Le temps des mégalithes

Jeune guerrier celte près d'un menhir (gravure du XIXe siècle).
Jeune guerrier celte près d’un menhir (gravure du XIXe siècle).

Lieux de légende, objets de superstition depuis des millénaires, les mégalithes sont au cœur de l’imaginaire celtique. Leur origine lointaine, leur profusion en Europe et, surtout, leur taille gigantesque interpellent aussi bien les archéologues que les historiens, les chercheurs que les amateurs.
Condamné par l’Église dès le IVe siècle, le culte des « pierres levées » n’en a pas moins survécu pendant des siècles. Afin de faire cesser les rites celtiques et de les détourner de leur origine païenne, l’Église va donc « christianiser » les mégalithes et, au détour d’un chemin de Bretagne, il n’est pas étonnant de voir, parfois, un menhir surmonté d’une croix. Mais la soumission à l’Église ne fut jamais totale et les fées, les sibylles ou les sorcières rodent encore autour des dolmens ou des menhirs.
Refuge de Méduse en Corse, lieux de sabbat des sorcières, tombeau de Merlin caché dans la forêt de Brocéliande, légionnaires statufiés alors qu’ils poursuivaient saint Cornély, à Carnac, les légendes attachées aux mégalithes se suivent et ne se ressemblent pas. Fortement imprégnées de christianisme, ces histoires fabuleuses nous plongent cependant au plus profond de l’imaginaire celtique.

De la dame de Vix à la reine Boudicca

Contrairement à la très machiste société romaine, les Celtes considéraient les femmes comme leurs égales et acceptaient que le pouvoir fût entre leurs mains.
Les textes, la mythologie et l’archéologie confirment le fait que certaines de ces femmes celtes ont joui d’un réel pouvoir.
La reine Medb du Cycle d’Ulster apparaît comme une femme indépendante, ayant sa propre armée et la dirigeant d’une main de fer.

L’homme à la serpe d’or

Druides gaulois, dont l'un porte une serpe et l'autre un bâton sacerdotal.
Druides gaulois, dont l’un porte une serpe et l’autre un bâton sacerdotal.

L’image du druide vêtu d’une longue toge, portant barbe blanche et suspendu à un chêne avec une serpe d’or tient plus du mythe ; un mythe allégrement repris par les mouvements néo-druidiques depuis le XVIIIe siècle puis par les dessinateurs de bandes dessinées du XXe siècle.
Les druides étaient peut-être vêtus d’une sorte de toge mais ils possédaient également nombre d’autres signes distinctifs, découverts au cours de fouilles archéologiques. Ils portaient sans doute une coiffe ou un bandeau, en bronze généralement, ainsi qu’une torque, signe de supériorité que l’on retrouve chez les chefs ou les représentations des dieux. Durant les rituels, ils portaient un sceptre ou un bâton sacerdotal et Pline parle d’un « œuf de druide », en pierre, qui leur permettait d’acquérir une plus grande éloquence. Quand à la serpe, s’ils en avaient une, elle n’était certainement pas d’or, qui est un métal trop mou, mais de bronze. Pour finir, il faut les voir avant tout comme des maîtres -dans le sens d’enseignants-, des médecins et comme les gardiens de la mémoire que comme des sorciers adeptes de la fabrication des potions.

« Les lauriers de César »

Vercingétorix, jeune chef arverne, vient de reconnaître sa défaite. Il quitte Alésia où il s’était retranché et pénètre dans le camp romain. Là, devant César, il jette ses armes aux pieds du vainqueur et se constitue prisonnier.
Dernier rempart contre la conquête romaine, Vercingétorix avait réussi, après maints efforts, à rallier tous les peuples gaulois sous son pavois. Mais, malgré la victoire de Gergovie, en août 52 av. J.-C., les légions romaines avançaient implacablement.

Vercingétorix : quand la Gaule défiait Rome

Statue de Vercingétorix.
Statue de Vercingétorix.

