Mécène ou l’amour des arts

Caius Maecenas ou Mécène (70 avant J.-C.-8 avant J.-C.).
Caius Maecenas ou Mécène (70 avant J.-C.-8 avant J.-C.).

Sans lui, l’Enéide n’aurait sans doute jamais été écrite. Pas plus d’ailleurs que nombre d’autres œuvres de Virgile, d’Horace, de Properce ou de Varius. Compagnon d’Octave, ami d’Auguste, Caïus Cilnius Mécène refusera tous les honneurs, toutes les charges, pourvu qu’il puisse poursuivre son œuvre personnelle : la protection des artistes. Elevé en partie en Grèce, issu d’une famille qui prétendait remonter aux souverains de l’antique Etrurie, Mécène était surtout à la tête d’une fortune qui lui permettait de satisfaire, sans trop de dommages, tous ses caprices. Et ses "caprices" étaient avant tout d’ordre intellectuel, artistique même. Ecrivain lui-même, il s’était entouré d’une véritable cour qu’il alimentait, au propre comme au figuré, jouant les protecteurs autant que les inspirateurs, au point d’ailleurs que son nom servira désormais à illustrer une pratique qui perdurera jusqu’aux temps modernes : le mécénat.

« Tu as vaincu, Galiléen ! »

Il fut la plus terrible menace pour le christianisme naissant : pendant son très court règne (361-363), l’empereur romain Julien l’Apostat, qui succède à Constance II, le 2 novembre 361, abjure et engage contre l’Église catholique une lutte sans merci. Ralliant autour de lui les hérétiques et les ennemis de la religion nouvelle, il crée une école philosophique qui prône le paganisme. Les auteurs ecclésiastiques racontent que saint Basile le Grand eut, durant une nuit de prière, une vision prémonitoire : l’empereur impie était terrassé par un ange venu du ciel.
L’iconographie byzantine a popularisé cette vision et, dit la légende, Julien l’Apostat, transpercé par la flèche de l’ange, s’écria avant de mourir :
-Tu as vaincu, Galiléen !

Le Forum romanum

Ruines du Forum romain (gravure du XIXe siècle).
Ruines du Forum romain (gravure du XIXe siècle).

Equivalent à l’agora grecque, le forum romain servait à l’origine exclusivement de marché ; très rapidement, cependant, il allait prendre le véritable cœur de la cité, son centre politique et judiciaire. A Rome même, le Forum devait jouer un rôle particulièrement important à l’époque républicaine. C’est là que siégeait le Sénat, que les assemblées du peuple tenaient leurs réunions -le comitium notamment-, que les orateurs discouraient du haut de la tribune aux harangues. Autour d’eux, on discutait, on s’échauffait, on se battait parfois ; bref, on faisait de la politique. C’est également au Forum qu’étaient jugés les grands procès politiques : Verrès, Clodius, Milon, y défileront, vêtus de deuil, poussant les enfants devant eux afin d’émouvoir les juges, tout cela au milieu des boutiques de courtiers, de banquiers, de changeurs, mais aussi de bijoutiers, de parfumeurs, de copistes. Des bouchers, un marché aux poissons finissaient d’animer la place.
Situé à l’emplacement d’un ancien marais, le Forum romanum était placé entre les collines du Palatin et du Capitole.

Commode, l’empereur méconnu

Buste de l'empereur Commode, en Hercule (161-192).
Buste de l’empereur Commode, en Hercule (161-192).

