Bismarck n’ira pas à Canossa !

Otto von Bismarck (1815-1898), chancelier de l'Empire.
Otto von Bismarck (1815-1898), chancelier de l’Empire.

En 1077, Henri IV, empereur germanique, avait attendu, tête nue et pieds nus, d’être reçu par Grégoire VII au château de Canossa. Huit cents ans plus tard, la lutte d’influence et de pouvoir entre la papauté et l’Allemagne est toujours d’actualité.
C’est avec inquiétude que Bismarck avait vu l’émergence d’un parti catholique, le parti du Centre. Capable de mettre en péril l’unité de l’empire que le chancelier avait fondé, d’autant plus que les Allemands du Sud avaient de nettes tendances séparatistes ; dopé par la proclamation, en 1870, de l’infaillibilité pontificale, ce parti du Centre allait faire l’objet, de la part du chancelier allemand d’une guerre, d’un combat. Le combat pour la civilisation ou "kulturkampf" : c’est ainsi que l’on désignera l’action de Bismarck de 1871 à 1878. Et, de fait, c’est une véritable guerre que le chancelier allait mener en intimidant le clergé, en anéantissant l’enseignement catholique.Les inspections des écoles catholiques se virent dès lors confiées à des laïcs, les Jésuites se virent exclu de l’enseignement, les évêques et les prêtres devinrent des fonctionnaires ("lois de mai" 1873 et 1874), les futurs prêtres se virent contraints de faire leurs études dans des établissements d’Etat et les évêques se virent interdit de prononcer des excommunications.

Les premiers téléphones publics

C’est tout à fait accidentellement qu’en 1876 Alexandre Graham Bell invente le téléphone. Il ne faut que quelques années pour que ce nouveau mode de communication ne devienne indispensable ; les particuliers les plus aisés s’en dotent rapidement et, dès 1881, le réseau urbain parisien compte mille six cent deux abonnés.
Mais la seconde révolution de cette invention a lieu le 6 février 1901 quand apparaissent les premiers téléphones publics à Paris : parler à distance est maintenant à la portée de tous.
Depuis, ce qui est sans nul doute la découverte la plus novatrice du XIXe siècle n’a pas cessé d’évoluer vers des techniques toutes plus élaborées les unes que les autres.

Champollion, l’art des langues

Statue de Jean-François Champollion (1790-1832).
Statue de Jean-François Champollion (1790-1832).

L’arabe, l’hébreu, le chaldéen, l’éthiopien, le copte : durant des années, Jean-François Champollion, fils d’un libraire de Figeac, allait se passionner pour les langues étrangères, les « langues O »… Mais c’est en perçant le mystère de l’écriture des anciens Egyptiens qu’il va acquérir une renommée véritablement mondiale.
Depuis déjà le XVIIIe siècle, l’Egypte était « à la mode ». L’expédition de Bonaparte et les publications savantes qui allaient s’ensuivre devaient accentuer cet engouement, aussi bien auprès des spécialistes que des amateurs. Mais qu’est-ce que l’étude d’une civilisation si l’on n’en maîtrise pas la langue ? De fait, lorsque Champollion s’y attelle en 1809, cela fait près de 1500 ans que la compréhension des hiéroglyphes a disparu.
La pierre de Rosette, découverte lors de l’expédition d’Egypte par un officier français, est une stèle sur laquelle figurent trois inscriptions, dont l’une est un décret daté de 196 avant J.-C., publié sous Ptolémée V. Un décret rédigé en grec ; un décret qui trouve certainement sa traduction hiéroglyphique dans les deux inscriptions qui l’accompagnent.

Hanovre : entre Allemagne et Angleterre

Georges V de Hanovre (1819-1878).
Georges V de Hanovre (1819-1878).

