Rome à feu et à sang !

Maître de Carthage depuis 439 et reconnu souverain d’Afrique par Rome en 442, Genséric, roi des Vandales, a depuis très longtemps une réputation de grande cruauté parmi toutes les populations de l’Empire.
Malgré cela, en 455, l’impératrice Eudoxie, qui vient de voir assassiner son mari, Valentinien III, l’appelle au secours. Genséric prend la route de Rome avec ses hommes mais il ne se contente pas de venger la souveraine, il soumet la ville au pillage et ravage les environs, laissant derrière lui une population terrifiée qui, pendant des siècles, dira l’effroi que lui ont inspiré ces terribles Vandales…

Qui était donc Catilina ?

Catilina (108-62 avant J.-C.), d'après un dessin moderne.
Catilina (108-62 avant J.-C.), d’après un dessin moderne.

Cicéron et Salluste ont dressé de lui un portrait qui le classe comme le héraut de tous les vices, le portrait-type d’une jeunesse sans autre ambition que de satisfaire ses plaisirs, prête à tout pour y recourir, démoralisée par les guerres privées, bref, d’une jeunesse dépravées.
Né dans une famille patricienne appauvrie, Lucius Sergius Catilina devient agent de Sylla lors des proscriptions puis se fait nommé, en 67 avant J.-C., propréteur en Afrique. Des malversations dans le gouvernement de cette province lui fera perdre le consulat en 66 avant J.-C.. Conséquence : Catilina est ruiné et prêt à tout pour recouvrer une stature politique. Il fomente un complot mêlant de jeunes nobles ruinés et des hommes de main du parti populaire mais la tentative d’assassinat de deux consuls échoue (65) de même que la candidature de Catilina en 63 avant J.-C..
Alors qu’en Toscane les soutiens de Catilina commencent à se soulever, Cicéron se fait donner des pouvoirs étendus et dénonce Catilina en pleine Sénat (7 novembre 63 avant J.-C.). Forcé de se démasquer, Catilina quitte immédiatement Rome pour l’Etrurie où il se met à la tête d’une petite armée.

Tu quoque mi fili ?

>Jules César (100 ou 101-44 av. J.-C.).
Jules César (100 ou 101-44 av. J.-C.).

En 509 avant J.-C., le règne tyrannique du souverain étrusque Tarquin le Superbe s’achève grâce à la révolte menée par un certain Lucius Brutus. Quatre siècles plus tard, un homme, descendant d’Énée et de Vénus, un fils de Iule, légendaire fondateur d’Albe la Longue, part à la conquête de cette royauté depuis si longtemps abolie. Il y laissera la vie…
Neveu par sa mère du célèbre général Caius Marius et gendre de Cinna, Jules César, qui proclamait également une ascendance quasi divine, avait un bel avenir devant lui. Pourtant, personne, jamais, n’aurait pu penser que ce jeune homme dissipé et grand amateur de femmes se révélerait un tel génie…
Classé d’office comme membre du parti « populaire », César suit tranquillement la carrière des honneurs : questeur en 69 avant J.-C., édile  quatre ans plus tard puis préteur en 62, il devient consul en 59 avant J.-C. et fonde le premier triumvirat avec Pompée et Crassus. Sa victoire sur Vercingétorix et la soumission de la Gaule en 52 allaient accentuer sa soif d’honneurs et de pouvoir.

Sylla, le fils des dieux

Buste de Sylla (138 avant J.-C.-78 avant J.-C.).
Buste de Sylla (138 avant J.-C.-78 avant J.-C.).

