Le communisme au pouvoir

Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine (1870-1924).
Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine (1870-1924).

Vladimir Ilitch Oulianov, connu sous le nom de Lénine, a rêvé, pour l’humanité, d’un monde meilleur où devaient régner l’égalité, la justice et la fraternité et son rêve a accouché d’un monstre…
Quand la révolution, qu’il a préparée minutieusement avec ses amis bolcheviques, éclate le 8 mars 1917, Lénine est alors en exil volontaire à Zurich, en Suisse.
Dès qu’il apprend cette nouvelle, il adresse à ses camarades en Russie ses fameuses Lettres de loin. Dans ce document majeur de l’histoire de la révolution russe, le dirigeant bolchevique encourage ses partisans et fixe les lignes de son programme. Avec l’aide des socialistes suisses, il parvient à retourner en Russie dans un wagon plombé puis entre triomphalement à Pétrograd, le 16 avril 1917. Dès son arrivée, il préconise la paix immédiate avec l’Allemagne, alors en guerre avec la Russie et invite même les soldats russes à fraterniser avec les Allemands.

L’exception polonaise

L'aigle ornant les armes de la Pologne.
L’aigle ornant les armes de la Pologne.

Dans quelques jours, la Pologne sera appelée à élire les représentants de son parlement. Une Pologne qui détonne dan cette Europe relativement uniforme ; une Pologne qui, malgré une adhésion récente, est bien loin de courber l’échine face aux revendications de pays plus anciens. De fait, c’est elle-même qui revendique. Et haut et fort encore. La raison de cette « exception polonaise » ? Deux siècles et demi de soumission quasi permanente aux autres puissances d’Europe. Deux siècles et demi au terme desquels elle compte bien ne plus subir, mais imposer.
Le « gâteau polonais » : c’est ainsi que l’on avait surnommé cette terre, dénuée de frontière naturelle, placée au cœur des échanges commerciaux. Un « gâteau » que la Prusse –puis l’Allemagne-, l’Autriche et la Russie se partageront pas moins de trois fois de 1772 à 1795 puis une quatrième en 1815, suite à la défaite napoléonienne.
La Pologne indépendante, réapparu à l’aube de la Première Guerre mondiale, allait sombrer une nouvelle fois en devenant la cible numéro 1 du Reich. Les raisons de ce choix polonais sont multiples mais la plus évidente était la faiblesse de la Pologne. Sa faiblesse et la relative indifférence que son sort, au fil des siècles, avait engendré. Enfin, l’Allemagne du Reich, fille naturelle de la Prusse, voyait dans cette terre un vivier de main d’œuvre, d’être tout juste bons à servir. Une terre, selon Heinrich Himmler,  « peuplée de sous-hommes d’Orient ».

Baden-Powell : scout toujours !

Robert Baden-Powell (1857-1940).
Robert Baden-Powell (1857-1940).

Mon but est simple, explique Baden-Powell. Il fallait transformer les enfants en soldats. Pas des soldats pour combattre sur le champ de bataille mais pour remporter des victoires sur… la vie !
Général anglais, devenu une idole populaire après sa victorieuse défense de Maféking, durant la guerre des Bœrs, Baden-Powell met ses expériences vécues en Afrique du Sud au service de l’éducation de la jeunesse. En 1907, dans une île au large de la Grande-Bretagne, il organise le tout premier camp, invitant des groupes de jeunes à vivre en contact avec la nature, à développer leur sens de l’observation et à se soumettre à un entraînement physique particulier.

Des bienfaits du mécénat

Bas-relief représentant les Médicis, réputés notamment pour leur action en tant que mécènes à la Renaissance.
Bas-relief représentant les Médicis, réputés notamment pour leur action en tant que mécènes à la Renaissance.

