La « guerre des farines »

Après un automne très pluvieux et un hiver des plus rigoureux, la récolte de 1775 est catastrophique. Le prix du pain augmente considérablement et le peuple se révolte. La rébellion commence à Dijon et atteint bientôt Paris. Turgot réprime l’émeute avec fermeté et ramène le prix du pain à un taux normal. Mais cette victoire n’en est pas une et le problème reste entier : la « guerre des farines » sera l’un des signes précurseurs d’une Révolution qui pointe à l’horizon…

De la canne à la betterave

Benjamin Delessert (1773-1847).
Benjamin Delessert (1773-1847).

Durant toute l’Antiquité et le haut Moyen Âge, le sucre resta inconnu en Occident où l’on utilisait du miel. La canne à sucre, cultivée avant notre ère en Indonésie ainsi qu’en Chine, apparaît en Perse vers 500 après J.-C. puis les Arabes la répandent dans tout le bassin méditerranéen et en Espagne. De plus en plus recherché à partir des croisades, le sucre restera un produit de luxe, rare et coûteux, jusqu’aux grandes découvertes maritimes et à l’essor du commerce au XVe siècle. Cultivé au Brésil et dans les Antilles, le sucre représentait alors une part essentielle du commerce vers l’Europe

« Passages à tabac »

Introduit en France par Jean Nicot sous François III, le tabac connaît son apogée au XVIIe siècle, où il est d’usage soit de le priser ou de le fumer. N’importe qui, à l’époque, pouvait en faire commerce et certains estaminets ne s’en privaient pas, permettant aussi aux amateurs de tabac de « perdre du tabac en fumée » dans leurs échoppes.
Cependant, ces lieux étant désormais investis par les brigands qui pillaient les fumeurs, un édit du 23 juin 1629 interdit la vente de tabac, sauf par les épiciers qui pouvaient ainsi étendre leur activité à celle de « fumoir ».

Ferdinand de Lesseps : un héritage impérissable

Ferdinand de Lesseps (1805-1894).
Ferdinand de Lesseps (1805-1894).

À l’inauguration du canal de Suez, en 1869, Ferdinand de Lesseps acquiert une très grande popularité. Enivré par ce succès, il décide, en 1876, de percer l’isthme de Panama. L’idée, en fait, est très ancienne : dès 1529, on a pensé à cette entreprise, compte tenu de la minceur de cet isthme, mais elle ne commence à prendre corps qu’à la fin du XIXe siècle. En 1872, les États-Unis envisagent la percée par l’isthme de Tehuantepec au Mexique et, quatre ans plus tard, se constitue en France un « Comité pour le percement d’un canal interocéanique », dont la présidence échoit tout naturellement à Ferdinand de Lesseps.

La ruée vers l’or… noir

Découvert depuis des millénaires, le pétrole était déjà utilisé en tant que combustible à Babylone au VIe siècle avant notre ère et servait, en Égypte, à l’embaumement des morts. Pourtant, l’industrie pétrolière ne va commencer qu’au XIXe siècle.
En Europe, on connaît ses propriétés et, dès 1857, la ville de Bucarest est éclairée grâce à cette huile minérale. Mais quand, le 27 août 1859, Drake fore le premier puits en Amérique, le pétrole est vendu comme… élixir de vie et ce n’est que plus tard, lorsqu’ils découvrent son intérêt stratégique, que les États-Unis entrent dans cette course à l’or noir.

Vive le système métrique !

Jean-Baptiste Delambre (1749-1822).
Jean-Baptiste Delambre (1749-1822).

Sous l’Ancien Régime, les mesures en usage sont très compliquées -elles ne reposent pas sur le système décimal- et, par ailleurs, elles varient d’une région à l’autre, ce qui rend les échanges particulièrement laborieux. De nombreux ministres, dont Turgot, tentèrent dans le passé d’améliorer la situation mais leurs efforts furent vains. Et c’est finalement l’Académie des Sciences qui introduit le système des poids et mesures ayant pour base le mètre et le kilogramme : la décision de l’Académie est approuvée par un vote de l’Assemblée constituante, le 26 mars 1791. Ce sont deux savants, Delambre et Méchain, qui contribuent à fixer ces nouvelles mesures. Mais le nouveau système mettra du temps à s’imposer : il ne devient obligatoire en France qu’en janvier 1840.

« Fluctuat nec mergitur »

À l’époque carolingienne, les échevins étaient des légistes, spécialistes du droit coutumier, qui assistaient le seigneur à son tribunal. Mais au XIIIe siècle, sous Philippe Auguste, le terme d’échevin échoit aux représentants des communes et leur pouvoir ne cesse de grandir jusqu’à ce que Saint Louis, plus tard imité par Philippe le Bel, y mette un frein.

La Hanse ou la conquête par le commerce

Un groupe de marchands au XIVe siècle (d'après une gravure ancienne).
Un groupe de marchands au XIVe siècle (d’après une gravure ancienne).

Le phénomène n’a rien de bien nouveau : déjà, l’antiquité pratiquait des associations similaires nommées « éranoi » en Grèce ou « collegia opificum » à Rome. Les guildes médiévales ont ceci de particulier qu’elles s’étaient formées sous l’égide spirituelle, par souci de l’entraide, par sentiment fraternel. Héritière de ces guildes, la hanse -dont le nom allemand signifie justement "guilde"- apparaît au XIIe siècle parmi les marchands allemands installés à l’étranger -Visby, dans l’île de Gotland, Bruges ou Londres. Ainsi, dès son origine, la Hanse germanique se vit doté d’une préoccupation supplémentaire, qui va, au fil du temps, devenir sa particularité.
Association de marchands allemands, elle ne se préoccupe pas seulement de l’entraide mais se voit, dès son origine, assignée à l’expansion commerciale. Une expansion commerciale qui va rapidement tournée à la conquête, voir à la colonisation. C’est vers les régions de l’Est que la Hanse -ou Ligue hanséatique dès lors qu’elle regroupera les comptoirs allemands- va principalement orienter son action. Avec Lübeck à sa tête -une ville qui gardera la primauté de l’organisation tout au long de son existence-, la Ligue crée le comptoir commercial de Novgorod, de Riga ou encore de Dantzig. Une pénétration commerciale qui s’accompagnera de christianisation et, surtout, qui incitera la Ligue à s’allier aux chevaliers teutoniques.

Le Parlement anglais face à la traite

« Il se prépare actuellement dans les deux chambres du Parlement une discussion digne de la curiosité de ceux qui prennent part à la cause de l’humanité, raconte, le 22 mai 1789, la Gazette de Leyde. Il s’agit de la suppression pleine et entière de la traite des nègres, projet qu’on attribue au Premier ministre, mais qu’on combat dès à présent avec beaucoup de chaleur par les armes de la politique et de l’intérêt du commerce.

Création des assignats

À la fin de l’année 1789, la France a une dette publique de quatre milliards deux cent soixante-deux millions. Le comte de Mirabeau et Talleyrand-Périgord, évêque d’Autun, suggèrent à l’Assemblée de confisquer les biens ecclésiastiques puis de les mettre en vente au profit de l’État. En échange, celui-ci se charge d’assurer les frais du culte ainsi que l’entretien du clergé. L’Assemblée se rallie à cette proposition et, en décembre 1789, met en vente des « bons gagés », les assignats, sur les biens du clergé.
L’assignat devient rapidement une véritable monnaie de papier, mais sa trop grande profusion et la fabrication de faux qui inondent rapidement le marché lui font perdre toute sa valeur. La dette ne fait alors qu’augmenter…