La vengeance de Richelieu

Le marquis de Cinq-Mars (1620-1642).
Le marquis de Cinq-Mars (1620-1642).

L’ascension fulgurante du jeune Henri Coiffier de Ruzé d’Effiat, marquis de Cinq-Mars, commence le 27 mars 1638, quand Richelieu le fait nommer grand-maître de la garde-robe du roi. Favori de Louis XIII et grand écuyer de France, Cinq-Mars a la très mauvaise idée de croire qu’il peut se passer de son ancien protecteur et comploter, en toute impunité, avec le très futile Gaston d’Orléans. En 1642, Gaston d’Orléans, poussé par Cinq-Mars, s’allie aux Espagnols contre la France pour s’emparer du pouvoir.
Pour cela, il faut avant toute chose se débarrasser du puissant cardinal. Mais Richelieu, en bon politique, a des agents partout et le complot est rapidement éventé.
Cinq-Mars et de Thou, son complice, sont immédiatement arrêtés et accablés par les accusations du duc d’Orléans qui tente ainsi de sauver sa tête. Quand Cinq-Mars avoue avoir voulu tuer le cardinal, il est condamné sans grâce possible. Il est décapité, avec de Thou, en septembre 1642.

La victoire de Denain

La guerre de Succession d’Espagne durait depuis onze années et les armées françaises, épuisées, reculaient devant l’avance des Hollandais et des Autrichiens.
Les citadelles de la frontière du Nord étaient tombées une à une et le prince Eugène, à la tête de l’armée impériale, marchait sur l’Oise et sur Paris. Jamais le royaume de France n’avait été dans une situation aussi critique quand, le 24 juillet 1712, à Denain, le maréchal Claude de Villars fit subir une défaite mémorable au prince Eugène et aux troupes hollandaises.
En quelques mois, les Hollandais vont perdre deux cents canons et cinquante-trois bataillons. La victoire de Denain arrête non seulement l’invasion mais elle aura une influence décisive lors de la signature de la paix, à Utrecht, en 1713.

N’est pas gueux qui veut !

Portrait de Guillaume le Taciturne (1533-1584).
Portrait de Guillaume le Taciturne (1533-1584).

C’est sous le nom de Gueux que les gentilshommes flamands et néerlandais devaient se liguer contre l’administration espagnole. Cela faisait pourtant quelques siècles que cette contrée n’avait pas goûté à l’indépendance. Remise en dot à Marguerite de Male, elle allait, par le mariage de celle-ci, initier le domaine, bientôt immense, de la maison de Bourgogne-Valois. C’est à nouveau par un mariage, celui de Marie de Bourgogne avec Maximilien d’Autriche, qu’elle allait tomber dans l’escarcelle Habsbourg. Une mainmise espagnole qui, malgré la relative indépendance de la contrée, ne devait guère lui convenir ; une mainmise qui devait permettre la prise en étau de la France mais que la noblesse flamande et néerlandaise devait briser en avril 1566.
Parce qu’ils estimaient que l’Espagne ne leur accordait pas plus de crédit qu’à des gueux, les nobles des Provinces unies devaient donc se doter d’un surnom de circonstances, adopter les insignes attenants -la besace et l’écuelle. Oubliant leurs différents, ils devaient donc s’unir contre le despotisme de Philippe II d’Espagne. Une sorte "d’union sacrée" entre catholiques et protestants ; une union nationale qui ne devait guère se prolonger. Suite aux massacres d’Armentières, en août 1566, les catholiques, effrayés, devaient se retirer progressivement de la ligue et faire leur soumission au roi d’Espagne.

Marignan : 1515 !

François Ier (1494-1547) armé chevalier par Bayard après la victoire de Marignan.
François Ier (1494-1547) armé chevalier par Bayard après la victoire de Marignan.

François Ier (1515-1547) a vingt ans quand il accède au trône de France. Comme ses prédécesseurs, il ne rêve que de conquérir l’Italie –il se dit héritier du Milanais par son arrière-grand-mère Valentine Visconti, et dès le début de son règne, il met ses troupes en marche. Face à lui, les Suisses, engagés par le pape Léon X et par le duc de Milan, gardent les passages menant au Piémont. L’armée du roi de France campe entre Milan et Marignan, quand elle voit apparaître les Suisses, en rangs serrés, la hallebarde basse et qui, malgré les percées meurtrières que font les boulets français dans leurs rangs, continuent d’avancer. Infatigables et  enragées, les deux armées se battent encore à la tombée de la nuit.

Cherche roi désespérément…

Portrait d'Henri III (1551-1589).
Portrait d’Henri III (1551-1589).

