Rome, capitale de l’Italie

Cela fait quinze siècles que Rome a perdu son statut de capitale et dix siècles qu’elle est devenue le siège des États pontificaux. Mais, en 1861, l’Italie est unie, ou presque… Il ne manque plus qu’une ville, Rome, que les Italiens veulent pour capitale. Le pape Pie IX refusant toute concession, Garibaldi, le héros de l’indépendance italienne, tente de nombreux raids qui échouent face aux troupes françaises envoyées par Napoléon III. Mais, en 1870, quand les Français sont rappelés dans leur pays, l’armée italienne en profite pour s’emparer de Rome.
Désormais, plus rien ne peut arrêter l’unité et, le 2 octobre 1867, un plébiscite ratifie l’annexion des États pontificaux à l’Italie et Rome devient la capitale.

Le Tigre enflamme la France

Clémenceau, dit le Tigre, à la tribune de l'Assemblée (gravure tirée d'un journal de l'époque).
Clémenceau, dit le Tigre, à la tribune de l’Assemblée (gravure tirée d’un journal de l’époque).

Lorsque, le 16 novembre 1917, Clémenceau est appelé à former un nouveau gouvernement, la France est à bout, désespérée. La guerre des tranchées semble ne jamais devoir finir, 110 000 soldats, tués ou blessés, ont été laminés lors de l’offensive de Nivelle sur la Somme et les mutineries se multiplient. La lassitude et le défaitisme gagnent les soldats comme les civils. Le Tigre décide de redonner confiance au peuple français : il forme un cabinet de guerre jusqu’au boutiste -sans un seul ministre socialiste-, lance un emprunt de dix milliards et place Foch à la tête des armées alliés. Dans ses discours, il balaye toutes les objections de la Chambre des députés, il est prêt à toutes les alliances -y compris avec l’Action française-, si cela peut assurer le triomphe de la France.
Nous ne sommes pas au pouvoir pour assurer le triomphe d’un parti, devait-il proclamer alors devant ses pairs. Nos ambitions sont plus hautes : elles visent à sauvegarder l’intégrité de l’héroïque moral du peuple français. Chacun de nous a aujourd’hui le droit de dire : je suis fils d’une vieille et belle histoire, je suis le fils d’un peuple qui a pensé, a écrit, a agi et nos petits-neveux penseront, écriront, agiront de même.
Un an après ce discours enflammé, l’armistice était signé…

1918 : enfin la paix !

Georges Clémenceau, dit le Tigre (1841-1929).
Georges Clémenceau, dit le Tigre (1841-1929).

Un seul devoir et simple : demeurer avec le soldat, vivre, souffrir, combattre avec lui, abdiquer tout ce qui n’est pas de la patrie…, proclamait Clémenceau, le « Tigre », en 1917.
Un an après, le 11 novembre 1918, à 11 heures, les cloches sonnent à toute volée dans les campagnes de France : l’armistice a été signé à Rethondes. En ce jour de liesse, on oublie les quatre années d’horreurs, les sept cent mille morts de Verdun et la cruelle guerre des tranchées. La France applaudit et célèbre ses chefs victorieux : « le Tigre », bien sûr, mais aussi tous les généraux comme Foch, Pétain, Joffre, Lyautey, Gouraud, Galliéni, Mangin.

“L’affaire” Pie XII

Portrait de Pie XII (1876-1958).
Portrait de Pie XII (1876-1958).