La fin du IIe siècle et le début du Ier siècle avant J.-C., avaient vu l’émergence de nouvelles revendications à Rome. Les Gracques avaient initié un mouvement qui allait aboutir, entre 91 et 95 avant J.-C., à une véritable guerre sociale opposant les Populares, partisans de la plèbe, et les Optimates, les clans sénatoriaux. Marius, homme d’humble extraction qui avait accédé au consulat en 107 avant J.-C., avait tenté de mener à bien les guerres extérieures -celle contre Jugurtha notamment-, et quelques réformes, mais les lois romaines elles-mêmes, le statu des uns et des autres se trouvait bouleversé du fait même des conquêtes. Des peuples de la péninsule avaient réclamé le statu de citoyen romain, avaient même créé une ligue indépendante ; les partis classiques se déchiraient, au point d’arriver à la guerre civile.
C’est dans cette situation critique pour Rome, qu’apparaît Sylla. Un homme qui va jouer le premier acte qui mènera à l’empire, donc à la fin de la République.
Aristocrate ambitieux, militaire de talent lors de la guerre sociale, Sylla atteint le rang de consul en 88 avant J.-C.. Surtout, il est un adversaire acharné des Populares et milite pour la conservation du pouvoir par les grandes familles romaines. Mais Sylla est plus qu’un conservateur. En fait, il se voit comme l’homme que les dieux ont désigné pour… régner. Exactement comme César après lui, comme Auguste et comme tous les empereurs qui feront l’empire.

Mécène ou l’amour des arts

Caius Maecenas ou Mécène (70 avant J.-C.-8 avant J.-C.).
Caius Maecenas ou Mécène (70 avant J.-C.-8 avant J.-C.).

Sans lui, l’Enéide n’aurait sans doute jamais été écrite. Pas plus d’ailleurs que nombre d’autres œuvres de Virgile, d’Horace, de Properce ou de Varius. Compagnon d’Octave, ami d’Auguste, Caïus Cilnius Mécène refusera tous les honneurs, toutes les charges, pourvu qu’il puisse poursuivre son œuvre personnelle : la protection des artistes. Elevé en partie en Grèce, issu d’une famille qui prétendait remonter aux souverains de l’antique Etrurie, Mécène était surtout à la tête d’une fortune qui lui permettait de satisfaire, sans trop de dommages, tous ses caprices. Et ses "caprices" étaient avant tout d’ordre intellectuel, artistique même. Ecrivain lui-même, il s’était entouré d’une véritable cour qu’il alimentait, au propre comme au figuré, jouant les protecteurs autant que les inspirateurs, au point d’ailleurs que son nom servira désormais à illustrer une pratique qui perdurera jusqu’aux temps modernes : le mécénat.

« Tu as vaincu, Galiléen ! »

Il fut la plus terrible menace pour le christianisme naissant : pendant son très court règne (361-363), l’empereur romain Julien l’Apostat, qui succède à Constance II, le 2 novembre 361, abjure et engage contre l’Église catholique une lutte sans merci. Ralliant autour de lui les hérétiques et les ennemis de la religion nouvelle, il crée une école philosophique qui prône le paganisme. Les auteurs ecclésiastiques racontent que saint Basile le Grand eut, durant une nuit de prière, une vision prémonitoire : l’empereur impie était terrassé par un ange venu du ciel.
L’iconographie byzantine a popularisé cette vision et, dit la légende, Julien l’Apostat, transpercé par la flèche de l’ange, s’écria avant de mourir :
-Tu as vaincu, Galiléen !

Le Forum romanum

Ruines du Forum romain (gravure du XIXe siècle).
Ruines du Forum romain (gravure du XIXe siècle).

Equivalent à l’agora grecque, le forum romain servait à l’origine exclusivement de marché ; très rapidement, cependant, il allait prendre le véritable cœur de la cité, son centre politique et judiciaire. A Rome même, le Forum devait jouer un rôle particulièrement important à l’époque républicaine. C’est là que siégeait le Sénat, que les assemblées du peuple tenaient leurs réunions -le comitium notamment-, que les orateurs discouraient du haut de la tribune aux harangues. Autour d’eux, on discutait, on s’échauffait, on se battait parfois ; bref, on faisait de la politique. C’est également au Forum qu’étaient jugés les grands procès politiques : Verrès, Clodius, Milon, y défileront, vêtus de deuil, poussant les enfants devant eux afin d’émouvoir les juges, tout cela au milieu des boutiques de courtiers, de banquiers, de changeurs, mais aussi de bijoutiers, de parfumeurs, de copistes. Des bouchers, un marché aux poissons finissaient d’animer la place.
Situé à l’emplacement d’un ancien marais, le Forum romanum était placé entre les collines du Palatin et du Capitole.

Commode, l’empereur méconnu

Buste de l'empereur Commode, en Hercule (161-192).
Buste de l’empereur Commode, en Hercule (161-192).

