Le soleil de Foix

Surnommé Phœbus en raison de sa chevelure d’un blond ardent, Gaston III de Foix est le type même du seigneur du Moyen Âge.
Courageux, généreux, grand mécène, ami et protecteur de Froissart, Gaston Phœbus est aussi un être ombrageux et violent. N’a-t-il pas fait assassiner son propre frère et tué de ses mains son fils unique ?

Othon Ier le Grand : le rêve européen

Blason du Saint Empire romain germanique (l'aigle bicéphale n'apparaît que'au XIVe siècle).
Blason du Saint Empire romain germanique (l’aigle bicéphale n’apparaît que’au XIVe siècle).

Le rêve européen ne date certes pas du XXe siècle. Son histoire non plus, comme l’a fort justement rappelé le président Giscard d’Estaing dans sa présentation d’une constitution européenne. Mais c’est rêve qui apparaît comme essentiellement germanique.
Héritier de Charlemagne et de ses ambitions mais également bras armé de l’Occident chrétien -ou se présentant comme tel-, Othon Ier le Grand puis à sa suite Frédéric Barberousse, Frédéric II de Hohenstaufen : tous ont tenté, avec plus ou moins de succès, de reconstituer l’idéal du souverain européen en recréant, sous leur sceptre, une unité perdue depuis la mort du grand empereur ; tous ont été, et peut-être Othon Ier plus que les autres, les " fils spirituels " de l’Empereur.

Fra Angelico le Bienheureux

Né à Vicchi di Mugello, vers 1400, Guido di Pietro entre au couvent dominicain de Florence avec son frère Benedetto et prend l’habit sous le nom de Fra Giovanni da Fiesole. Très vite, Fra Giovanni reçoit le surnom d’Il Beato, le Bienheureux, ou d’Angelico, «à cause de sa vertu». Il semble que Fra Angelico peignait déjà bien avant d’entrer au couvent et qu’il ait suivi les cours de célèbres peintres siennois de l’époque. Il y a dans sa peinture, particulièrement dans les couleurs, certaines techniques, peut-être dues à son frère Benedetto, enlumineur au couvent.

Arteveld fait sa révolution

Statue de Jacques van Arteveld (v.1290-1345).
Statue de Jacques van Arteveld (v.1290-1345).

La guerre de Cent Ans, loin de se cantonner au territoire français, va aussi toucher, de manière indirecte, la Flandre.
Parce que Louis de Nevers est vassal du roi de France, il décide, en 1337, d’arrêter les importations de laines anglaises dans son pays, plongeant la Flandre dans une crise économique sans précédent. Un bourgeois de Gant, Jacques Van Arteveld, soulève la population de la ville dès décembre 1337 puis Bruges, Ypres et la Flandre toute entière. Van Arteveld s’empare alors du pouvoir et signe avec l’Anglais Édouard III un traité d’alliance économique.

Jacques Cœur, l’argentier du roi

Fils d’un marchand de Bourges, Jacques Cœur (1395-1456) fait fortune dans des secteurs aussi variés que la banque, le négoce, le change, l’extraction minière ou le transport sur terre et sur mer. Parallèlement, il mène avec beaucoup de succès une carrière publique.
Maître des monnaies puis argentier du roi, commissaire au Languedoc et enfin conseiller de Charles VII, il est cependant arrêté, en 1451, sur ordre du souverain et emprisonné. Accusé de malversations, d’exactions et d’avoir empoisonné la maîtresse du roi, Agnès Sorel, il a surtout eu le tort d’étaler sa richesse. Rapidement innocenté du crime d’empoisonnement, Jacques Cœur reste cependant accusé de celui de lèse-majesté. Après un procès de deux ans, il reconnaît, sous la torture, tous les chefs d’accusation. Il échappe à la peine de mort, mais, sommé de payer quatre cent mille écus qu’il ne possède pas, il est laissé en prison.
Après plus de trois ans de réclusion, Jacques Cœur s’évade et gagne Rome puis l’île de Chio tenue par les Turcs où il meurt le 25 novembre 1456.

La déposition d’Édouard II

Édouard II d'Angleterre (1284-1327).
Édouard II d’Angleterre (1284-1327).

Jamais jusque-là un roi d’Angleterre n’avait été déposé. Assurément, Édouard II n’avait jamais fait preuve d’une personnalité très affirmée, que ce soit en tant que prince de Galles ou, à partir de 1307, en tant que roi, mais personne n’aurait imaginé qu’il soit forcé d’abdiquer… encore moins que ce soit sa femme qui le dépose ! Depuis la France et soutenue par son amant Roger Mortimer et son beau-frère, Edmond, Isabelle de France va organiser l’invasion de l’Angleterre de main de maître.

