L’amour des arts et de la connaissance au haut Moyen Age

Au temps des Mérovingiens et des Carolingiens, c’est généralement par les femmes que se transmettait la connaissance, le savoir. Et les femmes de l’aristocratie étaient parfois fort cultivées. Un des meilleurs exemples apparaît en la personne de Dhuoda, épouse du duc Bernard de Septimanie, comte de Barcelone.
Dhuoda, qui vit au IXe siècle, a elle-même composé un manuel d’éducation, le Libellus manualis, destiné à son fils de quinze ans qui vivait à la cour d’Aix-la-Chapelle.

Dufy : la peinture sur tous les tons

La fenêtre ouverte, Nice, de Raoul Dufy.
La fenêtre ouverte, Nice, de Raoul Dufy.

De l’impressionnisme au fauvisme, du fauvisme au cubisme et du cubisme à la… haute couture ! Raoul Dufy (1877-1953) traverse le siècle en touche-à-tout génial. Ami des plus  grands peintres, il ne se cantonnera jamais dans un genre mais préfèrera s’initier à tous les courants picturaux du moment. Dufy a tellement peur de s’enfermer dans une façon de peindre, qu’il se force à pratiquer son art de la main gauche alors qu’il est droitier. Mais la véritable particularité de Raoul Dufy est l’emploi de son art au service de la haute couture.

Dante règle ses comptes

Illustration de Dante au milieu d'un décor de la Divine comédie.
Illustration de Dante au milieu d’un décor de la Divine comédie.

Plus grand poète italien de tous les temps, créateur de l’italien moderne, Dante Alighieri fait l’objet de toutes les idéalisations, de tous les superlatifs. De fait, cet auteur à part est sans nul doute un poète surdoué, un proseur de génie, le maître du « livre des livres », mais il est également un animal politique dont les positions vont le conduire à errer sa vie durant.
Florentin de naissance, fils d’une famille noble du parti des Guelfes, Dante s’adonne à la poésie dès sa prime jeunesse –la Vita nuova-… et à la politique. Opposé à Boniface VIII qui menaçait les libertés de sa cité, le poète engagé apparaît comme une des chefs de la résistance florentine. Un chef qui n’avait pas choisi le bon parti semble-t-il puis qu’il sera écrasé. Condamné à mort puis à l’exil (1302), Dante se verra spolié de tous ses biens et condamné à trouver refuge ailleurs. Ce qu’il fera, trouvant aide et protection à Vérone puis à Ravenne où il poursuivra sa carrière littéraire parallèlement à son engagement politique. Dans le De monarchia (1313), il signera une œuvre totalement politique, se posant en adversaire farouche du pouvoir temporel des papes et en soutien inconditionnel d’une monarchie universelle, incarnée par les empereurs germaniques. Dante ne cessera, discours à la bouche et plume à la main, de défendre son idéal, faisant même de son œuvre la plus connue, la Divine comédie, une allégorie politique et un véritable brûlot contre ses ennemis. En un mot, un instrument de sa vengeance politique…

Ravel : un succès “populaire”

Maurice Ravel (1875-1937).
Maurice Ravel (1875-1937).

C’est à l’âge -fort tendre en vérité- de sept ans que Maurice Ravel se consacre à la musique. Eléve prometteur du conservatoire de musique il décroche, en 1901, une seconde place au grand prix de Rome. Seconde place décevante mais qui traduisait sans doute le conservatisme d’un jury irrité par l’originalité des premières œuvres du jeune compositeur. Habanera (1895), Menuet antique (1895), Pavane pour une infante défunte (1899) ou encore Jeux d’eau (1901) comptent parmi les premières œuvres de Ravel qui, à la date du concours romain atteint tout juste les 26 ans. De fait, les consécrations officielles feront toujours défaut au compositeur, ce qui ne l’empêchera pas de mener une carrière brillante.
En 1910, il participe à la fondation de la Société musicale indépendante puis aborde le théâtre lyrique avec L’Heure espagnole, qui aura nettement moins de succès que Daphnis et Chloé, un ballet créé en 1912.

Les roses de Ronsard

Et rose elle a vécu ce que vivent les roses, l’espace d’un matin.
À la tête de la Pléiade, qui, au XVIe siècle, pose les bases en matière de littérature classique, Pierre de Ronsard (1524-1585) se consacre dès sa jeunesse à la poésie.
Poète champêtre et romantique, il devient aussi le poète officiel de la cour de Charles IX, en 1558. Mais la mort du roi met fin à sa carrière et Ronsard, souffrant de la goutte et d’une demi-surdité qui l’accable depuis son enfance, évoque alors dans sa poésie ses souffrances physiques et sa vision de la mort.
Le « prince des Poètes » meurt à Saint-Cosme le 27 décembre 1585. Sa poésie tombe alors dans l’oubli jusqu’au XIXe siècle, moment où les romantiques la redécouvrent et la ressucitent.

Le clair-obscur de Rembrandt

>Autoportrait de Rembrandt (1606-1669).
Autoportrait de Rembrandt (1606-1669).

