« Fluctuat nec mergitur »

À l’époque carolingienne, les échevins étaient des légistes, spécialistes du droit coutumier, qui assistaient le seigneur à son tribunal. Mais au XIIIe siècle, sous Philippe Auguste, le terme d’échevin échoit aux représentants des communes et leur pouvoir ne cesse de grandir jusqu’à ce que Saint Louis, plus tard imité par Philippe le Bel, y mette un frein.

La Hanse ou la conquête par le commerce

Un groupe de marchands au XIVe siècle (d'après une gravure ancienne).
Un groupe de marchands au XIVe siècle (d’après une gravure ancienne).

Le phénomène n’a rien de bien nouveau : déjà, l’antiquité pratiquait des associations similaires nommées « éranoi » en Grèce ou « collegia opificum » à Rome. Les guildes médiévales ont ceci de particulier qu’elles s’étaient formées sous l’égide spirituelle, par souci de l’entraide, par sentiment fraternel. Héritière de ces guildes, la hanse -dont le nom allemand signifie justement "guilde"- apparaît au XIIe siècle parmi les marchands allemands installés à l’étranger -Visby, dans l’île de Gotland, Bruges ou Londres. Ainsi, dès son origine, la Hanse germanique se vit doté d’une préoccupation supplémentaire, qui va, au fil du temps, devenir sa particularité.
Association de marchands allemands, elle ne se préoccupe pas seulement de l’entraide mais se voit, dès son origine, assignée à l’expansion commerciale. Une expansion commerciale qui va rapidement tournée à la conquête, voir à la colonisation. C’est vers les régions de l’Est que la Hanse -ou Ligue hanséatique dès lors qu’elle regroupera les comptoirs allemands- va principalement orienter son action. Avec Lübeck à sa tête -une ville qui gardera la primauté de l’organisation tout au long de son existence-, la Ligue crée le comptoir commercial de Novgorod, de Riga ou encore de Dantzig. Une pénétration commerciale qui s’accompagnera de christianisation et, surtout, qui incitera la Ligue à s’allier aux chevaliers teutoniques.

Le Parlement anglais face à la traite

« Il se prépare actuellement dans les deux chambres du Parlement une discussion digne de la curiosité de ceux qui prennent part à la cause de l’humanité, raconte, le 22 mai 1789, la Gazette de Leyde. Il s’agit de la suppression pleine et entière de la traite des nègres, projet qu’on attribue au Premier ministre, mais qu’on combat dès à présent avec beaucoup de chaleur par les armes de la politique et de l’intérêt du commerce.

Création des assignats

À la fin de l’année 1789, la France a une dette publique de quatre milliards deux cent soixante-deux millions. Le comte de Mirabeau et Talleyrand-Périgord, évêque d’Autun, suggèrent à l’Assemblée de confisquer les biens ecclésiastiques puis de les mettre en vente au profit de l’État. En échange, celui-ci se charge d’assurer les frais du culte ainsi que l’entretien du clergé. L’Assemblée se rallie à cette proposition et, en décembre 1789, met en vente des « bons gagés », les assignats, sur les biens du clergé.
L’assignat devient rapidement une véritable monnaie de papier, mais sa trop grande profusion et la fabrication de faux qui inondent rapidement le marché lui font perdre toute sa valeur. La dette ne fait alors qu’augmenter…

Il était une fois la Prohibition

Elle est enfin là… elle naît l’Amérique sèche !, proclame la Ligue anti-saloon de New York à l’aube du 17 janvier 1920.
En effet, le 18e Amendement, ratifié l’année précédente, entre en vigueur : toute vente, fabrication, transport ou importation d’alcool est désormais interdite sur tout le territoire… Les « secs », opposés à l’alcool, se frottent les mains tandis que les brasseurs s’affolent. La veille, les rues étaient envahies de voitures, de camions ou de charrettes chargés d’alcool que les particuliers ont entreposé chez eux. Le règne de la Prohibition durera treize ans et sera aussi celui des gangsters, tel Al Capone qui fait fortune dans la contrebande d’alcool.