La mise au rang de vénérable de Pie XII par Benoît XVI et donc la mise sur la voix de sa béatification relance évidemment la polémique : celle de "l’affaire" Pie XII… Une affaire qui n’en est une que pour ceux qui ne veulent pas se donner la peine de connaître la vérité historique ; une affaire qui n’en est une par la volonté de quelques uns, heureux d’alimenter, d’entretenir le mensonge sur ce pape. L’article qui suit -et qui est déjà paru dans Mythes et polémiques de l’histoire, tome I, éditions Studyrama, 2008- a pour objet de rappeler les faits, rien que les faits, seuls moyen, sur un sujet aussi sensible, de conserver l’exactitude historique.
Il aura suffit d’une pièce de théâtre, reprise dans sa substance au cinéma, d’un mauvais livre –dont l’approximation historique et le manque de recherche a été, depuis, amplement dénoncé- pour que le monde entier se convainc de la culpabilité de Pie XII. Pie XII coupable d’avoir fermé les yeux sur l’holocauste, de s’être tu face aux dangers puis aux horreurs nazies ; coupable d’avoir eu peur pour les catholiques et pour l’Eglise, au mieux ; d’avoir sous-estimé « le péril brun », au pire, de l’avoir secrètement soutenu.
Des arguments qui n’en sont pas et qui participent au mythe dont Pie XII fait l’objet. Un mythe qui, pourtant, ne tient guère après étude des documents, déclarations, témoignages connus de tous mais ignorés de beaucoup.

L’utopie démocratique

Solon (v. 640-558 av. J.-C.).
Solon (v. 640-558 av. J.-C.).

Que ce soit en Chine, en Birmanie, au Pakistan ou en Russie, le mot démocratie ne paraît pas être de mise. Une horreur que les Occidentaux bien-pensants, les Américains comme les Français, se font fort de dénoncer… avant de vouloir éventuellement l’imposer, comme fut fait, avec le succès que l’on sait, en Irak. Or qu’est-ce que la démocratie, sinon une dictature allégée, voilée ? De fait, depuis son origine, la démocratie a une réputation qui va bien au delà de la réalité. Elle n’est pas et ne saurait être le gouvernement du peuple par le peuple et pour le bien du peuple…
C’est à Athènes, au VIIe siècle avant J.-C., qu’apparaissent les premiers symptômes démocratiques. Après une période de royauté, la prise du pouvoir par l’aristocratie, le principe démocratique allait se faire jour. C’est avec Solon d’abord, avec Clisthène (VIe siècle av. J.-C.) ensuite que les dernières étapes allaient être franchies, conduisant à un régime reconnaissant l’égalité des citoyens, leur représentativité dans la Boulé et créant l’Ecclésia, une assemblée de tous les citoyens à laquelle était décernée l’autorité suprême. Le rêve de tous les démocrates actuels ! Sauf que cette organisation excluait les esclaves, les métèques -les non Athéniens-, les femmes et les enfants bien sûr. Au final, donc, et sur une population de 400 000 individus au Ve siècle av. J.C., un système qui ne concernait guère que 30 à 40 000 citoyens… Un système qui, sous le nom de démocratie, établissait la prise de pouvoir d’une authentique aristocratie politique.

Proclamation de la République cisalpine

Léonard Duphot

 La République cisalpine, organisée par Napoléon Bonaparte, proclamée le 29 juin 1797 et reconnue par l’Autriche au traité de Campoformio, se composait, des pays de Bergame, du Milanais avec Mantoue de Brescia et de Crémone et de la république de Cispadane agrandie de la Valtenine.
Un officier supérieur de l’armée française, Léonard Duphot, qui s’était fait remarquer pendant la campagne d’Italie, fut chargé d’organiser les troupes de la République cisalpine. Mais, à peine Joseph Bonaparte et Duphot, entrèrent-ils dans la ville de Rome que des émeutes éclatèrent. Au cours de l’une d’elles, Duphot tomba, mortellement touché. La République cisalpine était née dans le sang…

« Citoyen »… de quoi ?

Le Dalaï-lama.
Le Dalaï-lama.

