La Renaissance et les femmes : le retour aux antiques

C’est en Italie, sous l’influence de Pétrarque et de Boccace, qui traduit Homère en latin, que naît le mouvement humaniste. Rapidement, une douzaine d’auteurs vont leur emboîter le pas et déclencher cet « engouement pour Platon », au point qu’en 1445 une académie est fondée à seule fin d’étudier ce philosophe. Et cette mode, cette redécouverte, dont tous les penseurs de la Renaissance vont se nourrir, va faire porter un regard nouveau sur la femme, ce qui est assez logique quand on sait la place des femmes dans la société antique. Aristote ne doutait-il pas qu’elles aient une âme ? Platon ne voyait-il pas en elle un être trop vil « pour être une partenaire de l’Amour », c’est-à-dire du sentiment, non de l’acte sexuel ? Mettre en valeur l’homme n’est certes pas une mauvaise chose, mais le mettre au-dessus de tout, comme le fait la pensée humaniste, conduit tout simplement à rabaisser la femme.

Haussmann, le baron-bâtisseur

Le baron Haussmann (1809-1891).
Le baron Haussmann (1809-1891).

Paris est le cœur de la France. Mettons tous nos efforts à embellir cette grande cité et à améliorer le sort de ses habitants, proclamait Louis-Napoléon Bonaparte en 1850.
Pour réussir cette entreprise, le prince-président désigne Georges-Eugène Haussmann (1809-1884), préfet de la Seine depuis 1853. Tout en épargnant des quartiers comme le Marais ou bien Montmartre, Haussmann dégage les principaux monuments et élabore la «grande croisée» qui traverse Paris d’est en ouest et du nord au sud (Saint-Michel, Rivoli, Sébastopol et enfin Strasbourg).

Le Tâj Mahal : un « poème de pierre »

Vue du Tâj Mahal, d'après une gravure du XIXe siècle.
Vue du Tâj Mahal, d’après une gravure du XIXe siècle.

Sous le règne de Shâh Jahân, « roi du monde », l’Empire mogol est au faîte de sa gloire. Il soumet pour de bon le Dekkan en 1635 et s’entoure de ministres compétents qui administrent le pays avec générosité.
Douze ans avant son avènement, Shâh Jahân avait épousé Mumtaz-i Mahal, une douce princesse qui ne devait guère profiter des joies de la cour : elle mourut en effet peu après son mariage, à Burhampour. Inconsolable, Shâh Jahân, désormais sur le trône, voulut donner à son épouse un témoignage d’amour dépassant en grandeur tout ce qu’on avait pu voir. En effet, il faudra dix-huit ans, de 1630 à 1648, et pas moins de vingt mille ouvriers pour édifier le Tâj Maha, véritable joyau de l’art musulman, tout en marbre blanc, incrusté de pierreries, ne laissant pénétré qu’une lumière tamisée, comme pour respecter, encore, l’intimité des deux amants. La beauté extraordinaire de ce « symbole de l’amour » a mérité toues les épithètes, de « rêve de marbre », à « poème de pierre », mais il demeure surtout une des merveilles du monde indien.

Vogelweide : le chantre de l’âme allemande

Walter von der Vogelweide (v.1170-1230), d'après une miniature médiévale.
Walter von der Vogelweide (v.1170-1230), d’après une miniature médiévale.

C’est vers 1170 que naît Walther von der Vogelweide, dans une famille noble mais pauvre d’origine autrichienne. Poète errant à la recherche perpétuelle d’un riche protecteur, il vécut durant une vingtaine d’années à la cour du duc Frédéric Ier d’Autriche où il devait apprendre l’art du chant. La mort de Frédéric, en 1198, devait à nouveau le lancer sur les routes et dans les cours. Protégé de Philippe de Souabe, de l’évêque de Passau puis du duc Bernard de Carinthie et enfin du landgrave de Thuringe -pour ne citer que les principaux-, il se faisait aussi bien chantre de l’amour que de la patrie. Et c’est en tant que premier grand poète patriotique allemand qu’il est demeuré célèbre. D’abord soutien d’Othon de Brunswick, il se rallia ensuite à Frédéric II de Hohenstaufen, appelant l’Allemagne à l’unité, dénonçant les prétentions pontificales et l’ensemble de la politique d’Innocent III, ferme opposant de l’Empereur germanique. Un engagement qui ne devait pas passer inaperçu et qui lui vaudra de se voir accorder un fief et la charge de l’éducation du fils de Frédéric II, Henri VII.
Auteur de quelques deux cents poèmes lyriques, Walther von der Vogelweide devait mourir en 1230 après avoir marqué d’une empreinte toute personnel le genre poétique, qu’il soit amoureux ou politique.

Rameau et la découverte de l’opéra

Après une jeunesse consacrée à étudier divers instruments, puis à parcourir le nord de l’Italie, Jean-Philippe Rameau (1683-1764), fils d’un organiste de Dijon, arrive à Paris où il se voit confier par Voltaire et par l’abbé Pellegrin l’accompagnement musical de leurs pièces. La réussite commence avec Hippolyte et Aricie de Pellegrin, en 1733, faisant ainsi de l’opéra français un « plaisir unique fait de cent plaisirs ». Dès ce moment, il va de succès en succès, devenant une référence en matière de musique. Les honneurs pleuvent. Après son Traité d’harmonie, il rédige la plupart des articles de l’Encyclopédie consacrés à la musique. Il meurt en pleine gloire, en 1764.

Le talon d’Achille

Achille d'après une peinture murale.
Achille d’après une peinture murale.

