Le joyau de la Vallée des Rois

Située en face de Thèbes sur la rive gauche du Nil, la célèbre Vallée des Rois abrite les tombeaux des pharaons de la XVIIIe à la XXe dynastie. Au début du XXe siècle, alors que l’archéologie est devenue une science, on dénombre soixante tombeaux, tous pillés au cours des siècles… excepté celui du célèbre Toutânkhamon.
Le 24 novembre 1922, Howard Carter et lord Carnavon pénètrent, pour la première fois, dans un tombeau qu’ils reconnaissent, avec certitude, comme étant celui du célèbre pharaon.
L’archéologie vit là un de ses plus grands moments !

De la constitution de l’Egypte à la volonté de conquête

Ramsès II et la déesse Anouké (bas-relief antique).
Ramsès II et la déesse Anouké (bas-relief antique).

Fort logiquement, les premiers siècles de l’histoire égyptienne ne sont pas ceux d’une véritable armée. Logiquement parce que le royaume n’est pas encore constitué –ou de manière temporaire-, qu’il n’y d’unité nationale que de manière accidentelle et que le régime qui prédomine, notamment sous l’Ancien empire, est celui des nomarques. L’Egypte elle-même étant en pleine constitution, ses souverains n’allaient guère se lancer dans des expéditions conquérantes et l’armée sera donc à l’image de cette « amateurisme ». Des milices levées par les nomarques des provinces, des mercenaires engagés pour l’occasion : tel sera le système en pratique jusqu’au Moyen empire. Les armées elles-mêmes sont encore au stade de l’équipement léger avec la massue –qui symbolise le commandement et qui sera ensuite une arme d’apparat du pharaon-, l’arc, la fronde et la lance. Un équipement qui n’évoluera guère au Moyen empire sauf peut-être avec l’ajout du « harpè », une sorte de petite épée courbe que l’on retrouvera sur els représentations des souverains du Nouvel empire.
Au Moyen empire, le recrutement se professionnalise et correspond, en gros, au service militaire qui aura été en application en France jusqu’en 2001. C’était au scribe des armées qu’était dévolu le recrutement pour servir temporairement le pharaon. Un service militaire qui ne permettra pas de vastes campagnes mais qui servait essentiellement à constituer des milices policières que ce soit pour faire régner la paix dans les cités ou pour protéger les convois dans les mines du désert. Enfin, une infime partie de ces contingents allaient participer aux expéditions maritimes vers le pays du Pount –sur les rives de la mer Rouge.

Carthage : la cité orgueilleuse

Un guerrier carthaginois, d'après une statuette antique.
Un guerrier carthaginois, d’après une statuette antique.

Selon la légende, ce serait la fameuse reine Didon, sœur du roi de Tyr Pygmalion, qui fonda Carthage. La même Didon que le héros de Virgile, Enée, quitte à regret pour fonder… Rome. Etonnant comme ces deux orgueilleuses cités semblent profondément liées, même dans l’esprit d’un Romain. Mais l’histoire de Rome et de Carthage n’est pas une histoire commune ; seules quelques années de guerre les uniront dans l’histoire du monde pour l’éternité. Au contraire, c’est comme si ces deux cités conquérantes avaient grandi en parallèle, comme si elles s’étaient étendues, chacune d’un côté de la Méditerranée jusqu’à ce qu’elles finissent par se heurter.
Fondée au IXe siècle avant J.-C., par Didon selon la légende et par des marins et des commerçants phéniciens selon l’histoire, Carthage, dont le nom « Kart hadasht » signifie « la nouvelle ville », comptait à l’origine parmi les multiples comptoirs phéniciens. Elle ne devra son changement de statu qu’à la ruine de Tyr, cité dont elle était issue, ce qui la libérera de toute allégeance et attirera vers elle les autres colonies phéniciennes de la Méditerranée occidentale.

La bonne aventure selon Amon

Bas-relief d'Amon-Ra.
Bas-relief d’Amon-Ra.