Alors que l’imagerie d’Épinal nous présente « nos ancêtres les Gaulois » comme un peuple de barbares chevelus et moustachus, depuis quelques années, celtologues et historiens remettent « les pendules à l’heure ». Ce ne sont pas les Romains, généreux dispensateurs de civilisation, on le sait, qui ont fait des Gaulois un peuple cultivé et civilisé. Les peuples celtes avaient leur propre civilisation, hautement complexe, avec leur hiérarchie, leur religion, leurs médecins, leurs architectes et leurs héros…
C’est de Marseille, comptoir gréco-celtique, que va partir toute la conquête romaine en Gaule. Pendant les guerres puniques, la cité phocéenne, craignant de voir sa force maritime supplantée par celle des Carthaginois, se fait l’alliée de Rome, alliance qui se renouvelle en 154 et en 126 avant J.-C., quand Marseille appelle les Romains à la protéger des tribus celtes environnantes. Ayant pris pied en Gaule, il ne fallut pas longtemps aux Romains pour annexer toute la côte de la Provincia. Et, au Ier siècle avant J.-C., profitant des perpétuelles divisions entre Gaulois, ils ont déjà annexé la Provence, le Languedoc-Roussillon et les rives du Rhône jusqu’à Lyon.
C’est vers cette époque que, pour les Gaulois qui sont plus des agriculteurs que des guerriers, le danger germain se fait de plus en plus précis. Et, en 58 avant J.-C., les Éduens, installés dans le Nivernais et la Bourgogne et depuis longtemps alliés de Rome, font appel aux légions afin de repousser les hordes d’Arioviste le Germain. C’est donc César, alors proconsul de la Gaule romaine, qui prend la tête des armées romaines…

Marseille, cité provençale

Fondée par les Grecs au VIe siècle avant J.-C., Marseille devient l’un des foyers du commerce méditerranéen durant l’Antiquité et un centre de rayonnement de la culture grecque et romaine en Gaule. Les invasions des barbares (Francs, Wisigoths ou Burgondes) et la menace des Sarrasins réduisent pendant quelques temps son rôle commercial mais, dès la première croisade, la cité phocéenne retrouve toute sa grandeur. Autonome, dirigée par des consuls, fière de son indépendance, elle forme une sorte d’enclave « républicaine » à l’intérieur des terres provençales,

La dernière bataille d’Alésia

Reconstitution du siège d'Alésia.
Reconstitution du siège d’Alésia.

Depuis le XVIe siècle, Alise-Sainte-Reine, modeste bourgade de la Côte d’Or située sur le mont Auxois, était considérée comme l’ancien site d’Alésia.
Mais, au milieu du XIXe siècle, époque où tout un chacun se piquait de celtomanie et où l’archéologie vivait son âge d’or, cette conviction fut fortement ébranlée par la découverte d’un architecte de Besançon, Alphonse Delacroix. Au cours de ses périples dans le Jura, Delacroix, président de la Société d’émulation du Doubs, découvre le site escarpé d’Alaise, dont il acquiert bien vite la conviction qu’il s’agit de l’antique Alésia. Cette « découverte » ne serait sans doute pas sortie des registres de la Société d’émulation du Doubs si le médiéviste Jules Quicherat et le spécialiste de la Gaule Ernest Desjardins n’avaient pris fait et cause pour la théorie de Delacroix.
Le monde archéologique et historique se déchaînent et c’est en pleine guerre Alise-Alaise que, le 4 mai 1861, commencent les fouilles d’Alise-Sainte-Reine. Des épées, des javelots et des casques gaulois sont mis au jour, semblant confirmer la théorie des partisans d’Alise, alors que celle d’Alaise conclut par l’absence totale de traces évoquant une armée gauloise ou même romaine.

Sainte Geneviève, patronne de Paris

Sainte Geneviève (422-502).
Sainte Geneviève (422-502).

Dans les pires moments de son histoire, la France a été sauvée par des femmes, c’est pourquoi sainte Geneviève, au même titre que sainte Jeanne d’Arc, est la patronne de la France.
Selon sa Vie, sainte Geneviève s’est elle-même consacrée à Dieu alors qu’elle n’avait que sept ans et a pris le voile à l’âge plus raisonnable de quinze ans.
Mais c’est en 451 que sainte Geneviève va acquérir ce titre de patronne de la France et de Paris : Attila, ce barbare venu du fond de la Tartarie, « s’avance vers le Rhin à la tête de cinq cent mille hommes,