Tibère, l’empereur républicain

Buste de l'empereur Tibère (42 avant J.-C.-37 après J.-C.).
Buste de l’empereur Tibère (42 avant J.-C.-37 après J.-C.).

Si Auguste avait fait semblant de respecter la République tout en mettant en place l’empire -ou du moins le principat-, Tibère, son successeur sera bel et bien empereur… sans pour autant en avoir l’envie, le désir. Et il s’en faudra de peu pour que le rêve d’Auguste ne s’effondre avec un retour à la République.
De fait, lorsque Auguste meurt, en 14 après J.-C., c’est le règne de l’incertitude et de l’inaction. Tibère ne veut pas réclamer les pouvoirs qui lui seront nécessaires pour régner ; et le Sénat hésite à accéder à la volonté d’Auguste et à reprendre les pouvoirs qui lui avait été ravis, ce qui équivaudrait  à un retour à la République pleine et entière et non plus apparente comme sous le « règne » d’Auguste. Un mois durant, le Sénat va hésiter, osciller pour finalement octroyer à l’héritier désigné ce qui signe l’acte de décès de la République. Le plus étonnant, c’est que Tibère sera sans nul doute l’empereur le plus attaché aux valeurs de la République, celui qui la regrettera la plus, qui comprendra le plus ce qu’elle représentait… pour la bonne et simple raison qu’il était lui-même fils de la République.