Fils du très sage empereur-philosophe Marc Aurèle (121-180), Commode a acquis une large part de ce qui fait actuellement sa célébrité grâce au non moins célèbre film de Ridley Scott, Gladiator. Et s’il est assez rare qu’un cinéaste rende justice à un personnage historique, force est de constater que, dans ce cas précis, Scott ne se fait que l’écho de la plupart des historiens antiques. La question est donc de savoir s’il a eut raison de leur faire confiance…
Car en effet le tableau est des plus sombres. La cruauté, la débauche semblent avoir été son quotidien ; sans compter l’assassinat, y compris dans sa propre famille, et des dépenses telles qu’elles conduisirent quasiment à la ruine de l’Empire. Néron lui-même, prend, à la lectures de ces récits, l’allure d’un saint homme ! D’ailleurs, comme lui, Commode se prenait pour Hercule et, rapportent ses détracteurs, il n’était pas rare de voir l’empereur, ce géant doté d’une taille et d’une force extraordinaires, défier les gladiateurs ou des bêtes sauvages vêtu comme le fils de Zeus. Et si les témoignages de ses contemporains ne suffisaient pas, la numismatique est là pour donner son aval. Ainsi, l’empereur s’était fait représenter portant une massue et drapé d’une peau d’animal sur de nombreuses pièces (Octave, en s’attribuant le titre d’Auguste avait mis les empereurs –en l’occurrence lui-même- au niveau des dieux, alors, se présenter sous les atours d’un fils de Zeus paraît relativement bénin) !
Qu’importe, il lui en sera fait grief !

Tibère, l’empereur républicain

Buste de l'empereur Tibère (42 avant J.-C.-37 après J.-C.).
Buste de l’empereur Tibère (42 avant J.-C.-37 après J.-C.).

Si Auguste avait fait semblant de respecter la République tout en mettant en place l’empire -ou du moins le principat-, Tibère, son successeur sera bel et bien empereur… sans pour autant en avoir l’envie, le désir. Et il s’en faudra de peu pour que le rêve d’Auguste ne s’effondre avec un retour à la République.
De fait, lorsque Auguste meurt, en 14 après J.-C., c’est le règne de l’incertitude et de l’inaction. Tibère ne veut pas réclamer les pouvoirs qui lui seront nécessaires pour régner ; et le Sénat hésite à accéder à la volonté d’Auguste et à reprendre les pouvoirs qui lui avait été ravis, ce qui équivaudrait  à un retour à la République pleine et entière et non plus apparente comme sous le « règne » d’Auguste. Un mois durant, le Sénat va hésiter, osciller pour finalement octroyer à l’héritier désigné ce qui signe l’acte de décès de la République. Le plus étonnant, c’est que Tibère sera sans nul doute l’empereur le plus attaché aux valeurs de la République, celui qui la regrettera la plus, qui comprendra le plus ce qu’elle représentait… pour la bonne et simple raison qu’il était lui-même fils de la République.

Bélisaire, le sauveur de l’Empire

Fresque représentant l'empereur Justinien Ier (483-565).
Fresque représentant l’empereur Justinien Ier (483-565).

L’effondrement de l’Empire romain date, officiellement, du Ve siècle. Mais en réalité, ce fut une longue agonie qui s’étend sur plusieurs siècles.
Face à la « déferlante barbare », quelques généraux et quelques empereurs tentèrent de réagir. Parmi eux, l’empereur Justinien, qui comptait sur l’habileté de son meilleur général, Bélisaire, pour reconstituer l’unité de l’Empire éclaté. Le premier objectif est le royaume vandale : Bélisaire débarque en Afrique du Nord avec une flotte de cinq cents navires et, après une brillante campagne de quelques mois, s’empare de Carthage en septembre 533. Une victoire qui sonne le glas du royaume vandale. Justinien lancera ensuite son général à la conquête de l’Italie, sous domination Ostrogoth. Là encore, Bélisaire se pose en vainqueur : il reconquiert la Sicile, Naples, Rome et enfin Ravenne, où Vitigès, le roi ostrogoth, tenait sa cour. Mais de tels succès devaient attirer la jalousie, notamment celle de l’empereur lui-même : dès lors, Justinien ne cessera de se défier de Bélisaire, tout en faisant appel à ses talents lorsque l’Empire est en danger…