Le premier film « parlant »

Le 22 octobre 1927, la compagnie cinématographique Warner Bros présente au public le premier film parlant. Le succès du Chanteur de jazz est immédiat. Le parlant donne alors un nouveau souffle et une autre dimension au cinéma. L’utilisation des disques synchronisés est très vite abandonnée au profit du son produit sur piste optique. Le parlant est enfin mis au point et il ne faut qu’une dizaine d’années pour que la reconversion soit complète. Une nouvelle génération d’acteurs et de metteurs en scène apparaît, utilisant au mieux cette  technique. Le cinéma devient alors l’art majeur du XXe siècle.

La femme mise à l’honneur chez « l’homme des cavernes »

De 25000 à 10000 avant J.-C., l’Europe, et plus particulièrement la France, va connaître une période de floraison artistique, où la peinture, le dessin, la sculpture acquièrent leurs premières lettres de noblesse.
C’est à Laugerie-Basse, en 1864, que fut découverte la première statuette de femme, à qui l’on donna le nom de « Vénus impudique ». Depuis, plus d’une vingtaine de ces Vénus, sculptées dans des matériaux divers, ont été retrouvées : à Grimaldi, la Vénus dite « le losange » est en stéatite verte, celle de Tursac provient d’un galet de calcite, la Vénus à la corne est en bas-relief, quant à la Dame à la capuche, la seule sur laquelle apparaissent les traits du visage (d’une finesse extrême), elle est en ivoire.

Le tombeau de Mausole

Le tombeau de Mausole (gravure ancienne).
Le tombeau de Mausole (gravure ancienne).

Halicarnasse était une ancienne cité grecque d’Asie Mineure placée sous l’autorité d’un satrape. Durant les guerres médiques (Ve siècle avant J.-C.), opposant Xerxès Ier, roi de Perse, à la Grèce, Artémise, souveraine d’Halicarnasse, devait s’allier au Perse. Elle acquit une grande réputation de ténacité et de courage chez les Grecs, mais devait perdre une bonne partie de cette puissance commerciale qui faisait la richesse d’Halicarnasse. Ce n’est que cent ans plus tard, que la cité devait renouer avec la célébrité.
Le satrape était alors un certain Mausole, descendant de cette fameuse Artémise guerrière. Puissant mais avide, véritablement despotique selon certains historiens antiques, il était cependant fort aimé d’une personne, son épouse (qui était également sa sœur, coutume que l’on retrouve chez les pharaons), Artémise, au point que cette dernière se révéla inconsolable quand il mourut :
Après sa mort (en 353 avant J.-C.), raconte l’écrivain antique Aulu-Gelle, Artémise serrant son corps entre ses bras et l’arrosant de ses larmes, le fit porter au tombeau avec un magnifique appareil. Ensuite, dans l’ardeur de ses regrets, elle les fit réduire en poussière, les mêla dans sa coupe avec de l’eau et les avala. Elle donna encore d’autres marques d’un violent amour. Et elle fit élever à grand frais, pour conserver la mémoire de son époux, ce sépulcre fameux, qui mérita d’être compté au nombre des Sept Merveilles du monde…

Palissy, “l’inventeur des rustiques figurines du roi”

Bernard Palissy (vers 1510-1590).
Bernard Palissy (vers 1510-1590).

Il faudra pas moins de seize années à ce verrier pour découvrir le secret de la faïence émaillée. Né dans le Lot-et-Garonne vers 1510, Bernard Palissy s’établit vers 1538 à Saintes, après une dizaine d’années d’errance. C’est à ce moment que commence sa quête, sans doute après avoir vu une coupe de faïence émaillée d’origine italienne. Il se livra aux recherches les plus décourageantes allant, dit la légende, jusqu’à brûler ses meubles et le plancher de sa maison pour alimenter son four.
En 1557, il touche enfin au but et sa fortune commence. Car les poteries rustiques de Palissy sont immédiatement recherchées par les grands seigneurs. Catherine de Médicis devient même sa protectrice : en 1562, alors qu’il est interné comme protestant, elle le fait libérer et lui accorde le titre "d’inventeur des rustiques figurines du roi". Etabli à Paris en 1564, a son atelier au Louvre ; on lui demande d’orner de "grottes rustiques" les château d’Ecouen, possession des Montmorency, puis les Tuileries.

Alexandre Dumas et la naissance du roman populaire

Qu’est-ce que l’histoire ? Un clou auquel j’accroche mes romans.
Alexandre Dumas se définit lui-même par ses mots : il n’est ni un historien, ni un érudit, seulement un « scénariste de l’histoire ». Par sa maitrise des mots et les personnages inoubliables qu’il campe, il fait rêver, depuis un siècle et demi, des générations de Français.
Né à Villers-Cotterets en 1802, le fils du général Davy de la Pailleterie Dumas, acquiert la notoriété en 1829 avec Henri III et sa cour. Mais, c’est grâce au Comte de Monte-Cristo en 1844, suivi de la trilogie des Trois Mousquetaires (1844), de Vingt Ans après (1845) et enfin du Vicomte de Bragelonne (1848-1850), qu’il devient le maître du roman populaire. Prenant pour toile de fond l’histoire de France, il fait revivre, par son style alerte, les guerres de religion, le Paris de la Restauration ou les derniers jours de la monarchie.
Auteur fécond, Alexandre Dumas meurt à Puys, en 1870, laissant à la postérité les plus belles pages du roman populaire historique. 

Voltaire ou l’art d’être opportuniste

François Marie Arouet, dit Voltaire (1694-1778).
François Marie Arouet, dit Voltaire (1694-1778).

À la cour, mon fils, l’art le plus nécessaire,
N’est pas de bien parler, mais de savoir se taire, écrit Voltaire dans L’Ingénu.

