Pierre le Vénérable : l’homme de la restauration clunisienne

Représentation probable de Pierre le Vénérable (enluminure du Moyen Âge).
Représentation probable de Pierre le Vénérable (enluminure du Moyen Âge).

C’est au Xe siècle que Guillaume le Pieux, duc d’Aquitaine, fonda l’abbaye de Cluny et la confia à Bernon, abbé de Baume, qui la plaça sous observance bénédictine. Saint Odon, saint Mayeul, saint Odilon, saint Hugues allaient faire de Cluny le cœur de la réforme monastique en Occident. Son succès fut tel que Cluny regroupa jusqu’à 1400 maisons, peuplées de 10000 moines. Une richesse humaine qui devait engendrer, dès le XIIe siècle, une trop grande richesse matérielle. C’est ce que l’on décrit généralement comme la "décadence" de l’ordre clunisien, une décadence qui n’est pas de mœurs mais que l’on peut traduire par l’éloignement de la stricte observance bénédictine qui était à l’origine de l’abbaye. C’est sur cette "décadence" que naîtra la réforme de Cîteaux, conduite par saint Bernard. C’est également à l’époque de cette "décadence" que le dernier grand abbé clunisien entre en scène.
Issu d’une noble famille auvergnate, Pierre de Montboissier, dit Pierre le Vénérable, devient abbé de Cluny en 1122. Sous son impulsion, Cluny retrouve les traditions et la rigueur du temps des quatre premiers abbés. Sous son impulsion, Cluny redevient un haut-lieu de la chrétienté monastique, tenant tête à saint Bernard dans la controverse entre clunisiens et cisterciens.

Guelfes et Gibelins : les origines d’un conflit

Statue équestre de Conrad III de Hohenstaufen, empereur germanique (1093-1152).
Statue équestre de Conrad III de Hohenstaufen, empereur germanique (1093-1152)..

Avant de désigner les protagonistes de l’un des conflits les plus longs de la péninsule italienne, les Guelfes et les Gibelins sont deux familles ; deux familles germaniques qui commenceront à s’affronter sur le sol du Saint Empire avant de « s’exporter » au delà des Alpes.
La famille des Guelfes –ou Welfen- apparaît au début du IXe siècle en Souabe. C’est à cette maison qu’appartenait l’impératrice Judith, seconde épouse de Louis Ier le Pieux ; c’est de cette maison également qu’était issue celle de Bourgogne. Cette première dynastie devait s’éteindre en 1055, avec la mort de Guelfe III. C’est alors qu’un de ses neveux revint d’Italie afin de recueillir cet héritage. Guelfe IV, dit le Grand, fonda alors la seconde maison des Guelfes. Une maison qui serait demeurait relativement modeste n’était la faveur dont l’empereur Henri IV devait entourer Guelfe le Grand. Devenu duc de Bavière par la grâce impériale, le fils de Guelfe devait épouser l’héritière des ducs de Saxe et son  petit-fils, Henri le Superbe, hériter de la Saxe et des biens de l’empereur Lothaire III, son  beau-père. La couronne impériale était alors à portée de main. Mais Conrad de Hohenstaufen veillait. C’est alors que devait naître la lutte séculaire entre les Guelfes et les Gibelins –du nom de Waiblingen, seigneurie des Hohenstaufen.

Ausone, le témoin d’une époque

Statue du poète Ausone (309-394).
Statue du poète Ausone (309-394).

II est l’un des très rare, sinon le seul écrivain de l’époque gallo-romaine et le témoin privilégié de son siècle. Né à Bordeaux le 11 avril 309, Ausone, après des études de grammaire et de droit, connaît le succès grâce à ses poèmes. En 367, l’empereur Valentinien l’appelle à la cour de Trèves afin d’être le précepteur de son fils Gratien. Cette fonction lui permet ainsi d’accéder aux charges de consul et de préfet des Gaules. Tout en administrant son territoire, Ausone poursuit son œuvre littéraire et célèbre avec talent les paysages de la Moselle et de la Gaule méridionale, les plaisirs de la bonne chère. Poète et fin gourmet, il apprécie particulièrement les huîtres, celles qu’on trouve dans sa ville natale de Bordeaux car, écrit-il, « elles sont les meilleures… Elles ont la chair grasse et blanche, un jus doux et délicat où une légère saveur de sel se mêle à celle de l’eau marine ». En 388, Ausone, lassé de ses fonctions préfectorales et souhaitant consacrer plus de temps au bonheur de vivre qu’au travail administratif et aux honneurs, quitte la cour de Trèves pour se retirer sur ses terres, près de Bordeaux, où il meurt en 394.