Saint Thomas Becket

Vous me haïrez bientôt autant que vous m’aimez, car vous vous arrogez, dans les affaires de l’Église, une autorité que je n’accepte pas. Il faut que l’archevêque de Cantorbéry offense Dieu ou le roi.
Lorsque Henri II élève son ami et chancelier, Thomas Becket, à la charge d’archevêque de Cantorbéry, en 1162, ce dernier expose très clairement sa politique à venir.
Né à Londres en 1117, Thomas Becket gagne rapidement les bonnes grâces d’Henri II et soutient sa politique lors de ses années de chancellerie. Mais, une fois archevêque de Cantorbéry, Thomas change totalement sa façon d’être : il abandonne le luxe dans lequel il vivait et, contrairement aux attentes du roi, défend l’Église d’Angleterre coûte que coûte. Opposé aux édits de Clarendon qui permettent au roi de soumettre le clergé à la justice royale, persécuté, il trouve refuge en France.

Vie et mort d’une dynastie : les Visconti

Jean Galéas Visconti (1351-1402).
Jean Galéas Visconti (1351-1402).

Depuis bientôt deux siècles, une famille originaire de Milan étendait sa fortune et son pouvoir sur toute l’Italie du Nord.
Arrière-petit-fils du fondateur de la dynastie des Visconti, Jean Galéas reformera son unité et la conduira à son apogée. Devenu seul maître du Milanais après avoir assassiné son oncle et beau-père, Jean Galéas va non seulement poursuivre la conquête des villes avoisinantes mais également « acheter » le titre de duc héréditaire de Milan, élevant ainsi sa famille au même rang que les plus grands noms d’Italie.
Administrateur remarquable, favorable à l’industrie et aux arts, fin diplomate et habile chef de guerre, Jean Galéas est sur le point de devenir roi d’Italie quand il meurt de la peste, le 4 septembre 1402.

Pierre l’Ermite, le héraut malheureux de Dieu

Le 18 novembre 1095, les cris de Dieu le veut ! retentissent sous les murs de Clermont. Le pape Urbain II (1042-1099) vient de lancer un appel solennel à la Croisade après que Pierre l’Ermite l’ait convaincu de délivrer les Lieux Saints à Jérusalem.
Pierre l’Ermite est né dans le diocèse d’Amiens. Devenu veuf, il prend l’habit de moine.
-C’est, dit un chroniqueur du temps, un homme de petite taille et d’un extérieur misérable, vêtu d’une tunique de laine et d’un manteau de bure qui descendait jusqu’au talon, et marchant les bras et les pieds nus ; mais son esprit était prompt et son œil perçant, son regard pénétrant et doux, sa parole éloquente; une grande âme habitait ce faible corps et il prêchait partout le peuple avec une merveilleuse autorité.
Accompagné de Gauthier Sans-Avoir, un chevalier bourguignon, Pierre l’Ermite parcourt les campagnes de France et même d’Europe. Parti avec quinze mille Français, il traverse l’Allemagne, la Hongrie et la Bulgarie pour atteindre enfin Constantinople avec cent mille hommes et femmes portant une croix rouge sur leur vêtements.

Le « fils » de Gengis Khân

Tamerlan ou Timur Lang (1336-1405) sur un monceau de crânes (iconographie du XIXe siècle).
Tamerlan ou Timur Lang (1336-1405) sur un monceau de crânes (iconographie du XIXe siècle).

Certains lui attribuent le savoir, d’autres l’hérésie, ou encore l’usage de la magie et de la sorcellerie, écrit l’historien arabe Ibn Khaldoun à propos de Tamerlan.
Qualifié de barbare, de tyran et de sanguinaire par certains ou bien de militaire de génie, par d’autres, il reste une énigme.
Né en 1336, près de Samarkand, en Asie centrale, Tamerlan ou Tîmûr-I Lang est issu d’une grande famille de l’aristocratie türko-mongole qui, selon la légende timouride, descendrait de Gengis Khân, ce qui est loin d’être prouvé. Il commence très jeune la vie militaire et, à l’âge de vingt-cinq ans, reçoit deux blessures graves qui le laissent boîteux et manchot, ce qui lui vaudra le surnom de Tîmûr le Boiteux.
Maître de l’empire de Djagataï, à l’est de l’Iran actuel, en 1370, il se pose en continuateur de l’illustre Gengis Khân et s’emploie, dès lors, à étendre son empire, en le fortifiant par une gestion intelligente fondée sur l’essor croissant du négoce. Son gigantesque empire  se compose de toute l’Asie à l’est de la mer Caspienne (la Perse, le sud de la Russie, l’Inde et une partie du Proche-Orient). Après sa mort, le 3 avril 1405, à Samarkand, l’immense Empire des steppes, édifié sur des millions de cadavres, s’effondre rapidement : il est divisé entre les trente-cinq petits-fils et arrière-petits-fils du conquérant.