Assurément, François Marie Arouet, dit Voltaire, n’a pas suivi ce précepte à la lettre et c’est loin de la cour qu’il passe la plus grande partie de sa vie. Satyriques, incisifs, ses écrits touchent à tous les genres littéraires et fustigent, avec une adresse vraiment diabolique, la monarchie du XVIIIe siècle et toutes sortes d’abus, tels que l’esclavage, la torture ou les lettres de cachet. Retiré à Ferney dès 1758, Voltaire se livre à une activité littéraire prodigieuse et multiplie les « grandes causes » (pas toujours si grandes d’ailleurs), telle que la réhabilitation de Calas. Père des nouvelles idées philosophiques, il est reçu triomphalement à l’Académie française, en 1778, mais meurt, peu après à Paris.

L’abbaye de Saint-Vaast

Le meurtre de saint Léger (détail d'une gravure du XIXe siècle).
Le meurtre de saint Léger (détail d’une gravure du XIXe siècle).

L’ère des souverains mérovingiens fut, comme chacun sait, d’une violence extrême et engendra nombre de martyrs… au caractère religieux parfois contestable cependant. C’est notamment le cas du martyr de saint Léger, évêque d’Autun mais, surtout, chef de l’opposition au roi Thierry III et à son maire du palais Ebroïn. Aveuglé, décapité, l’évêque, évidemment assassiné pour son action politique, allait faire l’objet d’une vénération toute religieuse et voire son culte se répandre rapidement dans toute la France. Une situation que n’avait sans doute pas prévu Ebroïn pas plus que Thierry III qui allait se voir contraint de faire amende honorable, d’expier même, pour un meurtre qui, somme toute, n’avait rien de sacrilège. Peu importe pour le peuple, qui avait fait de saint Léger une icône. Peu importe si ce n’est que ce malentendu -car s’en est un- allait conduire à l’édification d’un des plus beaux monuments du Moyen-Age. En effet, désirant expier son crime -perpétré par son maire du palais d’ailleurs-, le souverain mérovingien allait édifier, une abbaye à l’emplacement du tombeau du premier évêque d’Autun, un certain saint Vaast. Erigée au rang d’abbaye royale au IXe-Xe siècle, l’abbaye de Saint-Vaast sera un des plus puissants et des plus fervents établissements du Moyen Âge. Comme nombre de monuments religieux, qu’ils soient ou non exceptionnels, Saint-Vaast subira les outrages de la Révolution qui la supprimera.

« Carpe diem »

Horace (65 avant J.-C.-8 avant J.-C.).
Horace (65 avant J.-C.-8 avant J.-C.).

« Carpe diem ; cueille l’instant le jour, l’instant », écrivit un jour Quintus Horatius Flaccus. Une phrase qui a sans doute valeur de leçon pour le célèbre écrivain.
Fils d’un affranchi plutôt aisé devenu receveur dans les vente publique, Horace allait bénéficier d’une éducation soignée, d’abord sous la direction du sévère Orbilius, à Rome, puis à Athènes. Les luttes de pouvoir qui devaient suivre l’assassinat de César allaient cependant détourner le jeune homme de ses études et lui faire épouser le parti de Brutus qui avait levé une armée afin de combattre Octave et Antoine. C’est en tant que tribun militaire qu’Horace assiste à la bataille de Philippes (42 avant J.-C.) où il est, comme les autres, pris dans la déroute. Le jeune homme devient déserteur et doit alors se cacher. Et de retour à Rome, il découvre que ses biens ont été confisqués et vendus. Seule un reste de fortune va lui permettre de s’acheter une modeste charge de secrétaire à la questure, charge qui lui permet alors de vivre et de composer des vers.
C’est vers 41 et vers 35 qu’il compose, respectivement, ses premières Epodes et ses premières Satyres, des débuts qui lui valent rapidement l’estiment de Virgile et de Varius. Ceux sont d’ailleurs eux qui vont présenter Horace au célèbre Mécène qui, comme son nom l’indique, se plaisait à subvenir aux besoins de quelques artistes.

Lulli, père de l’opéra français

Arrivé en France dès treize ans, le jeune Jean-Baptiste Lulli entre au service de Mademoiselle de Montpensier où il passe rapidement maître dans l’art de jouer du violon et de fomenter des intrigues. Admis dans l’entourage de Louis XIV pour ses talents de danseur et d’acteur comique, il devient chef de la « bande des petits violons » et se met à composer quelques ballets.
Associé à Molière, pour lequel il écrit plusieurs comédies-ballets, il devient surintendant de la musique en 1661. Commence alors, pour Lulli, une autre carrière, plus ambitieuse, plus prolifique. Dédaignant l’influence italienne, Lulli se lance avec un vif succès dans l’art lyrique.

Angkor, la cité des dieux

Vue d'Angkor Vat (gravure du XIXe siècle).
Vue d’Angkor Vat (gravure du XIXe siècle).

Fondée en 802 de notre ère par Jayavarman II, Angkor était, dès son origine, destinée à être un grand centre religieux, dédié au culte du dieu-roi : construite sur un plateau au nord d’Angkor, elle se résumait alors à un temple intégré dans la montagne. C’est Yaçodharapura qui, à la fin du IXe siècle décida le déplacement de la cité impériale sur l’actuel site d’Angkor. Autour de la cité commença alors à s’élever une succession de monuments admirables : le petit temple de Banter Srei, le temple-montagne de Baphuon, le temple vinshnuite d’Angkor Vat et le site bouddhique d’Angkor Thom. Si ce dernier ensemble est tout à fait remarquable, rien n’éclipse la beauté majestueuse des ruines d’Angkor Vat… au point que ce temple est considéré comme l’œuvre des dieux eux-mêmes.