Il était une fois la Prohibition

Elle est enfin là… elle naît l’Amérique sèche !, proclame la Ligue anti-saloon de New York à l’aube du 17 janvier 1920.
En effet, le 18e Amendement, ratifié l’année précédente, entre en vigueur : toute vente, fabrication, transport ou importation d’alcool est désormais interdite sur tout le territoire… Les « secs », opposés à l’alcool, se frottent les mains tandis que les brasseurs s’affolent. La veille, les rues étaient envahies de voitures, de camions ou de charrettes chargés d’alcool que les particuliers ont entreposé chez eux. Le règne de la Prohibition durera treize ans et sera aussi celui des gangsters, tel Al Capone qui fait fortune dans la contrebande d’alcool.

Création de l’administration des Douanes

Jean-Baptiste Colbert (1619-1693).
Jean-Baptiste Colbert (1619-1693).

Le système douanier de l’Ancien Régime était des plus complexes ; il existait alors, entre les différentes régions, d’innombrables droits : péages, droits de haut passage, d’entrée… Pour Colbert, toutes ces barrières intérieures entravent le négoce dans le royaume, mais malgré ses efforts, il ne parvient pas à les abolir complètement.
Le 5 novembre 1790, l’Assemblée constituante, reprenant le projet du « grand commis de l’État », supprime les divers droits de passage et crée l’administration des Douanes. Régie par un Code instauré en 1791, elle devient alors un organisme chargé de faire payer une taxe uniquement sur les marchandises qui franchissent les frontières terrestres et maritimes, ce qui constitue un énorme progrès par rapport à l’inextricable système de l’Ancien Régime.

La gabelle devient générale

Philippe IV le Bel (1268-1314).
Philippe IV le Bel (1268-1314).

Instituée par Philippe IV le Bel en 1286, la gabelle, impôt sur le sel, devient le monopole de l’État sous Philippe VI de Valois. Par l’ordonnance royale du 16 mars 1341, Philippe VI s’empare de tout le sel entreposé sur le territoire et ainsi, alors même qu’il met la population à l’abri de toutes difficultés d’approvisionnement, en tire un sérieux profit financier. Rares sont les provinces, comme le Poitou, l’Auvergne, l’Angoumois, le Périgord ou le Limousin qui peuvent acheter l’exemption à la gabelle.
Seule la Bretagne, trop pauvre, jouit du droit de « franc-salé ».

Excellence des produits français

Le savoir-faire de la manufacture des Gobelins.
Le savoir-faire de la manufacture des Gobelins.

Ce qu’il y a de mieux dans tous les coins du monde se fabrique actuellement en France et telle est la vague de ces produits que, de toutes parts, affluent les commandes pour s’en fournir : c’est l’hommage rendu aux « manufactures » françaises par l’ambassadeur de Venise auprès de Louis XIV. Dans sa lettre, datée du 4 avril 1668 au doge de Venise, l’ambassadeur exprime le souhait de voir ses concitoyens s’inspirer de l’exemple si fructueux des Français et il désigne l’auteur de ce « miracle » qui est Colbert.

Vive la pomme de terre !

En 1788, le pharmacien Antoine Parmentier (1737-1813) présente à Louis XVI et aux Parisiens un tout nouveau légume : la pomme de terre. Nommé apothicaire en chef à l’hôpital des Invalides le 6 novembre 1772, Parmentier se consacre à la rédaction d’un mémoire sur un végétal suceptible de remplacer le pain. La réponse est, pour lui, toute trouvée : la pomme de terre.

Oberkampf, père de l’industrie textile

Statue de Christophe Oberkampf (1738-1815), élevée à Jouy-en-Josas.
Statue de Christophe Oberkampf (1738-1815), élevée à Jouy-en-Josas.

Quand Napoléon Ier lui offre une place de sénateur, Oberkampf refuse, mais il accepte le ruban de la légion d’honneur que l’empereur lui remet en lui disant :
-Vous et moi, nous faisons une bonne guerre aux Anglais, vous par votre industrie et moi par mes armes… Mais c’est encore vous qui faites la meilleure !
Oberkampf, manufacturier d’origine bavaroise, s’installe en France en 1757 et y fonde la manufacture de toiles peintes, dites toiles indiennes, à Jouy, puis, deux ans plus tard, la première filature de coton à Essonne. Louis XVI lui confère alors les lettres de noblesse et, en 1790, le département de Seine-et-Oise élève un monument en son honneur. Après cela, il ne cesse de développer ses manufactures et, lorsqu’il meurt en octobre 1815, il est à la tête d’une industrie florissante.

La « guerre des farines »

Après un automne très pluvieux et un hiver des plus rigoureux, la récolte de 1775 est catastrophique. Le prix du pain augmente considérablement et le peuple se révolte. La rébellion commence à Dijon et atteint bientôt Paris. Turgot réprime l’émeute avec fermeté et ramène le prix du pain à un taux normal. Mais cette victoire n’en est pas une et le problème reste entier : la « guerre des farines » sera l’un des signes précurseurs d’une Révolution qui pointe à l’horizon…

De la canne à la betterave

Benjamin Delessert (1773-1847).
Benjamin Delessert (1773-1847).

Durant toute l’Antiquité et le haut Moyen Âge, le sucre resta inconnu en Occident où l’on utilisait du miel. La canne à sucre, cultivée avant notre ère en Indonésie ainsi qu’en Chine, apparaît en Perse vers 500 après J.-C. puis les Arabes la répandent dans tout le bassin méditerranéen et en Espagne. De plus en plus recherché à partir des croisades, le sucre restera un produit de luxe, rare et coûteux, jusqu’aux grandes découvertes maritimes et à l’essor du commerce au XVe siècle. Cultivé au Brésil et dans les Antilles, le sucre représentait alors une part essentielle du commerce vers l’Europe

« Passages à tabac »

Introduit en France par Jean Nicot sous François III, le tabac connaît son apogée au XVIIe siècle, où il est d’usage soit de le priser ou de le fumer. N’importe qui, à l’époque, pouvait en faire commerce et certains estaminets ne s’en privaient pas, permettant aussi aux amateurs de tabac de « perdre du tabac en fumée » dans leurs échoppes.
Cependant, ces lieux étant désormais investis par les brigands qui pillaient les fumeurs, un édit du 23 juin 1629 interdit la vente de tabac, sauf par les épiciers qui pouvaient ainsi étendre leur activité à celle de « fumoir ».

Ferdinand de Lesseps : un héritage impérissable

Ferdinand de Lesseps (1805-1894).
Ferdinand de Lesseps (1805-1894).

À l’inauguration du canal de Suez, en 1869, Ferdinand de Lesseps acquiert une très grande popularité. Enivré par ce succès, il décide, en 1876, de percer l’isthme de Panama. L’idée, en fait, est très ancienne : dès 1529, on a pensé à cette entreprise, compte tenu de la minceur de cet isthme, mais elle ne commence à prendre corps qu’à la fin du XIXe siècle. En 1872, les États-Unis envisagent la percée par l’isthme de Tehuantepec au Mexique et, quatre ans plus tard, se constitue en France un « Comité pour le percement d’un canal interocéanique », dont la présidence échoit tout naturellement à Ferdinand de Lesseps.