Néron, l’empereur fou

Qui était Néron ? Un fou, un poète, un mégalomane, un assassin ? Sans doute fut-il tout cela, en effet. Mais, tels les « princes noirs » de la Renaissance, Néron était aussi un bâtisseur, un pacificateur, un politique qui, conclusion logique à l’instauration de l’Empire, voulait parvenir à la « monarchie absolue ».
Dernier empereur de la dynastie des Julio-Claudiens, Lucius Domitius Ahenobarbus est le fils unique de Cneius Domitius Ahenobarbus, consul ordinaire issu d’une ancienne branche de la gens Domitia, et de la célèbre Agrippine la Jeune, sœur de l’empereur Caligula. Un tel patrimoine génétique ne pouvait conduire qu’au pouvoir… et à la folie !

Sévère Alexandre, “l’apôtre de la paix”

Denier de Sévère Alexandre.
Denier de Sévère Alexandre.

Rome, certainement, ne méritait guère un tel empereur. Un empereur amoureux de la vertu ;  un empereur adepte des préceptes chrétiens tout en demeurant païen ; un empereur qui fera tout pour ne pas entrer en guerre.
Né en Phénicie, Sévère Alexandre sera adopté par son cousin Héliogabale et nommé César avant de lui succéder à l’âge de treize ans à peine, en 222 après J.-C.. Parfaitement éduqué par sa mère et sa grand-mère au point de devenir un modèle de vertu, le nouvel empereur n’était guère "taillé" pour la fonction. Sa trop grande bonté, son désir de ne pas provoquer le malheur étaient même en contradiction profonde avec le rôle impérial. Encore plus avec celui d’un souverain confronté à la poussée barbare aux frontières de l’Empire, avec celui d’un souverain confronté aux désirs d’indépendance ou de révolte des uns et des autres.
Encadré par des hommes énergiques, les jurisconsultes Paul et Ulpien, Sévère Alexandre devait tenter une politique de stabilisation de l’empire. Pour ce faire, Paul et Ulpien avaient dans l’idée d’écarter les militaires de la politique et de rendre au sénat la direction des affaires. La réaction des militaires ne se fera guère attendre et, en 228, Ulpien fut massacré, sous les yeux de l’empereur, lors d’une émeute prétorienne. De fait, Sévère Alexandre, véritable apôtre de la paix, se sera guère en faveur auprès des militaires.

L’édit de Caracalla

Un empereur romain tel qu’on les aime : voilà Caracalla ! Né le 4 avril 188 de Septime Sévère et de Julia Domna, Caracalla devient empereur en 211, conjointement avec son frère Geta, et meurt assassiné par sa garde en 217.
Extrêmement intelligent mais surtout avide de pouvoir, il assassine son frère en 212, fait exécuter tous les partisans de ce dernier et n’a qu’un rêve : égaler Alexandre le Grand. Ses victoires contre les Alamans et les Parthes révèlent son génie militaire ; les thermes et tous les monuments qu’il a laissés à Rome dévoilent le grand bâtisseur ; mais l’édit de Caracalla, en 212, marque un tournant majeur dans l’histoire romaine en accordant la citoyenneté romaine à tous les hommes libres de l’empire.

Hérode, le roi des juifs… qui n’était pas vraiment juif

Jean le Baptiste présenté devant Hérode Antipas (miniature du Moyen Âge).
Jean le Baptiste présenté devant Hérode Antipas (miniature du Moyen Âge).

Si le nom d’Hérode est resté dans l’histoire, c’est, justement ou curieusement, grâce à celui que cette famille n’aura de cesse de souhaiter la fin : Jésus de Nazareth. Le premier de cette lignée de souverains, Hérode Antipater, n’était même pas originaire de Judée mais était Iduméen, un peuple arabe présenté par la Bible comme descendant d’Esaü. Les Iduméens ou Edomites étaient en fait un peuple installé sur la rive sud de la mer Morte et qui, lors de l’arrivée des Hébreux en pays de Canaan, tentèrent, en vain, de leur barrer la route. Plus tard, ils seront soumis par David et par Salomon et aideront même Nabuchodonosor à s’emparer de Jérusalem (587 avant J.-C.), traitrise qui allait leur permettre d’occuper  tout le sud du royaume de Juda. C’est à ce moment que les Iduméens devaient se convertir au judaïsme, ce qui faisait d’eux des juifs de religion mais non des Hébreux, ce qui, pour les conquérants romains, avait son importance.
Lorsque la Judée tomba sous la coupe romaine, le roi de Juda était Hyrcan II, souverain ô combien faible, dont le maire du palais, Hérode Antipater, fidèle à la longue tradition de son peuple, était tout dévoué aux Romains. Un faveur qui devait se reporter sur son fils, Hérode le Grand -qui n’a de grand que le surnom-, d’abord gouverneur de Galilée pour les Romains puis, par la grâce et la faveur de Marc Antoine, roi de Judée sur décision du Sénat romain (40 avant J.-C.).

Sainte Geneviève, patronne de Paris

Sainte Geneviève (422-502).
Sainte Geneviève (422-502).