L’oracle d’Amon dans l’oasis de Siouah était si célèbre en Egypte et dans tout le bassin méditerranéen qu’Alexandre lui-même s’y rendit ; si célèbre que les auteurs anciens -grecs notamment- y font référence. Pourtant, force est de constater que les oracles n’étaient guère plus que nos horoscopes modernes, des "Madame Soleil" en puissance.
Alors que l’oracle de Delphes, en Grèce, représentait la connaissance de toute chose et son approfondissement, la découverte du cycle universel, l’oracle d’Amon ou toutes les autres techniques oraculaires égyptiennes n’allaient jamais plus loin que la connaissance d’un futur très personnel, terre-à-terre et somme toute inintéressant. L’avenir professionnel, l’avenir amoureux, retrouver un objet ou un être même : telles étaient les préoccupations des Egyptiens qui consultaient ces oracles. De fait, les prêtres eux-mêmes ne semblaient pas prendre leur rôle bien au sérieux, au point « d’aménager, selon l’égyptologue Guy Rachet, des conduits acoustiques dans les statues afin de leur prêter leur voix pour répondre directement aux questions qui leur étaient posées par les dévots ».

Les lamentations de Jérusalem

Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ; pleurez plutôt sur vous et sur vos enfants !  avait prophétisé le Christ en montant au Golgotha.
Le 7 septembre 70 après J.-C., l’État juif n’existe plus et Jérusalem, la ville sainte des juifs, n’est plus qu’un tas de cendres…
C’est en 63 avant J.-C. que Jérusalem, conquise par Pompée, passe, avec le reste de la Palestine, sous la domination romaine. Depuis, la rébellion ne cesse de croître contre l’envahisseur romain. En 66 après J.-C., l’agitation est à son comble et la révolte finit par éclater : les insurgés mettent à mort les grands-prêtres, favorables aux Romains, et massacrent la garnison romaine. Après quatre ans de lutte et cinq mois d’un siège acharné, Titus, le fils de l’empereur Vespasien, soumet la ville rebelle. Le bref sursaut des juifs, en 135, aura pour conséquence de rayer définitivement l’État juif de la carte… pour presque deux mille ans.

Cléopâtre, la dernière reine d’Egypte

Cléopâtre (69-30 avant J.-C.) d'après l'œuvre de Gustave Moreau.
Cléopâtre (69-30 avant J.-C.) d’après l’œuvre de Gustave Moreau.

Son nom signifie "Gloire de mon père" et elle est la première de quatre enfants. Cléopâtre septième du nom, née au cours de l’hiver 69-68 avant J.-C. et elle est la fille de Ptolémée XII Aulète, le "joueur de flûte", un incapable. De fait, le successeur de Ptolémée Ier Sôter est déjà sous la coupe de Rome qu’il charge volontiers d’arbitrer les conflits impliquant l’Egypte et ses voisins, sur qui il comptera pour le rétablir après qu’il ait été évincé par sa propre fille, Bérénice, demi-sœur de Cléopâtre. A la mort d’Aulète, en 51 avant J.-C., c’est donc à Cléopâtre VII qu’échoit le trône d’Egypte ; à elle et à son jeune frère, Ptolémée XIII qu’elle épouse selon la tradition égyptienne. Elle n’a que 18 ans mais fait déjà part d’une grande culture -elle parlait de nombreuses langues- et surtout d’un grand sens politique. Un atout nécessaire tant l’Egypte est alors dans une situation déplorable : la famine sévit, la monnaie est affaiblie et seule la guerre civile que se livre alors César et Pompée met un frein aux ambitions de Rome, fort intéressée par ce royaume et cette cité -Alexandrie-, située au carrefour de tous les commerces, à la jonction entre l’orient et l’occident. Sans compter qu’Arsinoé, sœur de Cléopâtre, et son frère-époux Ptolémée XIII se sont unis pour fomenter des intrigues. Cléopâtre tenter bien de dévaluer la monnaie afin de faciliter les exportations, la révolte éclate à Alexandrie en 48 avant J.-C.… au moment où Pompée est écrasé à Pharsale. César, qui vient de recevoir la tête de son vieil ennemi -cadeau de Ptolémée XIII- a dès lors tout loisir d’arbitrer le conflit entre le frère et la sœur… ce qu’il fera en faveur de Cléopâtre dont il devient l’amant et qui lui donnera une fils, Ptolémée César, dit Césarion, né en 47 avant J.-C..

Constantinople : la porte de l’Orient

L'empereur Constantin Ier (v.280-337).
L’empereur Constantin Ier (v.280-337).