Le règne malheureux de Richard II

Richard II allant à la rencontre des serfs révoltés (miniature du Moyen Âge).
Richard II allant à la rencontre des serfs révoltés (miniature du Moyen Âge).

Si Edouard III avait initié la guerre contre la France, avec comme ambition affichée de s’emparer de sa couronne, c’était plus pour mettre un terme aux velléités de révoltes de nobles que par conviction que cet héritage lui revenait. D’ailleurs, dans les premières années du règne de Philippe VI, il n’avait guère manifesté quelques prétentions que ce soit. Toujours est-il qu’Edouard, comme Philippe d’ailleurs, avait besoin de cette guerre et qu’il la provoquera. Dans les premières années du conflit, les victoires anglaises, notamment celle de Crécy, en 1347, et celle de Poitiers, en 1356, semblent lui donner raison. Mais le conflit traîne en longueur ; il épuise le royaume anglais  qui a aussi eu à subir, de 1347 à 1350, les ravages de la peste noire. Autant dire que lorsqu’Edouard meurt, en 1377, le pays est exsangue. La couronne revient alors au fils aîné de son fils aîné, le fameux Prince Noir. Le petit-fils d’Edouard III ceint la couronne sous le nom de Richard II. Le jeune homme est alors encore fort jeune et ce sont ses oncles qui le conseillent. Son premier acte d’autorité, dès l’année 1381, va augurer d’un règne personnel pour le moins malheureux.
Cette année-là, après qu’un village ait refusé de payer un impôt qu’il juge abusif, voit éclater en Angleterre une révolte paysanne d’une grande ampleur. Un agitateur en particulier anime la révolte, un chapelain du nom de John Ball. Ball convainc les paysans d’aller trouver le roi et de lui exposer directement leurs griefs.

Charles d’Orléans, le prince-poète

Après trois longs siècles de silence, les œuvres littéraires de Charles d’Orléans sont arrachées à l’oubli, au XVIIIe siècle, grâce à l’abbé Sallier.
Né en 1391, Charles d’Orléans est le fils de Louis d’Orléans, frère du roi et de Valentine Visconti. Après la mort de son père, assassiné par Jean sans Peur, Charles devient le chef de la maison d’Orléans et prend la tête du parti des Armagnacs pendant la guerre de Cent Ans. Fait prisonnier à Azincourt en 1415, il est emmené en Angleterre où il restera en captivité pendant vingt-cinq ans.

Les Plantagenêts : une famille “française”

Mort de Foulques Nerra, comte d'Anjou, à Jérusalem (gravure du XIXe siècle).
Mort de Foulques Nerra, comte d’Anjou, à Jérusalem (gravure du XIXe siècle).

C’est en France qu’est née la dynastie Plantagenêt. En France et plus précisément entre Angers et Le Mans, par la grâce -et le mariage- de Foulques d’Anjou qui rattachait le Maine à l’Anjou et doublait ainsi son comté. Fils de France, donc, Foulques d’Anjou le sera, tout comme son fils, Geoffroy V, qui sera le premier à prétendre au titre de prince et le premier à mériter le surnom de Plantagenêt. La légende veut en effet qu’il portât habituellement une branche de genêt à son chef. Hasard ou désir de rappeler la vision dont il aurait était témoin, celle d’une licorne à tête de femme traversant un champ de genêt ? Peu importe en fait. Geoffroy sera donc à l’origine du surnom mais aussi à l’origine de sa prospérité.
Surnommé le Bel -avant d’être le Plantagenêt-, Geoffroy V épouse en 1127 Mathilde l’Impératrice. Veuve d’Henri V, elle est surtout l’unique héritière d’Henri Ier Beauclerc, fils cadet de Guillaume le Conquérant et souverain d’Angleterre. De fait, s’il n’est nullement question d’une loi salique en Angleterre, les faits sont là et c’est bien évidemment le premier à s’assurer le concours de la noblesse qui l’emporte. En l’occurrence, ce ne sera pas Mathilde qui se voit damer le pion par son neveu, Etienne de Blois, petit-fils par sa mère du célèbre vainqueur de Hastings. Mathilde va dès lors mettre toute son énergie pour reconquérir un trône, à son sens usurpé.

Jeanne, la Pucelle qui sauva la France

Sainte Jeanne d'Arc (1412-1431), au sacre de Charles VII.
Sainte Jeanne d’Arc (1412-1431), au sacre de Charles VII.

Réjouis-toi, franc royaume de France,
À présent Dieu pour toi se combat.

