Philippe le Hardi, le grand duc de Bourgogne

Philippe le Hardi et son père à Poitiers (gravure du XIXe siècle).
Philippe le Hardi et son père à Poitiers (gravure du XIXe siècle).

Philippe le Hardi a quatorze ans lorsqu’il entre dans l’histoire. C’est un matin de septembre 1356, le 19. Après une chevauchée fantastique, au cours de laquelle elle ravage le Périgord, le Limousin et le Berry, l’armée anglaise, avec à sa tête le Prince Noir, rencontre l’armée royale française dans les plaines de Maupertuis, à seulement huit kilomètres de Poitiers.
Tous les princes de la famille royale sont présents : le dauphin ainsi que Louis d’Anjou et Jean de Poitiers, plus tard Jean de Berry, sont dans le premier corps d’armée. Le duc d’Orléans commande le deuxième et le roi, accompagné de son plus jeune fils, Philippe, dirige le troisième.
Les deux premiers corps sont aisément enfoncés et le roi Jean doit bientôt subir tout le poids de la bataille. Il a fait éloigner ses trois fils aînés, pour éviter qu’ils ne tombent tous aux mains des Anglais. Seul Philippe est encore à ses côtés. Le roi est maintenant à pied, les coups pleuvent de toutes parts. Et voilà Philippe à ses côtés, parant pour lui les coups :
-Père, gardez-vous à gauche ! Père, gardez-vous à droite !
Après cette action, le roi sera quand même fait prisonnier mais Philippe, qui n’a ni soldat ni terre, a désormais un surnom : « le Hardi ».
Le célèbre épisode de la bataille de Poitiers permet à Philippe le Hardi d’entrer dans la légende. Mais ce gamin courageux, préféré de son père le roi, va rapidement démontrer qu’il est aussi intelligent et fin politique : il « voyait au loin », dit de lui Froissart.

Averroès, disciple d’Aristote

Averroès (vers 1126-1198), d'après un dessin du XIXe siècle.
Averroès (vers 1126-1198), d’après un dessin du XIXe siècle.

Saint Bonaventure et saint Thomas d’Aquin ont salué en lui " LE commentateur " d’Aristote. Pourtant, Averroès prétendait être bien plus ; il prétendait être l’héritier d’Aristote, son disciple préféré.
Né dans une famille de juriste de Cordoue, Ibn Rochd, dit Averroès, fait ses études de droits tout en s’initiant à la philosophie, à la théologie et à la médecine. Devenu, comem son père, "cadi" de Cordoue puis de Séville, c’est-à-dire juge, il se lie avec le calife almohade Abou Yakoub Yousouf qui fait de lui son médecin personnel. Appelé au Maroc par le fils du calife afin de réformer la justice, il revient à Cordoue huit ans plus tard (en 1195) où il se voit taxé d’hérésie. De fait, Averroès n’avait jamais abandonné ses premiers amours : la philosophie et la théologie. De fait, Averroès professait depuis des années des théories contraires à la foi musulmane. Adepte de la philosophie aristotélicienne, il en avait traduit les œuvres principales, avant de les interpréter. Comme la majorité des commentateurs arabes, il y avait introduit des éléments néoplatoniciens et alexandrins. Mais c’est sur les rapports de la philosophie et de la foi qu’il s’opposera à l’école orthodoxe musulmane. Identifiant la pensée d’Aristote à la vérité rationnelle, il en arrive à soutenir la théorie de la double vérité : celle de la raison et celle de la foi.

Ferdinand 1er le Juste

Énergique et vertueux, mais calculateur habile à force de savoir patiemment exploiter les fautes de ses adversaires : tel apparaît le roi de Castille Ferdinand Ier le Juste à ses contemporains, un homme politique de grande envergure mais aussi un soldat attaché à chasser les Maures de la terre d’Espagne. Durant le très long conflit qui oppose la Castille catholique à la Grenade musulmane, il remporte de nombreux succès militaires, dont la prise d’Antéquera, en 1410, qui le couvre de gloire et fait de lui, aux yeux de son peuple, un authentique croisé de la reconquête.

La dynastie des Pippinides

Pépin de Héristal, maire du palais de Clovis III (gravure du XIXe siècle).
Pépin de Héristal, maire du palais de Clovis III (gravure du XIXe siècle).