En quelques siècles à peine, Rome avait étendu son pouvoir bien au delà de ses frontières. Une large partie de l’Europe, mais aussi des contrées orientales et africaines faisaient désormais partie de l’immense Empire. De fait, sa capitale, Rome, paraissait bien loin de l’Egypte ou de la Syrie. C’est pourquoi l’empereur Constantin se mit en tête de se doter d’une nouvelle capitale, située au cœur même de l’Empire. Pour ce faire, il choisit le site de l’antique Byzance, qui avait été pillé et rasé par Septime Sévère en 196. Le choix était judicieux : la situation de Byzance était parfaite, aussi bien stratégiquement que symboliquement. Gardienne du Bosphore, à la frontière entre l’Orient et l’Occident, la Nouvelle Rome –ce sera le nom choisit par Constantin- allait être édifiée à l’image de son modèle : un forum, un sénat, un capitole, sept collines même… Tout avait été pensé pour que Nova Roma soit la réplique parfaite de la Rome initiale. L’idée était séduisante. L’histoire allait en décider autrement et Constantinople –le nom de Nova Roma ne résistera guère de temps- n’aura jamais que l’apparence de Rome. Pour peu de temps cependant…
Achevée en 330, la cité qui devait être le point de rassemblement de l’Empire, perd cet attribue et devient, après la scission de l’Empire, la capitale du seul Empire d’Orient.

Les petits chimistes de l’Egypte antique

Tête d'une momie conservée au Louvre.
Tête d’une momie conservée au Louvre.

Curieusement, le monde moderne dans lequel nous vivons a toujours quelques difficultés à reconnaître aux peuples antiques les mêmes dons, l’intérêt pour les mêmes sciences. De fait, s’il est une science moderne par excellence, c’est bien la chimie, dont on date généralement l’acte de naissance au XVIIe-XVIIIe siècle. Un faux, naturellement… En fait, c’est sans doute du XVIIIe siècle avant J.-C. qu’il faudrait dater cette science, pour ne pas dire plus…
Selon Guy Rachet, le mot même de chimie pourrait venir du nom de l’Egypte, nommée Kémi. Fort développée à Alexandrie, elle n’est était cependant plus à un stade expérimentale : le mélange des métaux, la fabrication des parfums ou des onguents étaient déjà des pratiques courantes, sans parler de la coutume de la momification qui n’est rien d’autre qu’une application de principes chimiques. Une coutume qui va évoluer au fil du temps, au fil des connaissances et des découvertes dans le domaine de la chimie, tout simplement.

L’obélisque de la Concorde

Paris, le 25 octobre 1836, 11h30. Une immense foule a envahi la place de la Concorde pour admirer un piedestal de granit orné de pièces d’or et d’argent et de deux médailles à l’effigie de Louis-Philippe, roi des Français. Trois cents artilleurs tirent les palans, tandis que le son du clairon rythme l’élévation de l’obélisque. À 15h00 précises, le monument est enfin mis en place.

Héraclius : l’espoir déçu

Reproduction d'une monnaie d'Héraclius.
Reproduction d’une monnaie d’Héraclius.

Lorsque, en octobre 610, Héraclius, fils d’un exarque (gouverneur en charge de l’autorité civile et militaire d’un territoire généralement situé aux marches de l’empire) de Carthage, renverse l’usurpateur Phocas et s’empare du trône, l’empire est dans un état lamentable. Divisé sur la question du monophysisme -qui ne reconnaissait au Christ qu’une seule nature, la nature divine- ; menacé par les Perses, qui envahiront d’ailleurs l’Asie mineure, puis s’empareront de Jérusalem et de l’Egypte ; bousculé par les Lombards et les Avars qui, après l’Italie, atteignent Constantinople : l’empire, décidément, était au bord de la ruine, pour ne pas dire de l’implosion. De fait, les dix premières années du règne d’Héraclius n’ont rien de bien concluantes. Mais dès 620, il semble que la roue ait enfin tourné : Héraclius achète la retraite des Avares ; mène la réorganisation de l’armée et de l’administration ; isole -diplomatiquement- les Perses avant de se lancer dans une véritable croisade contre la dynastie sassanide. Une victoire près de Ninive, puis l’assassinat du souverain (628) allait plonger l’empire perse dans une guerre civile qui, logiquement, allait reléguer les menaces sur l’empire byzantin à une problématique d’un autre temps. Profitant de son avantage, Héraclius devait se faire rétrocéder l’Egypte et Jérusalem, où l’empereur devait faire une entrée triomphale "armé" de la Vraie croix !