Une entreprise finance les travaux de restauration d’un palais, d’un château, d’un tableau et aussitôt les « personnes autorisées » -par qui, mystère- poussent des cris d’orfraie, mettant tout le monde en garde contre la perte de l’indépendance culturelle, la publicité détournée. Passe encore pour ce dernier aspect. Mais est-ce vraiment parce que l’entreprise Vinci finance, à hauteur de 12 millions d’euros les travaux de la galerie des Glaces à Versailles, que la culture perd une once de liberté et d’indépendance ? A contrario, quel est l’apport culturel d’un défilé « osé », signé Lacroix, dans la chapelle de ce même château ?
Il y a peu, le magazine Marianne s’émouvait du manque de renouveau culturel, du conformisme –et on sait que sa dénonciation fait le fond de commerce du journal- en vigueur dans le milieu artistique, autant côté créateurs que côté critiques. Le magazine posait alors la question de la perte culturelle, du malaise en vigueur dans ce milieu, sans pour autant faire l’effort de poser les vraies questions.
Au regard de l’histoire, il est aisé de déterminer les grands élans culturels. Au Moyen Âge, temps de l’amour courtois, des romans de chevalerie, des cathédrales bien sûr, l’art était tout entier tendu vers un double idéal : Dieu et la fidélité. A la Renaissance, où les Antiques sont ressuscités, où la peinture et la sculpture atteignent leur apogée, c’est vers l’homme que l’homme regarde. Mais dans un cas comme dans l’autre, ces mouvements artistiques sont nés sous la protection, voire l’impulsion de mécènes. Idem au temps des Lumières, où quelques princes ou grands seigneurs ont financé avec ardeur les auteurs révolutionnaires, preuve, s’il en faut, que cette pratique n’empêche nullement l’éclosion des idées…

Le PCF : chronique d’une mort annoncée

Sigle du Parti communiste.
Sigle du Parti communiste.

L’imbroglio politique dans lequel la France est plongée depuis quelque temps ne manque pas d’en étonner plus d’un. Divisions au sein du PS, qui va bien finir par opérer une scission ; création du Modem et d’un centre droit affilié à l’UMP ; multiplication des listes –dans l’espoir de gagner quelque argent- à la veille des législatives… A croire que le monde politique français est devenu fou ! Ce n’est pourtant pas la première fois que la politique française opère de profondes mutations : René Rémond, décédé peu avant les élections présidentielles, avait fait sa réputation en explorant l’évolution de la droite –ou plutôt des droites- en France. Initialement monarchiste, regroupant Ultras, les Orléanistes –monarchie constitutionnelle- et les bonapartistes, celle-ci était devenue républicaine et libérale, repoussant la gauche vers les mouvements socialiste et communiste. Naturellement, en fonction du paysage politique lui-même, en fonction également des événements nationaux et mondiaux, les partis politiques sont amenés à évoluer. C’est de cette évolution également que sont nés les partis socialistes et communistes, scindant en deux une idéologie originellement commune. L’histoire va révéler une certaine évolution du Parti socialiste, contrairement au Parti communiste, dont les principes paraissaient immuables. Comment expliquer, alors, la lente érosion du Parti communiste et, aujourd’hui, sa quasi disparition ?

Les Zoulous : les Huns d’Afrique

Episode de la guerre des Zoulous (gravure du XIXe siècle).
Episode de la guerre des Zoulous (gravure du XIXe siècle).

Parmi les peuples d’Afrique, demeurés relativement obscurs pour les occidentaux, un nom se détache nettement, sans pour autant que l’on sache ce qu’il représente : celui du peuple zoulou. Issu de la tribu Bantou, créé presque de toutes pièces au XVIIIe siècle, le peuple zoulou doit sa notoriété à… la terreur qu’il inspira. En fait, ils sont à comparer aux Huns et leur chef, Tchaka (v. 1787-1828), au célèbre Attila. C’est Tchaka en effet qui fera la célébrité de son peuple, lui qui va en faire une véritable machine de guerre, imposant son autorité et sa loi sanguinaire aux Ngoni du Natal, aux Souazi, aux Sothos, aux Xosa… jusqu’à ses propres frères se chargent de l’assassiner. La conquête pas plus que la terreur qui l’accompagner n’allait cesser pour autant, les lieutenants de Tchaka prenant alors le relais, avec d’ailleurs plus de succès : une partie de la Rhodésie, du Mozambique, les royaumes de Bangouélo et de Nyassa tomberont sous influence zoulou, bouleversant toute l’Afrique australe. Au point même que cette explosion conquérante finira par inquiéter les Boers d’Afrique du Sud, lesquels trouveront leur salut dans l’aide britannique… qui finira tout bonnement par annexer le Zoulouland et le rattacher au Natal.

Au nom de tous les Celtes ?

Un druide gaulois (gravure du XIXe siècle).
Un druide gaulois (gravure du XIXe siècle).