La mort du roi Sigismond II Auguste, en 1572, mettait fin à la dynastie des Jagellons qui régnait sur la Pologne depuis le XIVe siècle.
Certes, c’était l’occasion pour la diète de Varsovie de renforcer son pouvoir vis-à-vis de la monarchie, mais où trouver un roi ? Certains penchaient pour le tsar de Russie, Ivan le Terrible, mais sa réputation déjà bien établie et surtout son attachement au culte orthodoxe faisaient reculer les très catholiques seigneurs polonais.
Finalement, ce sont les largesses de l’ambassadeur de France qui auront raison de tous et, le 9 mai 1573, Henri de Valois, troisième fils de Catherine de Médicis et d’Henri II, devenait roi de Pologne !
Son règne fut cependant très bref. En effet, dès l’année suivante, mourait son frère Charles IX et Henri n’eut rien de plus pressé que d’abandonner la couronne polonaise pour en ceindre une nouvelle : celle de France…

François Ier champion de la foi

François Ier (1494-1547) d'après le médaillon sculpté de Sansac.
François Ier (1494-1547) d’après le médaillon sculpté de Sansac.

Aux premiers jours de la Réforme, François Ier semblait favorable à la nouvelle religion. Mais tout allait changer avec la fameuse affaire des Placards…
Au mois d’octobre 1534, apparut, à Paris et dans plusieurs grandes villes de province, un petit manifeste qui attaquait la messe avec virulence. C’était bien la première fois que les protestants se permettaient une telle violence écrite et, dans les milieux catholiques, l’émoi était à son comble. Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Un soir, de retour de Blois, François Ier trouva un de ces fameux « placards » cloué sur la porte de sa chambre, au Louvre… La colère du souverain éclata bruyamment : il ordonna un redoublement de rigueurs et l’organisation de cérémonies au cours desquels il prétendait donner clairement des preuves de sa dévotion. C’est ainsi que, le 21 janvier 1535, il assista à une procession générale, tenant à la main un cierge allumé et marchant humblement, la tête nue, suivie de ses trois fils… François Ier affichait ouvertement qu’il s’instituait désormais comme le champion de la foi catholique…

L’attentat de Damiens

L'attentat de Damiens, d'après une gravure du XIXe siècle.
L’attentat de Damiens, d’après une gravure du XIXe siècle.

La nuit tombe à peine lorsque, en ce 5 janvier 1757, Louis XV s’apprête à rejoindre Trianon. Soudain, surgi de l’ombre, un homme s’élance sur le roi et le frappe d’un coup de poignard. L’agresseur est rapidement maîtrisé par les gardes royaux et Louis XV (1715-1774), blessé au flanc, regagne ses appartements, persuadé que ses instants sont comptés. La cour est en émoi. L’assassin a-t-il agi de son propre chef ? Ce Damiens, garçon de salle chez les Jésuites, était-il poussé par des motifs politiques ? On accuse les magistrats, en conflit avec le roi sur la question de l’impôt, les jansénistes ou les Anglais, avant de se rendre à l’évidence : Damiens n’est qu’un fou, un illuminé.
Mais l’attentat a des conséquences politiques importantes : le roi, croyant son existence menacée, a laissé le gouvernement du pays au Dauphin et a congédié Madame de Pompadour, pour la plus grande satisfaction de ses ennemis, les ministres d’Argenson et Machaut d’Arnouville. Le roi, rétabli, rappelle la favorite puis congédie les deux ministres à l’origine de réformes très impopulaires.
Louis XV s’est fort adroitement servi de cet attentat pour calmer les esprits. Quant à Damiens, il subit, e 28 mars 1757, le supplice des régicides : il est écartelé en place de Grève.

La fin du joug ottoman

Depuis 1396, l’avancée ottomane constitue la principale menace sur la Hongrie et, malgré les efforts d’un Jean Hunyade ou d’un Matthias Corvin, elle est, plus que jamais, d’actualité au XVIIe siècle.
Un siècle avant, le sultan Soliman le Magnifique avait reçu l’hommage du souverain de Hongrie, Jean Zapolya, et occupé Buda ainsi que la plaine centrale hongroise, les Habsbourg s’assurant la partie occidentale du pays.

Contre les soldats de Jésus

L'expulsion des Jésuites.
L’expulsion des Jésuites.

Fondée en 1540 par saint Ignace de Loyola, la Compagnie de Jésus avait deux particularités : c’était un ordre missionnaire, et qui le prouva tout au long du XVIe siècle, et sa hiérarchie obéissait directement au pape. C’est d’ailleurs l’ultramontanisme de l’ordre des jésuites -c’est-à-dire un soutien indéfectible au pape- qui va lui attirer, au XVIIIe siècle, l’animosité de la majorité des gouvernements, généralement des monarchies absolues qui voyaient dans l’ordre la représentation d’une puissance étrangère, celle du pape.
Les attaques se firent très virulentes notamment en France, terre bénie du gallicanisme, où l’ordre est expulsé en 1764, puis en Espagne, à Naples, en Toscane. Seuls Frédéric II de Prusse et Catherine II de Russie, deux souverains non-catholiques, protégèrent l’ordre. Finalement, cédant à la pression des monarques européens, le pape Clément XIV décide la suppression de l’ordre des jésuites, le 21 juillet 1773. Il ne sera rétabli qu’en 1814.