Au VIIe siècle, Pépin de Landen, un des chefs de l’aristocratie austrasienne, s’était vu offrir la fonction de maire du palais, fonction que ses descendants vont assurer durant pas moins de six générations. Mais au fil du temps, la charge de maire du palais allait prendre de plus en plus d’importance, au point que ce seront eux qui détiendront la réalité du pouvoir. Ainsi en sera-t-il de Charles Martel, glorieux vainqueur des infidèles, et de ses fils, Carloman et Pépin, qui lui succèdent en 741. La véritable mainmise des Pippinides sur le pouvoir mérovingien n’allait cependant pas sans quelques heurts, au point que Carloman et Pépin devront, pour mettre fin à l’opposition des princes, proclamer Childéric III roi des Francs en 743. Ce règne, qui n’en eut jamais que le nom, ne devait durer que neuf ans. En effet, en 752, alors qu’il est désormais seul à assurer la réalité du pouvoir, Pépin fait un véritable coup d’État, avec l’appui du pape. Roi sacré et « oint au nom de la Sainte Trinité » par la grâce de Zacharie puis d’Étienne II, Pépin inaugure ainsi la royauté de droit divin.
Lorsque Pépin le Bref meurt, le 23 septembre 768, la dynastie pippinide est déjà bien assise sur le trône franc : son fils Charles, dit Charlemagne, la consacrera et lui donnera le nom de dynastie carolingienne.

Philippe Ier et les débuts de la politique capétienne

Sceau de Philippe Ier (1052-1108).
Sceau de Philippe Ier (1052-1108).

Philippe n’a que sept ans lorsqu’il succède à son père. Couronné une première fois du vivant de celui-ci, il renouvellera « l’opération » à plusieurs reprises, signe que la légitimité des Capétiens était encore à établir. Placé initialement sous la tutelle conjointe de sa mère et, surtout, de son oncle, Baudouin de Flandre, Philippe, une fois majeure, va se révéler un grand roi, l’initiateur de la politique capétienne au XIIe siècle.
Depuis Hugues Capet, le principal handicap des souverains de cette dynastie était leur manque de puissance, comprenez leur manque de terre. De fait, face à des vassaux tels que le comte d’Anjou, celui de Flandre, le duc de Bourgogne et, surtout, celui de Normandie qui, en 1066, devient roi d’Angleterre, le roi de France fait bien piètre figure. Toute la politique de Philippe Ier va donc être de consolider le domaine royal. C’est ainsi qu’il s’empare du Gâtinais (1068), du Vexin (1082) et de la vicomté de Bourges (1100). Parallèlement à cela, il soutient Arnould III face à Robert le Frison dans la succession flamande –ce sera d’ailleurs un échec ; et entretient la révolte de Robert Courteheuse contre son père, Guillaume le Conquérant.

Vie et mort d’une dynastie : les Visconti

Jean Galéas Visconti (1351-1402).
Jean Galéas Visconti (1351-1402).

Depuis bientôt deux siècles, une famille originaire de Milan étendait sa fortune et son pouvoir sur toute l’Italie du Nord.
Arrière-petit-fils du fondateur de la dynastie des Visconti, Jean Galéas reformera son unité et la conduira à son apogée. Devenu seul maître du Milanais après avoir assassiné son oncle et beau-père, Jean Galéas va non seulement poursuivre la conquête des villes avoisinantes mais également « acheter » le titre de duc héréditaire de Milan, élevant ainsi sa famille au même rang que les plus grands noms d’Italie.
Administrateur remarquable, favorable à l’industrie et aux arts, fin diplomate et habile chef de guerre, Jean Galéas est sur le point de devenir roi d’Italie quand il meurt de la peste, le 4 septembre 1402.

L’amour fou de Pierre de Portugal

Gisant d'Inès de Castro.
Gisant d’Inès de Castro.