Avant d’être annexé par la belliqueuse Prusse en 1866, le duché de Hanovre, bordé par les Pays-Bas d’un côté, la mer du Nord de l’autre et l’Elbe du troisième, était une terre riche et convoitée. Riche parce qu’elle était par nature un lieu de passage ; convoitée parce qu’une telle richesse ne pouvait que faire des envieux.
Territoire des Chérusques -que les Romains échouèrent à soumettre-, des Lombards et des Chauques, Hanovre fut ensuite largement occupé par les Saxons. Intégré au duché de Bunswick, l’Etat de Hanovre ne se constitua qu’après la réunion, au Moyen Âge, de plusieurs principautés issues des diverses branches de la famille de Brunswick. Ce n’est qu’au XVIIe siècle qu’Ernest-August, duc de Brunswick-Lüneburg, obtint de l’empereur Léopold Ier un acte qui lui conférait, à lui et à ses descendants mâles par ordre de primogéniture, la dignité électorale. Un acte qui unifiait les quatre provinces de Lüneburg, Kalenberg, Göttingen et Grubenhagen et qui donnait à ce nouvel Etat une véritable indépendance.
Marié à Sophie, fille de l’électeur palatin et petite-fille de Jacques Ier Stuart, Ernest-August avait également acquis quelques droits possibles à la succession de la couronne d’Angleterre. Poursuivant la politique indépendantiste, unioniste et matrimoniale de son père, Georges-Louis devait unir à ses domaines le reste de l’ancien duché de Brunswick en épousant Sophie-Dorothée, qui en était l’héritière.

Les saints des derniers jours

Brigham Young (1801-1877)

Le 24 juillet 1847, arrive sur les bords du lac Salé une longue caravane de pionniers. Ils viennent de parcourir quelques mille sept cents kilomètres, fuyant la colère des « Gentils » et abandonnant le corps de leur premier prophète, Joseph Smith junior.
C’est à l’âge de quinze ans que Smith a une première vision du dessein de Dieu à travers le Livre de Mormon, découvert grâce à l’ange Moroni. En 1827, il fonde « l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours », annonçant l’avènement prochain d’un règne terrestre de Dieu, que lui, Smith, doit préparer en soumettant le monde. Peu à peu, Smith devra abandonner ses prétentions -il se présentera tout de même à la présidence des États-Unis et se contentera de fonder Nauvoo, la « nouvelle Jérusalem ».

L’ONU : au nom de l’inefficacité internationale

Sigle officiel de l'ONU.
Sigle officiel de l’ONU.

Le conseil de sécurité de l’ONU « déplore » la répression du Myanmar –comprenez la Birmanie. Il aura fallu pas moins de six jours pour obtenir ces quelques mots. Certainement de quoi effrayer la junte militaire ! D’autant que cette déclaration ne s’accompagne d’aucune contrainte. Une déclaration qui nous est, malgré tout, présentée comme une quasi victoire. C’est donc là tout l’impact, tout l’intérêt de l’ONU : montrer du doigt –pas trop quand même- et déplorer, regretter ? Certes, il s’agit là d’un vocabulaire tout ce qu’il y a de plus diplomatique, mais ces mots valaient-ils six jours de négociations au sein de l’Organisation des Nations unies ?
Fondée en juin 1945 pour succéder à la SDN (Société des Nations), il semble bien que l’ONU soit tombée dans les mêmes travers que son prédécesseur. Car c’est pour son  inefficacité, flagrante avec l’éclatement de la Deuxième Guerre mondiale, que la SDN sera dissoute. Une inefficacité qui semble être également le lot de l’ONU, créé par les puissances alliées contre celles de l’Axe.

Le communisme au pouvoir

Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine (1870-1924).
Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine (1870-1924).

Vladimir Ilitch Oulianov, connu sous le nom de Lénine, a rêvé, pour l’humanité, d’un monde meilleur où devaient régner l’égalité, la justice et la fraternité et son rêve a accouché d’un monstre…
Quand la révolution, qu’il a préparée minutieusement avec ses amis bolcheviques, éclate le 8 mars 1917, Lénine est alors en exil volontaire à Zurich, en Suisse.
Dès qu’il apprend cette nouvelle, il adresse à ses camarades en Russie ses fameuses Lettres de loin. Dans ce document majeur de l’histoire de la révolution russe, le dirigeant bolchevique encourage ses partisans et fixe les lignes de son programme. Avec l’aide des socialistes suisses, il parvient à retourner en Russie dans un wagon plombé puis entre triomphalement à Pétrograd, le 16 avril 1917. Dès son arrivée, il préconise la paix immédiate avec l’Allemagne, alors en guerre avec la Russie et invite même les soldats russes à fraterniser avec les Allemands.

L’exception polonaise

L'aigle ornant les armes de la Pologne.
L’aigle ornant les armes de la Pologne.