Fils du très sage empereur-philosophe Marc Aurèle (121-180), Commode a acquis une large part de ce qui fait actuellement sa célébrité grâce au non moins célèbre film de Ridley Scott, Gladiator. Et s’il est assez rare qu’un cinéaste rende justice à un personnage historique, force est de constater que, dans ce cas précis, Scott ne se fait que l’écho de la plupart des historiens antiques. La question est donc de savoir s’il a eut raison de leur faire confiance…
Car en effet le tableau est des plus sombres. La cruauté, la débauche semblent avoir été son quotidien ; sans compter l’assassinat, y compris dans sa propre famille, et des dépenses telles qu’elles conduisirent quasiment à la ruine de l’Empire. Néron lui-même, prend, à la lectures de ces récits, l’allure d’un saint homme ! D’ailleurs, comme lui, Commode se prenait pour Hercule et, rapportent ses détracteurs, il n’était pas rare de voir l’empereur, ce géant doté d’une taille et d’une force extraordinaires, défier les gladiateurs ou des bêtes sauvages vêtu comme le fils de Zeus. Et si les témoignages de ses contemporains ne suffisaient pas, la numismatique est là pour donner son aval. Ainsi, l’empereur s’était fait représenter portant une massue et drapé d’une peau d’animal sur de nombreuses pièces (Octave, en s’attribuant le titre d’Auguste avait mis les empereurs –en l’occurrence lui-même- au niveau des dieux, alors, se présenter sous les atours d’un fils de Zeus paraît relativement bénin) !
Qu’importe, il lui en sera fait grief !

Tibère, l’empereur républicain

Buste de l'empereur Tibère (42 avant J.-C.-37 après J.-C.).
Buste de l’empereur Tibère (42 avant J.-C.-37 après J.-C.).

Si Auguste avait fait semblant de respecter la République tout en mettant en place l’empire -ou du moins le principat-, Tibère, son successeur sera bel et bien empereur… sans pour autant en avoir l’envie, le désir. Et il s’en faudra de peu pour que le rêve d’Auguste ne s’effondre avec un retour à la République.
De fait, lorsque Auguste meurt, en 14 après J.-C., c’est le règne de l’incertitude et de l’inaction. Tibère ne veut pas réclamer les pouvoirs qui lui seront nécessaires pour régner ; et le Sénat hésite à accéder à la volonté d’Auguste et à reprendre les pouvoirs qui lui avait été ravis, ce qui équivaudrait  à un retour à la République pleine et entière et non plus apparente comme sous le « règne » d’Auguste. Un mois durant, le Sénat va hésiter, osciller pour finalement octroyer à l’héritier désigné ce qui signe l’acte de décès de la République. Le plus étonnant, c’est que Tibère sera sans nul doute l’empereur le plus attaché aux valeurs de la République, celui qui la regrettera la plus, qui comprendra le plus ce qu’elle représentait… pour la bonne et simple raison qu’il était lui-même fils de la République.

Bélisaire, le sauveur de l’Empire

Fresque représentant l'empereur Justinien Ier (483-565).
Fresque représentant l’empereur Justinien Ier (483-565).

L’effondrement de l’Empire romain date, officiellement, du Ve siècle. Mais en réalité, ce fut une longue agonie qui s’étend sur plusieurs siècles.
Face à la « déferlante barbare », quelques généraux et quelques empereurs tentèrent de réagir. Parmi eux, l’empereur Justinien, qui comptait sur l’habileté de son meilleur général, Bélisaire, pour reconstituer l’unité de l’Empire éclaté. Le premier objectif est le royaume vandale : Bélisaire débarque en Afrique du Nord avec une flotte de cinq cents navires et, après une brillante campagne de quelques mois, s’empare de Carthage en septembre 533. Une victoire qui sonne le glas du royaume vandale. Justinien lancera ensuite son général à la conquête de l’Italie, sous domination Ostrogoth. Là encore, Bélisaire se pose en vainqueur : il reconquiert la Sicile, Naples, Rome et enfin Ravenne, où Vitigès, le roi ostrogoth, tenait sa cour. Mais de tels succès devaient attirer la jalousie, notamment celle de l’empereur lui-même : dès lors, Justinien ne cessera de se défier de Bélisaire, tout en faisant appel à ses talents lorsque l’Empire est en danger…

Néron, l’empereur fou

Qui était Néron ? Un fou, un poète, un mégalomane, un assassin ? Sans doute fut-il tout cela, en effet. Mais, tels les « princes noirs » de la Renaissance, Néron était aussi un bâtisseur, un pacificateur, un politique qui, conclusion logique à l’instauration de l’Empire, voulait parvenir à la « monarchie absolue ».
Dernier empereur de la dynastie des Julio-Claudiens, Lucius Domitius Ahenobarbus est le fils unique de Cneius Domitius Ahenobarbus, consul ordinaire issu d’une ancienne branche de la gens Domitia, et de la célèbre Agrippine la Jeune, sœur de l’empereur Caligula. Un tel patrimoine génétique ne pouvait conduire qu’au pouvoir… et à la folie !