Création de l’administration des Douanes

Jean-Baptiste Colbert (1619-1693).
Jean-Baptiste Colbert (1619-1693).

Le système douanier de l’Ancien Régime était des plus complexes ; il existait alors, entre les différentes régions, d’innombrables droits : péages, droits de haut passage, d’entrée… Pour Colbert, toutes ces barrières intérieures entravent le négoce dans le royaume, mais malgré ses efforts, il ne parvient pas à les abolir complètement.
Le 5 novembre 1790, l’Assemblée constituante, reprenant le projet du « grand commis de l’État », supprime les divers droits de passage et crée l’administration des Douanes. Régie par un Code instauré en 1791, elle devient alors un organisme chargé de faire payer une taxe uniquement sur les marchandises qui franchissent les frontières terrestres et maritimes, ce qui constitue un énorme progrès par rapport à l’inextricable système de l’Ancien Régime.

La gabelle devient générale

Philippe IV le Bel (1268-1314).
Philippe IV le Bel (1268-1314).

Instituée par Philippe IV le Bel en 1286, la gabelle, impôt sur le sel, devient le monopole de l’État sous Philippe VI de Valois. Par l’ordonnance royale du 16 mars 1341, Philippe VI s’empare de tout le sel entreposé sur le territoire et ainsi, alors même qu’il met la population à l’abri de toutes difficultés d’approvisionnement, en tire un sérieux profit financier. Rares sont les provinces, comme le Poitou, l’Auvergne, l’Angoumois, le Périgord ou le Limousin qui peuvent acheter l’exemption à la gabelle.
Seule la Bretagne, trop pauvre, jouit du droit de « franc-salé ».

Excellence des produits français

Le savoir-faire de la manufacture des Gobelins.
Le savoir-faire de la manufacture des Gobelins.

Ce qu’il y a de mieux dans tous les coins du monde se fabrique actuellement en France et telle est la vague de ces produits que, de toutes parts, affluent les commandes pour s’en fournir : c’est l’hommage rendu aux « manufactures » françaises par l’ambassadeur de Venise auprès de Louis XIV. Dans sa lettre, datée du 4 avril 1668 au doge de Venise, l’ambassadeur exprime le souhait de voir ses concitoyens s’inspirer de l’exemple si fructueux des Français et il désigne l’auteur de ce « miracle » qui est Colbert.

Vive la pomme de terre !

En 1788, le pharmacien Antoine Parmentier (1737-1813) présente à Louis XVI et aux Parisiens un tout nouveau légume : la pomme de terre. Nommé apothicaire en chef à l’hôpital des Invalides le 6 novembre 1772, Parmentier se consacre à la rédaction d’un mémoire sur un végétal suceptible de remplacer le pain. La réponse est, pour lui, toute trouvée : la pomme de terre.

Oberkampf, père de l’industrie textile

Statue de Christophe Oberkampf (1738-1815), élevée à Jouy-en-Josas.
Statue de Christophe Oberkampf (1738-1815), élevée à Jouy-en-Josas.

Quand Napoléon Ier lui offre une place de sénateur, Oberkampf refuse, mais il accepte le ruban de la légion d’honneur que l’empereur lui remet en lui disant :
-Vous et moi, nous faisons une bonne guerre aux Anglais, vous par votre industrie et moi par mes armes… Mais c’est encore vous qui faites la meilleure !
Oberkampf, manufacturier d’origine bavaroise, s’installe en France en 1757 et y fonde la manufacture de toiles peintes, dites toiles indiennes, à Jouy, puis, deux ans plus tard, la première filature de coton à Essonne. Louis XVI lui confère alors les lettres de noblesse et, en 1790, le département de Seine-et-Oise élève un monument en son honneur. Après cela, il ne cesse de développer ses manufactures et, lorsqu’il meurt en octobre 1815, il est à la tête d’une industrie florissante.