De tous les héros grecs, Achille est sans nul doute le plus connu. Pourtant, pour beaucoup, son nom n’évoque rien d’autre qu’une banale histoire de talon…
Tout à commencer lorsque Zeus et Poséidon tombèrent amoureux de la néréide Thétis. La divinité marine était belle à en faire perdre la raison et les deux frères étaient prêts à en venir aux mains pour savoir qui aurait droit à ses faveurs quand Prométhée intervint. Le malheureux titan, qui subissait depuis des temps immémoriaux le supplice de voir son foie dévoré chaque jour par l’aigle de Zeus, convoqua donc Zeus et son frère et leur révéla que le fils de Thétis serait plus grand que son père… refroidissant ainsi sérieusement les ardeurs des dieux ! Zeus et Poséidon étaient prévenus mais si Thétis s’unissait à n’importe quel autre dieu, la concurrence risquait d’être des plus rude : Zeus décida donc de donner Thétis en mariage à un mortel.

Sophocle : le poète du Destin

Buste de Sophocle (v. 495-406 avant J.-C.).
Buste de Sophocle (v. 495-406 avant J.-C.).

Tout comme Corneille et Racine, Sophocle et Eschyle, considérés comme les plus grands poètes grecs après Homère, se sont adonnés à une concurrence permanente au cours de leur vie. Une concurrence qui, certainement, aura pour conséquence de pousser les deux dramaturges à se donner avec toujours plus de passion et de talent à leur art. Et à ce petit jeu, il semble que Sophocle ait eu quelque avantage… Il faut dire que celui qui sera le plus couronné des auteurs grecs écrira pas moins de 120 pièces… dont sept seulement ont survécu au passage des siècles. Des chefs-d’œuvre qui font la part belle aux légendes grecques, aux mythes des plus grands héros tels qu’Œdipe, Hercule, Electre ; des chefs-d’œuvre qui sont aussi la voix du Destin, lequel paraît tout-puissant dans les tragédies de Sophocle.
Ami de Périclès, nommé stratège par deux fois, Sophocle apparaît avant tout comme un poète d’une modernité étonnante dans le style, en favorisant l’action sur les chants et les chœurs également. Un poète également qui, tout en plaçant le Destin au centre de ses drames, favorise la volonté humaine, l’auto-détermination de l’homme.

Archiloque, l’art de la satyre

Clio, muse grecque de la poésie, d'après une statue antique.
Clio, muse grecque de la poésie, d’après une statue antique.

Pour trouver l’inspiration, Archiloque n’eut qu’à reprendre sa vie, tant elle fut pleine de rebondissements et, surtout, émaillée de malheurs.
Fils d’un citoyen important de Paros et d’une esclave, Archiloque devait, tout d’abord, être, légitimement, privé de l’héritage paternel ; amoureux d’une jeune fille, il fut sèchement éconduit par le père de celle-ci, le père et la fille devenant dès lors les cibles de ses satyres. Des satyres tellement cruelles que tous deux finiront par se pendre. La misère allait ensuite pousser Archiloque à s’engager dans le métier des armes… où seule sa plume allait trouver quelques inspirations. De fait, il apparaît que le poète faisait un bien piètre soldat, se vantant d’avoir fuit dans le combat, raillant les valeurs militaires et tout ce qui faisait la base de la fierté grecque. Malgré tout, il semblerait bien que ce soit lors d’un combat, vers 640 avant J.-C., qu’Archiloque devait périr.
Si la vie d’Archiloque fut loin d’être brillante, sa réputation, après sa mort, subit un tout autre sort. Considéré comme l’inventeur des rythmes jambiques, le poète devait être considéré comme l’égal d’Homère, avec, en sus, un véritable désir de choquer, de dénoncer le monde grec tel qu’il était.

Beaumarchais : le style caustique

Aux vertus qu’on exige dans un domestique, Votre Excellence connaît-elle beaucoup de maîtres qui fussent dignes d’être valets ?, clame le personnage de Figaro dans Le Barbier de Séville.
À cette réplique entendue pour la toute première fois le 23 février 1775,  le public, essentiellement composé d’aristocrates, applaudit à tout rompre. La pièce est un triomphe comme le sera bientôt, Le Mariage de Figaro, en 1784. Ce n’est qu’une « cascade éblouissante de répliques et de tirades, un jaillissement continuel de réflexions ironiques, de mots serrés » qui témoignent de l’esprit vif et caustique de leur auteur.

Le Colosse de Rhodes

Le colosse de Rhodes, d'après une gravure ancienne.
Le colosse de Rhodes, d’après une gravure ancienne.

Et qui oserait me disputer le premier rang, interroge le Colosse de Lucien de Samosate, auteur satirique du IIe siècle après J.-C., dans la pièce Jupiter tragique. Qui l’oserait à moi qui suis le soleil et dont la taille est si gigantesque ? Si les Rhodiens n’eussent pas voulu me donner une grandeur énorme et prodigieuse, ils se seraient fait seize dieux d’or pour le même prix. Je puis donc, avec quelque raison, passer pour le plus riche ; d’ailleurs, l’art et la perfection de l’ouvrage s’unissent en moi à une pareille grosseur.
Passant successivement, durant les nombreux conflits du IVe siècle avant J.-C., sous la domination de Sparte puis d’Athènes, Rhodes s’était toujours révélée une cité relativement peu combative. Aussi, lorsque le général macédonien Démétrios Poliorcète, ce qui signifie « le preneur de villes », mit le siège devant la cité, en 305, il ne s’attendit pas à la moindre résistance. Étonnamment, Rhodes résista… un an durant et finalement le Macédonien céda, laissant même derrière lui ses machines de guerre.