Dans quelques jours, la Pologne sera appelée à élire les représentants de son parlement. Une Pologne qui détonne dan cette Europe relativement uniforme ; une Pologne qui, malgré une adhésion récente, est bien loin de courber l’échine face aux revendications de pays plus anciens. De fait, c’est elle-même qui revendique. Et haut et fort encore. La raison de cette « exception polonaise » ? Deux siècles et demi de soumission quasi permanente aux autres puissances d’Europe. Deux siècles et demi au terme desquels elle compte bien ne plus subir, mais imposer.
Le « gâteau polonais » : c’est ainsi que l’on avait surnommé cette terre, dénuée de frontière naturelle, placée au cœur des échanges commerciaux. Un « gâteau » que la Prusse –puis l’Allemagne-, l’Autriche et la Russie se partageront pas moins de trois fois de 1772 à 1795 puis une quatrième en 1815, suite à la défaite napoléonienne.
La Pologne indépendante, réapparu à l’aube de la Première Guerre mondiale, allait sombrer une nouvelle fois en devenant la cible numéro 1 du Reich. Les raisons de ce choix polonais sont multiples mais la plus évidente était la faiblesse de la Pologne. Sa faiblesse et la relative indifférence que son sort, au fil des siècles, avait engendré. Enfin, l’Allemagne du Reich, fille naturelle de la Prusse, voyait dans cette terre un vivier de main d’œuvre, d’être tout juste bons à servir. Une terre, selon Heinrich Himmler,  « peuplée de sous-hommes d’Orient ».

Baden-Powell : scout toujours !

Robert Baden-Powell (1857-1940).
Robert Baden-Powell (1857-1940).

Mon but est simple, explique Baden-Powell. Il fallait transformer les enfants en soldats. Pas des soldats pour combattre sur le champ de bataille mais pour remporter des victoires sur… la vie !
Général anglais, devenu une idole populaire après sa victorieuse défense de Maféking, durant la guerre des Bœrs, Baden-Powell met ses expériences vécues en Afrique du Sud au service de l’éducation de la jeunesse. En 1907, dans une île au large de la Grande-Bretagne, il organise le tout premier camp, invitant des groupes de jeunes à vivre en contact avec la nature, à développer leur sens de l’observation et à se soumettre à un entraînement physique particulier.

Des bienfaits du mécénat

Bas-relief représentant les Médicis, réputés notamment pour leur action en tant que mécènes à la Renaissance.
Bas-relief représentant les Médicis, réputés notamment pour leur action en tant que mécènes à la Renaissance.

Une entreprise finance les travaux de restauration d’un palais, d’un château, d’un tableau et aussitôt les « personnes autorisées » -par qui, mystère- poussent des cris d’orfraie, mettant tout le monde en garde contre la perte de l’indépendance culturelle, la publicité détournée. Passe encore pour ce dernier aspect. Mais est-ce vraiment parce que l’entreprise Vinci finance, à hauteur de 12 millions d’euros les travaux de la galerie des Glaces à Versailles, que la culture perd une once de liberté et d’indépendance ? A contrario, quel est l’apport culturel d’un défilé « osé », signé Lacroix, dans la chapelle de ce même château ?
Il y a peu, le magazine Marianne s’émouvait du manque de renouveau culturel, du conformisme –et on sait que sa dénonciation fait le fond de commerce du journal- en vigueur dans le milieu artistique, autant côté créateurs que côté critiques. Le magazine posait alors la question de la perte culturelle, du malaise en vigueur dans ce milieu, sans pour autant faire l’effort de poser les vraies questions.
Au regard de l’histoire, il est aisé de déterminer les grands élans culturels. Au Moyen Âge, temps de l’amour courtois, des romans de chevalerie, des cathédrales bien sûr, l’art était tout entier tendu vers un double idéal : Dieu et la fidélité. A la Renaissance, où les Antiques sont ressuscités, où la peinture et la sculpture atteignent leur apogée, c’est vers l’homme que l’homme regarde. Mais dans un cas comme dans l’autre, ces mouvements artistiques sont nés sous la protection, voire l’impulsion de mécènes. Idem au temps des Lumières, où quelques princes ou grands seigneurs ont financé avec ardeur les auteurs révolutionnaires, preuve, s’il en faut, que cette pratique n’empêche nullement l’éclosion des idées…