Le jeu des ombres et des lumières élevé au rang d’un art : telle est, sans conteste, la meilleure définition que l’on puisse donner de la peinture de l’un des grands maîtres flamands du XVIIe siècle, Rembrandt.
Harmenszoon van Rijn Rembrandt, fils d’un menuisier de Leyde, est jugé assez doué pour suivre les cours de l’école puis de la faculté. Malgré ses succès universitaires, la vocation de Rembrandt, surnommé le « peintre savant », reste la peinture. Il étudie d’abord chez Jacob van Swanenburgh, un peintre italianisant, qui lui donne le goût des scènes historiques et bibliques, puis chez Pieter Lanstman, qui l’initie au jeu des lumières. Dès lors, la peinture de Rembrandt sera une apologie de l’art du clair-obscur, toujours plus subtil et travaillé, de la réalisation de la Leçon d’anatomie à celle de La Ronde de nuit, en 1642, sans doute le plus beau chef-d’œuvre de l’artiste. Parvenu à l’apogée de son art avec cette toile, Rembrandt est le peintre en vogue à Amsterdam mais, en quelques années, il est dépassé.

Raconte-moi une histoire…

Le Chat botté (illustration du XIXe siècle).
Le Chat botté (illustration du XIXe siècle).

Qu’est-ce qu’un conte ? Selon la définition que l’on trouve dans les ouvrages de littérature, il s’agit d’une nouvelle « à laquelle personne ne croit, ni l’auteur, ni le lecteur, et qui plaît seulement soit par le piquant du style, soit par l’extravagance des situations, soit par l’intention satirique ou philosophique… » Mais l’intention satirique ou philosophique est-elle vraiment ce qui motiva Perrault, le plus célèbre des auteurs de contes français ? On pourrait en douter…
Fils d’un avocat au Parlement, Charles Perrault se destine tout d’abord au droit, comme son père, avant de se laisser prendre par l’amour des belles lettres. En 1671, il entre à l’Académie française mais ses intérêts le poussent plus à écrire des poèmes et à discuter des points de littérature. Ce n’est qu’en 1697 que Perrault publie son premier recueil de contes avec Peau d’âne, une vieille légende populaire transmise d’âge en âge. Ainsi en sera-t-il de tous ses contes, de la Belle au bois dormant, au Petit Poucet, en passant par Riquet à la houppe et par le Chat botté. En fait, sous le titre des Histoires ou contes du temps passé, Perrault s’est fait le dépositaire de la mémoire populaire, pour le plus grand plaisir de tous. Et il n’y là aucune intention philosophique si l’on en croit Perrault lui-même :
Le conte de Peau d’âne est difficile à croire,
Mais tant que dans le monde on aura des enfants,
Des mères et des mères-grand,
On en gardera la mémoire.

Domus aurea de Néron

L’historien romain Suétone a laissé une description étonnante de la fameuse Domus aurea érigée sur ordre de l’empereur Néron lors de son grand chantier de réabilitation de Rome. Un récit à la mesure de l’ambition et de la mégalomanie de cet empereur.
Pour donner une idée de sa grandeur et de sa magnificence, il suffira de dire que dans le vestibule s’élevait une statue colossale de Néron, haute de cent vingts pieds ; que des portiques à trois rangs de colonnes mesuraient un mille ; qu’on y voyait un lac, semblable à une mer, entouré d’édifices qui faisaient songer à une ville ; que de grandes étendues, parsemées de prairies, de vignes, de pâturages et de forêts, contenaient une multitude d’animaux et de bêtes fauves.

Shelley, le poète bohême

Juillet 1822, un bûcher funéraire illumine l’embouchure du Serchio. De l’encens, du sel, de l’huile, du vin et un exemplaire du dernier ouvrage de Keats font office d’offrandes… Autour du bûcher, Byron et Leight Hunt rendent un dernier hommage à leur ami Percy Bysshe Shelley, mort le 8 juillet dans un malheureux accident de bateau.
Fils d’un « gentleman-farmer » du Sussex, Shelley devient, dès son entrée à Oxford, celui par qui le scandale arrive : en première année, il est renvoyé pour avoir écrit un pamphlet intitulé La nécessité de l’athéisme, à dix-neuf ans, il se marie contre l’avis de son père et se lance dans la satire sociale puis dans la poésie romantique.

À la fin de l’envoi, je touche !

Cyrano de Bergerac (1619-1655).
Cyrano de Bergerac (1619-1655).

Ce sont les cadets de Gascogne, De Carbon, de Castel-Jaloux ;
Bretteurs et menteurs sans vergogne,
Ce sont les cadets de Gascogne !, s’enflamme Cyrano en présentant ses compagnons.

Le 27 décembre 1897, les spectateurs découvrent, pour la toute première fois, ce héros attachant, ce mousquetaire au grand nez, ce Gascon plein de verve : Cyrano de Bergerac ! Pourtant, Savinien Cyrano de Bergerac n’a rien d’un Gascon, son nom étant celui d’un petit domaine familial en Ile-de-France. Il n’a d’ailleurs pas grand chose à voir avec ce bretteur de première force dont Rostand a fait un héros. Etudiant au célèbre collège de Beauvais puis garde française, il sera grièvement blessé lors du siège d’Arras, en 1640. Une blessure qui va le contraindre à la retraite et lui donner l’occasion de s’adonner à sa passion : l’écriture. Ennemi des règles classiques, il s’adonne à la satire sous couvert de fantaisie et offre une œuvre tout en nuance, notamment dans ses Histoire comique des Etats et empires de la lune et Histoire comique des Etats et empires du soleil. Poète à ses heures, il s’adonne également au théâtre avec le Pédant joué, dont Molière lui-même fera de larges emprunts pour son Scapin.
Ressuscité grâce au Marseillais Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac va devenir un héros de théâtre, vibrant de romantisme, d’éclats de voix, de panache ! La pièce fera d’ailleurs le succès de son auteur au point que le vrai Cyrano devra s’effacer devant le sieur de Bergerac, théâtral, qui sait si bien rimer sur son grand nez…