A grands renforts de publicité, le maire de Paris, Bertrand Delanoé, a annoncé sa volonté de faire du Dalaï-lama un « citoyen d’honneur » de la capitale. Une faveur qui n’en est pas vraiment une tant les notions de citoyenneté, d’appartenance à une nation ou à un idéal –en l’occurrence républicain- sont de nos jours bradés. Pas un jour sans un appel solennel à être « tous des Tibétains » qui succède au très médiatique « tous des ch’tis » ; pas un jour sans une déclaration de l’un  ou l’autre représentant politique qui brade, à bon compte, des notions aussi sacrée que celle d’appartenance nationale ou même de citoyenneté. Car le citoyen français n’est pas n’importe qui. Ce mot n’est pas anodin. Bien au contraire, il est, il a été, plus que tout autre, porteur des idéaux républicains, symbole de la France des Lumières. Né avec la Constitution de 1791, le terme de citoyen servira à désigner, aux yeux de tous, les fils de la Révolution, les hommes et les femmes qui placeront la liberté, l’égalité et la fraternité au-dessus de toute autre notion. Un idéal dont Delanoé et consorts se délectent à longueur de discours ; un idéal qui fait figure d’incongruité au regard de la personne du Dalaï-lama porteur, malgré lui peut-être, d’une tradition féodale et inégalitaire qui constitue la base même de la société tibétaine.

Le soleil d’Austerlitz

Napoléon Ier (1769-1821).
Napoléon Ier (1769-1821).

Décembre 1805. Depuis plusieurs mois, Napoléon Ier est aux prises avec la troisième coalition : alors qu’il marche sur Vienne, l’Empereur doit affronter une armée de quatre-vingt-dix mille hommes envoyés par le tsar Alexandre Ier et l’empereur d’Autriche, François II. Les deux armées vont  s’affronter à Austerlitz, en Moravie.
Fin stratège, Napoléon attend que les Russes tentent une jonction de leurs différents corps d’armée.
Le 2 décembre, à 4 heures du matin, les Russes quittent enfin le plateau de Platzen et commettent ainsi l’erreur qu’espérait l’Empereur. Prenant alors position sur les hauteurs, il ordonne à ses troupes de se tenir dans la plaine, face aux soldats russes et d’attendre les ordres, tapis dans la brume.

Le syndrome de Stockholm

Drapeau des FARC.
Drapeau des FARC.

En août 1973, un évadé de prison commettait un hold-up et prenait en otage quatre employés de banque. Six jours durant, il allait les tenir sous sa coupe, aboutissant, au final, à ce qu’on a appelé le syndrome de Stockholm. Car, jamais les anciens otages n’ont témoignés à charge contre leur ravisseur ; plus, même, ils s’interposeront entre lui et les forces de police et iront le voir en prison…
A quelques détails près, c’est un peu le même phénomène que l’on remarque dans la très médiatique affaire Ingrid Betancourt. De fait, depuis 5 ans que cette malheureuse est aux mains des FARC, jamais sa famille ne fait le procès des forces révolutionnaires communistes colombiennes. Bien au contraire. Le procès à charge est entièrement celui d’Alvaro Uribe, dont on peut douter, au final, s’il n’est pas un immonde dictateur comme la France des droits de l’homme aime à les dénoncer. Or, c’est bien l’inverse qui se passe ici. Car la Colombie est depuis plusieurs années un pays démocratique ; un pays dont le président est élu au suffrage universel ; un pays doté d’une Assemblée et d’un Sénat… En bref, un pays qui paraît appliquer le même type de constitution que celle de la France ! Par contre, les FARC ne sont rien d’autres que des terroristes extrémistes, des criminels… mais les Betancourt semblent l’oublier.

Les rois interdits de séjour

Jules Grévy

Trois ans à peine après la mort du comte de Chambord, petit-fils du roi Charles X et dernier prétendant légitimiste, Jules Grévy, alors président de la République, promulgue, en juin 1886, une loi visant à éloigner définitivement toute tentative de rétablissement de la monarchie.
C’est ainsi que, « le territoire de la République est et demeure interdit aux chefs des familles ayant régné en France et à leurs héritiers directs, dans l’ordre de primogéniture «.
Se rappelant sans doute l’histoire de Napoléon III, jadis prince-président, il précise aussi que « les membres des familles ayant régné en France ne pourront entrer dans les armées de terre et de mer, ni excercer aucune fonction publique ni aucun mandat électif ».