Dans les pires moments de son histoire, la France a été sauvée par des femmes, c’est pourquoi sainte Geneviève, au même titre que sainte Jeanne d’Arc, est la patronne de la France.
Selon sa Vie, sainte Geneviève s’est elle-même consacrée à Dieu alors qu’elle n’avait que sept ans et a pris le voile à l’âge plus raisonnable de quinze ans.
Mais c’est en 451 que sainte Geneviève va acquérir ce titre de patronne de la France et de Paris : Attila, ce barbare venu du fond de la Tartarie, « s’avance vers le Rhin à la tête de cinq cent mille hommes,

Tibère : un règne contesté

Beau-fils et gendre d’Auguste, Tiberius Claudius Nero était un homme sérieux, épris de littérature et de philosophie, mais aussi un général courageux et populaire. Quand il succède enfin à Auguste, en 14 après J.-C., il a cinquante-six ans.
Tibère apparaît alors comme un homme lucide, intelligent, qui tente par tous les moyens de maintenir l’œuvre d’Auguste. Sous son règne, Rome devient florissante, les finances sont surveillées et la justice rendue équitablement.
En 26, dégoûté par les incessantes intrigues de palais, Tibère se retire sur l’île de Capri. De là, il ordonne, selon la légende noire léguée par Tacite et Suétone, les meurtres de ses familiers. N’est-ce qu’une légende ?

Dioclétien stabilise l’Empire

Dioclétien (245-313).
Dioclétien (245-313).

Après cinquante années d’anarchie, pendant lesquelles les légions se disputent le pouvoir, donnant le trône à des empereurs éphémères, l’armée de Chalcédoine élit, en 284, un nouvel empereur du nom de Dioclétien. D’humble naissance ce dernier va cependant faire preuve d’une grande intelligence politique et stabiliser enfin l’empire.
Trop vaste pour être gouverné par un seul homme, l’empire comprend alors tout le pourtour méditerranéen, l’Espagne, la Gaule, la Bretagne, une partie de la Germanie, les Balkans actuels, la Turquie et une partie de l’Égypte. Aussi, quand il prend le pouvoir, Dioclétien commence-t-il par partager l’empire : lui-même se réserve le gouvernement de l’Orient pendant que Maximien prend en charge l’Occident.

Titus le Bon

Buste de l'empereur Titus (39-81).
Buste de l’empereur Titus (39-81).

Néron, Caligula, Galba : les fous et les monstres se succédaient à la tête de l’Empire quand l’accession au trône de Titus apporte un immense soulagement au peuple romain.
Fils de l’empereur Vespasien, vainqueur en Bretagne, en Germanie et, surtout, en Judée, où il avait rencontré la célèbre reine Bérénice, Titus était déjà associé au pouvoir quand, en 79, il devient empereur. Adoré par ses armées, il sera bientôt acclamé par tout son peuple.

Caligula : plus puissant que les dieux

Caligula (12-41)
Caligula (12-41)

Il fut aussi envieux et méchant qu’orgueilleux et cruel envers les hommes de toutes les époques de l’histoire, déclare Suétone à propos de Caligula dans Vies des Douze Césars.
Pourtant, le règne de Caius Caesar Germanicus, surnommé Caligula, c’est-à-dire « petite caligue » (les chaussures du soldat) dans les camps où il passa son enfance, avait commencé sous d’heureux auspices.
Mais rapidement, Caligula allait se conduire en despote cruel et dément : il prenait plaisir à voir mourir ses semblables, fit même exécuter certains de ses proches parents et s’empara de la fortune de beaucoup.

Sénèque : mort d’un stoïcien

Portrait de Lucius Sénèque (v. 4 av.J.-C.-65 ap.J.-C.).
Portrait de Lucius Sénèque (v. 4 av.J.-C.-65 ap.J.-C.).

Après la mort, il n’y a rien et la mort elle-même n’est rien, écrit Sénèque.
Accusé de conspiration contre Néron, Lucius Sénèque est condamné à mort le 12 avril 65 et invité à se suicider. Il s’ouvre les veines mais, constatant que son sang, glacé par l’âge, s’écoule trop lentement, se fait plonger dans un bain chaud. Plus de trois cents personnes issues des plus illustres familles de Rome ont pris part à la conspiration.
Né à Cordoue, en 4 av. J.-C., Lucius Sénèque est élevé à Rome où il étudie l’éloquence puis la philosophie qu’il abandonne très vite pour entrer dans la vie active. Rhéteur puis avocat, il devient questeur et s’enrichit de façon scandaleuse tout en prêchant une philosophie stoïcienne. Éxilé en Corse de 41 à 49, il est rappelé à Rome par la  seconde épouse de l’empereur Claude, Agrippine, pour assurer l’éducation de Néron. Durant des années, Sénèque joue le rôle de premier ministre et de confident auprès de Néron et, après le meurtre d’Agrippine, alors qu’il est en disgrâce, Sénèque a l’imprudence de demeurer auprès de son disciple qui finit par ordonner sa mort.