale. Le souci tatillon des Romains de ne pas s’aliéner leurs dieux les pousse à observer un rituel méticuleux, à l’écoute des moindre signaux célestes annonciateurs des décisions divines. La piété romaine a également évolué en fonction d’impératifs historiques et s’est ouverte à des dieux étrangers, intégrés, avec un certain pragmatisme, à l’ancien panthéon.

Retour sur une religion méconnue : la religion romaine

Statuette d'un prêtre romain.
Statuette d’un prêtre romain.

Les Romains eux-mêmes se voyaient volontiers comme les plus religieux, les plus pieux des hommes. De fait, la religion faisait partie de la vie quotidienne ; elle lui imposait son rythme, depuis les premiers jours de la vie jusqu’aux derniers. Mais cette religion du quotidien était également dépourvue de mythologie propre, au point d’avoir adopté sans vergogne les divinités du panthéon grec et même celles d’autres régions, notamment des divinités orientales. Cette vision, qui est celle que les historiens ont eu pendant des siècles, est aujourd’hui sujet à révision et les spécialistes se penchent avec un intérêt nouveau sur la vision du divin chez les Romains.
Si la religion était si présente dans tous les actes de la vie, c’est avant tout parce que les Romains voyaient la main des dieux partout, dans tout. C’est également parce que, dans l’espoir de parer à toute éventualité et de ne surtout pas fâcher les dieux, tout en ignorant d’ailleurs ce qu’ils désirent vraiment. Durant la période archaïque, ces divinités n’avaient pas non plus d’apparence humaine, comme les divinités grecques. Des divinités que les Romains adopteront à l’époque classique, sans pour autant abandonner leurs rites. De fait, et c’est un trait particulier de la religion romaine, rien n’est jamais supprimé. Au fil des siècles, malgré l’apport de religions nouvelles, aucun rite ne sera abandonné. Et c’est finalement fort logique et s’explique par la conception même de la religion romaine. En effet, on a dit que si les rites étaient intimement lié au quotidien de la vie, c’était dans le but de toujours satisfaire aux dieux, de parer à toute éventualité. La chose se répète dans l’addition des rites et des croyances, car pourquoi abandonné quelque chose qui pourrait éventuellement servir encore ?

Attila, le fléau de Dieu

Attila arrêté par saint Loup aux portes de Troyes, qui sera épargnée par la fureur des Huns.
Attila arrêté par saint Loup aux portes de Troyes, qui sera épargnée par la fureur des Huns.

Etonnement, c’est avant tout sur une communication intense, une publicité presque mensongère qu’est basée la légende du fameux fléau de Dieu, Attila, le roi des Huns. Certes, le personnage n’avait rien d’un ange, mais sa réputation est largement surfaite.
Fils d’un certain Moundzouk, il succède à son oncle, Ruga, à la tête des Huns en 434. Et comme dans pratiquement toutes les tribus barbares, le pouvoir est partagé entre Attila et son frère aîné, Bléda. Pas pour longtemps cependant, Attila n’hésitant pas à faire assassiner son frère, trop pacifique à son goût, et à instaurer une autorité sans partage sur les tribus huns unifiées. De fait, les Huns, originaires d’Asie centrale, étaient installés depuis déjà quelques décennies sur les bords du Danube, en Pannonie. Et c’est en relativement bonne harmonie qu’ils vivaient, avec de nombreuses autres tribus barbares, dans l’empire d’Orient. Ils en étaient une composante même et, selon de nombreuses sources, Attila lui-même aurait été en partie élevé à la cour impériale et considéré comme un "ami de Rome". Voilà qui ne devait pas satisfaire le jeune souverain avide de conquêtes. D’où l’assassinat de Bléda, jugé trop diplomate. Sans compter qu’un personnage tel qu’Attila ne pouvait accepter un quelconque partage du pouvoir.

Rome à feu et à sang !

Maître de Carthage depuis 439 et reconnu souverain d’Afrique par Rome en 442, Genséric, roi des Vandales, a depuis très longtemps une réputation de grande cruauté parmi toutes les populations de l’Empire.
Malgré cela, en 455, l’impératrice Eudoxie, qui vient de voir assassiner son mari, Valentinien III, l’appelle au secours. Genséric prend la route de Rome avec ses hommes mais il ne se contente pas de venger la souveraine, il soumet la ville au pillage et ravage les environs, laissant derrière lui une population terrifiée qui, pendant des siècles, dira l’effroi que lui ont inspiré ces terribles Vandales…

Qui était donc Catilina ?