Depuis des mois, la Bretagne était le théâtre de profanations en tout genre : destructions de croix et de calvaires, saccages d’église, incendies, en juin dernier, d’une chapelle du XVIe siècle à Loqueffret… Le 21 juin 2007, l ‘énigme paraît résolue. Les profanateurs : une bande de trois ou quatre individus qui se présentent eux-mêmes comme le dernier rempart contre « la lente extinction de la culture païenne et des croyances druidiques en Bretagne ». Une piètre ligne de défense en vérité. Car si la religion celte a disparu, c’était il y a des siècles. Quant au druidisme actuellement en vigueur, il ne date guère que du XVIIe siècle. C’est sous l’impulsion d’un William Stuckley en Angleterre ou d’un Iolo Morgannwg –né Edward Williams- au Pays de Galles que le néo-druidisme fait son apparition en Europe. La redécouverte du monde celte par les Antiquaires –nom donné à des passionnés d’histoire au XVIIe-XVIIIe siècles- avait été à l’origine de ce renouveau druidique. Un druidisme teinté de romantisme, mâtiné de franc-maçonnerie et, surtout, relativement ignorant du monde celte. Car s’il est une chose positive que provoqua le néo-druidisme, c’est, sans conteste, un regain d’intérêt des historiens sur cette période de l’histoire européenne. Un regain d’intérêt qui annonçait et annonce encore un champ de découvertes passionnantes.

Promotion au mérite ?

L'aigle impérial.
L’aigle impérial.

Sous la monarchie, le titre nobiliaire était héréditaire, sous l’Empire, il faut le mériter « par le courage, l’ingéniosité ou… la fidélité à l’Empereur » : tel est le sens de la loi édictée par Napoléon Ier, le 1er mars 1808.
Prenant exemple sur les Bourbons, l’Empereur s’entoure alors d’une cour somptueuse et, pour lui donner l’éclat qu’il convient, il crée une noblesse impériale. Les titulaires de certaines fonctions deviennent donc comtes ou barons. Ses ministres et ses maréchaux reçoivent le titre de ducs et de princes. Ainsi, un simple officier corse, qui a la chance d’être l’époux d’Élisa, la sœur de l’Empereur, devient, par la grâce de ce dernier, prince de Lucques et de Piombino.
Pourtant l’éclat des titres n’empêche guère nombre de nouveaux princes, ducs et barons de trahir l’Empereur pour embrasser la cause des Bourbons. Non sans un certain cynisme, Charles de Talleyrand, qui fut l’un des traîtres, reconnaît que «la gratitude ne fut pas la qualité première de la noblesse d’Empire ».

Le Ku Klux Klan sème la terreur

Le 2 novembre 1871, à la Nouvelle-Orléans. Vêtus de blanc, le visage dissimulé par une cagoule, les hommes du Ku Klux Klan s’emparent de deux cent quatre-vingt-dix-sept Noirs qu’ils exécutent sans autre forme de procès. Avec les homosexuels, les femmes de mauvaise vie, les catholiques et les Juifs, ils sont les cibles préférées de ceux que l’on appelle les « Klansmen ».

Des Trade union au Parti travailliste

L'Angleterre à l'ère de l'industrialisation à outrance, qui ne signifiait pas toujours le plein emploi (iconographie du XIXe siècle).
L’Angleterre à l’ère de l’industrialisation à outrance, qui ne signifiait pas toujours le plein emploi (iconographie du XIXe siècle).

S’il est un parti qui, en France, « à la cote », c’est bien le Parti travailliste et son nouveau ex-premier ministre. Alors que le Parti socialiste français patauge, se déchire et se divise, les Français, de droite comme de gauche, rêvent d’un Tony Blair à la française. Mais Tony Blair a eu beau transformer son parti, originellement le Labour party et le Parti socialiste français ont bien peu en commun. Leur origine même est différente…
Issu des Trade union, les « unions de métiers », le Labour party doit tout aux syndicats. Apparu au XVIIIe siècle, lorsque la révolution industrielle commença à réduire une bonne partie de la population, jadis artisane ou commerçante, en salariés, le trade-unionisme s’apparente aux guildes médiévales. C’est dans l’ouest de l’Angleterre, haut lieu de l’industrie du textile qu’elles voient le jour, dans le but de suppléer aux errances du gouvernement qui se refusait à réglementer les conditions de travail, les salaires ou encore l’apprentissage. Rien de vraiment politique et le premier essai en la matière –le chartisme- se soldera par un échec retentissant. Revenu à l’action purement syndicale, les Trade union entrent alors dans une nouvelle phase : la conquête de droits, la reconnaissance de leurs statuts. Considérées à l’égal d’association par Gladstone, les Trade union prennent un réel essor avec la reconnaissance du droit de grève par Disraéli.