Odoacre, patrice de Rome

Monnaie de Théodoric.
Monnaie de Théodoric.

Son père était un dignitaire de la cour d’Attila le Hun ; lui-même était issu de la tribu germanique des Skires et c’est après la destruction de sa tribu par les Ostrogoths qu’il décida de se mettre au service de Rome. Chef de la garde germanique de l’empereur Julius Nepos, il participa à la révolution de palais qui devait porter le général Oreste au pouvoir et placer le fils de celui-ci sur le trône Romulus Augustule -un double nom qui avait pour but de donner l’illusion d’une certaine continuité, d’une certaine légitimité à cette prise de pouvoir. Un an plus tard, en 476 après J.-C., Odoacre était devenu roi des Hérules. Surtout, les soldats germains n’avaient pas obtenu les terres promises par Oreste pour leur soutien. Un soutien sans lequel la royauté de Romulus Augustule n’était rien. C’est ce qu’Odoacre devait s’employer à prouver. Il prit la tête d’une seconde révolte, battit et tua Oreste à Pavie et déposa le jeune Augustule auquel il accorda l’exil en Campanie et une rente annuelle de 6 000 livres d’or.

Les Etrusques, de véritables historiens

Fresque historique étrusque.
Fresque historique étrusque.

On a souvent fait du peuple étrusque le spécialiste de la divination et de l’Etrurie la « mère et origine de toutes les superstitions », comme l’écrit Macrobe (IVe siècle après J.-C.). Les haruspices en tout genre, la divination la littérature sacrée elle-même accrédite cette idée. Pourtant, le désir de connaître l’avenir n’était pas la seule motivation des Etrusques. Il ne cadre d’ailleurs guère avec la conviction qu’ils avaient que l’histoire est un éternel recommencement. « Ce qui se produit s’est déjà produit et se reproduira », note Jean-René Jannot. On comprend dès lors la nécessité de connaître le passé, l’histoire, même véhiculée par des mythes. Une nécessité qui est la propre de l’histoire, sa raison d’être en tant que science humaine et non une quelconque volonté de compiler faits et actes de bravoure. La connaissance du passé, par définition, doit permettre à l’homme d’éclairer son avenir. Et en ce sens, les Etrusques apparaissent comme le premier peuple d’historiens véritables.

Saint Léon le Grand, face aux Barbares

Icône de saint Léon le Grand.
Icône de saint Léon le Grand.

Ce Romain pur souche, fils d’un certain Quintinianus, participera, sous le pontificat de Célestin aux luttes dogmatiques qui agitent le temps, notamment, le pélagianisme, qui exaltait la nature et la volonté humaine. Il sera élu pape alors qu’il effectuait une mission diplomatique en Gaule et sera sacré le 29 septembre 440. Plus tard, il aura l’occasion de se distinguer encore contre le manichéisme et le pélagianisme et dans certaines controverses. Mais ce n’est pas tant sur le plan théologique que Léon Ier, dit le Grand, va marquer son époque. Plus que tout autre, il sera le pape qui va réaffrimer -voir affirmer- le pouvoir papal. Un pouvoir qui sera reconnu au concile de Chalcédoine (451) où l’exposé de sa doctrine, présente dans le "Tome à Flavien" sera accueilli au cris de : "Pierre a parlé par la voix de Léon !"
De fait, Léon le Grand aura toute possibilité de montrer le pouvoir du pape. Dans les controverses orientales -encore et toujours- mais également face aux Barbares qui envahissent l’Occident. Et cette position, il va l’assumer pleinement, dans les actes. En 452, lors de l’invasion des Huns, c’est Léon lui-même qui se présente devant Attila et qui le convainc d’épargner Rome -contre paiement d’un tribu annuel, tout de même. E, 455, c’est lui encore qui parlemente avec le Vandale Genséric. Moins heureux qu’avec Attila, il obtiendra malgré tout que les sévices des Vandales, qui venaient de prendre Rome, soient limités. Autant d’actions qui, sans être des actes d’éclat, montraient sa volonté d’être l’ultime rempart de l’Occident face aux Barbares.