Ces quelques vers de Charles d’Orléans résument, en deux lignes, ce qui fit le succès de Jeanne.
Jeune bergère des marches de Lorraine, Jeanne n’a que dix-sept ans quand elle se rend auprès du « gentil dauphin », Charles de France, pour le convaincre qu’il est bien le roi de France choisi par Dieu. Dotée d’une armure, tenant haut son étendard marqué des noms de Jésus et de Marie, Jeanne a tout d’un ange pour cette France désespérée. Catherine Claude écrit à son propos :
La parité avec les hommes, elle ne la demande pas. Elle la prend quand ceux qui gouvernent, non seulement ne font pas face aux obligations qui découlent de leur rôle, mais prolongent et redoublent les effets de la guerre par leurs disputes meurtrières.

Sixte V : l’homme de fer du Vatican

Sixte V (1520-1590).
Sixte V (1520-1590).

Rapidement après la mort du fondateur de leur ordre, les Franciscains vont abandonner la stricte règle émise par saint François pour devenir une des "armes de pointe" de la chrétienté. Une arme dans le domaine de la connaissance et de la prédication, deux terrains qu’ils partageront avec les Dominicains.
C’est donc parmi ces Franciscains de deuxième génération, si l’on peut s’exprimer ainsi, que va apparaître un certains nombre de grands prédicateurs ou, tout simplement, de grands hommes de l’ordre. Parmi eux, Felice Perreti, fils d’un jardinier, entré chez les Franciscains de Montalto à l’âge de douze ans, devenu prêtre en 1547 (à vingt-six ans), qui se distinguera d’abord comme professeur et comme prédicateur avant de devenir le général de son ordre, en 1566. La "carrière" de Felice Perreti avait été fulgurante ; elle ne s’arrêtera pas là. En 1570, il coiffe le chapeau de cardinal, devient l’année suivante évêque de Fermo et est finalement élu pape en 1585 sous le nom de Sixte V. Intelligent, énergique aussi, il saura mettre fin à l’anarchie romaine, refaire de l’administration vaticane une organisation exemplaire, réparer des monuments, faire bâtir l’Acqua Maria et déterrer l’obélisque de Caligula, qui ornera dès lors la place Saint-Pierre.

Robert d’Artois, le « baron écarlate »

Sceau de Robert Ier d'Artois, fils de saint Louis.
Sceau de Robert Ier d’Artois, fils de saint Louis.

S’il est un  personnage que les amateurs des Rois maudits aiment, c’est évidemment Robert d’Artois, le fameux « baron écarlate » de la saga médiévale. Un personnage qui apparaît comme un indispensable de l’histoire de France… ce qu’il ne fut pourtant pas. En effet, ce n’est pas lui qui, agissant par vengeance envers sa tante Mahaut, incita Isabelle de France à dénoncer la conduite de ses belles-sœurs -ce qu’ elle ne fit d’ailleurs pas ; pas plus que Robert ne tenta d’empoisonner ou d’ensorceler qui que ce soit. Robert d’Artois, bien que dépourvu de terres conséquentes, était un grand seigneur, qui marqua son époque par les procès qu’il perdit et qui ne connut la fortune et le pouvoir que sous Philippe VI de Valois…
Le tout premier comte d’Artois, Robert Ier, était le frère de Saint Louis, celui qui s’était tant « distingué » par sa folle témérité à Mansourah. Il avait eu un fils, Robert II qui lui-même avait engendré un fils, Philippe, et une fille Mahaut. Cette dernière avait été donnée en mariage à Othon IV de Bourgogne, seigneur de la Comté -soit la Franche-Comté- et Philippe avait épousé Blanche de Bretagne de qui il avait eu un héritier mâle, notre fameux Robert.

Li Shimin, le grand réformateur de la Chine des Tang

Li Shimin (600-649).
Li Shimin (600-649).

Véritable fondateur de la brillante dynastie des Tang, Li Shimin laisse le souvenir d’un empereur plein de vertus et de sagesse. Pourtant, c’est au prix de sombres intrigues et de meurtres qu’il monte sur le trône de Chine.
Li Shimin, qui voit le jour en l’an 600 de notre ère, est issu d’une illustre famille de la province de Shandong, au nord-est de la Chine. En 605, l’empereur Yang accède au pouvoir mais, par ses extravagances, ce personnage tyrannique entraîne le pays au bord de la catastrophe. Atteint de mégalomanie, il épuise en outre son armée dans des combats sans fin. Celle-ci vient d’essuyer une défaite sans précédent en Corée, quand le souverain lance ses hommes contre les Turcs, en 615. Le désastre est évité de peu grâce à un stratagème de Li Shimin mais, las de son maître despotique, le peuple se révolte. Li Shimin passe dans le camp des opposants. L’anarchie s’installe dans tout l’empire et provoque la chute de Yang.