L’histoire dépasse parfois la fiction mais c’est l’imaginaire qui crée la légende. De fait, l’histoire d’amour d’Inès de Castro et de l’infant de Portugal dépasse largement la fiction. Mais l’image de la reine morte, représentant un cadavre sorti de son tombeau pour être couronné et honoré par toute la cour est, quant à elle, du domaine de la légende. Et on comprend que l’imaginaire se soit emparée de cette histoire…
En 1340, Inès de Castro, demoiselle espagnole, est choisie pour accompagner l’infante Constance à la cour de son futur époux, l’infant du Portugal, Pierre. Un honneur qui fera son  malheur car Pierre s’éprend d’Inès et devient sa maîtresse. Scandale à la cour portugaise où le souverain Alphonse IV renvoie la belle dans "ses pénates"… jusqu’en 1345, date à laquelle meurt l’infante Constance. Malgré l’opposition du roi et de la cour, Pierre n’a alors de cesse de faire revenir sa bien aimée… qui va lui donner pas moins de deux fils et d’une fille.
Banale histoire d’amour ?

Théodora : une courtisane sur les autels

L'impératrice Théodora (début VIe siècle-548), d'après un détail d'une mosaïque de Ravenne.
L’impératrice Théodora (début VIe siècle-548), d’après un détail d’une mosaïque de Ravenne.

Vraisemblablement, lorsqu’en 527, l’empereur Justinien fait couronner son épouse en même temps que lui, c’est pour légitimer un peu plus son union célébrée quatre ans plus tôt. Une union qui, de fait, avait dû soulever un certain nombre d’opposition.
Fille du gardien en charge des ours au cirque de Constantinople, Théodora était danseuse et courtisane –un mot élégant pour désigner une prostituée- avant de devenir la maîtresse de Justinien. Un passé qui n’empêchera nullement le futur empereur, de 17 ans son aîné, d’en faire son épouse. Pour y arriver, il demandera même à son oncle, l’empereur Justin Ier, de changer la loi qui interdisait aux sénateurs, dont Justinien faisait alors partie, d’épouser des danseuses. Certains on voulut faire de Théodora une intrigante mais les atouts de la jeune femme devaient être autres que physiques pour que l’héritier de Justin désire si ardemment un mariage. Après tout, il aurait pu se contenter de la cantonner à un statu non officiel…
On comprend donc qu’à l’heure de revêtir à son tour la pourpre, Justinien ait désirer réaffirmer la légitimité de son union. On peut même supposer, sans grand risque de se tromper, que dès le début de sa liaison avec Théodora, Justinien avait compris les qualités intellectuelles et politiques de la jeune femme. Car en la couronnant avec lui, Justinien accordait à son épouse un statu de dirigeante officielle. Un pouvoir dont la nouvelle impératrice saura user avec une grande intelligence, s’associant aux principales décisions de Justinien, le conseillant, le supplantant même dans certaines actions.

Albert l’Ours : évangélisation et colonisation

Blason de la maison de Brandebourg.
Blason de la maison de Brandebourg.

Ce n’est pas la rudesse, encore moins la barbarie qui valut à Albert Ier de Brandebourg le surnom d’Ours. C’est plus certainement son avidité conquérante, l’extension de son domaine comme de ses pouvoirs.
Fils du comte Othon de Ballenstedt, Albert Ier avait reçu (en 1125) de l’empereur Lothaire la marche nordique de la Saxe, l’Ostmark, ainsi que l’Altmark (en 1134) qui allait devenir le noyau de la marche de Brandebourg. En effet, Albert devait se lancer, avec succès, dans la conquête des territoire situés à l’est de l’Elbe, annexer la Prignitz et étendre son protectorat sur la Havelland, dominée par la forteresse de Branibor (ou Brandebourg).
En posant un pied en Havelland, Albert Ier étendait d’autant l’influence de l’empire germanique ; repoussait d’autant les frontières avec les peuples slaves. Mais la Havelland elle-même était peuplée de Slaves païens ; elle était également gouvernée par un prince slave du nom de Pribislav. Délaissant la force pour la diplomatie, Albert devait s’adjoindre les "services" des Prémontrés et d’émigrants venus de Westphalie, de Hollande et de Flandre, jouant autant la carte de l’évangélisation que de la colonisation.

Le soleil de Foix

Surnommé Phœbus en raison de sa chevelure d’un blond ardent, Gaston III de Foix est le type même du seigneur du Moyen Âge.
Courageux, généreux, grand mécène, ami et protecteur de Froissart, Gaston Phœbus est aussi un être ombrageux et violent. N’a-t-il pas fait assassiner son propre frère et tué de ses mains son fils unique ?