Catilina (108-62 avant J.-C.), d'après un dessin moderne.
Catilina (108-62 avant J.-C.), d’après un dessin moderne.

Cicéron et Salluste ont dressé de lui un portrait qui le classe comme le héraut de tous les vices, le portrait-type d’une jeunesse sans autre ambition que de satisfaire ses plaisirs, prête à tout pour y recourir, démoralisée par les guerres privées, bref, d’une jeunesse dépravées.
Né dans une famille patricienne appauvrie, Lucius Sergius Catilina devient agent de Sylla lors des proscriptions puis se fait nommé, en 67 avant J.-C., propréteur en Afrique. Des malversations dans le gouvernement de cette province lui fera perdre le consulat en 66 avant J.-C.. Conséquence : Catilina est ruiné et prêt à tout pour recouvrer une stature politique. Il fomente un complot mêlant de jeunes nobles ruinés et des hommes de main du parti populaire mais la tentative d’assassinat de deux consuls échoue (65) de même que la candidature de Catilina en 63 avant J.-C..
Alors qu’en Toscane les soutiens de Catilina commencent à se soulever, Cicéron se fait donner des pouvoirs étendus et dénonce Catilina en pleine Sénat (7 novembre 63 avant J.-C.). Forcé de se démasquer, Catilina quitte immédiatement Rome pour l’Etrurie où il se met à la tête d’une petite armée.

Tu quoque mi fili ?

>Jules César (100 ou 101-44 av. J.-C.).
Jules César (100 ou 101-44 av. J.-C.).

En 509 avant J.-C., le règne tyrannique du souverain étrusque Tarquin le Superbe s’achève grâce à la révolte menée par un certain Lucius Brutus. Quatre siècles plus tard, un homme, descendant d’Énée et de Vénus, un fils de Iule, légendaire fondateur d’Albe la Longue, part à la conquête de cette royauté depuis si longtemps abolie. Il y laissera la vie…
Neveu par sa mère du célèbre général Caius Marius et gendre de Cinna, Jules César, qui proclamait également une ascendance quasi divine, avait un bel avenir devant lui. Pourtant, personne, jamais, n’aurait pu penser que ce jeune homme dissipé et grand amateur de femmes se révélerait un tel génie…
Classé d’office comme membre du parti « populaire », César suit tranquillement la carrière des honneurs : questeur en 69 avant J.-C., édile  quatre ans plus tard puis préteur en 62, il devient consul en 59 avant J.-C. et fonde le premier triumvirat avec Pompée et Crassus. Sa victoire sur Vercingétorix et la soumission de la Gaule en 52 allaient accentuer sa soif d’honneurs et de pouvoir.

Sylla, le fils des dieux

Buste de Sylla (138 avant J.-C.-78 avant J.-C.).
Buste de Sylla (138 avant J.-C.-78 avant J.-C.).

La fin du IIe siècle et le début du Ier siècle avant J.-C., avaient vu l’émergence de nouvelles revendications à Rome. Les Gracques avaient initié un mouvement qui allait aboutir, entre 91 et 95 avant J.-C., à une véritable guerre sociale opposant les Populares, partisans de la plèbe, et les Optimates, les clans sénatoriaux. Marius, homme d’humble extraction qui avait accédé au consulat en 107 avant J.-C., avait tenté de mener à bien les guerres extérieures -celle contre Jugurtha notamment-, et quelques réformes, mais les lois romaines elles-mêmes, le statu des uns et des autres se trouvait bouleversé du fait même des conquêtes. Des peuples de la péninsule avaient réclamé le statu de citoyen romain, avaient même créé une ligue indépendante ; les partis classiques se déchiraient, au point d’arriver à la guerre civile.
C’est dans cette situation critique pour Rome, qu’apparaît Sylla. Un homme qui va jouer le premier acte qui mènera à l’empire, donc à la fin de la République.
Aristocrate ambitieux, militaire de talent lors de la guerre sociale, Sylla atteint le rang de consul en 88 avant J.-C.. Surtout, il est un adversaire acharné des Populares et milite pour la conservation du pouvoir par les grandes familles romaines. Mais Sylla est plus qu’un conservateur. En fait, il se voit comme l’homme que les dieux ont désigné pour… régner. Exactement comme César après lui, comme Auguste et comme tous les empereurs qui feront l’empire.